Nouvelles d'Afrique
NIGERIA : LA RELIGION N’EST PAS LA CAUSE
DES VIOLENCES À JOS
L’archevêque d’Abuja(1)
demande au gouvernement de chercher les «vrais
auteurs»
Mgr
Onaiyekan se dit fortement peiné par la destruction
« tout à fait évitable » de «
vies et de biens », et par la souffrance de «
tant de familles et communautés ».
«
Nous sommes particulièrement inquiets de voir que les lieux de culte ont
été la cible de ces violences »,
a-t-il ajouté en allusion aux attaques perpétrées contre des églises et
mosquées de la ville.
L'archevêque
nigérian, en séjour à Rome ces jours-ci,
refuse
une « lecture simplifiée »
des affrontements qui, selon lui, ne sont pas liés à des motifs religieux,
comme certains voudraient le faire croire. Ils ont, selon lui, une «
claire
dimension politique ».
«
Hélas, il y a ceux qui, cyniquement,
cherchent à tirer un avantage politique en y mêlant la religion, en la
manipulant et en l'utilisant avec abus. Ceci est un motif de plus pour que tous
les responsables religieux unissent leurs efforts et cherchent à délivrer la
religion des mains de ceux qui essaient de la tenir en otage », a-t-il
ajouté.
L'archevêque
d'Abuja a dit être en contact constant avec le sultan de Sokoto et président du
Conseil suprême nigérian pour les affaires islamiques, Muhamad Sa'ad Abubakar.
Ils étudient ensemble la possibilité de publier des messages conjoints de paix
à l'intention des deux communautés.
Il
demande que le gouvernement du Nigeria assume ses responsabilités en «
garantissant la sécurité de la vie et
des biens de ses citoyens, à travers la vigilance, la ferme et impartiale
application de la loi, de l'ordre et de la justice, et une bonne gestion du
pays ».
Il
demande également à ce que «
les vrais planificateurs, les vrais
promoteurs et instigateurs de ces incidents » soient poursuivis et «
déférés
devant la justice ».
Mgr
Onaiyekan a enfin exprimé ses condoléances, au nom de l'Association chrétienne
du Nigeria, qu'il préside, à «
tous
ceux qui ont perdu des êtres chers ou des biens, lors de ces terribles incidents.
Nous prions tout particulièrement pour les âmes de nos défunts ».
1-
ROME,
Mercredi 3 décembre 2008 (
ZENIT.org) - Les récentes violences entre
chrétiens et musulmans, qui ont fait environ 200 morts et 10.000 réfugiés dans
la cité nigériane de Jos, « ne sont pas dues à des motifs religieux mais à
des intérêts politiques » dénonce l'archevêque d'Abuja, Mgr John
Onaiyekan, dans un message publié par l'agence
Fides.