Père Armel
DUTEIL Journal d’Armel reçu ce 27 Décembre 2008
Mission Catholique
BP 2016
CONAKRY (Guinée)
Tél. :
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CCP NANTES
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internet :
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Blog :
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Mardi 11 Novembre 2008 :
Aujourd’hui,
11 Novembre, nous prions pour tous les morts de la Première guerre mondiale.
Heureusement, une réflexion critique commence à se généraliser sur cette guerre
inutile qui a causé tant de souffrances. Encore faut-il en tirer les
conséquences pour aujourd’hui.
Lundi 17 Novembre (suite) :
A 17 heures, réunion des parents d’élèves.
Dès 16 heures, ils
commencent à arriver, alors que je suis en réunion avec les catéchistes pour
réajuster le programme et la façon
d’enseigner en sissou, la langue de la région. Ils semblent vraiment
intéressés, car en général les gens arrivent en retard ! Mais je crois que c ’est la première
réunion du genre, où ils pourront poser
leurs questions et faire leurs propositions. D’habitude, on les convoque pour
leur faire un discours et leur demander de l’argent ! La salle est trop
petite, de nombreux participants sont dehors, mais ils écoutent attentivement.
Les choses tournent toujours
autour de la question :
comment
mieux éduquer nos enfants ? Aussi bien en famille et dans le quartier
qu’à l’école. On nous demande d’organiser des cours d’informatique : mais
pour cela il faudra non seulement des appareils mais aussi du courant et des
moyens. Ils demandent aussi une initiation
à l’anglais. Cela sera plus facile, avec nos deux stagiaires nigérians.
Nous leur annonçons que les enfants et enseignants sont maintenant assurés
contre les accidents. Et que le
salaire
des enseignants va passer de 150.000 à 200.000 francs guinéens (environ 30
€) pour les plus bas. C’est bien normal, vu l’augmentation énorme du coût de la
vie. Et ce salaire est possible grâce à l’effort fourni par les parents,
car la scolarité est passée de 10.000 à
20.000 francs guinéens par mois cette année, en raison de toutes les
augmentations subies. Cela, les parents le comprennent très bien, d’autant plus
que nous leur donnons toutes les explications nécessaires sur l’organisation de
l’école et l’utilisation de l’argent cette année.
Bulus et Ugo Tshuky, les deux stagiaires, interviennent ensuite sur
les questions de discipline, de propreté (malgré la pauvreté) et l’éducation en
général.
Mais la nuit tombe et il n’y
a pas de courant. Nous devons donc nous séparer, au grand regret de tous.
Jusqu’à la prochaine fois
.
La réunion du
doyenné.
Pendant ce temps, les
prêtres, frères et sœurs de tout le bagataye (le pays baga) ont commencé à
venir. Nous sommes bien sûr heureux de les accueillir. Et nous échangeons des nouvelles des vacances
et autres. Cela fait très plaisir de se revoir ; la conversation joyeuse se poursuit pendant tout le repas.
La nuit, chacun profite de
cette rencontre pour échanger des idées, poser des questions et chercher des
solutions à ses problèmes particuliers. Avec le Frère Charles, le nouveau
responsable de l’école primaire de Kataco, nous faisons le point de la rentrée
et voyons
comment mieux faire
fonctionner l’école. Et aussi comment l’aménager, grâce au soutien des amis
du Père Bienvenu, un ancien curé de Kataco, décédé il y a 2 ans.
.
Les besoins ne manquent pas : refaire les escaliers, cimenter le sol des
classes, refaire la peinture, confectionner des tables bancs supplémentaires,
mais surtout refaire le toit. Le nombre des enfants à l’école maternelle ne
fait qu’augmenter également. Aussi, Sœur Renée, la directrice, demande une aide
elle aussi, pour construire une nouvelle classe, et ce en complément de
l’argent reçu de sa paroisse d’origine.
Il reste à voir ensemble,
Boffa et Kataco, comment organiser le travail des stagiaires cette année. Mais il
est trop tard, nous reprendrons cela demain matin.
Mardi 18 Novembre 2008 :
Réunion de doyenné.
D’abord, ce qui est
important pour nous, c’est de nous retrouver
pour resserrer nos liens d’amitié, nous soutenir les uns les autres et
nous encourager mutuellement. Mais, plus profondément, nous ne pouvons pas
faire grandir l’unité et amener la paix autour de nous, si nous ne sommes pas
d’abord profondément unis entre nous.
