Justice et Paix : THEMES GENERAUX
- La délinquance



DELINQUANCE: Un "front contre le projet de loi Sarkozy"

DPJ 21/11/2006


"L'Etat pénal se renforce au même rythme que l'Etat social se délite. On désigne des boucs émissaires : mendiants, SDF, prostituées, immigrés, Roms, gens du voyage, jeunes, familles considérées comme défaillantes et laxistes", a répété, lundi 20 novembre, Françoise Dumont, vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme. Mme Dumont s'exprimait en tant que l'une des porte-parole du collectif national unitaire de résistance à la délation (CNU). Ka CNU est un rassemblement d'associations et de syndicats comme la CGT, la FSU, les syndicats réunis dans Solidaires ou encore le Syndicat de la magistrature (SM), qui demande le retrait du projet de loi sur la prévention de la délinquance de Nicolas Sarkozy, qui doit être débattu à partir de ce mardi à l'Assemblée nationale.

  Au nom d'un "objectif obsessionnel de lutte contre l'insécurité" , cette nouvelle loi Sarkozy "vise des catégories sociales volontairement discriminées" et cache un véritable "projet de société, une société de surveillance, de culpabilisation, de délation" , affirme M me Dumont. "C'est la loi de la jungle, chacun est responsable de son malheur social et doit le payer au nom d'une vision ultralibérale, comme un actionnaire serait responsable de ses pertes en Bourse" , ajoute-t-elle.

Samedi, le collectif avait déjà organisé une manifestation contre ce projet de loi et, selon les associations, plus de quinze mille personnes avaient répondu à l'appel, à Paris et dans une vingtaine de villes. Aujourd'hui, si rien n'est fait, le collectif se dit prêt à "entrer en résistance" contre un texte jugé "liberticide" , et souhaiterait étendre la "résistance" , rappelant que "tous les citoyens sont concernés" ."IL N'Y A PLUS DE MINEURS EN DANGER, IL N'Y A PLUS QUE DES MINEURS DANGEREUX"

Le collectif reproche notamment à ce projet "de vouloir renforcer les pouvoirs du maire et de mettre en place le contrôle et le fichage des personnes présentant des difficultés sociales, éducatives et financières, criminaliser la psychiatrie, durcir la justice des mineurs (...) , faire de l'école l'élément central du maillage de la population" et "d'inciter à la délation" .

Avec ce texte, "il n'y a plus de mineurs en danger, il n'y a plus que des mineurs dangereux" , résume Danièle Atlan, de la FSU. Pour Fabienne Binot, de SUD Santé, ce projet "signe l'arrêt de mort du travail social basé sur le respect de la personne et le secret professionnel" ."Les travailleurs sociaux qui refusent de collaborer avec la police ou les autorités locales sont déjà sanctionnés, y compris devant un tribunal administratif pour faute professionnelle. Ils peuvent être révoqués ou licenciés" , souligne-t-elle. 

Hélène Franco, vice-présidente du Syndicat de la magistrature, souligne également que les propositions d'amendements de son organisation sur la criminalité économique et financière n'ont jamais été reprises. "Les délits en col blanc échappent totalement à la frénésie répressive" du gouvernement, insiste-t-elle.

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