PARTENAIRES : RESEAU SOLIDARITE
BIENVENUE DANS LE
MONDE (PAS SI) MERVEILLEUX DE DISNEY
APPEL RÉSEAU SOLIDARITÉ N° 321
Du 27 octobre 2008 au 1er janvier 2009
Comme des millions d’hommes et de femmes, Disney
vous a sans doute fait rêver lorsque vous étiez enfant. Comme des millions de
personnes, vous connaissez, et appréciez sans doute l’espiègle souris Mickey,
ou encore Winnie, l’ourson gourmand. Le
succès
de l’entreprise Disney a aussi de quoi faire rêver :
-
Plus de 35 milliards de dollars de chiffre
d’affaires en 2007,
-
Des milliers de produits de consommation
(jouets, meubles, montres, stylos, livres, vêtements etc),
-
Des
centaines de chaînes de télévision, des sites Internet, des services de
téléphonie mobile, des labels musicaux, des jeux vidéo, des magazines, des
films, etc.
-
5 parcs d’attractions en Californie, en Floride,
à Tokyo, à Paris et à Hong Kong.
Mais derrière la magie Disney, une O.N.G. Chinoise,
la SACOM (Association des étudiants et universitaires contre la mauvaise
conduite des entreprises) a découvert un autre univers en enquêtant chez
deux fournisseurs de Disney situés dans la province du Guangdong, dans le Sud
de la Chine.
Dans les usines de Tianyu Toys et Yonglida Toys, des
centaines d’ouvriers Chinois, majoritairement des femmes, fabriquent pour
Disney des peluches et autres jouets à l’effigie des personnages de la marque,
dans des
conditions extrêmement dures et
dangereuses.
-
Jusqu’à
15 heures de travail par jour.
Tianyu Toys impose une journée de travail de 12 à 15h. Il n’est pas rare que la
journée finisse à minuit. Pendant la saison haute, lorsque les commandes
affluent, les ouvriers ne sont même pas autorisés à prendre de jours de repos.
Chez Yonglida, des conditions similaires ont pu être observées, et les ouvriers
manquent tous de sommeil.
- Des salaires de misère : Chez
Tinayu Toys, une ouvrière en charge de la couture finale des peluches « Winnie
l’ourson » gagne à peine 1 centime d’euro par pièce fabriquée. Pour atteindre
des salaires à peu près soutenables, les ouvriers sont contraints de faire de
nombreuses heures supplémentaires. La direction impose en outre des quotas de
production, et si les ouvriers ne les atteignent pas, ils ne sont tout
simplement pas payés.
«
Pendant la saison basse, je gagne
à peine 48 à 58 euros par moi, ce qui est bien en dessous du salaire minimum
légal qui est de 67 euros par mois.. L’hébergement et la nourriture me
coûtent 12,6 euros, ce qui correspond à peu près à un quart de mon salaire,
automatiquement déduit de ma paye. Le reste me suffit à peine pour vivre ».
(1)
-
Des
conditions de travail dangereuses : Dans l’atelier
« peinture » de Tianyu Toys, les ouvriers souffrent de la chaleur insoutenable
qui règne dans les locaux. Les ventilateurs restent généralement éteints,
pour «
préserver la qualité de la
peinture et du produit fini ». Les ouvriers disent souffrir de graves maux
de tête et d’estomac tant ces odeurs sont insupportables.
-
Des
dortoirs insalubres : Chez Yonglida, les ouvriers dorment dans
des dortoirs exigus et surpeuplés. Chaque dortoir accueille ainsi entre 8 et 16
ouvriers. L’odeur dans les toilettes communes est abominable et les locaux sont
infestés de rats et autres vermines.
Selon Disney,
le respect des droits humains chez ses
fournisseurs est au centre de ses préoccupations. À l’instar des autres
grandes multinationales du jouet, Disney s’est dotée dès 1996 d’un Code de
conduite
, à destination des
fabricants qui contient la liste des exigences de la société en matière
notamment de droits de l’Homme au travail et qui couvre l’ensemble des droits
fondamentaux des travailleurs. Il a été traduit en 50 langues, accompagné de
milliers de formations, et de dizaines de milliers d’audits sociaux, réalisés
dans plus de 50 pays à travers le monde, y compris en Chine.
