Justice et Paix : EGLISE ET SOCIETE
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EUCHARSTIE, DON DE DIEU POUR LE MONDE

Mgr Jean Pierre CATTENOZ 19 Juillet 2007


Dans les Actes des Apôtres, Pierre dit que le Christ est l’initiateur, la source de la vie. Il n’est donc pas étonnant que l’eucharistie soit source de vie pour le monde, puisque le Christ est la source de toute vie et en lui nous avons la vie.

Pour moi, l’Église est merveilleuse, car l’Église fait l’eucharistie. Et, en même temps, l’ Église est merveilleuse car l’eucharistie fait l’Église.  Le cœur de ma foi est que l’eucharistie dominicale fait l’Église. La fin de toute chose, c’est l’Église. Lorsque Dieu lance la création, son projet, c’est de réaliser l’Église. L’unique projet de Dieu, c’est l’Église.

Avec Mgr Schoenborn l’archevêque de Vienne et le Père Martin Luciani, nous nous demandions si le Christ revenait aujourd’hui, où irait il ? Dans les familles en premier et, peut être pas forcément dans les Églises. Ce qui serait génial c’est que nous puissions organiser l’adoration de la manière suivante :
-         De 7 H à 19 heures adoration eucharistique dans les paroisses
-         De 19 heures à 7 heures dans les familles !  Cela pourrait porter en fruit formidable !

Il y a 5 grandes dimensions de l’eucharistie et une 6°
- Nourriture           - Communion        – Action de grâce          
- Mémorial            - Sacrifice            
- Ce qui donne tout son sens à toutes ces dimensions à la présence du Christ dans l’eucharistie, comme le dit le Curé d’Ars, il est  là.

1)   L’EUCHARISTIE EST UNE NOURRITURE :

L’eucharistie est nourriture vitale de notre vie d’enfants de Dieu. Je ne peux vivre en enfants de Dieu, sans nous nourrir de l’eucharistie. L’Église nous donne rendez - vous tous les dimanches pour nous nourrir de l’eucharistie.
L’eucharistie est une nourriture particulière. Habituellement je mange de la nourriture et j’assimile à mon corps.  Or dans l’eucharistie, c’est le Christ qui m’assume à lui, nous devenons ce que nous recevons. À la messe du dimanche, il y a deux tables, la table de la parole et la table de l’eucharistie. La parole de Dieu a envie de prendre chair en nous. Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ! Jésus qui est né la nuit de Noël a envie de prendre chair dans nos vies, de naître parmi nous. Chaque fois que j’accueille la parole, que je la laisse descendre en moi, elle va prendre chair. Elle va me permettre de vivre de ce que moi, je n’arrive pas à vivre.

Nous avons tous des gens que vous n’arrivez pas à aimer. Lorsque vous accueillez la parole de vous aimer vous les uns les autres, que cette parole prenne chair dans ma vie ! C’est Jésus qui va prendre chair en moi pour aimer en moi. Finalement toute notre vie n’a qu’un sens, celui de laisser la parole, le verbe prendre chair dans nos vies.  Chaque fois que je communie au corps du Christ, je deviens le corps du Christ. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, du Corps du Christ, voilà la nourriture véritable ! Notre vocation est divine, comme le dit Saint Paul : « Il nous a choisis dès avant la création du monde, pour être saints et immaculés en sa présence dans l’amour, déterminant par avance que nous serons pour lui des enfants par adoption dans l’unique bien – aimé ». Voilà, notre vocation divine et pour cela, il faut accueillir le verbe, il faut accueillir le corps du Christ, le Corps du Fils bien aimé du Père pour devenir en lui l’enfant bien aimé de notre Père qui est aux cieux.
Dans l’ancien testament, une multitude de  textes nous préparent à comprendre l’importance de la nourriture eucharistique ; La pâque, il faut la manger, le bâton à la main, les sandales aux pieds, la ceinture autour des reins, prêts à marcher, à partir, elle est la nourriture pour la route. L’ange du Seigneur invite Elie à se lever et à manger sinon la route sera trop longue pour toi !  Elie va trouver le pain et l’eau et se recoucher, puis une deuxième et troisième fois ! Pour chacun d’entre nous, il en est de même, lève-toi, participe à la résurrection de Jésus, mange l’eucharistie, bois le corps  et accueille la parole ! Alors la route ne sera plus trop longue pour toi ! Cette route qui doit te conduire jusqu’à l’intimité avec le Seigneur !
Le don de la manne et le don de l’eau du rocher sont autant de symboles vitaux qui nous permettent de réaliser l’importance vitale de l’eucharistie !  

