Persistance des inégalités de revenus et de la pauvreté en
France
5 Novembre 2007
Le mouvement de baisse des inégalités de
niveau de vie et de la pauvreté, régulier depuis les années 70, s'est essoufflé
depuis 2002, la pauvreté ayant même légèrement augmenté en 2005, tandis que
les inégalités de patrimoine se sont, elles, renforcées entre 1997 et 2003.
C'est le constat
que dresse l'Insee dans "France, portrait social 2007" publié jeudi,
où un chapitre est consacré, pour la première fois dans cette onzième édition,
aux "indicateurs d'inégalités sociales".
Entre 2002 à 2005 (dernière année de
statistiques disponibles), "les
inégalités de niveau de vie ont peu évolué", constate l'Insee. Les 10% d'individus les plus modestes
avaient en 2005 un niveau de vie inférieur à 780 euros mensuels, les 10% aux
plus hauts revenus un niveau de vie supérieur à 2.450 euros. La pauvreté
monétaire est restée à peu près au même niveau, alors que, depuis les années
1970, la courbe de la pauvreté a diminué régulièrement et même fortement dans
les premiers temps.
En 2005,
rappelle l'Insee, on dénombrait 7,1 millions de personnes pauvres au seuil de
60% du niveau de vie médian (817 euros par mois, par personne seule) et 3,7
millions au seuil de 50% (681 euros). Les taux de pauvreté s'élèvent, selon le
seuil considéré, à 12,1% et 6,3% de la population en 2005 (contre 12,2% et 6%
en 2002, mais 17,9% et 12% en 1970). La hausse entre 2004 et 2005 (+0,4 point
et +0,1 point) est, selon l'Insee, peu significative et "ne saurait être
interprétée comme une nouvelle tendance".
Le Haut
commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch, chargé par le président
Sarkozy d'une mission de réduction d'un tiers de la pauvreté en cinq ans, a
estimé en revanche cette hausse inquiétante. Elle correspond, fait-il
remarquer, à "260.000" pauvres supplémentaires. C'est le système de redistribution qui permet de
corriger les inégalités. Le jeu des prélèvements et des prestations
"réduit ainsi le niveau de vie des 20% les plus élevés de 22% en moyenne"
et fait grimper de 40% le niveau de vie des 20% les moins aisés, a calculé
l'Insee. Mais, entre 1996 et 2006,
"la baisse globale du poids des prélèvements, en particulier de l'impôt
sur le revenu, a profité davantage aux plus aisés", alors que les prestations, qui bénéficient aux ménages
les plus modestes, "en revanche ont peu évolué". Les minima
sociaux et les allocations logement représentent respectivement 12,4% et 15,1%
du niveau de vie des 20% de personnes aux revenus les plus modestes, qui bénéficient
de près de 80% des montants de ces prestations.
À peu près
pendant la même période, de 1997 à 2003,
les inégalités de patrimoine privé se sont, elles, fortement accrues, en raison
de l'évolution de l'immobilier. Le patrimoine a progressé de 40% pour les
10% de Français les plus riches et a stagné pour les 10% les plus modestes,
souligne l'Insee.
Les écarts entre
les catégories sociales se mesurent aussi dans la consommation des ménages: le poids du logement pèse plus lourd dans
le budget des plus modestes, et les dépenses de loisirs et de culture ont
augmenté chez les plus aisés. En revanche, les uns et les autres s'accordent à dépenser moins pour l'alimentation,
l'habillement, l'alcool et le tabac.
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