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www.aefjn.org N° 48 JUIN 2008
1° SOUVERAINETE ALIMENTAIRE : 17 juin:
Journée mondiale de lutte contre la
désertification :
Entre 1991 et 2000, les
sécheresses ont entraîné la mort de plus de
280 000 personnes; elles représentent 11% de
l’ensemble des catastrophes naturelles liées
à l’eau. La Journée mondiale de la lutte
contre la désertification et la sécheresse (17
juin) marque l’anniversaire de l’adoption de la
Convention des Nations Unies sur la lutte contre la
désertification (UNCCD), créée en 1992,
suite à une recommandation du Sommet Planète Terre
de Rio. La CCD est le seul instrument universel contraignant,
reconnu à l’échelle internationale, qui
gère la problématique de la dégradation des
terres dans les zones arides et qui compte à ce jour 191
pays Parties. Les régions désertiques sont
habitées par un cinquième de la population
mondiale.
Les deux tiers du continent africain sont des
déserts ou des terres arides. L'Afrique comporte de
vastes étendues de terres agricoles arides, dont
près des trois quarts souffrent déjà de
dégradation à des degrés divers. En
Afrique, les sécheresses sont à la fois graves et
fréquentes. Pour assurer leur subsistance, de nombreux
pays africains sont obligés de puiser abondamment dans
leurs ressources naturelles. La désertification du
continent a de graves conséquences en termes de
pauvreté, de mouvements de populations et de
sécurité alimentaire.
2) Du
côté de l’OMC (Organisation mondiale du
commerce) :
1. Les Etats-Unis sont condamnés
pour leurs subventions au coton :
Le 2 juin,
l’organe d’appel de l’OMC a confirmé la
condamnation des subventions américaines aux producteurs
de coton prononcée en décembre dernier, mettant un
point final au conflit qui opposait le Brésil aux
Etats-Unis depuis 2003. Il a été à nouveau
constaté que les Etats-Unis agissent « de
manière incompatible » avec les règles de
l’OMC et « ne se sont pas conformés
» aux recommandations et décisions
précédentes de l’Organe de Règlement
des Différends (ORD). Selon le rapport des juges de
l’OMC les aides aux agriculteurs américains
versées à titre de prêts à la
commercialisation et les versements anticycliques « ont
pour effet d’empêcher une hausse des prix de
manière notable », « causant un
préjudice grave aux intérêts du
Brésil ».
Les Etats-Unis qui ont surtout
cherché à gagner du temps n’ont maintenant
plus de recours possible. Cette nouvelle condamnation ouvre la
voie à une possible demande de sanctions commerciales par
le Brésil par l’application de mesures de
rétorsion, qui pourraient atteindre un niveau d’un
milliard de dollars.
Ce dossier dépasse les
seuls intérêts du Brésil ; il constitue
un élément important pour les pays africains au
moment même où les négociations sur le coton
piétinent. Il confirme que les subventions
américaines au coton affectent les prix mondiaux et
pénalisent , entre autre, les producteurs africains qui
ne peuvent soutenir la concurrence avec les cotonniers
américains.
Malheureusement, on ne peut dire que
cette décision sur le dossier coton aura un impact
positif. Avec leur nouvelle loi agricole (Farm Bill) aux
antipodes de ce que requiert l’OMC les Etats-Unis montrent
qu’ils continuent d’ignorer les règles du
commerce international.
2. Cycle des
négociations de Doha:
D'une durée de trois
ans, ce programme prévoit des négociations sur
l'amélioration de l'accès aux marchés et
sur divers autres défis à relever pour le
système commercial.
Alors que jusqu’à
maintenant, il était plutôt admis que
l’agriculture constituait la pierre angulaire de la
négociation , il semble qu’aujourd’hui,
c’est la libéralisation des produits industriels
qui est devenue la pierre d’achoppement des
négociations . Les pays du Nord, sous pression pour
réduire subventions et droits de douane sur les produits
agricoles, demandent aux pays émergents d’ouvrir
davantage leurs marchés aux importations de produits
manufacturés. Tandis que ces derniers cherchent à
protéger leurs industries naissantes et certains produits
sensibles d’une baisse trop forte des droits de douane.