Certains sont partis en
juillet, d’autres sont arrivés.
Nous
sommes heureux de les accueillir. Nous prenons donc le temps de faire
connaissance. Ensuite, nous reprenons les orientations et décisions de la
session de
lancement de l’année
pastorale pour voir comment les adapter et les mettre en pratique :
pour le travail des catéchistes, celui des conseils paroissiaux et la
responsabilisation des laïcs en général. Nous faisons le point de la catéchèse
et de la marche de nos communautés de base.
Dans un troisième temps,
nous réfléchissons à l’
animation des
jeunes. C’est un point essentiel pour nous et nous lui accordons toute
notre attention. En particulier, la marche des mouvements de jeunes. Cette
année, notre Evêque a envoyé un message aux jeunes pour leur donner la parole
et leur demander ce qu’ils veulent faire, non seulement dans l’Eglise, mais
aussi dans le pays.
Une grande
rencontre de tous les jeunes du doyenné
est prévue pendant les vacances de Noël. Nous la préparons activement, car
c’est une grande affaire.
Nous voyons ensuite comment
mieux nous aider et travailler. Et en particulier
soutenir Kataco dans la mesure où Igbé se retrouve souvent seul,
car je dois relancer la paroisse voisine de Boffa et me consacrer aux deux
commissions de « Justice et Paix » et de « Pastorale
sociale ». (Voir les deux
rubriques du même nom).
Nous terminons en abordant
les questions diverses qui nous tiennent à cœur. La rencontre se termine par un
repas simple et fraternel, qui fait la joie de tous.
Dès la fin de la réunion du
doyenné, je devais partir pour la
tournée des communautés de villages. J’ai tout préparé à l’avance. Le
problème, c’est la voiture. Elle est très vieille et à chaque fois que nous
sortons, il y a quelque chose qui lâche. Nous essayons toujours de la bricoler,
mais sans succès. Elle est à nouveau au garage depuis deux jours. C’est une
vieille Renault camionnette. Finalement, elle arrive et nous partons. Je suis
accompagné de Bernard, responsable de Savoir - Fer, l’association qui forme des
enfants de la rue en soudure, et de Véronique, qui vient de terminer ses études
d’assistante sociale et qui est venue travailler pendant deux mois avec les
enfants de la rue dans l’Association
SOS Mineurs. Ils souhaitent tous deux partager la vie des communautés de
villages. Mais les choses ne se passent pas comme prévu ! Le mécanicien a
enlevé la bobine et l’a remplacée par un bobinage de fils plus ou moins soudés
les uns aux autres. Au bout de 30 km, ils ont chauffé et pris feu. Plus de
circuit électrique. Heureusement, nous étions dans un coin où il y avait un peu
de réseau. Nous avons réussi à joindre Kennedy, un confrère ghanéen
nouvellement arrivé au noviciat. Il vient nous chercher et nous remorque
jusqu’à Boffa. Je suis très déçu
, car
c’est la 2ème fois que je tombe en panne et que je dois ainsi
annuler ma tournée. Cela ne me plaît pas du tout, car je sais qu’ils
m’attendent et se sont préparés, et ils seront déçus. Et moi, ça ne me plaît
pas du tout. Je passe la nuit à Boffa et nous retournons tous les trois à
Conakry, car beaucoup de problèmes m’attendent et j’ai beaucoup de travail en retard.
Du 19 au 21 Novembre 2008 :
Ce sont les activités
habituelles : accueil, visites, rencontres, réunions avec les différents
groupes et associations, réflexions sur nos actions avec les différents
responsables. Nous reprenons aussi avec CRS les différents points que nous
avions travaillés, car il y a toujours des détails à préciser si l’on veut
avancer. Surtout sur des questions aussi délicates…. et dangereuses, que les
prochaines élections.
Samedi 22 Novembre 2008 :
Nouvelle formation en Pastorale sociale.
