NOUVELLES d’ AEFJN
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Janvier
2008, N° 19
APE.
Vous pouvez trouver les derniers événements des négociations des Accords de
Partenariat Economique (APE) en français sur le site
http://www.ictsd.org/tni/tni_french/TNI_FR_6-8.pdf
C'est un numéro spécial dédié aux APE de la revue "Eclairage sur les
négociations". Les articles des pages 6, 8, 10 parlent spécifiquement des
régions d'Afrique et sont très bons.
La lecture de ces articles nous encouragera pour continuer à travailler
pour des APE plus pro-développement et à appuyer les efforts des églises et de
la société civile d'Afrique.
L’Afrique à Bruxelles « NON aux APE, OUI aux APD »
Le
11 janvier 2008, la diaspora africaine en
Europe a organisé à Bruxelles une manifestation pour déclarer avec force
son refus des A.P.E. qui auraient dû entrer en vigueur au début de cette année,
et en faveur des APD Accords pour le Développement.
C'est surtout la communauté de
l'Afrique de l'Ouest qui s'est investie
pour organiser cette manifestation ; le Président du Sénégal avait
financé le déplacement de plusieurs groupes: un avion est venu de Dakar
avec 130 personnes; un autre d'Espagne avec une cinquantaine de manifestants;
plusieurs cars sont arrivés de France et il y avait aussi une délégation
d'Italie. Aux côtés des délégations de la diaspora africaine en France et en
Belgique il y avait des représentants des travailleurs paysans et du secteur
privé ouest africain, qui avaient fait le voyage depuis Dakar. Les
organisations européennes qui travaillent contre les APE tels qu’ils existent
actuellement s’y sont jointes, parmi elles l’Antenne Belge d’AEFJN était
présente, ainsi que 11.11.11, Solidarité, Oxfam et beaucoup d’autres. Il est
difficile d'évaluer le nombre de manifestants qui pouvaient être environ entre
1.000 et 1.500, même si les médias ont parlé de 600 et les
organisateurs de 3.000.
Il y avait une ambiance africaine: femmes en pagnes uniformes, foulards
et casquettes de circonstance, animation, chants et tambours, slogans criés à
tue-tête. La manifestation est passée devant les institutions européennes,
devancée par un camion qui permettait aux animateurs d'animer la marche. Sur
des banderoles déployées et tenues par des manifestants, on pouvait lire: “
Non à la balkanisation de l'Afrique. Oui
pour un partenariat avec le dialogue" ; "Renforcement des
capacités de production agricole" ; "
La génération du concret d'Italie dit 'non' aux APE et 'oui' aux APD
pour un partenariat gagnant-gagnant entre l'UE et l'Afrique" ; CAP 21
"Non aux APE - Oui à un partenariat gagnant-gagnant" ; "Oui
aux APD pour l'atteinte des objectifs du millénaire"; "Oui aux APD
pour promouvoir l'émergence des femmes entrepreneurs" etc..
Une délégation s'est rendue à
la Commission européenne. Pendant cette
heure, sous un ciel pluvieux, la foule a continué à scander
"Non aux APE - Oui aux APD", à écouter des chants de circonstance
exécutés par des femmes sénégalaises, à ovationner des animateurs qui perchés
au sommet d’un camion, dénonçaient, entre autre, un nouvel esclavage de
l'Afrique et rappelaient la colonisation.
Enfin, des membres de la délégation sont venus
adresser quelques mots à l'assemblée pour dire leur satisfaction de l'accueil
qui leur avait été réservé et de la promesse de poursuivre le dialogue. Iba Der
Thiam, député du Sénégal et chef de la délégation sénégalaise venue de Dakar
dit après la rencontre ce que la CE leur avait dit : «
nous considérons que notre partenariat est économiquement fondamental dans le
monde actuel et que c’est la relation entre l’Europe et l’Afrique qui constitue
la carte gagnante pour les deux dans le combat de la mondialisation ».
Cela montre que l’effet escompté n’a
pas été atteint aux yeux de plusieurs observateurs. Loane Koab de la Coalition
nigérienne contre les Ape n’a pas caché son scepticisme face à la réponse de la
Commission européenne. «
Nous
pensons que la pression populaire doit continuer. Cette manifestation doit
continuer dans tous les pays africains, dans les espaces institutionnels ».
Marie-Paul Schiltz AEFJN Antenne Belge
AGROCARBURANTS : Un écho de Zambie :
Quelques raisons qui conduisent à la
prudence dans la conversion des terres
productrices de produits alimentaires dans la production des agro - carburants.
