NOUVELLES DE MISSIONNAIRES
Journal d’Armel 17-21 janvier
Père Armel
DUTEIL
Mission Catholique
BP 2016
CONAKRY (Guinée)
Tél. :
00224 64 40 92 18
CCP NANTES 3832.64 A
E.MAIL :
armelduteil@yahoo.fr
Site internet P Armel:
http://armel.duteil.free.fr/
Site
internet
Justice et Paix:
http://justice.paix.guinee.free.fr/
Samedi 17
Janvier :
J’apprends, avec une grande joie et un soulagement
énorme, la bonne nouvelle que les
cinq
Camerounais, dont je vous ai parlé récemment, qui avaient été torturés par
les militaires puis arrêtés à la frontière sénégalaise bien qu’ayant un laisser
passer officiel, et ramenés à Boké la capitale de région, ont finalement pu
être libérés et ont regagné leur ambassade du Cameroun à Dakar, en passant par
le Mali. Quel soulagement !
Dimanche 18
Janvier : Rencontre de la
Commission diocésaine de Pastorale
sociale.
Nous nous retrouvons à la
paroisse de Koloma, près de l’aéroport, dès 7 h 30, avec un délégué de chacune
des autres paroisses de la ville où la Commission fonctionne. Ce n’est pas le
cas partout. En effet, vu l’état de décomposition et de laisser aller du pays,
les gens ont beaucoup de peine à s’organiser ; de plus, l’état de pauvreté
général fait qu’ils sont écrasés, découragés et ont l’impression de ne rien
pouvoir faire par eux-mêmes. Les organisations humanitaires ont trop souvent
développé, involontairement bien sûr, des mentalités de mendicité et
d’assistance ; ce qui fait qu’il n’est pas simple de remonter la pente. Il
faudra beaucoup d’efforts et de temps. Et à cause des fêtes et de tous les
événements du pays, nous ne nous sommes pas réunis depuis Novembre.
Prière pour le pays. Bien que le pays soit à 90 % musulman, il y a un
certain nombre de ministres chrétiens. Trois sont résidents dans cette
paroisse, pourtant en secteur très populaire. Ils sont venus à
la messe et ont demandé la
prière spéciale de toute la communauté et notre bénédiction. Nous prions pour
le pays, tous ses habitants, en particulier les plus démunis, et tous ses
problèmes. L’Evangile est celui de l’appel des premiers apôtres. J’insiste sur
l’importance pour nous chrétiens de répondre à cet appel du Christ sur nous, et
comment y répondre, en particulier par notre engagement dans la Société et pour
un développement intégral… sous forme
de dialogue et de partage, comme d’habitude. Aujourd’hui, les enfants y participent
d’une manière très active et sont applaudis pour l’originalité et la qualité de
leurs réponses. Après la prière universelle,
nous prions pour nos trois frères ministres :
-
Celui
des affaires étrangères,
-
Celui
de l’information et de la culture, et
-
Celui
des audits de toutes les sociétés d’état et des contrats passés par les
gouvernements précédents, cela dans le cadre de la lutte contre la corruption.
Une tâche énorme, pour ce dernier ministre, qui ne fera pas plaisir à tout le
monde ! Il aura bien besoin de nos prières et de notre soutien. À la fin
de la prière pour eux, à leur demande, je leur impose les mains. Ensuite, nous
allumons à l’autel (à la lumière du Christ) trois bougies pour qu’ils vivent
leurs responsabilités dans la lumière et la clarté et je leur rappelle que
« ministre » signifie : serviteur. Ces trois bougies vont passer
dans toutes les mains, tout au long de la célébration pour que chacun y fasse
une prière silencieuse pour eux. À la fin de la messe, nous leur avons remis
ces bougies qu’ils ont emmenées à leur domicile.
La Pastorale sociale. Au moment des annonces, je prends cinq minutes pour
expliquer à tous le rôle de la Commission de pastorale sociale, afin que chacun
soit non seulement informé mais si possible motivé. Après la messe, nous nous
retrouvons comme d’habitude avec les volontaires pour répondre à leurs
questions, apporter les explications nécessaires et mettre en place la
Commission paroissiale. Cela se passe très bien et se termine par un repas
offert par le conseil paroissial. Bien sûr, il faudra qu’ils passent à
l’action, et, pour nous, que nous suivions l’évolution des choses.
Ensuite, nous retrouvons la
Commission diocésaine avec les délégués des différentes commissions
paroissiales, pour faire le tour des activités passées et préparer les
activités du mois prochain. Au fur et à mesure, les questions posées nous
permettent de préciser un certain nombre de choses, d’assurer une formation
continue et d’améliorer nos façons de travailler. Aujourd’hui, nous insistons
spécialement sur le bénévolat et l’engagement volontaire. C’est exigeant pour
les gens, vu leur pauvreté, de travailler ainsi gratuitement, mais étant donné
nos manques de moyens, c’est la seule solution pour faire quelque chose et nous
en sortir.