Et pourtant, les enquêtes le prouvent,
ces dispositions ne sont pas appliquées. Alors, d’où vient le problème ?
«
La Walt Disney Company s’engage à
promouvoir et maintenir des pratiques internationales de travail
responsables à la fois dans ses opérations de licence et de sous-traitance
directe partout dans le monde».
(2)
Des ouvriers qui n’ont pas voix au
chapitre
Chez
Tianyu et Yonglida Toys, aucun des ouvriers interrogés par la SACOM n’avait
jamais entendu parler du Code de Conduite Disney... pire, chez Tianyu Toys,
l’enquête de la SACOM révèle que, en prévision des audits, la direction avait
préparé une série de questions-réponses types à destination des travailleurs.
Des sessions de formation destinées à leur apprendre comment répondre «
correctement » aux questions des
auditeurs ont même été organisées. Les employés étaient prévenus : «
s’(ils) répond(aient) mal aux questions des
auditeurs, (l’usine) perdrait des commandes et (ils) perdr(aient) leur emploi
».
En Chine, les travailleurs ne sont pas
libres de former des syndicats de leur choix ou d’y adhérer,
puisque le gouvernement n’a pas souscrit aux normes fondamentales de
l’Organisation internationale du travail sur la liberté d’association et de
négociation collective. Or, les organisations de la société civile le martèlent
depuis des années : pour que les droits des travailleurs soient réellement
respectés dans les pays producteurs, il faut avant tout que les travailleurs
connaissent leurs droits et qu’ils soient en mesure de les défendre eux-mêmes.
C’est pourquoi nous demandons au PDG de Disney:
-
De favoriser la création de mécanismes de
représentation des travailleurs chez tous les fournisseurs de Disney ;
-
D’engager un dialogue sérieux avec Peuples
Solidaires, la SACOM et les organisations syndicales internationales, en vue
d’améliorer sa responsabilité sociale tout au long de sa chaîne
d’approvisionnement en Chine et dans d’autres pays.
Des pratiques d’achat coupables :
Certes,
la responsabilité des bas salaires revient en tout premier lieu aux
fournisseurs eux-mêmes, qui violent la législation de leur pays en même temps
que les dispositions internationales et celles du Code de conduite de Disney.
Mais les multinationales comme Disney doivent reconnaître que leurs pratiques
d’achat, et en particulier, la pression exercée pour obtenir des prix toujours
plus bas, constituent un obstacle majeur à l’amélioration des salaires dans les
chaînes d’approvisionnement du secteur du jouet.
C’est pourquoi nous demandons au PDG de
Disney: d’augmenter le prix à la commande afin de
permettre à ses fournisseurs de payer un salaire décent aux ouvriers :
AGISSEZ avec Peuples Solidaires!
Nous
n’appelons pas au boycott de Disney car cela nuit souvent en premier lieu aux
ouvrier(e)s concerné(e)s. Nous vous invitons à une mobilisation citoyenne pour
que cette entreprise assume sa responsabilité sociale et modifie ses pratiques
d’achats :
Écrivez au PDG de Disney pour soutenir
les demandes de la SACOM et de Peuples Solidaires :
- Téléchargez la lettre de protestation sur notre site
:
http://www.peuples-solidaires.org/article893.html
<
http://www.peuples-solidaires.org/article893.html>
- Envoyez un e-mail de protestation en un simple « clic » :
http://www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html
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http://www.peuples-solidaires.org/rubrique164.html>
Peuples
Solidaires
10, quai de Richemont
35000 RENNES
tel : 02 99 30 60 53
fax : 02 99 30 39 30
info@peuples-solidaires.org
1- Témoignage d’une
ouvrière du département assemblage de Tianyu Toys
2- Extrait du Site Internet
de Disney