"Après Sangatte, l'inhumanitaire au quotidien"
09/12/2006
Le titre du rapport de l'organisation non gouvernementale (ONG) Médecins du monde pose d'emblée la situation de centaines de migrants sans-papiers qui arrivent à Calais avec l'espoir de rejoindre la Grande-Bretagne. Présenté vendredi 8 décembre à Calais, ce rapport dénonce les conditions de vie de ces Afghans, Pakistanais, Iraniens, Erythréens et Somaliens et l'indifférence des autorités françaises. "La situation se dégrade même, interpelle Médecins du monde, puisque la seule réponse que l'Etat semble disposé à apporter est essentiellement répressive ."
En 2002, Nicolas Sarkozy décidait de fermer le centre d'hébergement d'urgence de la Croix-Rouge, à Sangatte, qui n'avait pas, selon le ministre de l'intérieur,
"vocation à devenir une zone de non-droit avec ces malheureux qu'on laisse dans leur misère sans s'en occuper" . Une fermeture qui, pour l'ONG, a
"laissé la ville de Calais dépourvue de structures offrant une aide alimentaire, sanitaire ou médicale aux personnes en transit".
L'ÉTAT DOIT "CESSER DE SE DÉCHARGER SUR LES ASSOCIATIONS"
Depuis avril 2006, Médecins du monde (MDM) a organisé plus de 2 000 consultations, les migrants souffrant des pathologies que l'on
"retrouve habituellement chez les personnes qui vivent dehors" , note l'ONG qui organise cinq jours par semaine des consultations médicales pour les migrants.
Au quotidien, MDM dénonce les conditions d'hygiène "épouvantables" de ces migrants qui vivent dans des abris de fortune, au bord des quais ou dans les bois.
"Il n'y a pas de sanitaires, les déchets s'accumulent et les rats envahissent les lieux. Les migrants le disent eux-mêmes, 'nous vivons comme des chiens' ", poursuit le rapport qui souligne que
"certains vivent plusieurs mois dans ces conditions" , dont des femmes enceintes, des enfants et des malades.
Médecins du monde dénonce, exemples concrets et photos à l'appui,
la "pression" à laquelle sont soumis les migrants avec les "arrestations continuelles" et la "destruction des lieux d'habitation" . L'organisation souhaite donc que
"l'Etat et les collectivités territoriales reprennent les choses en mains et cessent de se décharger sur des associations locales pour prendre en charge l'inacceptable" :
"Quelles que soient les raisons d'une telle politique, il reste inacceptable d'obliger des dizaines de femmes et d'enfants à subsister dans la rue grâce à la charité publique. Des solutions alternatives doivent être apportées pour venir en aide aux plus faibles et garantir aux migrants le droit de demander l'asile dans de bonnes conditions", conclut le rapport.
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