Lundi 19
Janvier : Conakry.
Il faut me mettre tout de
suite au travail, car beaucoup de choses sont en attente. Après la prière à 6 h
15 et la messe, je pars tout de suite au siège de CRS. J’ai pris le soin de
déjeuner avant la messe : il faudra tenir jusqu’au soir. La plupart du
temps, à midi, je me contente d’un
petit sandwich. C’est une habitude à prendre… Après tout, quand je
travaillais en animation missionnaire dans la région parisienne, je faisais la
même chose. Mais, merci à ceux qui m’envoient des petits colis de pâté ou
autres !
Au CRS
(Caritas américaine), je fais le point de toute la tournée à Koundara, Ourous
et Labbé. À partir de là, nous traçons les grandes lignes d’un plan de
développement global pour la région nord. Nous allons envoyer les gens de
l’OCPH (Caritas guinéenne) sur le terrain pour préciser tout cela et nous avons
prévu une formation des agents de l’OCPH et des animateurs de SOS-Mineurs
(enfants de la rue) pour leur apprendre à mieux préparer les actions et à mieux
les organiser.
À midi, je les laisse
continuer la formation et je monte à l’Archevêché. Après différentes rencontres
avec Christina, responsable de la pastorale des enfants au Brésil, Bernard, de
l’atelier Savoir-Fer, les responsables de l’économat et du secrétariat de
l’Archevêché, et Jorge, le représentant de Caritas Allemagne, je trouve enfin
un moment pour ouvrir ma boîte mail : plus de 150 messages…. Je n’ai pas
pu l’ouvrir quand j’étais en tournée.
À 19 h 30, pendant que
j’attends le taxi de longues minutes (à cette heure-ci il faut vraiment se
« battre » pour avoir une place. Il y a souvent plus de 20 clients
pour une seule place), un paroissien de Taouya me reconnaît et me prend dans sa
voiture. Il me conduira même jusqu’à la maison. Merci à lui : j’aurai un
peu plus de temps pour préparer la formation de demain sur le SIDA.
J’ai rencontré le problème
cette semaine encore à Koundara. Actuellement, ils peuvent faire passer le test
de dépistage à l’hôpital. Mais ensuite ce sont seulement les
femmes enceintes séro - positives que l’on
soigne, et uniquement pendant leur grossesse pour que l’enfant ne soit pas
contaminé. Après l’accouchement, on les abandonne à leur sort, de même que
toutes les autres personnes touchées par le virus et qui, faute de moyens pour
faire les tests, ne savent même pas qu’elles sont séro - positives. Et comme je
l’ai dit plus haut, la formation des animateurs dans ce domaine est à revoir.
En particulier pour ce qui concerne la prévention. Influencé par la culture
traditionnelle, on se contente de donner des conseils ou des interdits, mais sans
voir les problèmes réels ni la vraie vie des personnes.
À ce niveau, nous sommes
repartis de la Parole de Dieu beaucoup plus ouverte et interpellante qu’on ne
le croit, et de l’attitude du Christ tellement accueillante, ouverte et
compréhensive, lui si attentif aux personnes sans jamais les enfermer dans des
principes et des commandements. Il nous a fallu revenir à des questions de
base : Qu’est-ce que la sexualité ? Qu’est-ce qu’une relation
sexuelle ? Aimer, qu’est-ce que c’est ? Les conditions pour vivre une
abstinence épanouissante ? Et comment assurer une véritable éducation
sexuelle, en commençant par la famille, qui ne soit pas qu’une information et
ne se limite pas au seul aspect physiologique ? Cela fait des années que j’interviens à ce niveau, mais je
découvre sans cesse des choses nouvelles. Sans oublier que la vie évolue sans
cesse et qu’il faut suivre.
Mardi 20
Janvier : Réunion du Conseil d’Administration de l’atelier des
enfants de la rue : « Savoir-Fer ».
Rencontre avec Hannes,
responsable de l’Afrique de l’Ouest à Caritas Allemagne, venu faire une tournée
sur le terrain. Nous faisons le tour d’un certain nombre d’actions à mener, en
particulier en faveur des enfants nécessiteux : jardins d’enfants, foyer
des enfants de la rue, suivi des mineurs en prison, etc… Nous parlons de la
possibilité d’organiser des activités de vacances dans les quartiers
populaires. Les éducateurs sont déjà formés, reste le problème des moyens. La
soirée se termine avec David, de CRS (Secours catholique américain).
Mercredi 21
Janvier : Au Collège Ste Marie, rencontre de Rémi, le Supérieur des Frères,
venu du Sénégal. Puis nous préparons une rencontre des jeunes lycéens pour
mettre en place une Commission–jeunes «
Justice et Paix ». Nous faisons aussi le programme de mes
interventions dans les différentes classes du collège sur les droits humains.
Ce travail de formation nous semble essentiel pour l’avenir du pays. Pour la
même raison, je dépose un stock de mes livres à la librairie du collège. La
matinée se termine par une réunion des
enseignants.