2)   L’EUCHARISTIE ET LA COMMUNION :

Les premiers Chrétiens utilisaient les termes « communion et fraternité » pour dire ce qu’ils étaient. Le mot de fraternité n’existait pas dans la langue grecque jusqu’à la naissance du Christianisme. Il apparaît avec les premiers écrits Chrétiens pour nous dire ce que nous sommes par la foi qui nous unit. Je communie au corps du Christ et par là même je communie avec tous mes frères et sœurs qui sont le corps du Christ. En réalité, il y a une double signification de la communion :
-         1° Communion aux choses saintes :corps et sang du Christ
-         2° Communion aux saints que nous sommes tous de part notre baptême.

Ainsi, je communie avec le Christ et je ne fais plus qu’un avec lui ! ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ! ma vie  présente, dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi !

Dans les Actes des Apôtres les piliers de toute communauté sont décrits :
-         Fidèles à l’enseignement des apôtres, la parole de Dieu
-         Fidèles à la communion fraternelle
-         Fidèles à la fraction du pain, communion corps du Christ
-         Fidèles aux prières.

Saint Paul nous dit dans 1Cor : « La coupe que nous bénissons n’est - elle pas communion au Sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est - il pas communion au Corps du Christ ?  puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps, car tous nous participons à cet unique pain ! »
Nous sommes invités à mettre en pratique cette unité du Corps du Christ. Je suis solidaire de tous mes frères Chrétiens, j’ai besoin d’eux, ils ont besoin de moi, ensemble nous formons le Corps du Christ. Je ne peux pas communier au Corps du Christ sans m’engager à communier aussi à tous mes frères et sœurs qui sont les membres de ce corps. Et en même temps, le Seigneur m’invite à une intimité toujours plus grande avec lui. L’union au Christ qui se réalise dans l’eucharistie est quelque chose de bouleversant. Lorsque Saint Jean Chrysostome préparait les catéchumènes au baptême, il leur disait, réjouissez vous, dans 30 jours, vous allez être introduit dans la chambre nuptiale pour célébrer vos noces avec l’époux divin. Il utilisait cette image que Dieu utilise dans toute la bible pour nous dire l’amour qu’il a pour nous ;l’image des noces et l’eucharistie est vraiment la célébration de cette union nuptiale entre le Christ et l’Église. Nous ne faisons plus qu’un avec le Christ dans l’eucharistie. Nous sommes appelés à une intimité de plus en plus profonde avec le Christ. Plus je grandirai dans l‘intimité avec le Christ, plus je grandirai dans l’intimité avec mes frères et mes sœurs en Christ.

En célébrant la messe avec les détenus en prison, je réalise que je ne peux pas vivre plus l’intimité avec le Christ sans me sentir solidaire des tous ces frères en Christ. Nous entendons souvent que l’adoration, c’est du temps perdu pour l’action, au contraire, plus je serai uni au Christ, plus je serai uni avec mes frères et sœurs les hommes et les femmes. Non seulement avec les baptisés, mais avec tous ceux qui sont appelés par le Christ à devenir les membres de son corps. Alors vraiment, réalisons comment cette communion doit devenir une réalité quotidienne et que cette communion doit rayonner sur la vie du monde. Les Chrétiens devraient être vraiment des êtres de communion. Jean Paul II dans sa lettre pour entrer dans le 3° Millénaire, nous a dit que nos paroisses doivent devenir des écoles de la communion. Voilà un des fruits de l’adoration eucharistique !

En même temps, lorsque je communie au Corps du Christ, ou lorsque je communie à la parole du Christ, je pense toujours à ce que l’évangile de Jean dit de Jean – Baptiste (Jn 3,29-30) : « Celui qui a l’épouse est l’époux, Quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il écoute et la voix de l’époux le comble de joie ! Telle est ma joie, elle est parfaite, il faut qu’il grandisse et moi que je diminue ! ». La joie de m’asseoir à chaque eucharistie pour accueillir sa parole. Ma joie est d’entendre l’époux, de me réjouir à sa voix, car sa voix va prendre chair en moi. Et, ce moment là, il n’y a plus qu’une chose à réaliser, il faut qu’il grandisse et que moi, je diminues !

Saint Jean ne nous a pas rapporté le récit de l’institution. Mais en lieu et place du récit de l’institution Saint Jean nous donne les deux grands fruits de l’eucharistie :
-         La loi du service mutuel : le lavement des pieds, Jésus qui s’est fait le serviteur de ses frères, l’esclave de ses frères, pour nous apprendre comment l’eucharistie doit déboucher sur le service mutuel des frères.
-         La loi de l’amour, le commandement de l’amour, aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Voilà le fruit de la communion eucharistique !
    
