L'Église se mobilise et s'engage
COMMUNIQUE DE LA MISSION DE FRANCE(1)
L’évêque de la Mission de France et son Conseil
s’associent à la protestation de nombreux
catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil,
d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une
fillette de 9 ans violée par son beau-père.
Bien sûr l’avortement est un
acte de mort ; il inscrit dans la chair de
celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais.
Mais comment se peut-il que devant un tel
drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour
entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la
pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les
personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir
compte du «
moindre mal »,
en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.
Quand on invoque la «
loi
de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : «
soyez miséricordieux comme votre Père est
miséricordieux » ?
Cette décision abrupte
d’excommunier est inacceptable. Elle ne
tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette
enfant.
Nous le
disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des
attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui
trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.
Nous
le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous
reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le
plus vite possible.
Mgr Yves Patenôtre, évêque de la Mission de
France et son Conseil.
10 mars 2009