AFRIQUE : Burkina-Faso
L'APPEL A DES ETATS GENERAUX DE L’AGRICULTURE LANCE PAR LE
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL SERA-T-IL ENTENDU PAR LE GOUVERNEMENT BURKINABE ?
abc Burkina n° 307
Le Burkina va-t-il enfin se doter d'une politique
agricole digne de ce nom ? Après tant d'autres voix, le Conseil économique et
social vient de terminer ses travaux en appelant à la tenue des états généraux
de l'agriculture. Sera-t-il entendu ?
La
deuxième session du CES de l’année 2008 a pris fin le 11 novembre sous la
présidence de son président Thomas Sanou. Les conseillers ont planché sur le
thème "
Quelle politique pour une sécurité alimentaire au Burkina dans le
contexte actuel de crise céréalière ?". Communications d’experts,
de membres du gouvernement et de représentants du monde rural ont alimenté les
débats dans les travaux en commissions. Sept recommandations principales ont
été retenues en vue de permettre à l’agriculture nationale d’assumer la
sécurité alimentaire et de permettre aux producteurs et pasteurs de vivre de
leurs activités.
Le
diagnostic fait par les conseillers a abouti à la formulation d’une
recommandation sur la tenue des états généraux de l’
agriculture au vu des
contraintes
persistantes suivantes :
-
Faiblesse de l’organisation et de l’encadrement
des filières céréalières,
-
Non - maîtrise des questions liées aux intrants,
-
Insécurité foncière,
-
Faible mécanisation.
Pour
le secteur de l’
élevage, la
pratique extensive persiste avec un
faible rendement des vaches laitières, la question des
aliments pour bétail... Ces contraintes handicapent fortement les
atouts du secteur agro - pastoral.
Pour
lever celles-ci, les conseillers proposent une
plus grande implication de l’Etat dans la politique de relance du
secteur agricole. Son désengagement n’ayant pas eu les effets escomptés.
Pour les conseillers tout doit passer d’abord par :
-
Une politique agricole stable et réaliste,
-
La réinstauration de l’encadrement agricole,
-
La fixation d’un prix rémunérateur aux
producteurs, ainsi que
-
La mise en place d’un instrument de régulation et
de contrôle des prix de produits agricoles.
Ces
recommandations sont conformes aux souhaits exprimés par les paysans lors de la
dernière journée nationale. Pour le CES, les états généraux permettront en
outre d’évaluer les différentes politiques et stratégies agricoles mises en
oeuvres depuis des années et qui ont produit des résultats mitigés. Le
président du CES dans son allocution de clôture a salué les bons résultats
prévisionnels de la campagne 2008-2009 qui présente un excédent de 717 mille
tonnes. Il a interpellé le gouvernement sur les "mesures idoines pour une
gestion optimale de ces excédents".
Par Abdoulaye TAO,
dans le quotidien burkinabè "Le Pays"
daté du
13 novembre 2008
Aux termes des
travaux, les conseillers ont retenu des
recommandations
spécifiques portant sur :
1.
L’implication effective de l’Etat dans
la politique de relance du secteur agricole ;
2. La
promotion des engrais locaux et la
fertilisation des sols ;
3. La politique de
valorisation et de vulgarisation des
résultats de la recherche agricole ;
4. Une véritable
synergie entre les départements de la
recherche et ceux en charge de l’agriculture ;
5. Le
renforcement
des capacités de production, de transformation et de commercialisation du
monde rural ;
6. La
formation des acteurs de production
agricole à travers le développement des structures de formation pour tous
les niveaux de qualification et dans toutes les spécialités (ouvriers,
techniciens, ingénieurs... ) et en mécanisation agricole ;
7. La création d’un
centre national de promotion des agro-industries ;
8. La création d’une
usine de fabrication ou de montage d’engins
motorisés pour l’agriculture ;
9. L’entretien et la
maintenance du parc d’engins motorisés pour l’agriculture ;
10. L’organisation des
états généraux de l’agriculture.