AFRIQUE - Burkina-Faso
CHANGEMENT
CLIMATIQUE
ABC BURKINA N° 354
La terre au
secours de la Terre : l’importance des sols face à la crise climatique
Du 7 au 18 décembre va se
tenir à Copenhague la Conférence de l'ONU sur le changement climatique. Les décisions de cette conférence engageront l'avenir de notre
planète. Demandons-nous : quelles voix se feront entendre à Copenhague ? Celles
des puissances financières qui contrôlent la plupart des medias. Ces puissances
de l'argent dont le souci pour le bien commun n'est pas manifeste. C'est le
moins que l'on puisse dire. Allons-nous laisser ceux qui crient le plus
fort décider seuls de notre avenir ?
Les paysans du Sahel,
confrontés depuis de nombreuses années aux caprices du climat, ont quelques
choses à apporter dans le débat actuel. Nous y
reviendrons. Mais, pour mieux saisir cet apport des paysans du Sahel, nous vous
proposons de commencer par une réflexion sur le sol.
“Nous en savons davantage
sur le mouvement des corps célestes que sur le sol que nous foulons” Léonard de Vinci
“Occupe-toi du sol et tout ira bien” Proverbe paysan
Certaines choses n’ont guère
changé depuis l’époque de Léonard de Vinci il y a 500 ans. Pour beaucoup, le
sol n’est qu’un mélange de terre et de poussière, mais en réalité,
les sols sont l’un des écosystèmes
terrestres les plus extraordinaires : Des millions de plantes, de
bactéries, de champignons, d’insectes et autres organismes vivants, invisibles
pour la plupart à l’œil nu, prennent part à un processus en évolution constante
de fabrication et de décomposition de la matière organique vivante. Le sol est
également le point de départ obligé pour quiconque veut produire de la
nourriture.
Les sols contiennent aussi d’énormes quantités de carbone,
principalement présent sous la forme de matière organique. A l’échelle planétaire, ils
contiennent au moins deux fois plus de carbone que la végétation terrestre
. Cependant, au cours du siècle passé,
l’agriculture industrielle et les engrais
chimiques dont elle dépend n’ont généralement pas tenu compte de l’importance
de la fertilité du sol et ont provoqué des pertes massives de matière
organique. Une grande partie de cette matière organique s’est retrouvée dans
l’atmosphère sous forme de dioxyde de carbone (gaz carbonique ou CO2), le plus
important des gaz à effet de serre.
La
façon dont l’agriculture industrielle a traité les sols constitue un facteur
clé de la crise climatique actuelle.
Toutefois, bien loin du rôle
qu’on se contente généralement de leur attribuer, les sols peuvent
véritablement apporter une partie de la solution. D’après nos calculs,
si nous parvenions à réincorporer dans les
sols agricoles la matière organique que nous perdons à cause de l’agriculture
industrielle, nous pourrions capturer au moins un tiers du CO2 actuellement en
excès dans l’atmosphère. Si, ensuite, nous décidions de reconstituer les
sols, nous aurions, en cinquante ans, capturé environ les deux tiers de l’excès
de CO2. Ce faisant, nous obtiendrions des sols plus sains et plus productifs et
serions en mesure de nous passer des engrais chimiques, qui sont eux aussi
l’une des causes majeures des gaz à la source du changement climatique.
Selon Via Campesina, une
agriculture fondée sur
une production à
petite échelle, utilisant des méthodes agro-écologiques et tournée vers les
marchés locaux peut à la fois refroidir la planète et nourrir le monde. C’est
parfaitement exact et cela s’explique principalement par le rôle joué par le
sol.
Ces quelques lignes ont été
publiées par Grain. En cliquant sur le logo de cette organisation internationale
à but non - lucratif, vous pourrez lire la suite de cet article très bien
documenté. (À noter que Grain propose
également une version en anglais, et une en espagnol de ce document).
Koudougou, le 23 novembre 2009
Maurice
Oudet Président du SEDELAN
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