La perspective de boucler un accord avant le départ
de l’administration Bush s’éloigne. Une fois
les élections présidentielles des USA en cours,
les négociations seront ajournées. Il faudrait
arriver absolument à un accord cadre en juin sur les deux
dossiers que sont les produits industriels et agricoles .
L’annonce de la suspension des négociations sur les
produits industriels le 2 juin dernier a mis les Etats membres
au pied du mur et fait peser une réelle menace sur la
poursuite des négociations. Toutefois, les ministres
réunis à Paris dans le cadre de l’OCDE ont
tenu à réaffirmer leur volonté de conclure
le Cycle de Doha. Le DG de l’OMC, Pascal Lamy, a
appelé les membres à envoyer leurs
négociateurs à Genève dans les deux
prochaines semaines pour accélérer les discussions
sur le dossier agricole.
3° Réflexions et
orientations d’un groupe de scientifiques :
1.
Les gouvernements et dirigeants politiques d’Afrique
devraient s’assurer que tout développement
orienté vers l’énergie reflète un
équilibre entre les besoins des populations locales et la
conservation des ressources naturelles , même si un
moratoire sur de nouveaux contrats d’agro - carburants est
nécessaire. Ceci donnera du temps pour obtenir une
meilleure compréhension des impacts de la production
d’agro - carburants sur la biodiversité, la
souveraineté alimentaire et la protection de
l’environnement.
2. Des tendances actuelles montrent
que l’échelle de production d’agro -
carburants affecte déjà la souveraineté
alimentaire au plan mondial , mais cette tendance ne devrait
pas être mal utilisée pour justifier des impacts
inverses sur la biodiversité et les
écosystèmes.
3. Encore plus loin dans les
impératifs mondiaux, les gouvernements devraient
explorer des pratiques nouvelles d’utilisation de la terre
qui renforcent le contrôle et offrent des alternatives au
marché mondial des ressources malmenées
d’espace et de biodiversité d’Afrique. De
même manière, une nouvelle direction
appropriée, corollaire des programmes mondiaux
d’entreprises, peut être développée
par une éco - agriculture. Une étude faite par
Milder et.al (2008) conclut que le développement des
agro - carburants a le potentiel le plus élevé
quand la production de la biomasse est une activité
« secondaire » (interstitial) et quand
le processus est fait au niveau local …, les plantes des
agro - carburants sont cultivées dans des fermes
familiales ou lorsque la communauté exploite la
plantation et la commercialise pour produire
l’électricité ou les agro - carburants
liquides pour les marchés nationaux. Pour permettre ce
qui vient d’être proposé, il sera sans doute
nécessaire d’adopter des règlements
d’utilisation du sol qui vont apporter une solution
équitable aux exigences de compétition entre le
bétail, la vie des humains et celle de la nature,
soutenue par la recherche et les analyses. Les méthodes
pour de telles utilisations du sol ont fait leurs preuves dans
les nations développées. Les premiers défis
doivent donc établir une politique dès maintenant
car les parties intéressées dans les agro -
carburants deviennent compétitives et les politiques
gouvernementales se créent.
Pour un accès
complet à ce document voir :
https://www.conbio.org/Sections/Africa/Africa_Section_Position_on_Agrofuels.pdf
4° Une crise pour les producteurs de tabac du
Malawi :
Beaucoup font face à une
pauvreté extrême et ne touchent que peu ou pas
d’argent pour leur travail dans les champs. Deux
compagnies américaines de tabac (Universal
Corporation et Alliance One International) achètent 90%
du tabac du Malawi, en remplissant des contrats
préétablis avec des fabricants mondiaux de
cigarettes, parmi lesquels Philip Morris.
Malgré la
pression des planteurs de tabac et l’Union des
Travailleurs Unis (Allied Workers Union) du Malawi, syndicat
qui représente les planteurs locaux de tabac et les
travailleurs agricoles, la législation nationale
introduite dans les années 1990 qui doit améliorer
les conditions de vie et de travail est retardée.
