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VOICI L'AGNEAU DE DIEU, QUI ENLEVE LE PECHE DU MONDE » Jn 1,29 à 34

1° Première lettre de saint Jean 2,29.3,1-6 :

Puisque vous savez que Dieu est juste, reconnaissez aussi que tout homme qui vit selon la justice de Dieu est vraiment né de lui. Voyez comme il est grand, l'amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu'il n'a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. Tout homme qui commet le péché lutte contre Dieu ; car le péché, c'est la lutte contre Dieu. Or, vous savez que lui, Jésus, est apparu pour enlever les péchés, et qu'il n'y a pas de péché en lui. Quand un homme demeure en lui, il ne pèche pas ; quand il pèche, c'est qu'il ne l'a pas vu et ne le connaît pas.

2° Psaume 98,1.3-4.5-6 :

Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; Par son bras très saint, par sa main puissante, il s'est assuré la victoire. Il s'est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d'Israël ; La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ; Jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ; Au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur !

3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,29-34 :

Le lendemain, comme Jean - Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël ». Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint. ' Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »

4° Commentaire du jour : Saint Jean Chrysostome (1) :«

Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » :
      « Voilà l'Agneau de Dieu » dit Jean - Baptiste. Jésus lui-même ne parle pas ; c'est Jean qui dit tout. L'époux a coutume d'agir ainsi ; il ne dit rien encore à l'épouse, mais il se présente et se tient en silence. D'autres l'annoncent et lui présentent l'épouse. Quand elle paraît, l'époux ne la prend pas lui-même, mais il la reçoit des mains d'un autre. Mais après qu'il l'a ainsi reçue d'autrui, il se l'attache si fortement qu'elle ne se souvient plus de ceux qu'elle a quittés pour le suivre.       C'est ce qui s'est passé à l'égard de Jésus - Christ. Il est venu pour épouser l'humanité ; il n'a rien dit lui-même, il n'a fait que se présenter. C'est Jean, l'ami de l'Époux, qui a mis dans sa main celle de l'Épouse, en d'autres termes, le coeur des hommes, qu'il a persuadés par sa prédication. Alors Jésus - Christ les a reçus et les a comblés de tant de biens qu'ils ne sont plus revenus à celui qui les lui avait amenés... Il a tiré son Épouse de sa condition très humble pour la conduire de la maison de son Père...       C'est Jean, l'ami de l'Époux, qui seul a été présent à ces noces ; c'est lui qui a tout fait alors ; apercevant Jésus qui venait, il a dit : « Voilà l'Agneau de Dieu ». Et il montrait ainsi que ce n'est pas seulement par la voix, mais encore des yeux, qu'il rendait témoignage à l'Époux. Il admirait le Fils de Dieu et, en le contemplant, son coeur tressaillait d'allégresse et de joie. Avant de l'annoncer, il l'admire présent, et il fait connaître le don que Jésus est venu apporter : « Voilà l'Agneau de Dieu ». C'est lui, dit -il, qui enlève le péché du monde, et il le fait sans cesse, pas seulement au moment de sa Passion quand il a souffert pour nous. S'il n'offre qu'une seule fois son sacrifice pour les péchés du monde, cet unique sacrifice purifie à jamais les péchés de tous les hommes jusqu'à la fin du monde.

5° Commentaire du Père Gabriel Myotte Duquet, responsable provincial des spiritains de France :

Notre Règle de Vie spiritaine décrit longuement ce qu’est notre mission au sein de la Congrégation: Elle n’est possible - y lisons-nous - que si elle est mue par l’Esprit Saint qui en est l’initiateur. En conformité aux intuitions de nos fondateurs, nous nous tournons vers ceux qui n’ont pas encore entendu le message évangélique, vers les opprimés et les plus défavorisés, là où l’Eglise trouve difficilement des ouvriers. Elle se traduit dans des actions concrètes de solidarité et de partage adaptées aux situations locales. Cette vie apostolique a sa source et trouve son dynamisme dans la prière quotidienne, et une vie totalement tournée vers les autres. - Jean - Baptiste est l’exemple d’une activité apostolique féconde : d’abord, il ne se prend pas pour ce qu’il n’est pas. Il est le témoin, celui qui ouvre la voie, qui indique le chemin vers Celui qui est plus grand que lui, l’Agneau de Dieu. Il est l’ami de l’époux, et cela lui suffit! - Ste Geneviève a vécu à une époque où la vie religieuse apostolique telle qu’elle fleurit dans l’Eglise à partir du 17ème siècle n’existait pas encore. Mais elle vivait déjà de l’Esprit apostolique dont est porteuse notre Règle de Vie :  Elle ne s’est pas enfermée dans la solitude étroite d’une vocation particulière : elle se montra solidaire des souffrances de son peuple, menacé d’invasion. Attentive, elle trouve une réponse adaptée à la situation douloureuse de la population parisienne en passe d’être assiégée / elle y répond en invitant les femmes de la ville au jeune et à la prière. Puis quelques années plus tard sa charité inventive la pousse à entreprendre oh combien dangereuse, une sortie de Paris encerclé pour chercher au loin de la nourriture pour une population menacée de famine.  Où que nous soyons et quels que soient nos activités et nos engagements, notre vie chrétienne est témoignage quand elle s’adapte de manière créative aux évènements, quand à la suite de Jésus, nous acceptons de nous faire Agneau de Dieu, serviteurs souffrants, prenant sur nous la condition pécheresse du monde ; quand nous acceptons de nous confronter au péché et à la mort ; quand telle la colombe / nous nous sommes artisans de réconciliation et de paix, doux et humbles de cœur.          Notre témoignage ne sera témoignage du Christ et de son Royaume que s’il s’enracine dans une vie de prière intense et dans le jeune qui creusent en nous le désir du Dieu - Amour, qui nous ouvrent aux besoins de notre humanité, et laissent place à une charité inventive toute tournée vers les nécessiteux, à la suite et à l’exemple de celui qui est l’Agneau de Dieu.  À certaines heures peut-être ressentons nous fortement nos limites, nos résistances ou notre indignité à remplir une telle mission. Indignes et pécheurs, nous le sommes en effet, mais nous pouvons toujours faire nôtres les paroles du centurion, indigne d’accueillir Jésus dans sa maison : « dis seulement une parole et ton serviteur sera guéri. ».

Amen !



1- Vers 345-407, prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l'Église Homélie 18 sur l'évangile de saint Jean