Justice et Paix : THEMES GENERAUX
- Souveraineté alimentaire



Du nouveau
sur la souveraineté alimentaire


Une bonne idée pour célébrer le quarantième anniversaire de la publication de l’encyclique " Populorum Progressio " : aller au cinéma ! Et voir le film autrichien " We feed the world  - le marché de la faim " récemment sorti en France,

Il dresse un portrait du commerce alimentaire mondial enchaînant des raccourcis provocants (comment les poulets européens dévorent la forêt amazonienne !) ponctué par les coups de colère d’un Jean Ziegler – vieux compagnon prophète – onusien pour l’heure - et heureusement non assagi.
Une occasion de revoir le contenu de son assiette ?
Une occasion de réflexion, de débat, pour réfléchir aux enjeux économiques en cours et visiter l’actualité de ce Message de l’Eglise rédigé en 1967 par Paul VI inspiré du travail de L.J. Lebret – dominicain français – sur le développement des peuples.
La " plus politique des encycliques sociales  de l’Eglise ", a été rédigée en pleine guerre froide, tandis que la disparité entre peuples riches et peuples pauvres se creusait. Si elle soutient le rôle positif du " libre échange " entre partenaires de même force, elle met en garde contre le " libéralisme " qui accentue l’iniquité dans la répartition des ressources : " Il ne suffit pas d’accroître la richesse commune pour qu’elle se répartisse équitablement "(34) " la liberté des échanges n’est équitable que soumise aux exigences de la justice sociale " (59).  Elle prône alors la régulation de l’économie par les Etats et par des organismes internationaux.
Matière à réflexion dans le cadre de notre économie contemporaine en pleine mutation, par trop basée sur le court terme et la seule initiative privée, mettant comme " hors la loi " les mécanismes politiques de régulation du marché.
Des rééquilibrages seront nécessaires et " Populorum Progressio " ouvre les chemins qu’empruntent encore aujourd’hui les associations chrétiennes de solidarité internationales  dans leurs réflexions  pour un monde plus juste :
Le citoyen du monde riche est-il prêt à payer davantage d’impôts pour que les pouvoirs publics intensifient leur effort pour le développement ? À acheter plus cher les produits importés pour rémunérer plus justement le producteur ? À s’expatrier lui-même au besoin, s’il est jeune, pour aider cette croissance des jeunes nations ? " (47). Pensons à la fiscalisation mondiale (un bon début avec l’opération Chirac – Lula en 2004), au développement du commerce équitable, aux diverses formes de séjours solidaires proposés ici ou là…

Ce que l’encyclique n’évoque pas est lié au contexte actuel : plus globalisé (intégration transnationale banque / entreprises par ex), avec une concurrence Sud-Sud très dure, l’émergence d’un nouveau Nord (la Chine, la Russie) et une " décroissance " qui inquiète.

La raréfaction des " quatre éléments " se traduit par une monétarisation générale des ressources (y compris le CO2 !) et la prise en compte des notions de " développement durable ", de solidarité " inter générationnelle ", de " coût social et environnemental ", de Droit Humain à l’Eau et à la Souveraineté Alimentaire, autant de valeurs positives pour une solidarité à conjuguer au futur.
Utopies pour le XXI° siècle ?

A nous de préparer les générations qui devront répondre aux défis à venir, et de faire confiance en leur responsabilité  politique.
Frère Bruno Mellet


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