Dans notre monde, où on a tant de mal à se mettre au service les uns des autres. On a tant de mal à trouver des bénévoles aujourd’hui, voilà les fruits de l’eucharistie si nous accueillons le Corps du Christ, si nous accueillons sa parole !

3)   L’EUCHARISTIE , ACTION DE GRACE :

Dans l’eucharistie, on rend grâce d’abord pour toutes les merveilles de la création, puis pour les merveilles que Dieu a fait dans l’homme, puis dans l’histoire, puis, lorsque Dieu nous a donné son Fils, puis pour la mort de son Fils sur la Croix. On arrête pas de rendre grâce et finalement l’eucharistie, c’est une pédagogie de l’émerveillement, rendre grâce en toutes circonstances !

 Il nous est facile de nous émerveiller devant la beauté de la nature, mais sommes – nous capables de nous émerveiller devant nos frères et sœurs. Chacun est aussi invité à dire, pour sa part, quelle merveille je suis Seigneur ! Quelles merveilles sont tes œuvres. Saint Paul nous redit, en toutes circonstances, rendez grâce à Dieu, c’est sa volonté sur vous dans le Christ, n’éteignez pas l’Esprit ! Car si je peux et je dois rendre grâce en toutes circonstances, c’est parce que je sais que de tout ce qui m’arrive Dieu pourra faire sortir ce qu’il y a de meilleur pour moi aujourd’hui. Et, en même temps, pour que je puisse demeurer dans l’action de grâce, il ne faut surtout pas éteindre l’esprit. N’éteignez pas l’esprit, c’est lui qui va nous permettre de demeurer dans une dynamique d’action de grâce en toutes circonstances. Durant les retraites de confirmation que j’anime, j’insiste pour que, en toutes circonstances, il soit dit merci Seigneur ! Cela changerait nos vies, si, en toutes circonstances nous disions merci Seigneur !

Dans Apocalypse 3,14  nous entendons : « Venez chez Moi, dit Dieu, recevoir un collyre pour oindre vos yeux et recouvrer la vue ». Nous avons une terrible maladie des yeux, nous voyons tous les défauts des autres. Tous les matins, je vous invite à vivre une dynamique de l’émerveillement. Comme le monde changerait si nous rentrions dans une dynamique de l’émerveillement ! Cela est une pédagogie divine merveilleuse. Le bienheureux Frangelico, dans une cellule du couvent Saint Marc à Florence, a représenté un Christ les yeux bandés. C’est le Père Jean Michel Gary qui a dit qu’il a bandé les yeux de Jésus car Dieu n’a pas idée du mal. Dieu ne voit que ce qu’il y a de beau. C’est vrai que lorsqu’on regarde le cœur de Dieu, la seule trace de péché que les théologiens arrivent à découvrir, c’est un surcroît de miséricorde. La conséquence du péché des hommes dans le cœur de Dieu, c’est une surabondance d’amour. Entrons dans cette dynamique de l’émerveillement et votre vie deviendra merveilleuse !

Comment devrions - nous rendre grâce pour l’Histoire Sainte ? Rendre grâce pour Abraham ?  Dieu lui a dit : « Laisse toi conduire par moi, là où moi je veux te conduire ». C’est ce qu’il continue à nous demander à tous !  Rendons grâce pour Abraham, notre Père dans la foi ! Le songe de Jacob ! Lorsqu’il va apercevoir cette immense échelle qui monte vers le ciel avec les anges qui montent et descendent, il va entendre le Seigneur lui dire : « Je serai avec toi, partout où tu iras ! ». Partout où nous sommes, le Seigneur est là qui nous devance, il nous montre le chemin. L’histoire sainte, c’est notre histoire ! La bible, l’Ancien Testament, c’est comme un immense album où je peux découvrir le visage de mon grand père, de ma grand - mère, de tous mes ancêtres dans la foi. Quelle joie de les découvrir, de découvrir toutes les merveilles que Dieu fait en eux et qu’il veut faire en moi aujourd’hui encore !

4)   L’EUCHARISTIE  EST MÉMORIAL :

Mémorial, c’est un mot difficile. Par les monuments aux morts, ont fait simplement mémoire de ceux qui ont permis à notre Pays de vivre libre aujourd’hui. Alors que lorsque Dieu agit, son action qui s’est située à un moment de notre histoire. Son action a une durée qui transcende l’histoire. Ce que Dieu a fait, il y a 4000 ans, aujourd’hui encore, je peux en faire mémoire.

