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NOUVELLES
d’AEFJN
AEFJN : aefjn@aefjn.org Décembre
2008 N° 29 AEFJN : www.aefjn.org
1°
L’Union européenne se dote de règles juridiquement contraignantes sur les
exportations d’armes : Bruxelles, le 11
décembre 2008. Bernard ADAM, Directeur du GRIP, (Groupe de Recherche et
d’Information sur la Paix et la Sécurité)
Le Conseil de
l’Union européenne (UE) vient de transformer ce 8 décembre 2008 le Code de
conduite sur les exportations d’armes en «
position commune ».
Cela signifie
que le Code devient
juridiquement contraignant et que tous les Etats membres seront donc
désormais obligés d’examiner chaque exportation au regard des règles
européennes. Adopté en 1998, le Code de conduite se composait
de 8 critères, interdisant notamment
les exportations vers des pays en conflit interne ou externe, susceptibles de
réexporter les armements, de soutenir le terrorisme ou d’utiliser les armements
acquis pour des violations des droits de l’homme.
La «
position commune » reprend
quasiment les mêmes critères que celui du Code de conduite, en y ajoutant le
respect par le pays importateur du droit international humanitaire et en
insistant sur le contrôle du respect de la destination finale.
Le projet de
position commune était prêt depuis la mi-2005, mais certains pays, comme la
France, bloquaient son adoption. C’est paradoxalement
la présidence française de l’UE qui vient de débloquer le processus.
Il s’agit
indéniablement d’un
nouveau pas important
vers l’amélioration du contrôle des exportations d’armes et ce, dans une
perspective de politique européenne commune concernant cette matière délicate.
Cela renforce aussi la crédibilité de l’Union européenne qui plaide pour
l’adoption au plan mondial d’un traité international sur le commerce des armes.
Cependant, il est
regrettable que les critères du Code n’aient pas été mieux explicités et que le
contenu des rapports annuels des Etats ne soit pas uniformisé. Cette «
position commune », bien que
juridiquement contraignante,
laisse
encore une trop grande latitude aux Etats membres, qui doivent à présent
tous intégrer les critères européens dans leur législation nationale, ce que la
Belgique avait déjà réalisé dès l’année 2003.
2° Les enfants: armes de
guerre : http://www.mediaforfreedom.com/ReadArticle.asp?ArticleID=13007
Durant ces dernières années, la campagne mondiale
pour arrêter l’engagement des enfants comme soldats a connu une série
impressionnante
de succès. Parmi
eux, on peut trouver les nouvelles normes légales internationales, les actions
entreprises par le Conseil de Sécurité de l’ONU et les entités régionales et
les requêtes de divers groupes armés et gouvernements de faire cesser
l’enrôlement des enfants soldats.
Malgré
cette conscience accrue et une meilleure compréhension des politiques
pratiques qui peuvent réduire le nombre d’enfants soldats engagés dans les
conflits armés,
cette pratique persiste,
dans au moins 20 pays et de manière globale, le nombre
d’enfants soldats, environ 30.000, reste assez constant.
3° AFRIQUE: Les bombes à
fragmentation bannies dans 34 pays : http://www.afrol.com/articles/31901
Lors d’une conférence historique à Oslo,
plus de 100 pays ont signé une convention
qui veut bannir l’usage des bombes à fragmentation dont on connaît les
effets dévastateurs sur les populations civiles. Plus de
30 pays africains sont signataires. Tous les pays d’Afrique
orientale, tous les pays d’Afrique occidentale, à l’exception de la Gambie sont
signataires de la convention.
Seuls les
gouvernements d’Afrique du Nord et de la Corne de l’Afrique ne veulent pas
bannir l’usage de cette arme dévastatrice.
4° TCHAD: L’insécurité expose
des milliers de personnes à des maladies liées à l’eau (un rapport de
l’ONU) : http://www.irinnews.org/Report.aspx?ReportId=81914
La diarrhée et d’autres maladies liées à l’eau
menacent environ 28.000 Tchadiens dans une ville située à l’Est du pays. C’est
le résultat d’attaques armées, avec le vol d’une pompe à eau, qui ont forcé les
derniers travailleurs à abandonner des opérations déjà fragilisées. Les dirigeants
des opérations humanitaires de l’ONU craignent que la population n’abandonne la
région – Dogdore – si les aides ne reprennent pas rapidement. Ceci compliquera
la tâche des efforts humanitaires dans l’Est fragilisé du Tchad.
D’après les rensignements de l’ONU, environ
24.500 Tchadiens sont déplacés dans la région de Dogdore, au côté de
quelques 4.000 résidents du lieu.
5° Les élections au Parlement européen en 2009, une
opportunité à saisir : http://euobserver.com/883
Les 7e élections au Parlement européen doivent avoir lieu en
Juin 2009. Quelque 400 millions d'Européens
pourront élire 736 députés. Le Parlement est la seule institution
européenne pour laquelle les citoyens ont une voix directe dans le choix de qui
les représente. Ce choix est donc une opportunité à saisir par les citoyens
européens pour influencer les orientations générales du prochain Parlement
Européen.
