Pages spirituelles

DIS-MOI CE QUE TU ATTENDS ET JE TE DIRAI QUI TU ES

Réflexion du P. Thomas Rosica (1)

1° Livre d'Isaïe 63,16-17.19 :

Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours. Pourquoi Seigneur, nous laisses-tu errer hors de ton chemin, pourquoi rends-tu nos coeurs insensibles à ta crainte ? Reviens, pour l'amour de tes serviteurs et des tribus qui t'appartiennent. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes fondraient devant toi.

2° Psaume 80(79),2-3.15-16.18-19 :

Berger d'Israël, écoute, toi qui conduis Joseph, ton troupeau :
Resplendis au-dessus des Kéroubim,
Devant Éphraïm, Benjamin, Manassé ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.
Dieu de l'univers reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois :
Visite cette vigne, protège-la,
Celle qu'a plantée ta main puissante, le rejeton qui te doit sa force.
Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l'homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n'irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom !

3° Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,3-9 :

Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu'il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s'est implanté solidement parmi vous. Ainsi, aucun don spirituel ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C'est lui qui vous fera tenir solidement jusqu'au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

4° Evangile de Jésus Christ selon saint Marc (13, 33-37) ;

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment. Il en est comme d'un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »
   
Se souvenir des merveilles de Dieu dans la grande histoire :

L'Église entre ce week-end dans le temps liturgique de l'Avent. Les Chrétiens proclament que le Messie est vraiment venu et que le règne de Dieu est « à notre portée ». L'Avent ne change pas Dieu. L'Avent approfondit notre désir et notre attente que Dieu fasse ce que les prophètes ont annoncé. Nous prions pour que Dieu cède à notre besoin de voir et de sentir la promesse de salut ici et maintenant.
    
Pendant ce temps de désir et d'attente du Seigneur, nous sommes invités à prier et à approfondir la Parole de Dieu, mais nous sommes avant tout appelés à devenir un reflet de la lumière du Christ, qui est en vérité le Christ lui-même. Toutefois, nous savons tous combien il est difficile de refléter la lumière du Christ spécialement quand nous avons perdu nos illusions, que nous nous sommes habitués à une vie sans lumière et que nous n'attendons rien de plus que la médiocrité et le vide. L'Avent nous rappelle que nous devons être prêts à rencontrer le Seigneur à tout moment de notre vie. Comme une alarme réveille un propriétaire, l'avent réveille les chrétiens qui sont en danger de s'endormir dans le quotidien.
  
Qu'attendons-nous de la vie et qui attendons-nous ? Cette année, pour quelles vertus ou quels cadeaux prions-nous ? Désirons - nous guérir ou nous réconcilier dans nos relations brisées ? Au coeur de nos obscurités, de nos tristesses et de nos secrets, quel sens désirons-nous trouver ? Comment voulons - nous vivre les promesses de notre baptême ? Quelles qualités de Jésus allons-nous chercher dans nos propres vies en cet Avent ? Très souvent, les choses, les qualités, les cadeaux ou les personnes que nous attendons, en disent long sur ce que nous sommes réellement. Dis-moi qui tu attends et je te dirai qui tu es ! L'Avent est un temps pour ouvrir les yeux, se recentrer, faire attention, rester conscient de la présence de Dieu dans le monde et dans nos vies.

Lors du premier dimanche de l'Avent, dans la première lecture du prophète Isaïe le Tout - Puissant redonne espoir au coeur et à l'âme d'Israël ; il façonne Israël et intervient de nouveau comme un potier modèle sa poterie.

Dans la seconde lecture, écrivant à sa communauté bien-aimée de Corinthe, Paul dit qu'il attend avec impatience « Le Jour du Seigneur », quand le Seigneur Jésus nous sera révélé pour sauver ceux qu'il a appelés.
Dans l'évangile du premier dimanche de l'Avent, Marc décrit le portier de la maison qui veille dans l'attente du retour inattendu du maître. Il s'agit d'une image de ce que nous devons faire tout au long de l'année mais spécialement durant le temps de l'Avent.

Notre baptême est une part dans la mission royale et messianique de Jésus. Chaque personne qui prend part à cette mission en partage aussi les responsabilités royales, en particulier, le soin des affligés et des blessés. L'Avent donne la merveilleuse opportunité de réaliser les promesses et l'engagement de notre baptême.
 Le cardinal Joseph Ratzinger a écrit que « le but de l'année liturgique est de rappeler sans cesse les mémoires de sa grande histoire, de réveiller la mémoire du Coeur afin de pouvoir discerner l'étoile de l'espérance. Voilà la belle tâche de l'Avent : réveiller en nous toutes les mémoires de bonté et ouvrir ainsi les portes de l'espérance ».