Dans chaque famille juive, le jour de la pâque est fait mémoire de la sortie d’Egypte. Aujourd’hui, le Seigneur ton Dieu vient te libérer, toi mon enfant de l’esclavage d’Egypte pour te conduire vers la terre promise ! Ce qui s’est passé, il y a 4000 ans s’actualise dans la vie de ce jeune juif aujourd’hui encore. C’est ce qu’on appelle un mémorial, c’est - à - dire ce que Dieu a fait, transcende l’histoire et, aujourd’hui encore, dans la liturgie, je peux actualiser pour moi l’événement sauveur d’autrefois ! Cela sera central pour l’eucharistie, car la cène que le Seigneur a célébrée au soir du Jeudi Saint, le calvaire, la croix, l’évènement ou le fils de Dieu nous a donné son corps et son sang en nourriture, où le Fils de Dieu a donné sa vie sur la croix. Cet événement me demeure encore actuel à moi. C’est ce qu’on appelle l’eucharistie mémorial. C’est - à - dire qu’aujourd’hui encore, je peux participer pleinement au sacrifice de la croix ! Ce que le Seigneur a fait, il nous a dit, vous ferez cela en mémoire de moi ! Voilà la notion de mémoire au sens biblique ! Cette mémoire transcende l’histoire car c’est une action de Dieu – lui - même et ainsi je peux vivre quelque chose de merveilleux. Je peux venir m’asseoir à côté de Jésus lors du dernier repas de la Cène, je peux venir m’asseoir au pied de la Croix et tout cela prend ici, à Paray le Monial un sens très riche !
        
         Au pied de la croix, il y avait Marie et le disciple bien – aimé. Or, à aucun moment il est dit qui était le disciple bien – aimé, simplement pace que chacun et chacune d’entre nous sommes invités à venir mettre nos pas dans ceux du disciple bien aimé. Chacun et chacune, nous sommes ce disciple bien aimé ! Chacune et chacun d’entre nous, nous pouvons venir nous asseoir à côté de Jésus au soir de la cène. Nous pouvons nous pencher sur la poitrine de Jésus pour entendre battre le cœur de Dieu. Le mémorial nous permet cela justement. Aujourd’hui en 2007, je peux m’asseoir à côté du cœur de Jésus et entendre battre le cœur de Dieu.  Voilà pourquoi à Paray où Jésus a voulu nous montrer son cœur, il veut nous montrer la puissance du mémorial de la cène et de la croix. Et, au pied de la croix, je peux venir et j’entendrai Jésus me dire à Moi : «Voici ta Mère ». Jésus dira à Marie : « Voici ton enfant ». Et, alors Marie va pouvoir nous enfanter dans le corps de son Fils qui est l’Église. Avec, l’évangile, je pourrai dire, qu’à partir de ce moment – là, il prit Marie chez lui ! Je ne peux pas vivre en Chrétien sans avoir Marie chez moi ! Un Chrétien, il vit dans l’intimité de la Mère de Jésus qui est devenue sa mère. Et, en même temps je suis là au pied de la croix ! et, au moment où Jésus meurt, il donne l’esprit ! Je vois l’Esprit qui descend sur l’Eglise naissante ! À ce moment – là le soldat s’approche, il perce le mur du temple saint et il en jaillit du sang et de l’eau ! L’eau, symbole du baptême. Le sang, symbole de l’eucharistie ! Le baptême et l’eucharistie, sacrements qui font l’Église !  De la même manière qu’Ève est née du côté endormit d’Adam, la nouvelle Ève est née du côté endormi du nouvel Adam endormi sur la croix ! Et alors, je peux entrer maintenant dans cette nouvelle dimension de l’eucharistie, l’eucharistie comme sacrifice.

5)   L’EUCHARISTIE  COMME SACRIFICE :

Malheureusement, nous n’aimons plus ce mot de sacrifice. On pense immédiatement aux petits et grands sacrifices ! Pour comprendre ce qu’est un sacrifice, relisons l’ancien testament ! Sacrifice de l’alliance que Dieu a conclu avec son peuple ! Rappelez vous, Moïse a convoqué le peuple et il lui a dit :  « voilà ce que le Seigneur veut dire à tous et à chacun! ». Et il a dit au peuple toutes les paroles que Dieu avait dites ! Et le peuple a répondu en disant : « tout ce que le Seigneur vient de dire, nous le mettrons en pratique ! ». À ce moment - là, Moïse a fait tuer des veaux, prendre le sang, dresser un autel et sur l’autel il a partagé le sang : la moitié sur l’autel, la moitié sur le peuple ! C’est là que se noue le sacrifice ! Désormais, c’est le sang de Dieu qui coule dans nos veines ! C’est le même sang qui coule en nous, en chacun de nous ! En nous tous et dans le cœur de Dieu ! Voilà le sacrifice de communion par excellence !  Or, le Christ a donné sa vie sur la croix pour que nous puissions tous vivre de la vie divine, pour que nous puissions tous vibrer au rythme du sang de Dieu.

