Prendre le
problème par le bon bout !
Mourir à
vingt-six ans est toujours dramatique;
et il n’y a rien qui justifie cela! C’est ce qui s’est produit l’autre jour dans la cité de Beaubreuil, à
Limoges. Nos médias nous présentent, comme souvent d’ailleurs,
l’aboutissement dramatique d’une
situation qui ne l’est pas moins en amont!
Certes la
police cherche qui est à l’origine du
tir; bien entendu, des experts en balistique sont sur place et examinent l’orientation de la balle pour déterminer
l’angle de tir! Naturellement, les
médias déboulent sur place pour dramatiser encore un peu plus l’affaire! On a le droit à des déclarations
tonitruantes, à des prises de position
etc. Mais dites-moi, si quelqu’un avait bien voulu s’intéresser avant à cette cité (et aux autres, d’ailleurs) où
des voyous irrespectueux sèment
l’angoisse à longueur d’année et ce au quotidien, sans aucun doute
n’en serions-nous pas là aujourd’hui!
Je ne sais pas
si la police va finir par trouver
l’arme du crime et le tireur qui va avec, rien n’est moins sûr; et puis, est-ce aussi certain que ce meurtre soit le
résultat d’une exaspération? Là encore,
pas si sûr! Finalement, il n’y a jamais rien de sûr dans nos banlieues; pour une fois, comprenons la souffrance de
tellement de gens tranquilles qui
habitent la cité Beaubreuil ou n’importe quelle autre cité, moins par
choix que par obligation, et qui
ne supportent plus la violence, les
agressions en tous genres, l’irrespect permanent!
Ce n’est
jamais notre fort à nous autres êtres humains
d’attaquer le problème à sa source; on préfère gérer les conséquences et
ce d’une manière générale. Néanmoins
acceptons de reconnaître que
nous
avons fabriqué à l’aide des
parents, des médias, de l’école et des forces de l’ordre
une génération
de gens irrespectueux! C’est sans doute là que commencent la violence et l’ensemble des problèmes
rencontrés dans les quartiers, les écoles
et la société plus généralement. C’est ainsi qu’on voit :
voiture de son prof
pour une heure de colle
de sa
ville «pour s’amuser»;
terrorisée après un viol filmé sur le portable de ses violeurs (âgés de
treize ans en moyenne) ou encore
poubelle par deux pauvres machos en mal de masculinité!
On a ri de voir
des gosses refuser de dire bonjour aux
adultes, refuser de retirer leur casquette en
cours ou encore manifestant du «caractère» en refusant de se soumettre à
la police.
Aujourd’hui, il
n’est plus question de rire;
toute une
frange de la société (celle des
banlieues)
n’en peut plus de cette
attitude d’irrespect permanent. Sans être prophète de mauvaise augure, on
peut dire que ce qui vient d’arriver
dans la cité de Beaubreuil à Limoges risque probablement de se reproduire désormais plus souvent que prévu
par nos sociologues.
L’irrespect tue et il nuit gravement à la santé de la société.
Samuel Foucart dans Top
Chrétien
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