Partenaires : AEFJN

Crise alimentaire mondiale… comprendre pour mieux agir

Quelques nouvelles à propos des armes légères puisées dans différentes sources

CE QUI SE CACHE DERRRIERE LA LIBERALISATION DES SERVICES
Création de nouveaux médicaments pour les maladies des pays en développement
Les Directeurs d’Entreprise (CEO) et Le Mandat sur l’Eau (Mise à jour)
Accès à l’eau potable et à son assainissement à l’ordre du jour du sommet G8
 
Crise alimentaire mondiale… comprendre pour mieux agir
  Des hommes, des femmes et des enfants meurent chaque jour de faim, d’autres désespèrent de pouvoir vivre de leur travail. Les émeutes de la faim se sont multipliées en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Depuis 2002, les prix des aliments augmentent constamment  : le prix du blé a triplé, ceux du riz et du maïs ont doublé; et ces derniers mois, les prix se sont emballés, jusqu’à + 65 % depuis janvier 2008.
Cet article donne une analyse économique et un point de vue chrétien sur cette injustice établie qui tue jusqu’à 24,000 personnes chaque jour. 

1. D’où vient cette crise alimentaire ?
Elle n’est pas nouvelle, elle se prépare depuis plusieurs années (causes structurelles) et fut précipitée par la conjonction de nouvelles conditions (causes conjoncturelles). 
1.1 Causes de long terme (structurelles) :
1.1.1 Causes qui ont augmenté la demande de produits agricoles :
La croissance de la population qui va continuant : nous passerons de 6.6 milliards d’humains en 2007 à 9.3 milliards en 2050. Or en 2001-03, nous comptions déjà 854 millions de sous-nutris et plus de 2 milliards de malnutris -carence en protéines, vitamines (A, C…), en oligo-éléments (fer…).
La Chine et l’Inde, du fait de la hausse du niveau de vie pour une tranche de la population, consomment plus de viande . Par conséquent, ils consomment aussi plus de grains et d’oléagineux (destinés à l’alimentation animale).
1.1.2 Causes qui ont diminué l’offre de produits agricoles :
Tout d’abord le désinvestissement dans l’agriculture et les infrastructures nécessaires à son développement dans les pays en développement (PED), ainsi que le transfert des surfaces agricoles pour des produits non alimentaires ou d’exportation. Ces facteurs réunis ont contribué à la diminution de la production et de la productivité, diminuant du même coup les stocks. L’offre est donc devenue inférieure à la demande.
Parallèlement, le démantèlement des infrastructures agricoles de 1980-1990 (ajustement structurel) + le dumping (inondations des marchés des PED par des produits subsidiés -européens et autres- moins chers que les produits locaux) + la réduction des protections à l’importation imposée par l’OMC et les accords bilatéraux ont cassé l’économie locale. Par conséquent, nombres de pays doivent dorénavant importer des denrées pour nourrir leur population, et les producteurs n’ont même plus les moyens de profiter de l’actuelle hausse des prix.
Les principaux bénéficiaires de cette dérégulation et de cette hausse sont les compagnies internationales (Cargill a vu son bénéfice augmenter de 36% entre 2006 et 2007). Un poignée de compagnies contrôlent le marché mondial sur toute la chaîne : depuis les intrants, la production, la transformation jusqu’à la distribution. Plus encore, elles combinent tous les secteurs chimiques, semenciers et agro-alimentaires . Enfin, les industries de machineries investissent aujourd’hui dans les régions fertiles d’Afrique pour développer leur propre agriculture. Un facteur clef de leur monopole: le Droit de Propriété Intellectuel . Nécessaire pour encourager la recherche, celui-ci est devenu une arme commerciale, cherchant d’abord le profit, menaçant l’environnement, la biodiversité et la vie-même des fermiers. 
1.2 Causes de court terme (conjoncturelles) :
1.2.1 Causes qui ont augmenté la demande de produits agricoles :
Depuis 2006, les agrofuels entrent en jeu. Un tiers de l’augmentation des prix alimentaires est imputable à l’éthanol de maïs des USA (FAO, 2008). Or les prix mondiaux du maïs et des céréales sont alignés sur ceux des USA.
Les spéculations expliquent les hausses subites. Spéculations financières massives sur les matières premières agricoles (cotées en dollars) du fait des autres marchés devenus moins porteurs et de la baisse du dollar. Spéculations des commerçants + achats de précaution pour anticiper la prolongation de la hausse. Or la demande en alimentation est limitée, peu élastique, donc une faible hausse de production suffira à baisser les prix spéculés.
1.2.2 Causes qui ont diminué l’offre de produits agricoles :
Le changement climatique amenant sécheresse ici et inondations là, perturbant les saisons.
L’augmentation du coût de l’énergie et des intrants (engrais et pesticides issus de l’industrie) du fait de la hausse du prix du pétrole. Celle–ci est due à la diminution des stocks et à l’augmentation de la consommation (Inde, Chine, Brésil). Ceci a accéléré la décision de produire des «biofuels». 90% sont produits en UE, USA et Brésil. Ceux-ci prélèvent sur les moyens de production agricole (eau, terre, céréales). La Chine a préféré stopper sa politique pro-biofuel devant la hausse du prix du porc qui en résultait et elle est demeurée exportatrice de maïs. A l’inverse, les USA convertissent leur maïs alimentaire en bioéthanol, diminuant ainsi l’offre et réduisant les surfaces agricoles pour l’alimentation humaine et animale et les exportations.
Enfin, l’offre du riz a diminué du fait de restrictions/embargos à l’exportation de produits agricoles pour garantir la sécurité alimentaire des citoyens: en Thaïlande, au Vietnam… L’OMC tolère cette pratique pour les PED et pour un temps limité. Cette rétention a pour effet que les acheteurs à terme (sous contrat anticipé) vendent leur riz à des prix inférieurs à ceux auxquels ils les achètent!
Tout cela concourt à l’augmentation du prix des terres agricoles dans les régions où elles se font rares. 

