Justice et Paix : ORGANISATIONS INTERNATIONALES
- DETTE



Appel aux gouvernements norvégien et équatorien pour la mise en place d’une commission sur la dette illégitime :

Au cours de la conférence annuelle d’Eurodad qui s’est déroulée à Oslo, en Norvège, les participants ont décidé de lancer un appel ambitieux aux gouvernements d’Equateur et de Norvège, pour leur demander la mise en place d’une commission intergouvernementale d’étude sur la dette illégitime.
Le Ministre équatorien Ricardo Patiño et son homologue norvégien Erik Solheim ont pu discuter de cette initiative en Norvège. Ils ont ensuite approfondi leurs échanges sur la question, lorsqu’Erik Solheim, Ministre norvégien du Développement et de l’Environnement, s’est rendu en Equateur.

Le texte de l’appel que les OSC ont lancé à l’occasion de la conférence d’Eurodad est retranscrit ci-dessous.

Nous présentons ensuite les détails de la proposition que le gouvernement équatorien a fait parvenir à la Norvège.
 
Appel aux gouvernements norvégien et équatorien pour une commission sur la dette illégitime

Au cours de la conférence annuelle d’Eurodad qui s’est déroulée à Oslo, nous avons eu le privilège d’accueillir le Ministre équatorien Ricardo Patiño ainsi qu’un haut représentant du Ministère norvégien, Erik Solheim.

Nous, participants de cette conférence, souhaitons les remercier tous deux pour leur engagement actif sur la question de la dette illégitime :
-         Le gouvernement équatorien a créé une commission d’audit de la dette ;
-         De son côté, le gouvernement norvégien a annulé des créances liées à des exportations de navires, reconnaissant de fait sa co-responsabilité en tant que créancier, et a également demandé des études officielles sur la dette odieuse. Nous prenons également note de la déclaration de Soria Moria, qui en appelle à une définition, et donc à l’annulation, de la dette illégitime.

Récemment, grâce à une collaboration étroite, différents gouvernements sont parvenus à placer certaines questions importantes, bien que controversées, au centre du débat international. Ainsi, en 2004, un groupe quadripartite a été créé sur le thème des mécanismes innovants de financement du développement, et le gouvernement norvégien a récemment lancé un groupe de travail sur la fuite des capitaux - des initiatives qui commencent déjà à influer sur les politiques internationales.

La question de la dette illégitime est tout aussi urgente. Organisations de la société civile, universitaires et autres militants attirent l’attention sur ce problème depuis de nombreuses années maintenant. Certes, les institutions internationales et différents Etats participent aujourd’hui au débat ; mais de nombreux points demandent encore à être éclaircis. Ainsi, la consultation multipartite sur la dette, qui s’est tenue en 2005 sous l’égide des Nations Unies, a conclu à la nécessité « d’examiner certaines questions, telles qu’un code de conduite pour les débiteurs souverains et leurs créanciers [et] l’opérationnalisation de la doctrine de la ‘dette odieuse’ ».
 
À cet effet, nous appelons les gouvernements de Norvège et d’Equateur à lancer un groupe de travail international sur la dette illégitime. Ce dernier devra rassembler tous les acteurs intéressés : gouvernements, parlementaires, institutions internationales, universitaires et représentants de la société civile du Sud comme du Nord. Il s’emploiera à étudier et clarifier les concepts de dette illégitime et de dette odieuse et en déterminera la mise en application. Ses conclusions devront venir alimenter le processus de réflexion sur le Financement du Développement qui a lieu en amont de la rencontre de Doha et toute autre initiative ou forum relatif à cette question. 

 Propositions officielles soumises par Ricardo Patiño Aroca, Président de la CAIC (Commission d’Audit de la Dette Equatorienne) et Ministre du Littoral - Equateur, Franklin Canelos Castillo, Vice-président de la CAIC, et Patricia Dávila Aveiga, Coordinatrice Exécutive de la CAIC, au gouvernement norvégien :

  1. Nous reconnaissons qu’il est de notre devoir envers la Norvège de clarifier définitivement les faits relatifs au crédit accordé par le gouvernement norvégien à l’Equateur. La Norvège ayant fait le geste significatif de reconnaître de manière unilatérale sa coresponsabilité, nous souhaitons inscrire dans la mémoire historique de nos pays ce qui ne doit plus jamais venir interférer dans des relations de coopération bilatérale. À cet effet, nous sollicitons le soutien de la Norvège pour l’approfondissement des recherches effectuées sur les emprunts que l’Equateur avait contractés auprès d’Oslo pour l’achat de navires. Ces recherches seront menées conjointement par la Campagne Norvégienne pour l’Annulation de la Dette (SLUG) et par le Groupe National Equatorien sur la Dette, et devront déterminer, entre autres, à qui ces dettes ont pu profiter en Equateur, quel usage a été fait des navires et, enfin, boucler un processus qui fut lamentable en tout point.

  1. Soutenir la création d’une commission internationale de travail constituée de délégués de gouvernements et de la société civile norvégienne et équatorienne, d’Eurodad et d’autres institutions du mouvement international sur la dette, qui fassent la promotion de l’étude et du débat sur l’illégitimité de la dette et sur la construction d’une nouvelle architecture financière internationale. Cette initiative a été présentée par la société civile norvégienne et équatorienne et est également soutenue par EURODAD et par le Mouvement International sur la Dette.

  1. Soutenir, avec le concours des gouvernements norvégien et équatorien et d’autres pays d’Amérique latine et d’Europe, la demande d’une Opinion Consultative auprès de la Cour Internationale de Justice de la Haye et/ou de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme sur la coresponsabilité des Etats créanciers et débiteurs dans les processus d’endettement et sur leurs effets sur l’exercice réel des Droits Economiques, Sociaux et Culturels (DESC). Cela présuppose qu’en plus de compter sur un important soutien politique, une équipe de haut niveau, spécialisée en droit international, droits de l’homme et sciences sociales soit créée, qui formule la demande correspondante et suive la procédure indiquée.

Voir : http://www.eurodad.org/whatsnew/articles.aspx?id=1806

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