Environnement
LES ASSUREURS AMERICAINS
OBLIGES DE PUBLIER LEURS RISQUES CLIMATIQUES
Paris, le 18 mars 2009 - La National
Association of Insurance Commissionners (NAIC, équivalent de l’ACAM en France)
vient de voter l’obligation pour les
assureurs américains de publier leurs risques financiers face aux changements
climatiques, ainsi que les actions entreprises pour y répondre. Cette
décision révèle la prise de conscience des régulateurs financiers à la
problématique des changements climatiques qui risque de mettre en péril le
business model d’un des plus importants secteurs d’activité au monde, comme le
confirme l’explosion des pertes dues aux catastrophes naturelles en 2008 : 45
milliards de dollars (+ 50% par rapport à 2007). Les Amis de la Terre demandent
à Bercy de suivre cet exemple et d’adopter une obligation équivalente dans les
plus brefs délais.
C’est
officiel : toutes les compagnies d’assurances américaines dont les primes
annuelles sont supérieures à 500 millions de dollars seront désormais obligées
de publier un document révélant leur exposition aux risques climatiques dès
2010. Cette décision est la bienvenue, selon Yann Louvel, chargé de campagne
Finance privée aux Amis de la Terre : «
Cette
première mondiale marque un tournant
dans la prise de conscience des défis immenses que posent les changements
climatiques au secteur de l’assurance et à toute l’économie mondiale. Ils
augmentent en effet la fréquence et l’intensité des événements climatiques
extrêmes, comme les feux de forêt, les inondations, les tempêtes ou les
sécheresses, ce qui fait exploser les pertes. Mais ils incitent également les
gouvernements à donner progressivement un prix au carbone, remettant en cause
les profits de certaines activités dans le secteur énergétique, comme les
centrales au charbon, dans lesquelles les assureurs investissent couramment. Le
danger apparaît d’autant plus important que ces deux impacts peuvent être
corrélés, la contrainte carbone sur les entreprises investies mettant en péril
la base de remboursement des pertes provoquées par la hausse des sinistres
».
La
NAIC reconnaît ainsi l’impact potentiel
énorme des changements climatiques sur la santé financière du secteur de
l’assurance ainsi que l’accessibilité des produits d’assurance pour les
clients, mais aussi le besoin pressant d’informations afin de déterminer
comment les assureurs répondent à ce défi. Sébastien Godinot, coordinateur des
campagnes aux Amis de la Terre, précise : «
C’est
un des enseignements de la crise économique actuelle : il faut désormais
regarder de plus près les risques émergents, qu’ils soient financiers ou
environnementaux. Si un régulateur chargé de surveiller la solvabilité d’une
des plus importantes industries au monde décide de s’emparer de ce sujet, cela prouve que les changements climatiques
l’inquiètent pour la pérennité du business model actuel des assureurs. La
publication de données permettra aux investisseurs d’avoir accès à des
informations cohérentes et comparables, afin de déterminer les efforts réels
déployés par les assureurs pour évaluer et intégrer ce type de risques ».
Cette décision
intervient dans un contexte d’explosion des pertes dues aux
catastrophes dans le monde, dont le coût total a atteint 269 milliards de
dollars en 2008, selon Swiss Rei
(1).
Sur cette somme, 45 milliards dues aux catastrophes naturelles ont été couverts
par les assureurs, un montant en augmentation exponentielle ces dernières
années.
La France ne brille pas par le
comportement vertueux de ses assureurs, comme le révélait
l’étude «
Assurances françaises :
changements climatiques garantis ? »
(2)
publiée en décembre dernier par les Amis de la Terre. Il est donc temps que le
gouvernement s’empare à son tour du sujet et adopte une réglementation
similaire. Yann Louvel conclut : «
Nous
demandons que le Ministère des Finances, sur avis du CCLRF, ainsi que les
organes réglementaires des milieux financiers que sont la Commission Bancaire,
l’ACAM et l’AMF, s‘emparent de cette problématique et agissent au plus vite. ».
Contact presse : Caroline Prak, Les
Amis de la Terre, 01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43