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MEDITATION DE BENOIT XVI EN LA FETE DE L’IMMACULEE
CONCEPTION (1)
Chers frères et soeurs
!
Il
y a environ trois mois, j'ai eu la joie de me rendre en pèlerinage à Lourdes, à
l'occasion du 150e anniversaire de l'apparition historique de la Vierge Marie à
sainte Bernadette. Les célébrations de cet anniversaire particulier se
concluent précisément aujourd'hui, en la solennité de l'Immaculée Conception,
car la «
belle Dame » - comme
l'appelait Bernadette - en se montrant à elle pour la dernière fois dans la grotte
de Massabielle, lui révéla son nom en disant :
« Je suis l'Immaculée Conception ». Elle le dit dans la langue
locale, et la petite voyante rapporta à son curé cette expression pour elle
inconnue et incompréhensible.
«
Immaculée Conception » : nous aussi
nous répétons avec émotion ce nom mystérieux. Nous le répétons ici, au pied de
ce monument, au coeur de Rome ; et nos innombrables frères et surs le font
également dans mille autres lieux du monde, sanctuaires et chapelles, ainsi que
dans les maisons des familles chrétiennes. Partout où se trouve une communauté
catholique, on y vénère aujourd'hui la Vierge sous ce nom superbe et
merveilleux : Immaculée Conception. Certes, la conviction en ce qui concerne la
conception immaculée de Marie existait déjà de nombreux siècles avant les
apparitions de Lourdes, mais celles-ci eurent lieu comme un sceau céleste après
que mon vénéré prédécesseur, le bienheureux Pie IX, en définit le Dogme, le 8
décembre 1854. En la fête d'aujourd'hui, si chère au peuple chrétien, cette
expression s'élève du coeur et monte aux lèvres comme le nom de notre Mère
céleste. Comme un enfant élève les yeux sur le visage de sa mère et, le voyant
souriant, oublie toutes les peurs et toutes les douleurs, nous aussi, en
tournant notre regard vers Marie, nous reconnaissons en elle le «
sourire de Dieu », le reflet immaculé de
la lumière divine, nous retrouvons en elle la nouvelle espérance, même au
milieu des problèmes et des drames du monde.
La
tradition veut que le pape s'unisse à l'hommage de la Ville en apportant un
panier de roses à Marie. Ces fleurs expriment notre amour et notre dévotion :
l'amour et la dévotion du pape, de l'Eglise de Rome et des habitants de cette
Ville, qui se sentent spirituellement fils de la Vierge Marie. De façon
symbolique, les roses peuvent exprimer ce que nous avons réalisé de beau et de
bon au cours de l'année, car à l'occasion de ce rendez-vous désormais
traditionnel, nous voudrions tout offrir à la Mère, convaincus que nous
n'aurions rien pu faire sans sa protection et sans les grâces qu'elle nous
obtient chaque jour de Dieu. Mais - comme on dit -, il n'y a pas de rose sans
épines, et sur les tiges de ces superbes roses blanches il y a aussi des
épines, qui représentent pour nous les difficultés, les souffrances, les maux
qui ont marqué et marquent la vie des personnes et de nos communautés. Nous
présentons nos joies à la Mère, mais nous lui confions également nos
préoccupations, assurés de trouver en elle un réconfort pour ne pas nous
abattre et un soutien pour aller de l'avant.
O Vierge immaculée, en cet instant, je
voudrais
te confier en particulier les «
petits » de notre Ville : avant
tout les enfants et en particulier ceux qui sont gravement malades, les enfants
défavorisés, et tous ceux qui subissent les conséquences de situations
familiales difficiles. Veille sur eux et fais en sorte qu'ils puissent sentir,
à travers l'affection et l'aide de ceux qui sont à leurs côtés, la chaleur de
l'amour de Dieu ! Je te confie, ô Marie, les personnes âgées seules, les
malades, les immigrés qui ont des difficultés à s'adapter, les familles qui ont
du mal à joindre les deux bouts, et les personnes qui ne trouvent pas de
travail ou qui ont perdu un travail indispensable pour aller de l'avant :
-
Enseigne-nous, ô Marie, à être solidaires avec ceux qui sont en
difficulté, à combler les inégalités sociales toujours plus grandes ;
-
Aide-nous à cultiver un sens plus profond du bien commun, du respect
de ce qui est public, encourage-nous à considérer la ville - et plus que jamais
notre Ville de Rome - comme le patrimoine de tous, et à faire chacun, avec
conscience et engagement, ce que nous devons pour édifier une société plus
juste et solidaire.
O Mère immaculée,
qui es pour tous un signe certain d'espérance et de réconfort, fais que nous
nous
laissions attirer par ta candeur
immaculée. Ta Beauté -
Tota Pulchra chantons-nous
aujourd'hui - nous assure que la victoire de l'amour est possible ; et qu'elle
est même certaine ; elle nous assure que la grâce est plus forte que le péché,
et que le rachat de toute forme d'esclavage est donc possible
. Oui, ô Marie, tu nous aides à croire avec
une plus grande confiance dans le bien, à miser sur le
don gratuit, sur le
service,
sur la
non-violence, sur la
force de la vérité ; tu nous encourages
à demeurer éveillés, à ne pas céder à la tentation d'évasions faciles, à
affronter la réalité, avec ses problèmes, avec courage et responsabilité. C'est
ce que tu as fait, en tant que jeune femme, appelée à tout risquer sur la
Parole du Seigneur. Sois une mère aimante pour nos jeunes, afin qu'ils aient le
courage d'« être les sentinelles du matin », et transmets cette vertu à tous
les chrétiens, afin qu'ils représentent l'âme du monde en cette période
difficile de l'histoire. Vierge Immaculée, Mère de Dieu et notre Mère,
Salus Populi Romani, prie pour nous !
1-
ROME,
Mardi 9 décembre 2008 (ZENIT.org <
http://www.zenit.org/;
) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de la méditation que le pape
Benoît XVI a prononcée ce lundi 8 décembre en fin d'après-midi, en la fête de
l'Immaculée Conception, lors du traditionnel hommage à la Vierge, devant la
statue de Marie située place d'Espagne, à Rome.