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Côte d’Ivoire: les exportations de cacao financent les conflits

Article paru dans le Financial Times du 7 juin 2007 (écrit par William Wallis et Dino Mahtani)

Actuellement, beaucoup de monde se sent coupable en mangeant un morceau de chocolat. Une pression internationale peut encore aggraver cette culpabilité !

Après les diamants et le bois, Global Witness, le groupe de pression basé à Londres, s’est penché sur le chocolat, dans son rapport, il assure que les exportations de cacao de la Côte d’Ivoire, le plus grand producteur mondial, ont contribué à financer et prolonger le conflit qui secoue le pays. Il établit un parallèle entre :
  • La manière dont les revenus du cacao sont utilisés, en Côte d’Ivoire, par le gouvernement et les forces rebelles pour le financement de l’effort de guerre et
  • La manière dont les revenus produits par les diamants et le bois ont financé la guerre civile au Liberia voisin.
Les exportations de cacao ont contribué jusqu’à 30% dans les dépenses militaires du gouvernement pendant une période de 6 mois entre 2002 et 2003 annonce Global Witness et a donné aux groupes rebelles jusqu’à 30 millions de dollars par an depuis 2004.
Le groupe, qui a joué un rôle important en catalysant les sanctions internationales sur les commerçants des " diamants du sang " veulent essayer d’introduire un certificat d’origine pour les fèves de cacao. Les officiels de l’industrie du cacao prétendent que ceci serait impraticable et potentiellement dangereux pour une industrie qui donne du travail à 4 millions d’Ivoiriens.
Mais Gobal Witness propose que les compagnies exportatrices de cacao qui travaillent dans ce pays publient les informations claires et précises relatives à l’origine du cacao qu’elles achètent et transportent, qu’elles signalent à quelles entités elles paient leurs dividendes et qu’elles usent de leur influence pour éviter que ces sommes ne grossissent celles dépensées dans les conflits.
Un nombre de compagnies, avec lesquelles le Financial Times a pris contact, ont spécifié qu’elles n’avaient aucun contrôle sur la manière dont l’argent " du cacao " est dépensé par le gouvernement ivoirien ; la recette de l’année dernière,( $1.4 milliards, soit 1.03 milliard d’€ ou 700 millions de £) a représenté 40% de la production globale.

Semaine de la non-violence

Les dirigeants de 15 pays de l’Afrique occidentale se sont engagés à soutenir un traité sur le commerce des armes qui soit fort, effectif et qui ait force de loi. Un paragraphe de l’ATT (le traité sur le commerce des armes) fait partie du document final de la rencontre des chefs d’états de la communauté économique des pays de l’Afrique occidentale (ECOWAS) qui s’est tenu à Abuja (Nigeria) le 15 juin. Les dirigeants ont aussi promis que tous les pays membres de cette communauté vont soumettre leurs points de vue sur l’ATT au Secrétaire Général de l’ONU. L’engagement pris lors de ce sommet est le résultat direct du plaidoyer des membres et de l’équipe d’IANSA. Le document peut être consulté en ligne à : www.iansa.org/regions/africa/wafrica.htm

Ghana : un médecin veut bannir certains médicaments anti malariens. Ghanaian Chronicle, par Samuel Agbewode, 13 juin 2007

