Les paysans ACP dénoncent la nouvelle approche de
négociation de l’Union européenne 3 novembre 2007
Les réseaux
d’organisations paysannes(1)
des régions d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) réunis en atelier les
vendredi et samedi 2 et 3 novembre 2007, à l’hôtel Ibis Accor de Bruxelles ont
dénoncé la nouvelle approche à deux volets de négociation de la Commission
européenne pour la conclusion des accords de partenariat économique (APE),
qu’il juge contraire aux dispositions de l’Accord de Cotonou.
Face à
l’impossibilité de conclure des accords de partenariat économique utiles au
développement avant l’échéance du 31 décembre 2007, a-t-on rappelé, la
commission européenne propose aux
différentes régions ACP, la
signature
d’un accord en deux temps :
-
1° un
accord intérimaire portant exclusivement sur les marchandises avant le 31
décembre 2007 ;
-
2°
puis poursuivre les pourparlers pour la conclusion d’un accord final avant fin
2008.
Pire, des
stratégies seraient mises en œuvre pour parvenir à la signature d’accords de
libre échange avec certains pays considérés individuellement, si leurs
communautés économiques régionales respectives refusaient.
Les réseaux
d’organisations paysannes des ACP dénoncent ces nouvelles approches et méthodes
de la Commission européenne, estimant qu’elles violent les dispositions de
l’Accord de Cotonou, et
contribueraient
à terme au démantèlement des processus d’intégration dans les régions ACP.
Ils exhortent
les autorités et négociateurs des ACP à rester solidaires face aux injonctions
qui tentent actuellement de focaliser l’attention sur les pertes économiques
que risques les non - PMA et des producteurs de certaines cultures
d’exportation telle les fleurs, la banane et l’ananas si aucun accord n’est
signé à l’échéance du 31 décembre 07.
Cette
ingérence dans les processus de décision des ACP est inadmissible.
Il est apparu au
cours des débats que certains producteurs, comme ceux s’occupant des fleurs au
Kenya, de la viande au Botswana, de la banane dans les Caraïbes et en Afrique
de l’Ouest et du Centre, espèrent, à travers la signature des APE, une
amélioration de l’accès au marché européen.
En Afrique de
l’Ouest, l’une des régions, aujourd’hui opposée à une signature précipitée
d’accord de partenariat économique, les autorités de la CEDEAO seraient saisi
d’une correspondance, émanant d’un groupe de producteurs, les invitant à
sauvegarder les préférences d’accès au marché européen.
Prenant en
compte les préoccupations des paysans et producteurs fortement intéressés par
l’accès au marché européen, les leaders paysans ont invité les gouvernements
ACP à prendre leurs responsabilités en envisageant dores et déjà les
alternatives optimales et les filets de
sécurité nécessaires pour faire en sorte que les agriculteurs qui tirent
l’essentiel de leur revenu des exportations sur le marché européen, ne se
retrouvent dans une situation de pauvreté accentuée.
Pour les réseaux
d’Organisations de Producteurs,
l’UE
serait coupable de l’aggravation de la pauvreté, l’insécurité alimentaire et de
l’immigration clandestine, si elle s’obstinait dans la signature d’accords
de Partenariat Economique qui subordonnent l’intégration des régions ACP, le
renforcement de leurs unités de production et leurs marchés régionaux, aux
politiques régionales fondées sur les principes de la souveraineté alimentaire,
à ses intérêts commerciaux et géostratégiques.
À quelques
semaines de l’échéance du 31 décembre 2007, fixée pour la signature des APE,
les réseaux d’OP insistent sur la nécessité d’établir un lien absolu entre les
négociations APE et les négociations du cycle de Doha, avec pour ambition de
parvenir à une clarification de l’article 24 du Gatt, dans une approche de
« traitement spécial différencié » prenant en compte la spécificité
des accords commerciaux régionaux Nord – Sud.
Enfin, Ils
suggèrent aux autorités et négociateurs des ACP de prendre l’initiative de la
demande d’une dérogation au niveau de l’OMC, à travers une requête collective.
Présidente de la SACAU - Président du ROPPA - Président de EAFF
Présidente de WINFA - Présidente de la PROPAC