L'Église se mobilise et s'engage
EUROPE, PIONNIERE DE LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT
CLIMATIQUE ?
Déclaration des Eglises (1)
«
Stabiliser le climat représente un des défis moraux et politiques les
plus urgents de ce XXIe siècle. Si nous échouons à relever ce défi, cela
équivaudra à une défaite morale pour toute l'humanité ». C'est le message
principal de la lettre commune que la Commission «
Eglise et Société » de la Conférence des Eglises européennes (KEK)
et le Secrétariat de la commission des épiscopats de la Communauté européenne
(COMECE) ont adressée au président du Conseil de l'UE, le premier ministre
tchèque, Mirek Topolanek, quelques jours avant le sommet de printemps du
Conseil européen.
Les Eglises en Europe
enjoignent le Conseil à accorder la plus grande attention à l'agenda de lutte
contre le changement climatique et à la préparation de l'UE à la réunion de la
Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC). Celle
– ci se tiendra à Copenhague à la fin de cette année (7-18 décembre) pour
adopter le futur accord sur les émissions de gaz à effet de serre. Les Eglises
encouragent les chefs d'Etat et de gouvernement à adopter une position qui
devrait aller au-delà de la proposition inscrite dans la communication de la
Commission européenne de janvier 2009.
«
Si l'on considère la responsabilité historique de l'UE, qui est parmi
les premiers pollueurs de la planète, et si l'on tient compte des
recommandations sans équivoque de la communauté scientifique, il est clair que l'objectif unilatéral que s'est
fixé l'UE de réduire de 20% ses émissions n'est pas assez ambitieux »
affirment les auteurs de la lettre. «
L'UE devrait s'engager à réduire
unilatéralement d'ici 2020 ses émissions d'au moins 30% par rapport à l'année
de référence 1990. Cet objectif
devrait, dans la mesure du possible, être atteint dans les Etats membres de
l'UE elle-même, car cela garantira que les changements structurels nécessaires
seront menés au sein de l'UE. ».
La lettre reconnaît que «
dans le contexte actuel de crise économique
et financière, des objectifs de réduction plus ambitieux pourraient être
considérés comme un défi considérable pour les États membres de l'UE. »
Cependant «
les coûts des politiques de
réduction et d'adaptation augmentent chaque année de façon significative à
mesure que l' action est reportée. Ainsi, il serait tout aussi déraisonnable
d'un point de vue économique de ne pas agir suffisamment. Nous croyons que les
actions requises ne demandent pas de sacrifices inacceptables pour les pays
développés ».
Les Eglises en Europe
soulignent que la lutte contre le changement climatique est d'autant plus
nécessaire que ce sont les pays en voie de développement qui portent le fardeau
le plus lourd des conséquences du changement climatique.
Ces pays seront, néanmoins,
incapables de «
décarboniser leurs
économies, ni de s'adapter aux impacts négatifs du changement climatique, sans
une assistance technologique d'envergure et sans aide financière complémentaire
à l'aide au développement traditionnelle. Nous encourageons les leaders européens
à faire preuve de solidarité et de volonté politique afin de protéger les
millions de personnes dans les pays en développement qui risquent de perdre
leur vie et leurs moyens de subsistance du fait du réchauffement global causé
par le monde industrialisé ».
Un accord global sur la lutte
contre le changement climatique qui soit à la fois ambitieux et équitable est
désormais à portée de main. Les Eglises en Europe estiment qu'il ne faut donc
1-
ROME, Lundi 9 mars 2009
(ZENIT.org <
http://www.zenit.org/>
) - En Europe, les Eglises « encouragent les chefs d'Etat et de gouvernement de
l'UE à jouer un rôle pionnier dans la lutte contre le changement climatique »,
indique aujourd'hui un communiqué conjoint de la Conférence des Eglises
européennes (KEK <
http://www.cec-kek.org/french_site/index.shtml>
) et de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE <
http://www.comece.org/>
).