LA FOI EN DIEU ET L’AMOUR DU PROCHAIN A LA BASE DU DIALOGUE
INTERRELIGIEUX
La
foi en Dieu et l'amour du prochain sont les bases incontournables pour
construire le dialogue interreligieux. Voici ce qu’affirme dans son communiqué
final le Comité conjoint pour le dialogue, réunissant le Comité permanent
d'Al-Azhar pour le dialogue entre les religions monothéistes et le Conseil
pontifical pour le dialogue interreligieux, à l'issue de leur rencontre
annuelle (Le Caire, 25-26 février).
Le
texte a été signé par le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil
pontifical pour le dialogue interreligieux, et par le Sheikh Abd al-Fattah
Alaam, président du Comité permanent al-Azhar pour le dialogue avec les
religions monothéistes. Ce texte reconnaît en premier lieu le
rôle des religions monothéistes qui
s'emploient «
à fournir une base solide
aux valeurs de la paix, de la vérité, de la justice, du juste comportement et
de la coopération dans le développement et l'utilisation des ressources de la
terre au bénéfice de toute l'humanité, réalisant ainsi un courant de
fraternité, de paix et de bonheur pour tous les peuples ».
«
Il est important que ces principes et ces
valeurs, nobles et exemplaires, guident le comportement humain, surtout à une
époque comme la nôtre où les frontières et les différences entre les peuples
tendent à disparaître et où des phénomènes comme la violence, l'extrémisme et
le terrorisme sont en augmentation, au même rythme que le mépris à l'égard des
religions, des valeurs religieuses et de tout ce qui est considéré comme sacré
» , souligne la déclaration finale.
Reconnaissant
tant du côté islamique que du côté catholique «
l'importance de la connaissance
réciproque et de la recherche d'un terrain d'entente commun entre les deux
religions pour une coopération plus large et de meilleurs relations », le
comité a centré son attention sur «
le
thème de la foi en Dieu et de l'amour du prochain, deux éléments de base pour
un dialogue interreligieux ».
Le
comité a également dégagé «
les principes
et les valeurs spirituelles et morales » qu'ils ont en commun, affirmant que
ces principes et ces valeurs les aident à « former les consciences et éclairer
la raison, offrant un guide de pensée et de comportement, dans le domaine en
particulier des relations avec les frères et surs des autres religions ».
Une
attention particulière a été portée à la
question
de la liberté d'expression, les deux parties convenant que cette liberté «
ne
peut en aucun cas justifier une attitude blessante vis-à-vis des sentiments
d'autrui sur des questions religieuses, qui ne fait que créer des tensions entre les personnes et détruire
l'amour fraternel ».
À
ce propos, le comité «
a fortement
condamné la nouvelle publication de vignettes offensives et l'augmentation du
nombre d'attaques contre l'islam et son prophète, ainsi que toutes les autres
attaques contre la religion ».
Le
texte de la déclaration finale, en rapportant par ailleurs les paroles
prononcées par le pape Benoît XVI devant l'ambassadeur du Maroc près le
Saint-Siège, le 20 février 2006, réaffirme que «
pour favoriser la paix et la
compréhension entre les peuples et les êtres humains, il est nécessaire que les
religions et leurs symboles soient respectés. Il est aussi nécessaire que les croyants ne soient pas l'objet de
provocations qui portent atteinte à leur engagement et à leurs sentiments
religieux ».
Les
membres du comité se sont ensuite réjouis de leur accord, qu'ils voient comme «
un encouragement à persévérer sur le chemin du dialogue ».
À
la fin de leur rencontre, les participants se sont mis d'accord sur d'autres
recommandations. Leur mise en
application sera examinée lors des prochaines rencontres du comité, dont la
première aura lieu à Rome les 24 et 25 février 2009.
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1° La première de ces recommandations consiste à
«
affirmer que toutes les religions doivent respecter la dignité et l'honneur de la
personne humaine sans considération de race, de couleur, de religion ou de
conviction, et doivent condamner toute offense qui porterait atteinte à
l'intégrité, à la propriété et à l'honneur personnels ».
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Les participants se sont également mis d'accord
sur l'idée de
« promouvoir le vrai respect des religions, des croyances, des symboles
religieux, des livres sacrés et de tout ce qui serait considéré comme sacré : les chefs religieux, aussi bien musulmans
que chrétiens, de même que les intellectuels et les éducateurs, devraient
s'efforcer d'insérer toutes ces valeurs dans leurs activités d'apprentissage
et à tous les niveaux de la société ».
-
Aussi, précise le texte, le comité fait appel à
tous les responsables des médias, dans chaque pays, afin qu'ils «
veillent à ce que la liberté d'expression, au lieu de servir de prétexte pour offenser
les religions, les convictions, les symboles religieux et tout ce qui est
considéré comme sacré, soit plutôt utilisée comme moyen de s'opposer à l'extrémisme, d'encourager l'acceptation mutuelle,
l'amour et le respect d'autrui, indépendamment de toute appartenance religieuse
».
Face à «
des
questions communes qui peuvent naître », le comité conclut son texte sur
une invitation générale à «
encourager les échanges de vues »
qui peuvent susciter la connaissance et un enrichissement réciproques.
Roberta Sciamplicotti