Nous voyons où en sont les
différentes commissions paroissiales que nous avons lancées. Après un travail
avec l’Evêque, je vais
rejoindre un
groupe d’anglophones. Ils cherchent à se regrouper pour pouvoir se soutenir
et porter ensemble leurs problèmes. En effet, ici comme ailleurs, les étrangers
sont souvent des boucs émissaires, victimes de toutes sortes de tracasseries
policières, arrestations illicites, chantage et pillage. Et comme ils ne sont
pas du pays, et parfois ne parlent même pas la langue locale, ils ont beaucoup
de mal à s’en sortir. Et on les accuse de tous les maux : drogue,
prostitution, etc. Nous parlons de
leurs différents problèmes et voyons ce qu’il est possible de faire. Demain, je
les mettrai en relation avec les chrétiens de LAMBANYI pour qu’ils soient
connus et accueillis, aimés et soutenus. Pour eux, c’est déjà important d’être
reconnus et de pouvoir parler de leurs problèmes. Et pour moi, je retrouve
l’ambiance et la culture des gens avec qui je travaillais à Mongo dans les
camps de réfugiés
Dimanche 23 Novembre 2008 :
Lancement de « Justice et Paix ».
Je me retrouve à nouveau
dans la paroisse de LAMBANYI. Cette fois-ci, avec Charlotte, membre de la
commission diocésaine, nous sommes venus mettre en place la Commission paroissiale
de Justice et Paix. Les gens sont nombreux à rester après la messe, et leurs
questions pertinentes montrent qu’ils sont très intéressés. Il faut dire que
les problèmes sont nombreux et importants. Il y a donc beaucoup à faire.
Depuis hier après-midi, les
enfants CV-AV (ACE :
Action
Catholique de l’Enfance) du secteur se sont réunis pour une grande fête de
lancement de l’année. J’aime beaucoup ce Mouvement qui donne leur place aux
enfants, les forme et les responsabilise. Bien sûr, ce sont eux qui animent
notre prière aujourd’hui. Ils le font très bien, à la grande joie de tous. Nous avions prévu une rencontre avec
les jeunes sur leur engagement dans les quartiers et la vie du pays, mais il y
a trop de choses à faire. Ce sera donc pour une autre fois
Lundi 24 au Vendredi 28 Novembre 2008 :
Suite des activités.
Les activités habituelles de
Conakry reprennent, en plus de l’accueil des gens et des réunions diverses.
Lundi, travail avec
CRS ; mardi, conseil d’administration de Savoir-Fer ; mercredi, réunion de l’équipe OCPH ; jeudi, rencontre
avec l’UNICEF ; vendredi, travail à l’Archevêché.
Formation à
Justice et paix dans les lycées.
Aujourd’hui, je commence
toute une série de
rencontres avec les
élèves du Lycée Ste Marie (une heure par classe). Ce n’est pas beaucoup,
mais cela permet quand même de présenter la Commission Justice et Paix, ses
bases humaines (la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) et
religieuses (dans l’Evangile et le Coran), de faire une première
sensibilisation et de commencer à
répondre
aux deux questions :
1°) Nous,
jeunes, quelles situations d’injustices et de manques de paix
vivons-nous ?
2°) Que
pouvons-nous faire ?
L’objectif, c’est d’arriver à
mettre en
place une commission justice à l’intérieur du Lycée.
Vendredi 28 Novembre 2008 :
Arrivée de Jean-Paul, responsable « Justice et Paix » du
diocèse de NZEREKORE.
Nous allons participer
ensemble à un séminaire sur les
migrants, au BENIN. Nous sommes heureux de nous revoir, car nous travaillons
dans le même sens et nous nous entendons bien. Nous en profitons pour
travailler ensemble, car Nzérékoré est loin (près de la frontière ivoirienne)
et les routes en très mauvais état. Jean-Paul a mis plus de 24 heures pour
arriver. Et en plus, ça coûte cher !
Nous allons ensemble à CRS
pour voir comment trouver des moyens pour coordonner le travail dans le
diocèse, d’autant plus qu’un nouvel évêque vient d’y être nommé. Nous revoyons
les différentes actions qui ont été menées, pour les analyser et les
réorienter. Nous préparons notre participation et mon intervention au séminaire
du Bénin. Jean-Paul m’accompagne au Lycée Ste Marie où je dois intervenir sur
«
Justice et Paix » ;
il y participe activement, apportant
son éclairage et le témoignage de leurs actions.
Samedi 29 Novembre 2008 :
Education aux droits de l’enfant.