1.
Toutes les terres agricoles du
monde suffiraient à peine à produire assez d’agro carburant pour remplacer
la quantité d’énergie fossile employée couramment pour le transport, sans compter les quantités utilisées pour les
usines génératrices d’énergie.
2. Si les productions sont prévues pour la
production de carburant plutôt que de nourriture, l’augmentation du
prix du carburant va inévitablement produire l’augmentation du prix des denrées
alimentaires. 3 raisons peuvent être avancées :
+) 1° La production de
produits alimentaires sera plus coûteuse
parce que l’agriculture industrielle est grande consommatrice d’énergie ;
+) 2° Les
surplus agricoles qui étaient employés pour réduire les prix vont
maintenant être
enlevés du marché
alimentaire puisqu’ils seront vendus aux
fabricants d’agro carburants ;
+) 3° Le réchauffement global
réduira la quantité de céréales produites dans le monde et fera
grimper les prix, excluant les plus
démunis d’un droit à se nourrir à un prix décent.
3. Dans les pays déjà marqués par la faim et la
malnutrition, la production d’agro carburants amènera une
diminution des terres
disponibles pour la production alimentaire et un accroissement de
l’insécurité alimentaire.
4. Certaines méthodes de production d’agro carburant (ex. le méthanol
produit à partir du maïs) utilisent
plus
d’énergie pour produire le carburant que celle du carburant lui-même.
5. Le mouvement vers les agro carburants amène à la
déforestation dans beaucoup de pays (réchauffement climatique à
cause de l’émission, de dioxyde de carbone)
6. Le boom vers les agro carburants pourrait
affecter l’aide alimentaire. La somme allouée par des agents
d’assistance alimentaire est limitée. Si les fermiers vendent davantage de
grains aux compagnies productrices d’éthanol, l’augmentation des prix des
denrées alimentaires va réduire la capacité de ces agents à fournir
suffisamment de nourriture.
7. L’usage répandu d’éthanol dans les véhicules aura un sérieux
impact sur la santé des hommes. (Augmentation
de la concentration d’ozone et des maladies respiratoires qui en sont
tributaires)
Résumé
d’un article de Roland Lesseps, S.J. Senior Scientist at Kasisi Agricultural
Training Centre in Lusaka, dans The
Challenge 2007, Vol.9 N°4 « Should we grow crops for biofuels ?”,
Lusaka, Zambia
VIOLENCE SEXUELLE DANS L’EST DE LA RD CONGO :
«
Les violeurs courent les
rues ; les coutumes locales les autorisent à payer leurs méfaits d’une
chèvre (donnée en « récompense » à la famille de la victime), sans emprisonnement.
Et, pire encore, certains violeurs sont séropositifs, vieux et violent des
jeunes enfants de 12, 13 ans, pensant que cela les guérira de leur maladie ou
les fera vivre plus longtemps. » C’est ce que disait Marie Pacuryema, coordinatrice d’une ONG
locale, Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégré en Ituri.
Un rapport de Novembre 2007, établi par Médecins Sans Frontières-Suisse,
affirme que depuis 2003, les cas de viols rapportés mensuellement s’étalent
entre 30 et 500 en Ituri. De plus, 2.708 personnes ont été violées sur une
période de 18 mois et 7.000 autres l’ont été sur une période de 4 ans.
Au moins 23.000 anciens combattants et 11.000
enfants soldats ont été réintégrés dans la société, vu le programme national de
désarmement, démobilisation et réinsertion.
Les principaux auteurs de ces crimes sont des militaires, des
policiers, des civils, des ex-combattants et même des enfants. «
L’armée et la police sont supposées
connaître la loi, bien expliquée dans les centres d’entrainement. Mais je suis
arrivé à la conclusion qu’ils violent pour défier la loi. Personne n’a prétendu
ignorer la loi. Lors des séances au tribunal, c’est plutôt l’âge de la victime
qui est sensé être ignoré, ce qui n’est pas juste car l’âge d’une fillette de
13 ans peut facilement être reconnu vu que sa croissance physique n’est pas
terminée. » C’est ce que déclare Maj Innocent Myembe, juge et
président de la cour militaire du district de l’Ituri dont la capitale est
Bunia.