Veuillez soutenir les efforts des planteurs de tabac du Malawi
qui veulent créer une structure de contrôle pour
améliorer leurs droits au travail et comme personnes,
dans l’esprit de l’article 17 de la convention de
l’Organisation Mondiale de la Santé sur le
contrôle du tabac. Cet article veut soutenir des
alternatives viables pour les planteurs de tabac et fournir aux
fermiers des moyens de subsistance pour une transition vers des
cultures bonnes pour la santé et respectueuses de
l’environnement.
Signez la pétition en
ligne :
http://globalink.org/redirect/www.petitiononline.com/stoptob/petition
.html
5° ECONOMIE :
5.1 Des moyens légaux pour renforcer la
responsabilité des entreprises :
www.corporatejustice.org
Cette nouvelle étude légale
« Loi équitable : propositions
légales pour l’amélioration d’une
responsabilité des entreprises dans les abus sur
l’environnement et les droits humains »
détaille les possibilités de réformes
légales qui permettent aux victimes d’abus
d’entreprises de recevoir justice en Europe. La coalition
européenne pour une justice des entreprises a
préparé cette instruction (briefing) légale
en réponse à la résolution récente
du Parlement européen sur la responsabilité
sociale des entreprises et en conjonction avec un rapport
parallèle « Avec la puissance vient la
responsabilité : opportunités légales
pour l’amélioration d’une
responsabilité des entreprises au sein de l’Union
européenne ». Ce document revoit comment les
propositions devraient être appliquées dans les cas
existants d’abus des entreprises.
5.2) La
propriété intellectuelle aidera-t-elle à
diminuer la pauvreté en Afrique ?
http://www.buanews.gov.za/view.php?ID=08060610151002&coll=buanew08
Un rapport-clé sur la propriété
intellectuelle en Afrique qui montre comment les firmes
africaines peuvent garder les profits a été
lancé lors du Forum Economique Mondial sur
l’Afrique, plus tôt ce mois-ci. Intitulé
« Valeurs distinctives dans les exportations
africaines : comment la propriété
intellectuelle peut relever les revenus produits par taxes sur
les exportations et diminuer la pauvreté. ».
Ce document est réalisé par une organisation
appelée « Light Years »
(Années lumières) et financé par le
département pour le développement international au
Royaume-Uni.
6° ARMES
LEGERES :
6.1) Somalie/Ethiopie :
l’armée responsable d’exécutions, de
torture et de viol en Ogaden :
http://www.hrw.org/
L’armée éthiopienne a soumis des civils de
la région orientale d’Ogaden à des abus des
droits humains alors qu’elle combattait dans cette
région du pays. Les principaux donateurs à
Washington, Londres et Bruxelles ont fermé
l’œil sur ces atrocités d’après
Human Rights Watch. Le gouvernement éthiopien nie les
allégations faites à son égard.
6.2) Afrique :
http://www.presseafricaine.info/article-20161869-6.html
L’association PanAfrican Press Association a
publié un article qui invite le gouvernement
français à faire du code de conduite de l’UE
sur les exportations d’armements un document avec
contrainte légale durant sa présidence de
l’UE. Certaines ONG des pays participants venant du
Sénégal, du Tchad, de l’Uganda, du Kenya, du
Mali ; du Nigeria, d’Afrique du Sud, de la RD Congo
et du Ghana, travaillent en lien avec Oxfam France.
6.3) Burkina Faso :
http://www.iansa.org/campaigns_events/WoA2008/Africa.htm#burk
Le Président de l’Assemblée Nationale
a accepté de remettre la Déclaration des
Parlementaires pour le TCA (Traité sur le commerce des
armes) aux 111 députés de l’Assemblée
Nationale, ceci grâce au plaidoyer puissant des membres du
Réseau d’Afrique de l’Ouest sur les armes
légères (WANSA). Trois villes, avec un taux
élevé de crimes à main armée et
d’homicides, Manga, Bobo-Dioulasso et Fada-N’gouram
ont été choisies pour héberger les
discussions sur la manière dont le Burkina Faso doit
amender sa législation sur les armes à feu en
accord avec la convention de la CEDEAO. Environ 50 personnes
participaient à cette rencontre, parmi lesquelles des
maires, des vendeurs d’armes et des représentants
d’ONG. Les discussions étaient signalées
dans la presse écrite nationale et sur les ondes des
radios locales.