NOUVELLES d’AEFJN MARS 2008 N° 21
L’absence d’objectifs précis handicape
les réformes administratives africaines : Panafrican News Agency (PANA) –
Février 2008
Addis Abeba
(Ethiopie) – Malgré le temps et l’énergie consacrés sur les réformes visant à améliorer
la performance des gouvernements en Afrique, celles-ci n’ont pas eu d’impact
positif tangible sur la vie des gens ordinaires affirme un expert africain en
développement de l’administration.
Nung Michael
Mulikita, membre de CAFRAD (African
Training and Research Centre in Administration for Development), basé à Tanger
(Maroc), affirme que les acteurs clés
s’inquiètent
de ce que l’administration publique en Afrique sub-saharienne est toujours
caractérisée par des services inefficaces et ce, malgré de nombreuses
réformes. En réponses aux inquiétudes des organisations de la société civile,
du secteur privé et des citoyens ordinaires, Mulikita a dit à PANA que CAFRAD ainsi qu’ACBF (African
Capacity Building Foundation) basée à Harare (Zimbabwe) ont organisé
conjointement une conférence panafricaine, durant 3 jours, pour réfléchir sur
la situation actuelle des réformes dans les pays africains. Des Présidents de
commissions nationales pour les réformes administratives y participaient. Cette
conférence qui s’est tenue à Tanger à la fin de février 2008 voulait aussi
étudier les nouvelles approches et tendances d’où pouvoir tirer des leçons qui
permettraient une mise en application plus ciblée des réformes. Toujours
d’après Mulikita, si des progrès sont visibles dans quelques pays, les
réformes ont souvent été entravées par
l’absence de clarté dans la définition des objectifs et de la mission des
administrations. De plus, toujours d’après l’expert, d’autres obstacles
surgissent tels
l’absence de définition des résultats escomptés, le manque
de performance des « officiels », le peu de motivation et de
récompenses, l’usage très limité de méthodes modernes dans l’organisation
et la supervision des services publics ainsi que les procédures très lourdes.
La conférence rassemble des
présidents de commissions et bureaux de réformes administratives venant des
pays lusitophones, anglophones, arabophones et francophones. Mulikita est le
conférencier coordinateur et déclare que «
c’est l’espoir partagé de CAFRAD et ACBF de voir la conférence
encourager les capacités et compétences dans la formulation, la coordination et
la mise en application des réformes administratives et gouvernementales. On
espère, plus particulièrement, que les participants seront plus au fait des nouvelles
stratégies, des nouvelles approches, des tendances actuelles lorsqu’ils devront
préparer les programmes de réformes. »
Les APE sont nés de la peur de l’UE de
voir la présence chinoise en Afrique : Inter Press Service (IPS) par Miriam
Mannak, 26 février 2008
Le Cap (Afrique
du Sud). L’UE s’inquiète de la présence compétitive de la Chine pour
l’acquisition de ressources et marchés en Afrique. Ceci explique, en partie, sa
volonté de « coincer » les pays africains dans des marchés
commerciaux appelés des accords de partenariat économique. (APE). D’après le Dr
Rod Davies, ministre-député du commerce et de l’industrie de l’Afrique du Sud,
l’UE s’inquiète de perdre son empreinte en
Afrique et veut à tout prix la garder. «
Durant les dernières années, le commerce entre l’Afrique et l’Asie
s’est fortement développé alors que celui avec l’Europe a décru. »
Voilà ce qu’affirmait Mr Davies lors d’une rencontre spéciale de révision APE
du Réseau de commerce africain. Cette réunion avait lieu à la fin du mois de
février au Cap et regroupait, entre autres, des organisations de la société
civile africaine et internationale ainsi que des « officiels »
africains du commerce.
Mr Davies
affirme encore qu’au lieu de se concentrer sur l’UE comme principal partenaire
économique, les pays africains devraient
favoriser
et étendre leurs relations commerciales avec des puissances émergeantes comme
la Chine et l’Inde. Ces 2 pays, vu leur industrialisation, offrent aux pays
en développement des prix plus élevés pour les ressources naturelles. Ils ne
nous obligent pas, à l’opposé de l’Europe, à baisser nos tarifs. Il nous faut
encourager ces relations, elles sont très importantes pour notre économie.
