Environnement
UNE ÉCOLOGIE HUMAINE DU RÉCHAUFFEMENT GLOBAL (1)
La conférence de Copenhague va-t-elle accoucher d’une souris ? Ce serait
regrettable, mais on peut s’inquiéter. Alors que l’Église appelle à une
moralisation de la «
prise de conscience
écologique » (dans le
Message du pape pour la Journée mondiale de la
paix 2010), deux éditorialistes de
l’Osservatore romano pointent le
décalage entre les appels de Benoît XVI en faveur d’une écologie «
orientée par la notion de développement
intégral de la personne humaine », et l’«
éco-centrisme » qui «
prétend
résoudre les problèmes climatiques – où règne une grande confusion – à travers
la dénatalité et la désindustrialisation, plutôt qu’à travers la promotion de
valeurs qui rendent sa dignité originelle à l'individu » (Tedeschi, 17
décembre). Le climatologue Franco Prodi parle de «
faux-départ » (
OR, 7-8 décembre).
Comment la question climatique en est-elle venue
à polluer les priorités d'une écologie véritablement humaine ? Entre 1970 et 1998, les températures ont connu une
augmentation moyenne réelle et cette augmentation a semblé être parallèle à
l’augmentation d’un des gaz à effet de serre, le C02. Intrigué, le G7 a demandé
à l’ONU en 1988 de créer le GIEC (IPCC en anglais), le Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat.
Cet organisme a
publié une série de rapports sur la question du lien entre l’augmentation du
CO2 et celles des températures en 1989, 1995, 2001 et 2007, le dernier de ces
rapports étant le plus alarmiste. Du 7 au 18 décembre, l’ONU organise une
conférence sur le changement climatique à Copenhague dont l’objet initial est
d’obtenir un accord global pour la réduction des émissions de gaz à effet de
serre. Quelques semaines auparavant, on apprenait qu’un hacker avait subtilisé
et dévoilé 13 ans d’e-mails échangés entre des chercheurs de l’Université de
l’East Anglia, très engagés auprès du GIEC, mettant en cause leurs propres
conclusions.
Qu’est-ce que
l’écologie ?
Au-delà de l’honnêteté des uns et des autres,
l’affaire révélait que sous l’unanimisme officiel, le débat scientifique
persistait. Car enfin, qu’est-ce que l’écologie ? Wikipedia nous fournit une
réponse intéressante : «
L'écologie, du grec
οίκος : "oikos" (maison) ; et
λόγος : "logos" (discours, sciences,
connaissance), est l'étude scientifique des interactions qui déterminent la
distribution et l'abondance des organismes vivants. Ainsi, l'écologie est une
science biologique qui étudie deux grands ensembles : celui des êtres vivants
(biocénose) et le milieu physique (biotope), le tout formant l'écosystème (mot
inventé par Tansley). L'écologie étudie les flux d'énergie et de matières
(réseaux trophiques) circulant dans un écosystème. L'écosystème désigne une
communauté biotique et son environnement abiotique. »
Nous
voila loin du
pathos : ours blanc, inondation, tempête, destruction,
catastrophe, et de l’
ethos : Al Gore, Blair, GIEC, ONU
!
Que nous voilà loin des complots peu ragoûtants des hackers de
l’East Anglia qui révèlent les pratiques tout aussi immorales de ces
climatologues du GIEC qui utilisent des «
tricks
», complotent pour interdire des publications, n’utilisent que la partie de
bases de données qui convient aux résultats qu’ils cherchent à obtenir,
etc.
Existe-t-il encore une écologie scientifique lorsque les
phénomènes naturels se trouvent instrumentalisés au service de causes qui lui
sont étrangères, même si certaines sont respectables ?
La tête
froide
:
Face à un tel
tourbillon d’intérêts cachés, de mensonges, de semi-vérités, de guerres
idéologiques, tentons de garder la tête froide et d’approcher au plus près la
vérité et commençons par rappeler quelques faits scientifiques incontestés :
v
Le soleil fournit à la
planète Terre toute son énergie et toute sa chaleur.
v
Les changements climatiques
sont des phénomènes naturels constants et d’échelles extrêmement variées. Ces
changements permanents incluent des variations de température, de niveau de la
mer, du niveau des glaces, etc.
v
Le carbone est indispensable
à la vie. Il est un puissant facteur de développement de la végétation.
v
La vapeur d’eau (H2O) est le
gaz à effet de serre le plus présent dans l’atmosphère ; il est 27 fois plus
présent que le carbone. Le méthane, le protoxyde d’azote et l’ozone jouent
également un rôle mineur.