Nous nous retrouvons
ensemble pour un
séminaire de formation
aux droits de l’enfant, avec 50 enseignants de l’école primaire. Après un
temps de recherche sur la façon de faire vivre ces droits et de les faire respecter,
nous présentons le jeu que j’ai composé autrefois avec Amnesty International au
Sénégal et réactualisé et adapté en Guinée quand j’étais dans les camps de
réfugiés. C’est un très bon moyen pour
initier les enfants aux droits des autres enfants et les aider à les mettre en
pratique. Tout cela se passe dans une très bonne ambiance, très joyeuse.
Dimanche 30 Novembre 2008 :
Faux départ pour le Bénin.
Avant mon départ, je devais
célébrer l’Eucharistie dans la paroisse voisine. Le Frère Yvon devait m’y conduire.
Mais la voiture, qui pourtant sort du garage, refuse de démarrer. Nous trouvons
un voisin au bout d’un certain temps pour me conduire à l’aéroport, car pour la
messe, c’est trop tard. J’ai téléphoné au catéchiste pour qu’il dirige une
liturgie de la parole et donne la communion. Heureusement qu’il y a le
téléphone portable… et que cette fois il a marché ! J’arrive donc à
l’aéroport où Jean-Paul, mon compagnon de voyage, m’attend avec impatience.
Nous retrouvons tout un groupe de personnes devant le comptoir de la Compagnie
« Air - Ivoire » qui n’est même pas ouvert. Nous attendons plus d’une
heure sans voir personne.
Le vol est
annulé. Mais la Compagnie ne nous a pas prévenus. Et elle n’a même pas
envoyé un agent pour nous avertir. Il y a bien une autre compagnie, Air - Mali,
qui part pour Cotonou, mais ils refusent les billets d’Air - Ivoire. Et, bien
sûr, je n’ai pas d’argent pour acheter un autre billet. Déjà, le premier m’a
été envoyé par les responsables du Colloque auquel je dois participer.
De telles situations
arrivent chaque jour.
Le pays est en
pleine décomposition. Cela fait un mois que nous cherchons à ouvrir un
compte à la banque : il y a toujours un papier qui manque ou quelqu’un
d’absent ! Et celui qui doit faire le travail commence par chercher
quelqu’un d’autre qui pourra faire le travail à sa place, ou sinon un autre
moment pour le faire. Ce n’est pas toujours facile de rester calme dans ces
conditions !
Lundi 1er Décembre 2008 :
Je passe toute la matinée à
me battre pour trouver une place dans l’avion. Car il y en a un encore
aujourd’hui, mais nous ne sommes pas sur la liste ! Ce n’est qu’à midi que
nous arrivons à nous faire accepter par la Compagnie, puisque c’est elle qui a
supprimé le vol, sans même nous prévenir ! Mais l’heure a passé. Nous
sautons dans un taxi pour l’aéroport….. Heureusement, l’avion a plusieurs
heures de retard. Nous pouvons donc partir…. et arrivons après minuit :
l’équipe d’accueil a été très patiente et nous a attendus. Heureusement, car ni
Jean-Paul ni moi ne connaissons Cotonou, l’argent guinéen n’est pas valable
dans le reste de l’Afrique de l’Ouest francophone et le réseau téléphonique
guinéen ne fonctionne pas au Bénin !
Le lundi 1er
décembre était aussi la Journée Mondiale contre le SIDA.
Mardi 2 Décembre 2008 :
Rencontre sur les problèmes des migrants.
Malgré la fatigue, nous
rejoignons le groupe qui a commencé le travail depuis hier. Au moins, nous
avons évité les discours protocolaires ! Je retrouve, avec beaucoup de
joie, un certain nombre d’amis connus aux rencontres précédentes d’Abidjan et
de Kinshasa. C’est cela le plus important : la possibilité
d’échanger nos idées, nos questions, et nos
réalisations.
Le rencontre regroupe des
responsables de Justice et Paix, de Pastorale sociale et de Caritas (Secours
catholique) pour réfléchir à la
situation
des migrants : leurs problèmes aussi bien dans les pays de départ (en
Afrique), de transit et d’arrivée (en Europe). Et ce que nous pouvons mettre en
place pour que cela se passe moins mal ici et là-bas. Et aussi pour accueillir
ceux qui sont expulsés d’Europe et reviennent chez nous humiliés, complètement
perturbés, en très mauvais état de santé, rejetés par leur famille et leur
milieu et sans aucun moyen pour redémarrer dans la vie. Ce qui fait qu’ils n’ont
qu’un seul désir : repartir dès qu’ils seront en état de le faire, quitte
à retrouver à nouveau de grandes souffrances et même la mort.
