Les paradis fiscaux et judiciaires favorisent et protègent, au
Nord comme au Sud, l’évasion fiscale, la spéculation incontrôlée, la corruption
et la criminalité organisée. Monaco est l’un d’entre eux. Les associations de
la plate-forme paradis fiscaux et judiciaires appellent Nicolas Sarkozy à
demander publiquement au Prince Albert II, ce vendredi, la levée du secret
bancaire.
Monaco est, avec le
Liechtenstein et Andorre, le dernier territoire jugé non coopératif en matière
fiscale par l'OCDE(2). Hormis avec
la France, qui a signé sous de Gaulle un accord de coopération fiscale (en
1963), Monaco ne fait aucun effort pour coopérer avec les administrations
fiscales des pays tiers. En l’an 2000, la principauté monégasque a également
été montrée du doigt par le GAFI pour son manque de coopération judiciaire(3),
ainsi que par la mission d’information parlementaire animée par MM. Peillon et
Montebourg, pour son rôle dans le blanchiment de l’argent sale.
Comme l’affirmait
récemment le ministre français du Budget, Eric
Woerth « On ne peut pas accepter
qu'il y ait des paradis fiscaux en Europe » :
Ø
En favorisant l’évasion fiscale, ils ont un coût
élevé pour les finances publiques de nombreux Etats européens, comme en atteste
le récent scandale du Liechtenstein. Ils servent aussi de boîte noire pour
l’argent du crime et de la corruption en Europe.
Ø
Leur impact est encore plus déplorable pour les
pays en développement. Les paradis fiscaux et judiciaires protègent en effet
les différents acteurs du pillage des pays du Sud : régimes corrompus,
réseaux criminels, entreprises multinationales, banques, intermédiaires. Quant
à l’évasion fiscale, elle coûte aux pays du Sud 250 à 350 milliards d’euros par
an - soit 10 000 fois l'augmentation de l'aide alimentaire française que
vient d’annoncer Nicolas Sarkozy.
La plate-forme paradis fiscaux et judiciaires invite donc le
président de la République à envoyer un message fort, à l’occasion de sa visite
au Prince Albert II de Monaco, afin d'obtenir l'adoption
et la mise en œuvre par Monaco des recommandations du GAFI contre le
blanchiment, en particulier la levée du secret bancaire, ainsi que
l’application des normes d'échange d'informations en matière fiscale promues
par l'OCDE. Le gouvernement français dispose de moyens de pression considérables
sur Monaco, dont il finance l’essentiel des services publics.
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