2. Corriger la contre-information
Discours et articles fustigent les pays émergents pourtant, ce sont bien les USA et l’Union Européenne (UE) qui sont les principaux responsables d’une telle crise . Les prix des céréales s’alignent sur les prix des USA, lequel oriente son maïs vers l’agrofuel, influençant par là le marché du soja, des céréales de substitution et des huiles. L’UE est le 1 er importateur oléagineux et sa balance commerciale agricole est déficitaire  ; elle est 5° importateur net de céréales en 2007-08. USA et UE subventionnent leurs produits agricoles exportés et imposent la réduction des droits de douanes dans les pays importateurs de leurs produits. Tandis que les balances commerciales agricoles de la Chine et du Brésil sont excédentaires. Face à la croissance de population, la Chine a augmenté ses investissements dans l’agriculture. De son côté, l’Inde aura du mal à nourrir la sienne. Que font les responsables des pays d’Afrique ?
 
3. Quels remèdes possibles ?
Les petits producteurs africains gagnent à se regrouper pour négocier les prix, les crédits et défendre leur voix auprès de leurs responsables politiques et des partenaires commerciaux. Actuellement, ils doivent attirer l’attention de leurs dirigeants pour que les mesures d’urgence ne menacent pas le marché local d’approvisionnement à moyen terme.
L’IASSTD a publié un rapport qui conclut que la voie à suivre est une agriculture écologique et biodiversifiée à petite échelle . L’agriculture familiale agro-écologique possède les fonctions d’un écosystème vigoureux plus résistant aux chocs que ceux dépendant de produits agro-chimiques. Ils peuvent donc aider l’agriculture à s’adapter aux changements climatiques, à développer la matière organique dans le sol qui emprisonne le dioxyde de carbone, à améliorer la rétention de l’eau et à sécuriser les systèmes alimentaires locaux.
Les membres des gouvernements doivent faire face à la crise actuelle par des solutions d’urgence , et, en même temps, investir pour l’avenir de leur population :
  Les uns et les autres doivent analyser les aides au développement, les partenariats, les accords commerciaux et les transferts technologiques proposés avant de s’y engager : donner priorité aux productions durables répondant aux besoins locaux ou régionaux, mesurer ce qui est en jeu -eau, terre, énergie, ressources naturelles épuisables. Les pays africains doivent demeurer solidaires entre eux face aux grands blocs européen et américain (USA) qui négocient des Accords bilatéraux et de libre échange. D’autant que la concurrence entre compagnies est déloyale : les africaines ne bénéficient pas des même soutiens financiers et d’infrastructures performantes (transport, communication, énergie, eau) que leurs rivales.
 
