L'Église se mobilise et s'engage
LES JEUNES ONT BESOIN D’ADULTES QUI LES
AIDENT A VIVRE DES RELATIONS VRAIES (1)
POLEMIQUE SUR LA DECLARATION DU PAPE SUR LE
PRESERVATIF
A-t-on bien compris ce que voulait dire
le Saint Père ?
Les
30 organisations membres de la Fédération Africaine d'Action Familiale n
provenance de 20 pays Africains suivants : Burundi, Burkina Faso, Cameroun,
Togo, Côte d'Ivoire, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, République Démocratique du
Congo (RDC), Nigeria, Madagascar, Ile Maurice, Malawi, Afrique du Sud, Sénégal,
Soudan, Zimbabwe, Tchad, Kenya, tenons a exprimé notre opinion sur a polémique
autour du préservatif.
Ce
que nous avons entendu de la déclaration du Saint Père :
Le sida est un véritable fléau. Il nous invite plus que jamais à
humaniser la sexualité et à accompagner les
personnes malades et nous dit que ce fléau ne peut être résolu par la
distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le
problème.
Il
n'est pas de notre ressort de commenter cette déclaration ni sur le fond ni sur
la forme. Nous profitons de la polémique suscitée pour livrer notre point de
vue qui s'appuie sur des observations sur le terrain. En effet, nous
rencontrons beaucoup d'Africains jeunes et moins jeunes qui sont
convaincus que la solution pour combattre
le VIH/SIDA ne se trouve pas dans le préservatif mais dans l'éducation à la
sexualité. De nombreuses générations ont assimilé le continent africain à
un havre de riches cultures traditionnelles et de modèles à l'épreuve du temps
en matière de respect des valeurs familiales. Dans bon nombre de nos
traditions, il s'agit essentiellement pour cette éducation de
faire vivre une sexualité épanouie, et un
amour véritable, préparant à un mariage heureux et à une fécondité physique et
spirituelle. Cette conception de l'éducation tend à faire de l'homme un
adulte libre. Notre entendement de la notion de «
sexualité humanisée » dont parle et a encore parlé Benoît XVI
s'appuie sur le fait que l'éducation doit tenir compte du fait que
la sexualité ne se limite pas à la biologie
ou à la génitalité. C'est un apprentissage à la vie ayant donc une
dimension à la fois sociale, sacrée et religieuse. Elle vise à présenter
l'amour vrai et, elle repose sur une confiance et une acceptation mutuelle.
Il
ne s'agit certes pas de refuser le progrès car comme le dit un proverbe
Kongo, «
si tu changes de pays change
aussi de façon de vivre ». mais sachons aussi «
qu'un arbre ne tient pas sans racine » (proverbe mandingue.) Dans
sa recherche d'un nouveau mode de vie cohérent et acceptable, l'homme africain
aujourd'hui, situé dans la visée d'une combinaison harmonieuse du complexe
socio - culturel traditionnel qui continue de structurer sa personnalité , et
des apports modernes ne gagne t-il pas à garder les qualités des anciens
et y ajouter les valeurs modernes, en rejetant les défauts des deux. Parmi les
apports de la modernité figure le préservatif.
Mais
tout ce qui est moderne n'est pas forcément le meilleur. C'est là l'opposition
entre l'abstinence encore largement pratiquée et la distribution facile,
voire agressive des préservatifs
. La
distribution abusive, incontrôlée, sans discernement des préservatifs
déresponsabilise et favorise chez les jeunes une vie sexuelle
désordonnée.
Nous souhaiterions que les organisations
internationales soient à l'écoute des Africains qui désirent faire appel
à un certain sens de la dignité humaine dans la manière de vivre la sexualité.
L'éducation à la responsabilité, au sens de sexualité, à vivre l'amour dans
toute sa dimension intéressent les jeunes Africains. Les jeunes ont besoin de
références et surtout de modèles cohérents et vivants. Nous ne devrons donc pas
avoir peur de leur dire ce que nous pensons. Il ne s'agit pas de faire de la
démagogie.
Ne pas oser demander des
efforts aux gens et ne pas s'il le faut proposer un idéal exigeant , ce n'est
pas les respecter. Surtout c'est croire les jeunes incapables d'aimer. Les
jeunes n'ont pas besoin d'adultes qui leur distribuent des préservatifs et des
pilules. Il y en a déjà suffisamment.
Ce
qu'ils cherchent c'est des adultes heureux dans leur sexualité et qui les
aident à vivre des relations vraies.
De fait, dans un pays comme l'Ouganda, c'est grâce à
une campagne d'éducation en vue d'une abstinence avant le mariage et la
fidélité dans le mariage que le taux de propagation de l'épidémie a
sensiblement baissé ces dernières années. La revue scientifique américaine
Science no 304 a publié le 30 avril 2004 .un article de deux chercheurs de
l'université de Cambridge, Rand L. Stoneburner et Daniel Low-Beern sur
l'efficacité de la lutte anti-SIDA en Ouganda. Selon les deux hommes, la baisse
du SIDA dans ce pays s'explique par une campagne unique en son genre. Le
message diffusé dans la population insiste sur la morbidité élevée due au SIDA
et le mode de transmission du virus responsable, essentiellement sexuel. Mais
l'originalité de la démarche, et son succès, vient de la promotion de la
fidélité et de l'abstinence, au lieu des traditionnels préservatifs et test de
dépistages.
Pour prévenir l'expansion du sida d'une manière
durable,
il faut croire en la capacité
des jeunes de vivre une sexualité épanouie et responsable dans les paramètres
de la fidélité et de l'abstinence. Le changement de comportement auquel
sont conviés les jeunes est un processus à promouvoir et par les adultes et par
les jeunes eux-mêmes.
AIDEZ NOUS À GARDER NOS VALEURS. QUANT A
NOUS AFRICAINS NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT
;Danièle
1-
SIDA : Communiqué de la
Fédération africaine d’action familiale. ROME, Jeudi 26 mars 2009 (ZENIT.org
<
http://www.zenit.org/>
) - « Les jeunes n'ont pas besoin d'adultes qui leur distribuent des
préservatifs et des pilules. Il y en a déjà suffisamment. Ce qu'ils cherchent
c'est des adultes heureux dans leur sexualité et qui les aident à vivre des
relations vraies », affirme la Fédération africaine d'action familiale, dans ce
communiqué sur la polémique soulevée par la déclaration du pape Benoît XVI sur
le SIDA, lors de son voyage en Afrique. Nous publions ci-dessous le communiqué
de la FAAF, en date du 25 mars, dans son intégralité.