v
La quantité de CO2 dans
l’atmosphère est passée de 0,0280% à 0.0383% en 50 ans.
v
La quantité de carbone
rejeté dans l’air par l’homme est passée de 6 milliards de tonnes en 1995 à 7,9
en 2005, dont chaque année environ 45% sont absorbés par la mer.
v
La mer contient 4000
milliards de tonnes de carbone et l’atmosphère terrestre 750.
v
De 1970 à 1998, les
températures moyennes ont connu une croissance incontestable.
v
Depuis 1998, la croissance
des températures est quasi nulle.
v
Les glaces de l’Arctique ont
connu leur extension contemporaine minimum en 2007. 2008 et 2009 montrent une
inversion et une réelle croissance de la glace.
v
La quantité de cyclones dans
l’Atlantique nord est revenu à des chiffres comparables à ceux d’il y a 30 ans.
v
Les tâches solaires sont
passées par un minimum en 2008. 2009 ne montre aucune reprise avec 74% de jours
sans tâches, contrairement aux attentes.
Ceux qui savent et
ceux qui cherchent :
Inventaire à la Prévert ? Non,
multiplicité
des interactions, complexité prodigieuse, complexité merveilleuse de la nature.
La climatologie (nous voulons dire ici la climatologie scientifique) se trouve
aujourd’hui en plein développement. Elle passe par cette phase passionnante ou
chaque découverte révèle d’immenses champs à pénétrer. C’est pourquoi ceux qui
pensent savoir se trompent et ceux qui doutent cherchent.
Deux exemples seulement. Nous en sommes au tout début de la compréhension
des mécanismes d’interaction entre les tâches noires sur le soleil et
l’évolution climatique de la Terre. Le rôle des nuages est encore largement
incompris et donnent lieu à des publications qui inversent les connaissances.
Il est vraiment temps que, dans ce champ de la connaissance climatologique,
comme dans celui de la finance ou de la biologie, la société se résolve à «
entendre » ce que nous dit le vieil
homme qui voit loin, car il est sur le sommet de la montagne : «
Pour préserver la nature, il n’est pas
suffisant d’intervenir au moyen d’incitations ou de mesures économiques
dissuasives, une éducation appropriée
n’y suffit pas non plus [souligné par nous]. Ce sont là des outils
importants, mais le point déterminant est la tenue morale de la
société dans son ensemble.
Si le droit à la vie et à la mort naturelle n’est
pas respecté, si la conception, la gestation et la naissance de l’homme sont
rendues artificielles, si des embryons humains sont sacrifiés pour la
recherche, la conscience commune finit par perdre le concept d’écologie humaine
et, avec lui, celui d’écologie environnementale. Exiger des nouvelles
générations le respect du milieu naturel devient une contradiction, quand
l’éducation et les lois ne les aident pas à se respecter elles-mêmes. » Benoît XVI,
Caritas in veritate (n. 51).
Pour en savoir plus :
Benoît XVI,
Message pour la Journée mondiale de
la paix 2010,
Génération-BenoitXVI.com
Ettore Gotti
Tedeschi,
La Conferenza dell'ONU sull'ambiente.
Aggiustamento mercantile o accordo mondiale ?,
Osservatore romano, 17 décembre 2009.
Franco Prodi,
Incertezze del vertice di Copenaghen.
Per chi salvare l'ambiente,
Osservatore
romano, 7-8 décembre 2009.
Sandro Magister,
« Cultivez la Création » : la
révolution verte de Benoît XVI, Chiesa.espresso.repubblica.it, 17 décembre 2009
COMMENTAIRE :
PMalo (22/12/2009): Monsieur Pouzoulet,
Le problème, c'est qu'on ne peut découper comme vous le faites.
La responsabilité de l'Homme sur la
Création ne peut être découpée en tranches :
-
D'un côté la lutte contre
l'avortement (pour les petits gars de droite),
-
D'un autre la protection de
l'environnement (pour les petits mecs de gauche).
Ces impératifs inséparables, dépendants l'un de l'autre) découlent
directement d'une fausse vision de l'homme, de la Création, et de leurs
relations. Occulter l'un pour l'autre serait faire preuve d'une hémiplégie
mentale.
La véritable priorité, c'est
retrouver l'ordre naturel voulu par Dieu pour toute sa Création.
1-
18
décembre 2009 | Jérôme Stevenson ; Jérôme Stevenson vient de publier : « Climat, vers un réchauffement du débat
? »,
Liberté politique n° 47, hiver 2009.