Dès que possible, je mettrai les conclusions du Colloque, car ce
serait beaucoup trop long de tout reprendre ici.
Mercredi 3 Décembre 2008 :
Livres et retrouvailles.
Les expéditions coûtent très
cher en Afrique. Profitant de ma venue à Cotonou, j’ai amené une valise de mes
livres. À l’occasion d’une pause, je vais à la librairie Notre - Dame où nous
avions un dépôt de nos livres dans le passé. J’ai la surprise d’y trouver comme
directrice, Agnès, une vieille amie avec qui j’avais travaillé autrefois pour
l’Action Catholique de l’Enfance. Et dont la sœur, enseignante, avait été ma
collaboratrice à St Louis du Sénégal. Le monde est petit ! Ces livres les
intéressent d’autant plus qu’ils
préparent une semaine du livre africain, et ils m’en demandent d’autres.
Je ne sais pas si je pourrai trouver une occasion pour les envoyer.
Jeudi 4 Décembre 2008 :
Rencontre amicale.
À mon départ de Conakry,
Emile, responsable de l’Association
SOS-Mineurs, m’a remis une lettre destinée à son grand frère vivant à
Cotonou, pour présenter ses condoléances à la suite du décès de sa nièce, car
il n’a pas pu venir à l’enterrement depuis la Guinée. J’achète une puce pour
pouvoir les prévenir. Ils viennent me saluer et m’invitent pour le dimanche, si
je suis encore là !... En effet, le vendredi, il y a bien un avion, mais
pour le vol « Cotonou - Conakry » le billet revient à 1.500 dollars. En restant jusqu’à lundi,
le billet ne coûtera que 700 dollars, mais ce n’est pas sûr qu’il y aura un
avion, d’autant plus que c’est la fête de la Tabaski (Ard el Kebir, la fête du
mouton), une grande fête musulmane. Je tente le coup et je décide d’attendre lundi,
ce qui me permet de rester trois jours supplémentaires à Cotonou et de prendre
un certain nombre de contacts.
Samedi 6 Décembre 2008 :
Echanges sur la non violence.
Nous échangeons un long
moment avec Geneviève qui travaille depuis de longues années au Niger et
assure des formations sur la Non
Violence Active. Cela m’intéresse beaucoup, en particulier pour le travail en
Justice et Paix. Nous échangeons de nombreuses idées et préoccupations et
posons les premières bases d’une collaboration
possible,…. si possible !
L’après-midi, nous nous
retrouvons avec Jean-Paul pour tirer les conclusions du Colloque et voir la
suite à leur donner en Guinée. Il y a du travail à faire, aussi bien auprès des
réfugiés et autres étrangers venus chez nous que pour ceux qui sont en transit
pour l’Europe, la plupart du temps clandestinement, sans oublier ceux qui ont
été expulsés et reviennent complètement démolis.
Dimanche 7 Décembre :
Prière et visite en famille.
Raymond, le directeur du
Centre qui nous accueille, m’a demandé de présider l’Eucharistie. Je me sens à
l’aise pour l’homélie, car dans la 2
ème lecture, Pierre
explique : Nous attendons une terre nouvelle où la justice habitera… pour
la paix de tous !
À midi, je suis donc reçu
dans la famille d’Emile. La rencontre est très agréable malgré le décès récent
de leur fille. Ensemble nous prions pour elle et je ramène un DVD de
l’enterrement pour Emile.
L’après-midi, nous partons à
PORTO NOVO, la capitale, où se trouve un Centre de développement qui
m’intéresse beaucoup car ils font des transformations et conservations de
produits locaux : légumes, fruits, viande et poisson. Nous pensons
d’ailleurs y envoyer l’une ou l’autre personne pour s’y former.
Malheureusement, c’est dimanche, et le centre est fermé ! Dommage.
Lundi 8 Décembre 2008 :
Nous avons du retard pour
décoller, mais au moins nous arrivons à bon port. C’est la Tabaski, mais aussi
la fête de l’Immaculée Conception, fête du diocèse. J’arrive juste à temps pour
participer à l’Eucharistie qui est célébrée le soir. Une bonne façon d’atterrir
en Guinée.