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BAPTÊME DU SEIGNEUR 11 JV09 

 

 

1° Livre d'Isaïe 55,1-11 :

 

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez - moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses ! Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David. Lui, j'en ai fait un témoin pour les nations, un guide et un chef pour les peuples. Et toi, tu appelleras une nation que tu ne connais pas, et une nation qui t'ignore accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause de Dieu, le Saint d'Israël, qui fait ta splendeur. Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.  

Is 12,2.4-6.

Voici le Dieu de mon salut : j'ai confiance ; plus de crainte pour moi ! Car le Seigneur est ma force et mon chant, je lui dois le salut. Rendez grâce au Seigneur, criez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! Rappelez que sublime est son nom ; jouez pour le Seigneur ! Car il a fait la merveille connue de toute la terre. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d'Israël !  

2° Première lettre de saint Jean 5,1-9 : 

Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui. Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car l'amour de Dieu, c'est cela : garder ses commandements. Ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c'est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N'est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C'est lui, Jésus Christ, qui est venu par l'eau et par le sang : pas seulement l'eau, mais l'eau et le sang. Et celui qui rend témoignage, c'est l'Esprit, car l'Esprit est la vérité. Ils sont trois qui rendent témoignage, l'Esprit, l'eau et le sang, et tous les trois se rejoignent en un seul témoignage. Nous acceptons bien le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, et le témoignage de Dieu, c'est celui qu'il rend à son Fils.

3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,7-11. 

Jean Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l'eau ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint. » Or, à cette époque, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l'eau, Jésus vit le ciel se déchirer et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C'est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis tout mon amour. »

4° Commentaire du jour : Saint Sophrone de Jérusalem  : « Aujourd'hui le ciel s'est ouvert, l'Esprit descend sur Jésus et la voix du Père domine les eaux : ' Voici, mon Fils, mon bien-aimé '  » (verset de l'Alléluia) : 

      Aujourd'hui le Soleil sans déclin s'est levé et le monde est éclairé de la lumière du Seigneur... Aujourd'hui les nuées font pleuvoir sur l'humanité une rosée céleste de justice. Aujourd'hui Celui qui n'est pas créé se fait volontairement imposer la main par celui qu'il a créé. Aujourd'hui le prophète et précurseur vient au-devant de son Maître, mais se tient près de lui avec tremblement, voyant la condescendance de Dieu à notre égard.  

      Aujourd'hui les flots du Jourdain sont changés en source de salut par la présence du Seigneur... Aujourd'hui les offenses des hommes sont effacées dans les eaux du Jourdain. Aujourd'hui le paradis s'ouvre devant l'humanité et le Soleil de justice brille sur nous (Ma 3,20)... Aujourd'hui le Maître se hâte de se faire baptiser afin de relever le genre humain. Aujourd'hui celui qui ne peut s'abaisser s'incline devant son propre serviteur pour nous délivrer de l'esclavage. Aujourd'hui nous avons acquis le Royaume des cieux, car il n'y aura pas de fin au Royaume du Seigneur. 

      Aujourd'hui la terre et la mer partagent la joie du monde et le monde est rempli d'allégresse. « Les eaux te virent, ô Dieu, les eaux te virent et elles furent saisies de crainte » (Ps 77,17). « Le Jourdain retourna en arrière » (Ps 113,3) lorsqu'il vit le feu de la Divinité venir à lui corporellement et descendre dans son cours. Le Jourdain retourna en arrière lorsqu'il vit l'Esprit Saint tombant du ciel sous la forme d'une colombe et planant sur toi. Le Jourdain retourna en arrière lorsqu'il vit l'Invisible rendu visible, le Créateur fait chair, le Maître prenant l'aspect d'un esclave... Les nuées firent entendre leur voix dans l'admiration que leur causait la venue parmi nous de la Lumière de Lumière, du vrai Dieu de vrai Dieu.  

      C'est la fête du Seigneur, que nous voyons aujourd'hui dans le Jourdain. Et lui, nous le voyons jeter dans le Jourdain la mort que nous valut la désobéissance, l'aiguillon de l'erreur, les chaînes de l'enfer, et donner au monde le baptême du salut.