4. Point de vue chrétien :
Cette crise est issue d’un ordre établi et institutionnalisé, lentement mais sûrement, que le comportement de consommateurs, tant au Nord qu’au Sud, a renforcé. Beaucoup parmi nous sont électeurs…des responsables politiques. Eveiller la conscience de ceux-ci, au Nord comme au Sud, est un devoir moral, sinon vital. De même que savoir ce que nous achetons et gérer notre consommation. Nous bénéficions tous de la même création, nous partageons une seule terre. Les biens reçus sont universels et pour tous. Chacun de nos actes porte à conséquence ici et ailleurs.
A ce propos, le magistère nous enseigne : n. 16 de l'exhortation apostolique "Réconciliation et pénitence" de Jean-Paul II (2 décembre 1984 ): «Or, quand elle (l’Eglise) parle de situations de péché ou quand elle dénonce comme péchés sociaux certaines situations, ou certains comportements collectifs de groupes sociaux plus ou moins étendus, ou même l'attitude de nations entières et de blocs de nations, l'Eglise sait et proclame que ces cas de péché social sont le fruit, l'accumulation et la concentration de nombreux péchés personnels. Il s'agit de péchés tout à fait personnels de la part de ceux qui suscitent ou favorisent l'iniquité, voire l'exploitent; de la part de ceux qui, bien que disposant du pouvoir de faire quelque chose pour éviter, éliminer ou au moins limiter certains maux sociaux, omettent de le faire par incurie, par peur et complaisance devant la loi du silence, par complicité masquée ou par indifférence; de la part de ceux qui cherchent refuge dans la prétendue impossibilité de changer le monde; et aussi de la part de ceux qui veulent s'épargner l'effort ou le sacrifice en prenant prétexte de motifs d'ordre supérieur. Les vraies responsabilités sont donc celles des personnes . Une situation -et de même une institution, une structure, une société- n'est pas, par elle-même, sujet d'actes moraux; c'est pourquoi elle ne peut être, par elle-même, bonne ou mauvaise. 
À l'origine de toute situation de péché, se trouvent toujours des hommes pécheurs. C'est si vrai que, si une telle situation peut être modifiée dans ses aspects structurels et institutionnels par la force de la loi ou, comme il arrive malheureusement trop souvent, par la loi de la force, en réalité le changement se révèle incomplet, peu durable et, en définitive, vain et inefficace -pour ne pas dire qu'il produit un effet contraire- si les personnes directement ou indirectement responsables d'une situation ne se convertissent pas».
Pendant ce temps, des gens souffrent de faim…
C. Fouarge
 
Quelques nouvelles à propos des armes légères puisées dans différentes sources :
  1. 02 – 08 juin 2008 Semaine mondiale d’action contre la violence provoquée par les armes à feu (IANSA)
Chaque année, les activistes du monde entier utilisent la semaine mondiale d’action contre la violence des armes à feu pour éveiller l’attention, faire campagne pour des lois meilleures pour les armes à feu et pour des règlementations sur le commerce mondial des armes. Cette année, la campagne qui s’étend du 2 au 8 juin a des actions dans 70 pays. Sur le site d’IANSA vous trouvez une série d’actions entreprises en Afrique et en Europe. Ainsi, au Cameroun, il y a un spectacle à la radio et à la TV et au Niger une marche pour la paix. En Europe, il y aura plusieurs séminaires et conférences. A la radio vaticane, le conseiller politique principal de Pax Christi International, le Père Paul Lansu a échangé à propos des buts de la semaine d’action contre la violence des armes à feu. 
2. 30 avril 2008 Débat ouvert sur les armes légères au Conseil de Sécurité de l’ONU
Après deux ans d’échec pour une rencontre sur les armes légères, le Conseil de Sécurité a tenu un très large débat ouvert à tous les pays sur ce sujet, le 30 avril 2008, sous la présidence de l’Afrique du Sud. Les représentants internationaux se sont penché sur la mise en application du Programme d’Action sur les armes légères (PdA) et ont attiré l’attention sur les domaines qui ont besoin d’être mieux élaborés, telle la possession d’armes par des civils. Parmi d’autres sujets discutés, il y avait le rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les armes légères publié récemment, les problèmes posés par les courtages illicites et la nécessité d’un traité international du commerce des armes. La question des attentes escomptées pour la réunion biannuelle des Etats de juillet prochain a aussi été évoquée. www.iansa.org/un/ 
3. Nigéria, Afrique occidentale :Des groupes de la société civile d’Afrique occidentale sont félicités pour leur rôle dans la réduction de la violence provoquée par les armes à feu 15 mai 2008
Le Président de la commission de la CEDEAO, le Docteur Mohammed Ibn Chambas, a félicité les organisations de la société civile pour le rôle qu’elles ont joué dans la campagne pour atteindre le niveau exigé dans la ratification qui veut que la convention régionale surveille avec efficacité la prolifération d’armes légères et de petit calibre en Afrique occidentale. 
4. Craintes dues à la circulation intensifiée d’armes illégales après les violences postélectorales au Kenya IRIN (UN News)
Presque rien n’a été entrepris pour surveiller l’accroissement d’armes illégales dans les régions du Kenya qui ont été les plus touchées dans la crise postélectorale. C’est ce qu’affirmait, le 23 mai dernier, un représentant d’une ONG spécialisée dan la paix et le développement. « Le problème des armes légères est plus aigu en ce moment qu’il ne l’a jamais été au cours de l’histoire de notre pays, et ceci surtout à cause de la violence postélectorale qui a suscité de nouveaux marchés pour les armes illégales...» 
5. Un travail à moitié fait : les contrôles de l’UE sur le transfert des armes dix ans après le Code de l’UE.
Le Code de l’UE sur les exportations d’armes (le Code UE), la pierre de fondation du régime de contrôle établi par l’UE dans le transfert international d’armes, fête ses 10 ans. Véritable percée lorsqu’il a vu le jour et fut approuvé, ce codé marquait la reconnaissance que la vieille façon de gérer les exportations d’armes, quand chacun suivait sa propre voie et que le diable en sortait grand bénéficiaire, ne satisfaisait plus. L’embarras et la honte apparurent lorsque les révélations sur les pratiques horribles des années 1980 furent dévoilées. Elles visaient surtout les protagonistes de la guerre Iran-Iraq et puis à nouveau l’Iraq dans les préparatifs de la première guerre du Golfe. Quelque chose devait être fait pour rétablir les réputations entamées et ainsi, le 8 juin 1998 a vu la naissance du Code de l’UE.
Depuis lors, une infrastructure super développante a été construite autour du code UE. Ainsi, les pays membres se sont mis d’accord sur une liste militaire commune des équipements qui est couverte par le code, sur une position commune dans le courtage des armes ainsi qu’un guide d’utilisation du code UE pour clarifier les sujets-clés et aider à la mise en application. L’idée d’accords (sous)régionaux pour réguler le commerce international des armes est également bien établie aujourd’hui. Tout ceci contribue au bien du code.
L’image est cependant loin d’être parfaite. Les huit critères du code UE sont établis entre autres pour empêcher les transferts à partir de l’UE qui contribuent à des abus des droits humains ou à des répressions internes ou minent le développement de la paix et la sécurité internationales. Cependant des pays membres continuent à autoriser les transferts lorsque les risques de ne pas respecter les critères ne sont que trop réels. Un carnet scolaire basé sur les dix premières années du code UE devrait s’interpréter comme suit : « pourrait faire mieux ». Meinolf von Spee
 
