D’abord nourrir notre monde :
Pour un
contrat social renouvelé sur la base de la
souveraineté alimentaire
(Rendez-vous
québécois pour la souveraineté alimentaire)
Réunis lors du «Sommet pour la
souveraineté alimentaire» tenu le 7 septembre 2007 à Montréal, les promoteurs
de la souveraineté alimentaire ont formulé la déclaration «D’abord nourrir
notre monde – Pour un contrat social renouvelé sur la base de la souveraineté
alimentaire».
Nous,
soussignés, représentants d’une large coalition de groupes de tous les horizons
de la société québécoise,
estimons que
l’agriculture, compte tenu de sa vocation nourricière, est aussi essentielle
pour notre société et son avenir que l’eau. En plus de ce rôle fondamental
de nourrir les gens d’ici avec des
aliments
de qualité, l’agriculture remplit, dans l’intérêt général de la population
du Québec, des fonctions
d’occupation,
de protection et d’entretien du territoire, ainsi que de développement rural.
Nous ne croyons pas que la libéralisation des marchés agricoles et agroalimentaires,
préconisée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC), constitue une
solution aux problèmes qui affligent l’agriculture mondiale. Plus de 10 ans
après l’entrée en vigueur des premiers accords de l’OMC et après le sommet de
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui
souhaitait voir réduire de moitié le nombre de mal nourris d’ici 2015, les
agriculteurs du monde sont toujours plongés dans la crise et 850 millions de
personnes souffrent de la faim, le même nombre qu’en 1990.
La politique de l’OMC est un cul-de-sac.
Pour ces raisons
et compte tenu de ses dimensions sociales, environnementales et culturelles,
nous considérons que l’agriculture doit jouir d’un traitement similaire à celui
prévu pour la culture par la «Convention sur la protection et la promotion de
la diversité des expressions culturelles» de l’Unesco, allant jusqu’à
l’affranchir des règles du commerce international.
En guise
d’alternative à la libéralisation tous azimuts du commerce agricole, nous
proposons la souveraineté alimentaire telle
que promue à l’échelle internationale par un nombre grandissant
d’organisations de nombreux pays depuis que ces principes ont été discutés pour
la première fois, en 1996, lors du Sommet mondial de l’alimentation organisé
par la FAO.
Par souveraineté
alimentaire, on entend le
droit des
peuples à définir leur propre politique alimentaire et agricole; à protéger
et à réglementer la production et les échanges agricoles nationaux de manière à
atteindre des objectifs de développement durable; à déterminer leur degré
d’autonomie alimentaire et à éliminer le dumping sur leurs marchés. La
souveraineté alimentaire ne va
pas à
l’encontre du commerce dans la mesure où ce dernier est subordonné au droit des
peuples à une production agricole et alimentaire locale, saine et écologique,
réalisée dans des conditions équitables qui respectent le droit de tous les
partenaires à des conditions de travail et de rémunération décentes.
Tout comme il
l’a fait pour la reconnaissance de l’exception culturelle à l’Unesco, le Québec
doit, avec le Canada, assumer un leadership international dans la promotion de
l’exception agricole et du droit des peuples à la souveraineté alimentaire.
D’autant plus que le Québec et le Canada proposent des outils uniques et
efficaces de régulation des marchés pour atteindre concrètement les objectifs
de la souveraineté alimentaire, notamment, la gestion de l’offre, la mise en
marché collective et la coopération. Ce faisant, nous, cosignataires de cette
déclaration, sommes convaincus que le Québec et le Canada continueront de
disposer de tous les leviers nécessaires pour assurer à leur population le
développement et la pérennité d’un secteur agricole et alimentaire rentable,
durable, écologique et garant de la souveraineté alimentaire à laquelle
aspirent tous les peuples.
Organisations qui appuient la déclaration
Agropur
coopérative – Association des couvoiriers du Québec – Association des marchés
publics du Québec – Association des médecins vétérinaires du Québec –
Association des transporteurs de lait du Québec – Association Manger santé bio
– Association québécoise des banques alimentaires et moissons – Associations
touristiques régionales du Québec (ATR QC) – Banque nationale du Canada – Centre
d’insémination artificielle du Québec – Centre de développement pour l’exercice
de la citoyenneté – Chaire Philippe-Pariseault, UQAM – Chantier de l’économie
sociale – Chicken Farmers of Ontario – Conseil québécois de la coopération et
de la mutualité – CSN (Confédération des syndicats nationaux) – CSQ (Centrale
des syndicats du Québec) – Environnement Jeunesse – Equiterre – Fédération des
caisses Desjardins du Québec – Fédération des coopératives d’alimentation du
Québec – Fédération québécoise des femmes – Fédération québécoise des
municipalités – Fondation Monique-Fitz-Back sur l’éducation au développement
durable – FTQ (Fédération des travailleurs du Québec) – GO5, Coalition pour un
modèle agricole équitable, la gestion de l’offre – Greenpeace – Groupe
d’économie solidaire du Québec (GESQ) – La Coop fédérée – Producteurs d’œufs
d’incubation du Canada – Producteurs de poulets du Canada – Producteurs
laitiers du Canada – Regroupement québécois des cuisines collectives du Québec
– SOCODEVI (Société de coopération pour le développement international) – Table
de concertation sur la faim et le développement social du Montréal
métropolitain – Union des consommateurs – bureau de Montréal – Union des
producteurs agricoles – Développement international (UPA DI) – Union des
producteurs agricoles (UPA) – Faculté de médecine vétérinaire, Université de
Montréal – VALACTA
Source: www.nourrirnotremonde.org/declaration
,www.go5quebec.ca/fr/communiques_070907.php
Chefs appuyant le concept de souveraineté alimentaire
Thierry Daraize,
chef-consultant et chroniqueur
Jérôme Ferrer, restaurant
Europea
Eric Gonzalez, hôtel Le
St-James
Philippe Mollé,
chef-consultant et chroniqueur
Jean-François Plante, bistro
L’Aromate
Daniel Vézina, restaurant
Laurier Raphaël
Renseignements:
Amélie Ferland, Equiterre, Tél. : 514 522-2000, poste 234, Cell.:
514 792-5222,
aferland@equiterre.qc.ca
François Dumontier,
Coalition GO5 - Tél. : 450 679-0530,
poste 8704, - Cell.: 514 713-0530,
fdumontier@upa.qc.ca.
Martin Scallon, La Coop
fédérée, Cell.: 514 247-8509,
martin.scallon@lacoop.coop