 

5° Baptême du Seigneur : homélie de Benoît XVI (11 janvier) :


Chers frères et soeurs ! 

Les paroles que l'évangéliste Marc rapporte au début de son Evangile : « C'est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j'ai mis tout mon amour » (1, 11) nous introduisent aujourd'hui au coeur de la fête du Baptême du Seigneur, avec lequel se conclut le temps de Noël. Le cycle des solennités de Noël nous fait méditer sur la naissance de Jésus annoncée par les anges entourés par la splendeur lumineuse de Dieu ; le temps de Noël nous parle de l'étoile qui guide les rois mages de l'Orient jusqu'à la maison de Bethléem, et nous invite à regarder le ciel qui s'ouvre sur le Jourdain alors que retentit la voix de Dieu. Il s'agit de signes à travers lesquels le Seigneur ne se lasse pas de nous répéter : « Je suis ici. Je vous connais. Je vous aime. Il y a une route qui, à partir de moi, vient vers vous. Et il y a une route qui, de vous, monte vers moi ».

Le Créateur a assumé en Jésus les dimensions d'un enfant, d'un être humain comme nous, pour pouvoir se rendre visible et se laisser toucher. Dans le même temps, en se faisant ainsi petit, Dieu a fait resplendir la lumière de sa grandeur. Car, précisément en s'abaissant jusqu'à l'impuissance sans défense de l'amour, Il démontre ce qu'est la véritable grandeur, et même ce que signifie être Dieu. 

La signification de Noël, et plus en général le sens de l'année liturgique, est précisément celui de nous rapprocher de ces signes divins, pour les reconnaître imprimés dans les événements de chaque jour, afin que notre coeur s'ouvre à l'amour de Dieu. Et si Noël et l'Epiphanie servent surtout à nous rendre capables de voir, à nous ouvrir les yeux et le coeur au mystère d'un Dieu qui vient pour être avec nous, la fête du Baptême de Jésus nous introduit, d'une certaine manière, dans le quotidien d'une relation personnelle avec Lui. En effet, à travers l'immersion dans les eaux du Jourdain, Jésus s'est uni à nous. Le Baptême est pour ainsi dire le pont qu'Il a construit entre lui et nous, la route par laquelle il se rend accessible à nous ; il est l'arc-en-ciel divin sur notre vie, la promesse du grand oui de Dieu, la porte de l'espérance et, dans le même temps, le signe qui nous indique le chemin à parcourir de manière active et joyeuse pour le rencontrer et nous sentir aimés de Lui. 

Chers amis, je suis vraiment content que cette année aussi, en ce jour de fête, me soit donnée l'opportunité de baptiser des enfants. Sur eux, se pose aujourd'hui l'« amour » de Dieu. Depuis que le Fils unique du Père s'est fait baptiser, le ciel est réellement ouvert et continue à s'ouvrir, et nous pouvons confier chaque nouvelle vie qui apparaît entre les mains de Celui qui est plus puissant que les pouvoirs obscurs du mal. C'est en effet cela que comporte le Baptême : nous restituons à Dieu ce qui est venu de Lui. L'enfant n'est pas la propriété des parents, mais il est confié par le Créateur à leur responsabilité, librement et de manière toujours nouvelle, afin qu'ils l'aident à être un fils de Dieu libre. Ce n'est que si les parents mûrissent cette conscience qu'ils réussissent à trouver le juste équilibre entre la prétention de pouvoir disposer des enfants comme s'ils étaient un bien privé en les façonnant à partir de leurs idées et désirs, et l'attitude libertaire qui s'exprime en les laissant grandir de manière totalement autonome, en satisfaisant chacun de leurs désirs et aspirations, considérant cela comme une juste manière de cultiver leur personnalité. Si, avec ce sacrement, le nouveau baptisé devient un fils adoptif de Dieu, objet de son amour infini qui le protège et le défend des forces obscures du malin, il faut lui enseigner à reconnaître Dieu comme son Père et à savoir se mettre en relation avec Lui, avec une attitude filiale. Et donc, lorsque selon la tradition chrétienne, comme nous le faisons aujourd'hui, on baptise les enfants en les introduisant dans la lumière de Dieu et de ses enseignements, on ne leur porte pas atteinte, mais on leur donne la richesse de la vie divine dans laquelle s'enracine la véritable liberté qui est propre aux enfants de Dieu ; une liberté qui devra être éduquée et formée au fil des années, pour devenir capable de choix personnels responsables. 

