AFRIQUE - Burkina-Faso
AGRICULTURE
FAMILIALE ET AGROCARBURANTS
abc Burkina n°
360<
Au Sénégal, la société
civile invite à la vigilance: La production à grande
échelle d’agro - carburants
pourrait, si l'on n’y prend garde, plomber les efforts faits pour assurer la
souveraineté alimentaire du pays.
Aussi, la société civile
milite pour une utilisation contrôlée des terres arables, terreau fertile des
agro - carburants. Les centaines d'hectares de ces terres, cédées à des
mécènes, gros bonnets et autres paysans du dimanche, ‘sous le prétexte de
production d’agro - carburants’, suscitent, à la fois, la curiosité et la
crainte de cette société civile. À l'occasion d’une rencontre d'échanges et de
sensibilisation de deux jours organisée à Richard Toll, sur le thème de ‘
l’agriculture familiale face aux agro -
carburants : quels enjeux pour la sécurité alimentaire et les zones humides au
Sénégal ?’, la question a été
revisitée sous toutes ses coutures. À coup sûr, les ONG Wetlands International
et Action Aid Sénégal qui sont à la base de ces assises, ont largement atteint
leurs objectifs :
informer les
acteurs à la base sur les enjeux des agro - carburants, la gestion foncière,
l’agriculture vivrière et aussi
l’environnement.
Mettant à profit la
rencontre de Richard Toll, certains participants ont longuement insisté sur
l'urgence de tout mettre en œuvre pour éviter le bradage des terres rurales.
Dans ce dessein, les populations, les représentants de la société civile ainsi
que ceux de l'Etat se sont accordés sur
l'impérieuse nécessité, pour les élus des collectivités locales, d'être plus
vigilants au moment de décortiquer les dossiers de demande de terres. Ils
ont ainsi été conviés à éviter d'octroyer des hectares à l'emporte-pièce
(ndlr : de façon brutale, sans nuance et donc ici, sans analyse des
conséquences…) ou par simples accointances ou intérêts purement mercantiles.
Coordonnatrice de la
coalition de la société civile sur les agro - carburants, Mme Fatou Mbaye,
chargée de programme agro - carburant à Action Aid Sénégal, renseigne que ‘cet
atelier fait suite aux études menées par Action Aid et Wetlands International
par rapport aux agro - carburants et à la sécurité alimentaire. Mais aussi sur
les agro - carburants et les zones humides au Sénégal. Nous voulions partager
ces études avec les communautés de base, les acteurs, la société civile, les
services techniques de l’Etat et les différents partenaires’, explique-t-elle.
Interrogée sur le choix de l’agriculture familiale, Mme Mbaye répond : ‘Nous
sommes partis du
constat que l'agriculture
familiale constitue la base de la production vivrière au Sénégal. Avec
l’avènement des agro - carburants au Sénégal, nous avons vu que les
terres agricoles, les forêts, les terres arables risquent d’être accaparées par
les promoteurs des agrocarburants, au détriment de la production vivrière
agricole. Aujourd'hui, la grande ruée vers les terres arables va provoquer
l'utilisation d'énormes superficies
destinées au développement industriel au détriment des cultures vivrières’, s'est
désolée notre interlocutrice
(1).
Au Burkina, allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour lancer le
débat sur cette question ?
1- D’après un article de
Gabriel BARBIER du 11 janvier 2010