- Appel n°218 : 3000 kilomètres pour le droit à la terre (février 2000)
- Appel n°238 : Solidarité au kilomètre (août 2001)
- Appel n°256 : Illégaux sur leurs propres terres (janvier 2003)
- Appel n°267 : La terre d’abord (janvier 2004)
Ces différentes marches ont notamment permis la création de commissions paritaires locales pour la redistribution des terres dans les Etats du Madhya Pradesh et du Chhattisgarh (situés au centre de l‚Inde).
Les femmes
Dans ce combat pour la terre, les femmes agricultrices occupent une place particulière. En Inde, elles luttent avec acharnement et dignité pour conserver des terres souvent ancestrales. De plus, les paysannes souffrent d’un manque de considération dans la société indienne alors qu’elles représentent plus de 70% de la population rurale. En 2006 déjà, la revendication principale de la Chetawni yatra était l’accès à la terre. Mais, pour les 100 femmes qui y ont participé, le combat portait aussi sur la reconnaissance de leur statut. La " Journée de la femme et de la terre " organisée le 7 octobre 2006 par les 100 femmes du cortège a ainsi permis d’ouvrir ce débat.
Les revendications.
Ekta Parishad estime que les Task Forces (forces opérationnelles) créées par le gouvernement indien à l’issue des premières marches, au début des années 2000, et censées assurer l’allocation et la distribution des terres, ne sont pas effectives. Beaucoup d’autres problèmes subsistent également comme ceux liés à l’application de la Tribal Bill, " Loi Tribale " votée en 2005 pour la reconnaissance des droits des populations tribales vivant dans les forêts, qui n’a jamais été traduite en décret d’application sous la pression des lobbys économiques (en particulier des exploitants forestiers). De nombreux paysans se retrouvent acculés à des gestes et engagements extrêmes : les suicides de paysans se multiplient et l’adhésion aux mouvements armés naxalites s’amplifie. Face à cette situation, Ekta Parishad préconise trois mesures prioritaires :
- Peuples Solidaires et son Réseau-Solidarité (www.peuples-solidaires.org <http://www.peuples-solidaires.org/> )
- Frères des Hommes (www.fdh.org <http://www.fdh.org/> ) ;
- Solidarité (www.solidarite.asso.fr <http://www.solidarite.asso.fr/> )
- Le CRIDEV 35 (www.ritimo.org <http://www.ritimo.org/> ).
- La Confédération Paysanne (www.confederationpaysanne.fr <http://www.confederationpaysanne.fr/> )
Les organisations membres d’Ekta Europe : Solidarité, Peuples Solidaires, Frères des Hommes, le CRIDEV 35 (France) ; Action Village India (Angleterre) ; CESCI (Suisse) ; Volens Mercy Home (Belgique) ; Concern (Irlande) ; Freunde von Ekta Parishad (Allemagne) ; Satyagraha (Italie).
Sensibilisation du grand public :
L’opération " Empreintes de pieds " : Depuis l’été 2006, à l’initiative de groupes locaux de Frères des Hommes puis de Peuples Solidaires, une action symbolique et ludique est proposée à l’occasion d’événements locaux (festivals, fêtes associatives, etc.) pour faire connaître la Campagne Janadesh. Le principe de cette action, appelée opération " Empreintes de pieds ", est simple : il s’agit de laisser l’empreinte de son pied avec de la peinture verte sur un drap blanc, en écho aux couleurs d’Ekta Parishad et en signe de solidarité avec les marcheurs.
La Journée des luttes paysannes le 17 avril : La journée du 17 avril a été instituée " Journée des luttes paysannes " par Via Campesina (mouvement paysan international) en hommage aux paysans sans terre brésiliens tombés en 1996 sous les balles des soldats réprimant une manifestation pacifique. A l’occasion du 17 avril 2007, la Confédération Paysanne, Peuples Solidaires, Frères des Hommes et Solidarité ont publié un communiqué de presse conjoint annonçant le soutien à la Campagne Janadesh 2007.