 

Chers parents, chers parrains et marraines, je vous salue tous avec affection et je m'unis à votre joie pour ces petits qui, aujourd'hui, renaissent à la vie éternelle. Soyez conscients du don reçu et ne cessez pas de rendre grâces à Dieu qui, avec le sacrement d'aujourd'hui, introduit vos enfants dans une nouvelle famille, plus grande et plus stable, plus ouverte et nombreuse que la vôtre : je me réfère à la famille des croyants, à l'Eglise, une famille qui a Dieu pour Père et dans laquelle tous se reconnaissent frères en Jésus -Christ. Vous confiez donc aujourd'hui vos enfants à la bonté de Dieu, qui est puissance de lumière et d'amour ; et ceux-ci, malgré les difficultés de la vie, ne se sentiront jamais abandonnés, s'ils restent unis à Lui. Souciez-vous donc de les éduquer dans la foi, de leur enseigner à prier et à grandir comme le faisait Jésus et avec son aide « en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes » (cf. Lc 2, 52). 

En revenant à présent au passage évangélique, cherchons à comprendre encore davantage ce qui se passe ici aujourd'hui. Saint Marc rapporte que, alors que Jean Baptiste prêche sur les rives du Jourdain, en proclamant l'urgence de la conversion en vue de la venue désormais proche du Messie, voilà que Jésus, caché au milieu de la foule, se présente pour être baptisé. Le baptême de Jean est assurément un baptême de pénitence, bien différent du sacrement que Jésus instituera. À ce moment, toutefois, on entrevoit déjà la mission du Rédempteur car, lorsqu'il sort de l'eau, une voix retentit du ciel et l'Esprit Saint descend sur lui (cf. Mc 1, 10) : le Père céleste le proclame son fils bien-aimé et en atteste publiquement la mission salvifique universelle, qui s'accomplira pleinement avec sa mort sur la croix et sa résurrection. Ce n'est qu'alors, avec le sacrifice pascal, que la rémission des péchés deviendra universelle et totale. Avec le Baptême nous ne nous plongeons pas simplement dans les eaux du Jourdain pour proclamer notre engagement de conversion, mais le sang rédempteur du Christ qui nous purifie et qui nous sauve se répand sur nous. C'est le Fils bien-aimé du Père, dans lequel Il a mis tout son amour, qui nous fait acquérir à nouveau la dignité et la joie de nous appeler « fils » de Dieu et de l'être réellement. 

Dans quelques instants nous revivrons ce mystère évoqué par la solennité d'aujourd'hui ; les signes et les symboles du sacrement du Baptême nous aideront à comprendre ce que le Seigneur accomplit dans le coeur de nos petits, en le faisant « siens » pour toujours, demeure choisie de son Esprit et « pierres vivantes » pour la construction de l'édifice spirituel qui est l'Eglise. Que la Vierge Marie, Mère de Jésus, le Fils bien - aimé de Dieu, veille sur eux et sur leurs familles, les accompagne toujours, afin qu'ils puissent réaliser jusqu'au bout le projet de salut qui s'accomplit dans leur vie avec le Baptême. Et nous, chers frères et surs, nous les accompagnons par notre prière ; nous prions pour les parents, pour les parrains et les marraines et pour leurs proches, afin qu'ils les aident à grandir dans la foi ; nous prions pour nous tous ici présents afin que, en participant pieusement à cette célébration, nous renouvelions les promesses de notre Baptême et que nous rendions grâce au Seigneur pour son assistance constante. Amen !