C’est le sang de Dieu qui circule en nous tous et qui nous fait corps du Christ. Comment cette notion de sacrifice est bouleversante : sur la croix, Jésus m’a aimé pour me donner sa vie, pour que je vive de sa vie à lui ! Voilà ce qu’est le sacrifice ! Souvent on oppose la messe et l’adoration. Mais l’adoration, c’est le prolongement de l’eucharistie. Si j’entre dans cette notion de nourriture, de communion, d’action de grâce, de sacrifice de mémorial, alors  que tout cela est tellement riche que j’ai besoin d’intérioriser tout cela pour pouvoir le vivre dans ma vie quotidienne, pour pouvoir le rayonner tout autour de moi ! À ce moment – là, je vais pouvoir entrer dans la dernière dimension qui reprend toutes les autres pour leur donner toute leur plénitude. Le mystère de la présence du Christ. 

6)    L’EUCHARISTIE  MYSTHÈRE DE LA PRÉSENCE DU CHRIST :

Il y a une multitude de présences du Christ, mais la première, car elle est indispensable, c’est la présence du Christ dans le ministre ordonné qui préside l’eucharistie. Il n’y a pas d’eucharistie sans évêque ou sans prêtres, ses collaborateurs. Car, dans l’eucharistie, l’évêque et ses collaborateurs, les prêtres agissent, in personna christi,  dans la personne du Christ. C’est le Christ qui consacre, c’est le Christ lui – même qui agit à travers le prêtre, l’évêque. On a besoin de prêtres. Aimez vos prêtres, car ce sont eux qui vous donnent l’eucharistie !

Lorsque je baptise, j’ai tout à fait conscience que j’engendres à la vie divine. Le ministère de prêtre est un ministère où l’on donne la vie, mais la vie divine. Le monde a besoin de cette vie divine. Alors le prêtre, il est comblé par ce don de vie qu’il donne à travers tous les sacrements.

Il y a aussi la présence du Seigneur dans la parole, dans la Bible. Aujourd’hui, il faut que nous retrouvions cette puissance de la parole de Dieu. Quel respect on doit avoir pour la parole, c’est du feu, une Bible !
La présence du Christ sous les apparences du pain et du vin dans le corps et le sang, il est vraiment là. Depuis 2000 ans, on cherche à rendre compte de cette transformation de substance !   Au 20° siècle, on cherche à trouver d’autres mots que la trans - substanciation, et on n’a pas trouvé ! Il est vraiment là, c’est le Corps du Christ présent sous les apparences du pain et du vin ! Mais la substance, l’être profond, ce n’est plus de pain, c’est le corps et le sang du Christ. Quel respect doit – on avoir pour l’eucharistie, lorsque nous pouvons dire, il est vraiment là ! Le Seigneur nous invite à rentrer dans son intimité dans une fraternité avec lui, il veut faire de mon son ami ! mais, en même temps, n’oublions jamais qu’il est mon Seigneur et mon Dieu ! Mon sauveur ! présence du Christ, il est là. Comment n’avoir pas envie de le rencontrer dans l’adoration, il est vraiment là ! Nous devons nous faire bronzer au soleil de l’amour divin qui est présent dans l’adoration. L’hiver, il faut aller nous réchauffer au feu de l’amour divin. L’eucharistie, il est là et je peux venir m’asseoir à ses pieds.


Lorsque je ne sais plus quoi faire, où que je suis agité, je viens dire à la Sainte Vierge, calme – moi pour que, moi aussi, je puisse regarder Jésus ! Là Marie remplit pleinement son rôle maternel ! Je peux ainsi rester avec Jésus, pas besoin de paroles, Je suis là, il est là, nous sommes ensemble. Je le regarde, il me regarde et cela me suffit. Et puis, dernière présence qui est comme le fruit de l’eucharistie, c’est la présence dans le corps du Christ. Nous sommes le Corps du Christ, car nous avons le Christ en nous après l’eucharistie ! Nous sommes le Corps du Christ et membres les uns des autres, la présence du Christ au milieu de son Corps. La présence du Christ dans celui qui vient de communier. Quel respect pour le Corps du Christ pour le Corps que nous formons ! Il faut que nous vivions cette réalité du Corps que nous formons tous ensemble !      

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