Les marches de soutien : Dans les régions se préparent des marches de soutien : en Suisse, une marche de Berne à Genève est prévue en septembre prochain pour annoncer la Campagne Janadesh le mois suivant ; en France, des marches s’organisent en Bretagne, Touraine ou encore Rhônes - Alpes pour sensibiliser le grand public et collecter des fonds pour les marcheurs.
La Caravane Janadesh : Une caravane décorée aux couleurs verte et blanche d‚Ekta Parishad sillonnera la Bretagne au mois d’août. Elle sera présente dans un certain nombre de festivals et proposera des animations à destination du grand public sur les problématiques d’accès à la terre en Bretagne et en Inde. En dehors des festivals, elle proposera des animations sur l’Inde à des jeunes des centres de loisirs.
Echarpes et livre Ekta Parishad : Plusieurs organisations d’Ekta Europe proposent à la vente des écharpes tissées à la main (10•) et un livre (5•) retraçant la lutte des paysans sans terre en Inde. Ces produits sont disponibles sur le site internet de Solidarité, les bénéfices seront reversés à Ekta Parishad pour l’organisation de la marche.
Le plaidoyer parlementaire :
Afin de sensibiliser les parlementaires européens sur l’initiative sans précédent lancée par Ekta Parishad, Ekta Europe - avec en particulier l’appui de Solidarité - a organisé des rencontres entre Rajagopal et des députés européens dont le vice-président du Parlement européen Gérard Onesta, lors de la session parlementaire de décembre 2006 à Strasbourg. Les membres du Parlement européen ont affirmé leur soutien à Ekta Parishad en proposant d’écrire au Premier ministre indien et/ou de participer à la marche. En Bretagne, après avoir reçu Rajagopal, le président du Conseil général d’Ille et Vilaine s’est engagé à participer à la Campagne Janadesh durant une journée.
La question de l’accès au foncier ici et là-bas
Janadesh est aussi une formidable occasion de prendre conscience de la question de l’accès au foncier dans toute sa complexité, aussi bien en Inde que tout près de nous, en Europe et en France. En effet, la problématique de l’accès à la terre et plus largement de l’accès au foncier est une réalité tant au Sud qu’au Nord. Au Sud, l‘accaparement des terres agricoles et le développement de l’agro business se font au détriment de l’agriculture vivrière. Cela entraîne l’exode des ruraux et notamment des jeunes vers les bidonvilles des grands centres urbains. Au Nord, l’orientation choisie vers un modèle de développement agricole productiviste rend difficile l’installation des jeunes en agriculture et compromet le maintien des emplois agricoles et l’aménagement durable du territoire. En parallèle, la spéculation immobilière amplifie la crise du logement dans les villes dont les premières victimes sont les plus pauvres. L’accès au foncier est avec l’eau, les semences, le crédit et l’absence de prix rémunérateurs, l’un des éléments fondamentaux pour le maintien et le développement d’une agriculture paysanne et familiale.
La marche des jeunes en Bretagne
À l’automne 2006, des jeunes en quête de terres pour s’installer ont également marché en Bretagne pour alerter l’opinion et les responsables politiques sur la difficulté à exercer le métier de paysan, face à la hausse du prix du foncier, face à des choix politiques qui encouragent la concentration foncière et l’éviction des paysans. Si la question foncière a une dimension différente en Europe et dans des pays comme l’Inde ou le Brésil ; il n’en reste pas moins qu’elle met en cause le même système, le même choix politique et la même priorité donnée à un type de développement agricole et donc économique.
En France, la loi de 1999 a modifié le contrôle des structures pour le rendre, en principe, plus efficace en faveur de l’installation progressive et du renforcement des petites exploitations. Mais les règles mises en place, somme toute insuffisantes, ont en outre été détournées localement au profit de l’agrandissement des exploitations. Cet agrandissement est largement encouragé dans le contexte de la Politique Agricole Commune (PAC) de 1992 et des accords de Berlin de 1999 qui instaurent un système d’aides à l’hectare ou à l’animal. De même, la nouvelle loi d’orientation agricole de 2006 rompt la logique des lois précédentes pour adapter l’agriculture à la mondialisation et à la réforme de la PAC de 2003, en consacrant le modèle de l’entreprise agricole (salariat agricole et agriculture d’exportation).
La Confédération Paysanne revendique :