En ce temps de l'Avent permettez-moi de vous faire quelques suggestions :
-         Mettez fin à une querelle. Faites la paix.
-         Cherchez un ami oublié.
-         Enlevez le soupçon et remplacez-le par la confiance.
-         Ecrivez une lettre d'amour. Partagez quelques trésors.
-         Répondez doucement même si vous aimeriez répondre brutalement.
-         Encouragez un jeune à avoir confiance en lui.
-         Gardez une promesse.
-         Trouvez le temps. Prenez du temps.
-         Ne soyez pas rancunier. Pardonnez à un ennemi.
-         Célébrez le sacrement de la réconciliation.
-         Ecoutez davantage les autres. Excusez-vous si vous avez tort.
-         Faites preuve de gentillesse même si vous n'avez pas tort !
-         Essayez de comprendre. Ne soyez pas envieux.
-         Examinez les exigences que vous avez envers les autres.
-         Pensez d'abord à quelqu'un d'autre.
-         Appréciez. Soyez bon, soyez doux. Riez un peu. Riez un peu plus.
-         Méritez la confiance. Ne soyez pas méchant. Soyez reconnaissant.
-         Allez à l'église. Restez à l'église un peu plus longtemps que d'habitude.
-         Faites plaisir à un enfant.
-         Contemplez la beauté et la merveille de la terre. Dites votre amour. Dites-le encore une fois. Dites-le même plus fort. Dites-le tranquillement.
    Réjouissez-vous car le Seigneur est proche !

6° Commentaire: Saint Paschase Radbert(2) (?-vers 849), « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment » :

      Il faut toujours tenir compte d'un double avènement du Christ : l'un quand il viendra et que nous devrons rendre compte de tout ce que nous aurons fait ; l'autre, quotidien, quand il visite sans cesse notre conscience et qu'il vient à nous afin de nous trouver prêts lors de son avènement. À quoi me sert, en effet, de connaître le jour du jugement, lorsque je suis conscient de tant de péchés ? De savoir que le Seigneur vient, s'il ne vient pas d'abord dans mon coeur et ne revient pas dans mon esprit, si le Christ ne vit pas et ne parle pas en moi ? Alors, oui, il m'est bon que le Christ vienne à moi, si avant tout il vit en moi et moi en lui. Alors pour moi, c'est comme si le second avènement s'était déjà produit, puisque la disparition du monde s'est réalisée en moi, parce que je peux dire d'une certaine manière : « Le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde » (Ga 6,14).
      Réfléchissez encore à cette parole de Jésus : « Beaucoup viendront en mon nom » (Mt 24,5). Seul l'Antéchrist s'empare de ce nom, bien que ce soit mensonger... Dans aucun passage de l'Écriture, vous ne trouverez que le Seigneur ait déclaré : « Moi, je suis le Christ ». Car il lui suffisait de montrer qu'il l'était par ses enseignements et ses miracles, parce que le Père était à l'oeuvre en lui. L'enseignement de sa parole et sa puissance criaient : « Moi, je suis le Christ », plus fort que si des milliers de voix l'avaient crié. Je ne sais donc pas si vous pourrez trouver qu'il l'a dit en paroles, mais il l'a montré en « accomplissant les oeuvres du Père » (Jn 5,36) et en donnant un enseignement imprégné de piété filiale. Les faux messies en étant dépourvus, ils ne peuvent employer que leurs discours pour soutenir leurs prétentions mensongères.



1- ROME, Jeudi 27 novembre 2008 (ZENIT.org http://www.zenit.org/; ) - Nous publions ci-dessous une réflexion du P. Thomas Rosica, c.s.b., sur le temps de l'Avent. Le P. Thomas Rosica est expert en Ecritures Saintes et professeur d'université, il est également le directeur de Salt and Light Catholic Media Foundation and Television Network au Canada et membre du Conseil général de la Congrégation de saint Basile. En octobre dernier, il avait offert aux lecteurs de Zenit une série de réflexions sur le synode sur la Parole de Dieu publiées dans la section « Les coulisses du synode ».
2- Moine bénédictin, Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 11, 24 ; PL 120, 799 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 14)