L'Institute
of International Finance (IIF) appelle à revoir
les méthodes comptables de valorisation des actifs. Il est prêt à instaurer
un groupe de 10 à 20 experts financiers, afin de prévenir les crises
financières à l'avenir.
Un
code de conduite volontaire plutôt
qu'une nouvelle réglementation. C'est le message qu'a transmis hier
l'Institute of International Finance (IIF), alors que les ministres des
Finances du G7 s'apprêtent à demander un renforcement du contrôle des banques.
Le lobby, qui regroupe plus de 375 institutions financières, a présenté hier un
rapport intermédiaire en vue de mettre en place un code de conduite à partir de
l'été prochain.
Il
en ressort la volonté de mettre sur pied
un groupe d'experts financiers, afin de prévenir les crises financières à
l'avenir. « Nous pensons à un groupe
d'environ 10 à 20 experts et dirigeants respectés du monde de la finance qui
peuvent combiner leurs expériences et leurs connaissances pour alerter
l'industrie des vulnérabilités et des développements des marchés qui posent des
risques systémiques », indique Josef Ackermann, président du directoire de
Deutsche Bank et président de l'IIF.
Expertise
indépendante :
Le
patron de la banque allemande a souligné les problèmes liés à la méthode de valorisation « mark-to-market ». « Avec cette approche, les banques doivent
évaluer leur exposition et leurs actifs trimestre après trimestre. Elles n'ont pas le droit d'anticiper l'évolution
des prix à venir dans leurs valorisations », ce qui explique, selon
lui, pourquoi les établissements financiers ont dû annoncer leurs pertes
progressivement. En outre, les structures
de rémunération doivent être alignées sur les intérêts des investisseurs « à long terme », alors que le modèle
« origination et distribution » a
montré ses limites en termes de gestion du risque, comme le pointait également
hier le rapport du FMI. Enfin, les agences
de notation doivent être l'objet d'une « expertise
indépendante » et d'une « validation
externe ». L'IIF recommande aussi que le directeur des risques reporte
directement au PDG et siège au conseil d'administration de la banque.
La
profession refuse encore toute idée de
réglementation supplémentaire. « Ce
serait une erreur de mettre en place un cadre excessivement lourd. Nous voulons
montrer que l'industrie financière est prête à s'améliorer d'elle-même »,
estime Joseph Ackermann. Ce dernier s'est dit favorable à une supervision «
plus globale », en ligne avec les dernières propositions de l'Ecofin. L'IIF ne
recommande pas la mise en place d'une institution pour superviser l'application
de ce code de conduite. « La meilleure
façon de mettre en place un code de conduite est sa publication. Parce que les
banques qui ont les meilleures pratiques s'empresseront de communiquer sur
l'application du code », avance Cees Maas, membre de l'IIF et ancien
directeur financier d'ING.