Les formes de viol sont plus violentes et plus
dangereuses qu’avant d’après les juges. En février 2007, le commandant d’un des
bataillons de l’armée régulière de Bavi, une ville à 60 km au Sud de Bunia,
François Molessa, alias Bozizé a été condamné ainsi que des membres de son
équipe, à un emprisonnement à perpétuité pour le meurtre de 30 civils qu’ils
ont enterrés dans une fosse commune. Les victimes féminines, femmes et filles,
avaient toutes été systématiquement violées auparavant. «
Les
violeurs se conduisent comme des animaux. L’agresseur se transforme en bête
attaquant une proie. Le violeur, une fois repu, abandonne sa proie. »
C’est ce qu’affirme encore Mayembe.
La MONUC, mission de l’ONU en
RDC, désireuse de réduire les cas de viols et de violence sexuelle, mène une
enquête sur tous les cas rapportés qui concernent des agents de l’état (police,
armée, FARDC) et convoque les agresseurs au tribunal. De plus, la mission veut
aussi amener à une prise de conscience parmi les militaires. D’après la section
des droits humains de la MONUC, un déclin apparaît parmi les agents de l’Etat
qui commettent ces crimes, les cas actuels sont surtout le fait de civils et de
mineurs. Au moins 30 garçons âgés de 14, 15 ans, condamnés pour viol, ont été
détenus, dans la prison centrale de Bunia.
La culture d’impunité était à
l’origine de ces viols « chroniques » , affirme Mangaza, de
l’UNICEF. L’UNICEF a aidé au moins 110 victimes de viol en Ituri même si 80
jugements n’ont pas encore été rendus. D’après Mangaza toujours, ceci envoie un
avertissement aux violeurs potentiels qui pensent ne pas pouvoir être condamnés
à la prison ou à une amende. Au moins 50.000 personnes sont mortes dans les
conflits qui secouent cette région depuis 1999 et 150.000 autres sont déplacées
pour des raisons de sécurité d’après les informations diffusées par le bureau
de l’ONU pour la Coordination des affaires humaines (OCHA)
BURKINA FASO: BEURRE D’ARACHIDE – UN CAS INTERESSANT :
Cette étude examine comment des femmes des zones
rurales se sont mobilisées pour créer une entreprise féminine de production de
beurre d’arachide au Burkina Faso. Grâce à la valeur ajoutée lors de la
transformation des noix d’arachide en beurre, les femmes récoltent directement
le bénéfice de leur travail. Cette entreprise est créatrice d’emplois et
attribue un revenu supplémentaire aux femmes. L’arachide est une des rares
productions de cette région qui est entièrement dans les mains des femmes.
BURUNDI : 100.000 ARMES LEGERES INTRODUITES DANS LE PAYS :
Burundi Réalités (Burundi) 17 janvier 2008
Plus de
100.000 armes légères continuent d’entrer au Burundi. Ceci fut rapporté dans une étude publiée par
plusieurs organisations locales des droits humains telles ITEKA et l’Enquête
sur les armes légères. Dans l’étude, ces 2 organisations indiquent que la
plupart de ces armes viennent de la RD Congo où les combats se poursuivent. Ces
armes sont acheminées au Burundi par des civils après que le gouvernement n’ait
pas réussi à les protéger lorsqu’ils
étaient poursuivis par les rebelles. Le président de la ligue ITAKA, Jean-Marie
Kavumbagu, insiste pour que la commission chargée du désarmement prenne cette
étude en considération.
Les civils armés continuent de commettre des
crimes violents. 6 personnes ont été blessées par l’explosion d’une grenade
dans la commune de Makebuko, une région visitée récemment par le Président de
la République dans la campagne de plantation des semences. Les victimes, dont
certaines grièvement blessées, ont été amenées dans les hôpitaux des environs.
Dans la commune de Kinama, agglomération de Bujumbura, une personne a été blessée
par balle et amenée à l’hôpital par la police. Lors d’une fouille organisée
pour trouver des personnes non -inscrites vivant dans cette commune, deux
grenades furent découvertes.
Certaines personnes prétendent qu’il est possible
d’en terminer avec le désarmement avant la fin du processus de paix. Le cordon
de fouille qui a été effectué en province de Ruyigi est cité en exemple.
Environ 30 armes à feu ont été saisies à Sanzu durant cette opération. Il
faudrait rappeler que la campagne de désarmement qui a été lancée par le
Président précédent de la République à Gishubi, en 2005, a été bloquée par le
parti actuellement au pouvoir.
SANTE: Sur notre site web,
http:
//www.aefjn.org vous pouvez
consulter un document qui vous informe sur les médicaments qui traitent la
malaria. Ceci est le résultat du
questionnaire qui fut envoyé à bon nombre d’entre vous en 2006. Nous remercions tous ceux
et celles qui ont aidé à rédiger ce texte.