6° Droit de porter plainte quand il y a violation
des droits économiques, sociaux et culturels… http://www.un.org/News/fr-press/docs/2008/AG10795.doc.htm
Le
10 décembre 2008, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le Protocole
facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels. Ce texte consacre enfin le droit de porter plainte auprès des
Nations Unies dans des cas de violations du droit à l’alimentation et des
autres droits économiques, sociaux et culturels … Reste à voir dans la pratique
comment les personnes dont les droits sont spoliés aient connaissance de leur
droit de se plaindre et sachent ‘comment’ et ‘à qui’ se plaindre…
7° L’Afrique vend ses terres :
Plusieurs Etats
africains
vendent des centaines de
milliers d’hectares à des investisseurs étrangers : privés ou
gouvernementaux. Ceux-ci y installent des
cultures
pour agrocarburants ou … pour des produits alimentaires qu’ils rapatrieront
dans leur pays ! Enfin, il y a les investisseurs qui misent sur les terres
en ces temps de crise financière.
Les exemples de
location ou vente à «vil» prix de terres fertiles africaines se multiplient. Les
Emirats
Arabes Unis et l'Arabie Saoudite ont donné le ton début 2008 en négociant
des terres fertiles avec le Soudan et le Sénégal.
En novembre 2008,
la société
coréenne Daewoo Logistic
a signé un accord avec Madagascar pour cultiver du maïs et de palmier sur 1,3
million d'hectares attirant de vives critiques. Alors que la firme sud-coréenne
a promis de fournir des emplois locaux et d’investir dans la construction de
routes et d'infrastructures agricoles, elle ne doit payer aucun frais
initial alors qu’elle bénéficie d’un bail
de 99 ans. La Corée du Sud achète et loue des terres aussi dans d'autres pays
africains!
De son côté, le
Qatar négocie avec le Kenya (40 000ha
sur l’île Lamu, £2.4bn pour créer un port).
Certains
politiciens visent les rentrées à court terme et hypothèquent les ressources
nécessaires à la sécurité alimentaire de leurs citoyens pour des compagnies ou
des nations étrangères qui veulent assurer leurs sécurités alimentaire et
énergétique. Le problème est le même: spoliation des droits à une vie décente
pour la population locale (sédentaire, nomade ou marginalisée), en spoliant le
droit d'accès à terre et eau et à un environnement sain (si OGM et pesticides
utilisés en abondance). Jacques Diouf, Directeur général de l'ONU pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO), a récemment nommé ce risque croissant en
l’appelant : système agricole «
néo-colonial ».
Plus
d’info : Kenya : http://www.guardian.co.uk/environment/2008/dec/02/land-for-food-qatar-kenya
Madagascar :http://www.ft.com/cms/s/0/98a81b9c-b59f-11dd-ab71-0000779fd18c.html?nclick_check=1
et
article sur ce sujet dans la revue ‘Grain’ : http://www.grain.org/briefings/?id=212
8° AGRA (Alliance pour une
Révolution en Afrique) une bonne nouvelle pour les africains?
Lancée
officiellement depuis 2006, l’Alliance pour une nouvelle Révolution Verte en
Afrique est présidée par Mr Kofi A. Annan, ancien secrétaire général à l’ONU.
Cette
révolution est « nouvelle » en ce sens qu’elle est mise en place avec
des arguments financiers de multinationales, et non plus par des accords
politiques. Les promoteurs de l’AGRA sont issus du milieu
agri - business et des promoteurs de l’ingénierie génétique,
incluant les plants et les semences et les produits agricoles sous licence. Le
monde agricole africain, c’est – à - dire les agriculteurs, les fédérations
paysannes et les techniciens ayant une longue expérience de l’agriculture en
Afrique, n’ont pas été consultés pour concevoir la nouvelle révolution verte
qui convient à l’Afrique.
Derrière
le discours officiel affirmant que l’AGRA va augmenter les rendements agricoles
en Afrique et atteindre les petits agriculteurs, se cache
une solide campagne de marketing pour les multinationales et leurs
produits surtout et une agriculture industrielle. Les agriculteurs
africains travaillant avec AGRA ont une marge de négociation très réduite. Les
prospecteurs de l’AGRA procèdent au lobbying auprès de l’UA, des gouvernements
africains et des chercheurs nationaux. Nos partenaires africains nous ont
partagé que certaines pratiques d’AGRA manquent de transparence, voire
d’honnêteté
. AGRA est déjà implantée
dans plusieurs pays d’Afrique.
Nous serions heureux que vous puissiez nous transmettre les
informations que vous possédez sur ce sujet délicat, afin d’améliorer notre
travail de sensibilisation de divers milieux.
C.
Fouarge (Secrétariat international d’AEFJN – Bruxelles)