Ces pays offrent de meilleurs marchés que
les options offertes par les anciens maîtres coloniaux. Il ne s’agit pas
d’utopie, mais de sérieuses opportunités qui existent en Chine et en Inde. Il
ne faut pas les ignorer. D’après l’UE, les APE sont des outils de développement
pour aider l’intégration des pays ACP dans le commerce mondial tout en
favorisant leur développement durable et l’éradication de la pauvreté. Il y a
un fossé énorme entre ce que l’Europe présente comme ses intentions et la
réalité. Bruxelles prétend que les APE vont promouvoir l’intégration et le
développement dans les régions et qu’il n’y a aucune intention mercantiliste
dans ces accords. C’est faux. D’abord, les pays ACP ont été divisés en 6
configurations différentes, ce qui ne favorise pas l’unité. De plus, dans
chaque groupe, certains pays ont négocié des APE intérimaires alors que
d’autres ont refusé. Ceci divise aussi les ACP. Une des objections majeures aux
APE se trouve dans la façon dont l’UE a forcé certains pays ACP à signer, en
menaçant que la montée des tarifs serait en vigueur à la fin 2007. La Namibie
est un exemple. Elle a signé sous la contrainte, elle était sous une très forte
pression imposée par Bruxelles. Si Windhoek refusait l’offre de l’UE, son
secteur bovin – élément-clé dans son économie d’exportation – aurait subi un
grand choc suite à la montée des tarifs.
La clause de
non-discrimination ou de « nation hautement privilégiée » est aussi
cause de protestation. D’après cette clause, les pays qui ont signé un APE ne
peuvent user de discrimination contre l’UE. D’après cette clause, les tarifs
sur les produits de l’UE ne peuvent être plus élevés que les taxes imposées sur
les marchandises des pays en développement.
Les APE privent donc d’autres pays en développement d’un quelconque
avantage en important leurs produits sur les marchés des pays en développement.
Malgré ces objections et d’autres encore, 31 pays ont négocié un APE
intérimaire avec l’Europe et cela pourrait éventuellement conduire à un accord
complet qui inclurait les services et les règlements liés au commerce.
Les médicaments
traditionnels testés ? South African Press Association (SAPA) –
Février 2008
« Doctors
for Life International » (DFL) a déclaré être encouragé par le mouvement
qui envisage de soumettre les médicaments traditionnels africains (TAM) à des
tests scientifiques et des essais cliniques. Cependant, les propos du
député-ministre de la Santé Manto Tshabalala-Msimang sont ressentis par DFL
comme inappropriés et néfastes. Ce député-ministre déclarait lors d’un discours
au « Presidential Task Team on Traditional African Medicine » :
«
Nous ne pouvons pas utiliser les
modèles occidentaux de protocole pour la recherche et le développement. Nous
devrions éviter d’être mis à terre lors des essais cliniques. » DFL
assure qu’être négligeant avec les balises scientifiques laisserait une partie
de la population qui utilise des TAM non testés, ingérer des substances
corporelles humaines mêlées aux médicaments. Ceci amènerait l’industrie
pharmaceutique d’Afrique du Sud de prendre un chemin semblable à celui de la
politique désastreuse du VIH/SIDA. La DFL reconnaît, vu la haute probabilité de
morts multiples, que certaines potions vendues comme médicament végétal
traditionnel africain contenaient des substances corporelles humaines. DFL
possède de nombreux témoignages de guérisseurs traditionnels qui utilisent des
éléments provenant du corps humain dans leurs mixtures végétales. En général,
le médicament est considéré comme plus efficace si ces particules sont retirées
d’un corps encore en vie. Les organes génitaux sont souvent employés dans les
potions aphrodisiaques, dans les remèdes contre la stérilité et dans les cas
d’impotence. La déclaration de DFL demande que des
lignes de conduite soient établies pour aider la recherche, la
production et l’approbation des médicaments traditionnels.
