Environnement
BANQUE
EUROPEENNE D’INVESTISSEMENT (BEI) :
LES DÉPUTÉS EUROPÉENS VEULENT PLUS DE
TRANSPARENCE ET DE RESPONSABILITE
Paris, le 26 mars 2009 – Le Parlement européen a renouvelé
hier après-midi la Garantie communautaire sur les prêts de la Banque européenne
d’investissement (BEI) hors de l’Union européenne(1),
qui avait été annulée par la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE)
en novembre dernier (2).
La nouvelle décision votée par les députés européens affirme clairement les responsabilités de la BEI en matière de
développement, et lui impose des obligations en matière de respect des droits
humains et de promotion des valeurs démocratiques dans ses pratiques de prêt.
Les Amis de la Terre et la coalition Counter Balance (3)
se réjouissent de cette décision qui met fin à l’irresponsabilité juridique
d’une Banque qui déclarait il y a dix ans n’avoir de « compte à rendre
qu'aux marchés financiers »(4).
Le
6 novembre 2008, la Cour de Justice des Communautés européennes (CJCE) avait
annulé le mandat externe de la BEI, qui couvrait son action dans les pays
voisins et en voie d’accession à l’Union européenne, ainsi que l’Asie et
l’Amérique Latine. Cette décision confirmait que l’intégralité
(5)
du mandat externe de la BEI se situe dans le cadre de la politique de développement
de l’Union européenne.
Pour
Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne responsabilité des acteurs financiers
aux Amis de la Terre : «
La
Banque contestait ce rôle de développement qu’elle a acquis de facto en prêtant
de plus en plus d’argent dans les pays en développement. Cette nouvelle
décision du Parlement européen, contient des obligations explicites en terme de
développement – promotion d’un développement économique et social soutenable,
respect de la règle de droit et des libertés fondamentales, lutte contre la
pauvreté. C’est une avancée fondamentale pour responsabiliser cet acteur
financier majeur, qui agit partout dans le monde au nom de l‘Union européenne. »
Desislava Stoyanova, coordinatrice de la coalition Counter Balance, poursuit : «
Barrage Nam Theun 2 au Laos, usine de pâte à papier au Brésil, oléoduc
Tchad Cameroun… La BEI a financé des
projets qui non seulement ne contribuent pas au développement des pays hôtes,
mais en plus y aggravaient la corruption et les violations des droits humains.
Cette nouvelle décision devrait empêcher de telles pratiques de prêt à l’avenir. »
Les
Amis de la Terre et la coalition
Counter Balance appellent les
députés européens à contrôler l’activité de la BEI au regard de cette décision.
Le 30 avril 2010, ils devront adopter un nouveau mandat externe pour la BEI,
qui pourrait être l’occasion d’inclure encore plus clairement les objectifs de
coopération européens dans le mandat de la Banque de l’Union européenne.
Contact presse :
Caroline Prak
01 48 51 18 96 / 06 86
41 53 43
Anne-Sophie Simpere
Chargée de campagne
Responsabilité des acteurs financiers
Les Amis de la Terre
www.amisdelaterre.org <
http://www.amisdelaterre.org>
Tel: +33 (0)1 48 51 18 98
3-
La coalition Counter Balance : Réformer la BEI
rassemble les ONG : CEE Bankwatch Network (Europe centrale et orientale),
les Amis de la Terre (France), urgewald and WEED (Allemagne), Campagna per la
Riforma della Banca Mondiale (Italie), BothEnds (Pays-Bas), Bretton Woods
Project (Grande-Bretagne).
4- Février 1998, déclaration de Henry Marty Gauquie,
Direction de la communication de la BEI pendant une rencontre avec les ONG.
5-
Le rôle de développement de la BEI dans la région
Afrique Caraïbe Pacifique était déjà reconnu, le mandat de la Banque étant basé
dans cette région sur les accords de Cotonou dont les objectifs prioritaires
sont la réduction de la pauvreté et la promotion d’un développement durable.