Les milices policières offrent leurs services à Rio de Janeiro
Justice et Paix Brésil (15 Décembre 2006)
Les trafiquants de drogue ont été expulsés des quartiers Nord et Ouest de Rio de Janeiro par des milices formées de la police, d’anciens officiers de police, d’hommes de main, de surveillants de prison et de militaires. Ces milices ont envahi et occupé 3 des 17 favelas de la région de Mare et fermé des rues dans certains quartiers. Ils vont maintenant faire de même dans les parties Sud de la ville.
Il y a quelques semaines des magistrats de villes de Leme ont reçu des propositions écrites pour adopter ce système de protection 24 heures sur 24. La proposition signée par un sergent de la police militaire offre, face à un haut degré de criminalité, la sécurité pour quatre rues situées à côté d’un bas quartier. Le prix de la ‘taxe de sécurité’ n’est que donné uniquement après que les résidents approuvent cette proposition. Les paiements de la milice se font sur une base mensuelle. Les magistrats de la ville, après avoir consulté leurs administrés, ont rejeté cette proposition et dénoncé les actions de la milice. Bien que le sergent de la police soit officiellement retraité, il continue de travailler dans le 9° bataillon de la police militaire. Cette unité de police militaire est en charge d’une partie de la zone Ouest de Rio de Janeiro, un paradis pour les milices qui contrôlent toute la favela, sauf la favela de la cité de Dieu.
L’action de la milice a débuté dans les années 1970 et s’est depuis lors répandu dans la région. La milice a pris la place des trafiquants de drogue et demande aux résidents et propriétaires de magasins une taxe de sécurité. Cette taxe permet aussi d’utiliser des moyens de transport alternatifs (voiture, taxis), acheter le gaz de cuisine pour les familles et les usines, et la connexion clandestine aux chaînes câblées de télévisions, etc.
Certains représentants de la communauté, généralement des officiers de police qui vivent là – bas établissent des liens avec les milices. D’autres membres de milices rejoignent alors le quartier. Les vendeurs de drogue sont alors expulsés ou tués. Les milices vont aider les résidents pour s’attirer leur faveur. Les milices ont ainsi annoncé qu’elles distribuerai des paniers de nourriture et des jouets aux résidents des zones Nord de la Cité (Quitungo et Guaporé). Ces deux localités sont connus à cause des Galactics, une milice dont les membres sont des policier ou d’ex policiers qui vivent dans le quartier. Ils ont pris l’avantage de la faiblesse des trafiquants de drogue pour s’installer dans le quartier et imposer leur loi. Ils ont invité de partenaires ayant déjà l’expérience de milices similaires à se joindre à eux. Au moins 20 jeunes soit disant criminels du quartier ont disparu depuis l’arrivée de cette milice. La police ne dit pas avoir de preuve ‘officielle’ de la disparition des jeunes ne va pas conduire une enquête à ce sujet.
Dans l’Ouest de la ville, une autre milice s’est crée : " les Hommes droits " avec pour symbole Batman. Les membres de la milice s’habillent et décorent leurs voitures avec des symboles de Batman. Le chef de la milice est un officier de police dont le nom de louange est " Masta Rindo " (qui rit lorsqu’il tue).
L’année dernière, une partie de la favela Maré a été envahie et occupée par des milices qui ont tué tous ceux qu’ils estimaient être mêlés au trafic de drogue. Dans cette favela, il y a 240.000 personnes. Les résidents affirment que la police militaire a aidé les miliciens dans cette opération et un ancien commandant de la police militaire contrôle la communauté. Les voitures de police blindées anti-émeutes ont servi à l’opération. Le département de police de Maré reconnaît que la milice a pris possession de la favela, mais dénie y avoir participé. Il faut parfois demander une autorisation de sortie de la favela. Une taxe de sécurité mensuelle est payée par les résidents et par les commerçants, petits et grands. L’occupation de la favela de Mahé a causé une grande peur de guerre urbaine dans la population.
L’inspecteur de la police civile, Mareina Maggessi, affirme : " Les résidents sont satisfait du travail des milices car elles font disparaître les criminels. La population recherche impatiemment des protections car l’État a failli à sa mission ".
Nous sommes venus chercher vos âmes : le caveirao (voiture anti-émeute) et les violences policières à Rio de Janeiro:
Dès 2005, les mouvements sociaux, les Organisations Non Gouvernementale, les communautés de résidents, les familles de victimes de la violence policière et Amnesty International dénonçaient les " caveirao ", véhicules anti-émeute utilisés par la police à Rio de Janeiro.
Le 2 Décembre 2005, le " caveirao " a été pour le première fois utilisé dans la communauté de Caju. Ce fut un véritable carnage : " Le caveirao est un véhicule blindé, très bien armé, tirant d’abord sur les lampadaires, puis sur les résidents. Nous avons, maintenant encore à prouver que ceci était la police ! ". Le chef de police de confirmer : " Nous opérons comme lors d’une guerre, d’abord arrive les tanks pour laisser la place à l’infanterie qui entoure l’ennemi ".
Les favelas de Rio de Janeiro vivent dans une tension permanente. Ils sont les plus pauvres et plus vulnérables communautés du Brésil ayant peu ou pas accès aux services publics. Les gens, ne pouvant compter que sur leurs propres forces, ont grandit dans des réseaux d’alliés mafieux. La dureté de la pauvreté est soumise à un constant sens d’insécurité et de violence immanente.
Les gangs de la drogue sont rentrés dans le vacuum laissé par l’État. Ils s’organisent maintenant en gangs rivaux qui dominent maintenant l’État. La réponse de l’État et du gouvernement a été une série d’attaques, de confrontations de grande envergure qui ne visent pas seulement les gangs criminels mais toute la communauté vivant dans les favelas.
Il y a quatre ans, avec l’accroissement de la violence, la police a mis en service un véhicule de style militaire appelé caveirao. Du matériel de guerre était déployé au milieu d’aires résidentielles. Le gouvernement désirait ainsi prouver son engagement déterminé à lutter pour la sécurité publique. L’application de la violence à la violence et la confrontation et l’intimidation furent choisis. La population des quartiers les plus défavorisés sont coincés entres les police et les gangs de la drogue et en payent le prix fort.
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