Contrôle des armes légères et visite du Président Bush au
Ghana :
Une large
bannière insistant pour que les USA soutiennent le Traité du Commerce des Armes
a salué le Président Bush lors de sa visite au Ghana le 20 février dernier. Les
bannières placées à l’aéroport et à l’hôtel étaient réalisées par WAANSA et
FOSDA, portées par des volontaires brandissant aussi des banderoles répétant le
même message tout au long de la route empruntée par le Président. Un peu plus
tard, sa femme a visité, au Liberia, la commission nationale sur les armes
légères.
Des ONG demandent un
moratoire sur les agro carburants :
http://www.afrol.com/articles/28075
La rumeur grandit
en Afrique dans les organisations de la société civile et parmi les
scientifiques à propos de la révolution
des agro carburants qui fera grandir l’insécurité alimentaire, augmentera
les prix des denrées alimentaires et donc accroître la famine. Une pétition
intitulée « moratoire pour de nouveaux développements des agro carburants
en Afrique » a été signée par plus de 30 ONG qui viennent de tout le
continent.
Ghana : Kuofor accueille les
déclarations rassurantes de Bush sur AFRICOM : allAfrica.com février 2008
Le Président du
Ghana, John Kuofor a apprécié la déclaration du Président George W. Bush annonçant que les USA n’ont pas
l’intention de construire de nouvelles bases militaires en Afrique. Kuofor
s’est adressé à une conférence de presse, à Accra, après que le Prés. Bush ait
annoncé que les spéculations sur Africom (U.S. military’s new Africa command)
cherchant à implanter de nouvelles bases étaient sans fondement. D’après un
texte issu de la Maison blanche, Bush décrivait Africom comme une structure de
commandement qui veut offrir une assistance miliaire aux pays d’Afrique, afin
que ces pays soient mieux à même de gérer les conflits africains, ce qui peut
inclure un entraînement dans le maintien de la paix…
Après avoir
assuré qu’il n’y aurait pas de nouvelles bases U.S.A. créées, Bush a ajouté que
cela ne voulait pas dire que « nous
n’allons pas acquérir un genre de bureau quelque part en Afrique. Nous ne
sommes pas encore décidés. » Le Liberia, dernier des 5 pays visités
lors de la tournée Bush en Afrique a offert d’accueillir l’état-major de ce
commandement. Répondant à Bush, Kuofor a assuré : « Je suis heureux… pour le Président,
démentant toute idée que les USA prévoient la construction de bases militaires
sur le continent… Je suppose que l’explication donnée par le Président mettra
fin aux spéculations… » Lors de la même conférence de presse, Kuofor a
nié que la Chine impose ses volontés à l’Afrique. Bush, de son côté, a nié une
forte compétition entre les USA et la Chine en Afrique. Répondant à une
question d’un journaliste américain, Kuofor a dit que la présence grandissante
de la Chine sur le continent l’était en accord avec l’Afrique. « Il ne s’agit pas d’une puissance coloniale,
selon ce que nous percevons…, mais d’un invité. Je puis vous assurer que nos
pays ne succombent pas aux dictats et aux impositions venant de Chine ni
d’ailleurs. Si l’Afrique veut acheter quelque chose et trouve cela au meilleur
prix sur un quelconque marché, c’est là que l’Afrique ira l’acheter. La Chine
est fort compétitive… Nous pensons que c’est cela que recouvre la
globalisation. » Parlant des inquiétudes à propos des droits humains
en Chine, Kuofor a suggéré qu’en « temps
voulu, il y aura une tendance allant vers la libéralisation…. Nous sommes tous
influencés par les technologies influentes en information et communication. Les
gens commencent, un peu partout, à parler en leur nom propre et à défendre
leurs droits… » Bush a déclaré qu’il ne voyait pas la Chine comme en
compétition dangereuse avec les USA ni qu’il envisageait l’Afrique comme une
somme zéro pour la Chine ou les USA. Durant la conférence de presse, Bush a
aussi annoncé que les USA allaient
rendre disponibles 350 millions $ étalés sur 5 ans pour combattre les « maladies
tropicales négligées » telles la cécité des rivières et
l’ankylostomiase en Afrique, Asie et Amérique latine ainsi que 17 millions $ pour la lutte anti malarienne
au Ghana.