Le directeur médical de la région Volta, Dr. Samuel Abudey a intensifié le programme du contrôle de la malaria pour essayer de réduire le nombre de victimes dans cette région. Une approche multisectorielle est prônée pour endiguer le nombre élevé de patients atteints par cette maladie. Les statistiques, d’après le médecin directeur indiquent que plus de 80% de décès dus à la malaria se produisent en Afrique et touchent surtout les enfants en dessous de 5 ans, il ajoute que 3.000 enfants en meurent quotidiennement. Il ajoute que la malaria pose un problème économique sérieux pour les populations africaine et ghanéenne en particulier car la plus grande partie de l’argent gagné est dépensé en médicaments. Il dit qu’en moyenne 7.500 cas de malaria sont décelés chaque jour, que40.000 personnes en décèdent chaque année et il ajoute que 45 enfants de moins de 5 ans en meurent chaque jour.
Il a expliqué aussi que l’artesunate et l’amodiaquine ont été reconnus comme les médicaments à prescrire, avec l’ajout de quinine par voie orale dans les cas très sévères. Il est donc fort soucieux de réaliser que la chloroquine est toujours en vente dans les officines et implore les autorités gouvernementales de prendre les mesures pour supprimer du commerce la chloroquine qui enraye le succès de la nouvelle politique sanitaire. Il ajoute que le contrôle de la malaria est de la responsabilité de tous et a demandé que la collaboration règne dans les efforts entrepris pour réduire l’importance de la malaria dans le pays. Il a aussi demandé l’aide des media qui peuvent jouer un grand rôle dans cette campagne et compte sur la collaboration de tout le personnel médical.

De petites exploitations agricoles pour lutter contre la pauvreté Allafrica.com, par Helen Kilbey, 14 juin 2007

Le Cap(RSA). La clé qui peut mettre fin à la pauvreté en Afrique, c’est le développement de petites exploitations agricoles, c’est ce qu’affirme Kofi Annan, ancien Secrétaire Général de l’ONU lors d’une session au Forum Mondial Economique sur l’Afrique.
L’Afrique sub-saharienne est la seule région du monde où la production alimentaire par individu a baissé. 1/3 de la population du continent est chroniquement sous-alimenté. La plupart de nos fermiers n’ont pas accès aux variétés productives pour une bonne récolte, ni à l’eau ni aux engrais pour le sol. Si l’on veut attaquer la pauvreté à sa base, il faut permettre aux fermiers africains de produire et vendre des produits africains. En termes pratiques, cela veut dire augmenter drastiquement la productivité, la sécurité alimentaire, les revenus et les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles, dont beaucoup sont des femmes. Kofi Annan, en adressant ces remarques a annoncé qu’il a accepté la présidence d’AGRA (Alliance for a Green Revolution in Africa ). Cette alliance a été créée l’année dernière en réponse à l’appel de gouvernants africains d’ouvrir une voie nouvelle à la prospérité en stimulant le développement agricole du continent.

Afrique orientale : le Rwanda et le Burundi joignent l’EAC. Monitor (Uganda) 18 juin 2007

Le président Museveni (Uganda) accueille à Kampala les présidents Kibaki (Kenya), Jakaya Kikwete (Tanzanie), Paul Kagame (Rwanda) et Pierre Nkurunziza (Burundi) qui assistent au Sommet de la Communauté d’Afrique orientale. La réunion est importante car le nombre des pays membres passe de 3 à 5 avec l’accession du Rwanda et du Burundi.
Cette nouvelle communauté comprend 120 millions d’habitants et élargit largement le marche (l’Uganda ne compte que 28 millions d’ha.) Depuis que cette Communauté a retrouvé un nouvel essor à la fin des 1990, on a découvert du pétrole en Uganda. Il faudra donc que cette Communauté élargie étudie l’impact de cette découverte dans l’économie régionale. Que se passera-t-il dans les raffineries côtières quand le pétrole ougandais sera sur le marché ?
Mais la question principale est sans doute le maintien de la paix et de la sécurité dans cette Communauté, qui supplante la libre circulation des biens, des services et des personnes. Le Rwanda et le Burundi ont tous deux un passé chargé de conflits ethniques qui ont mené à des tueries en masse, la plus dévastatrice fut le génocide au Rwanda en 1994. Il semble clair que maintenant un conflit ethnique à Kigali ou à Bujumbura ne sera plus une affaire domestique mais prendra une dimension régionale. Les conflits dans le passé ont eu lieu tandis que les 2 pays étaient relativement isolés. Les deux pays semblent, actuellement, connaître une période de paix relative. Le dividende " paix " est donc important pour toute la région, il va permettre une plate-forme plus large pour les échanges économiques et pourront aider à la croissance des pays membres dans ce domaine. Cet élargissement est un défi pour toute la région mais aussi une opportunité pour pouvoir récolter des bénéfices plus larges.

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