Une réflexion africaine sur un bannissement innovateur des armes à sous munitions.
Auteur : Gugu Dube, publié le 9 juin 2008 par l’Institute for Security Studies Voir : infoserv@africafile.org
Le 30 mai 2008, 111 gouvernements qui participaient à la Conférence diplomatique de Dublin ont adopté formellement le texte de la nouvelle Convention sur les armes à sous munitions . La convention apparaît comme le sommet de ce qui est connu comme la conférence d’Oslo . Similaire à la procédure qui a résulté en 1997 à la Convention sur les mines anti personnelles . La conférence d’Oslo a réuni des représentants de pays à la pensée commune et en coopération avec la société civile mondiale, a négocié un nouveau traité sur le désarmement en dehors des structures et procédures habituelles de l’ONU, telles La convention sur les interdictions et restrictions sur l’usage de certaines armes conventionnelles qui peuvent être jugées ou être excessivement dangereuses ou avoir des effets non ciblés , connue autrement comme la convention sur les armes conventionnelles (CAC).
Les appels pour diminuer l’utilisation des armes à sous munitions a atteint un sommet depuis le conflit libanais de 2006 pendant lequel Israël est soupçonné d’avoir largué plus de 4,3 millions de sous munitions. Les agences de déminage ont estimé qu’environ 1 million d’entre elles n’ont pas explosé et mettent donc la société civile en grand danger. Depuis août 2006, plus de 40 civils ont été tués et plus de 230 ont été blessés. La Norvège a annoncé qu’elle prendrait la tête de l’effort en vue de l’interdiction de l’usage, la production, le transfert et le stockage des armes à sous munitions qui causent des dommages inacceptables dans les populations civiles et ce après que les Etats-Unis, la Russie et d’autres pays signataires de la CAC refusèrent d’initier ces négociations. La conférence d’Oslo a débuté au début de février 2007 lorsque 46 pays se sont engagés en premier à bannir les armes à sous munitions.
Le gouvernement norvégien doit donc être spécialement félicité pour avoir pris la direction de la prise de conscience du désastre humanitaire causé par l’emploi de ces bombes et pour le développement d’une procédure intense de consultations à Oslo, au Pérou, en Autriche, en Nouvelle Zélande, au Mexique, au Costa-Rica, en Zambie, en Serbie et en Belgique pour voir comment appréhender efficacement les problèmes humanitaires causés par ces armes à sous munitions. Le rôle décisif du gouvernement irlandais, organisateur des négociations doit aussi être souligné. La signification historique de cette convention, avec ses dispositions innovantes apparaît comme un nouveau chapitre dans le domaine du désarmement et comme une étape importante dans la législation internationale…
La nouvelle convention bannit sans exception la production et requiert la destruction des stocks d’armes à sous munition . Une munition sera exclue de cette convention si, pour éviter des effets dans des aires non délimitées et les risques liés aux sous munitions non explosées, elle possède les cinq caractéristiques suivantes :
1. Chaque munition possède moins de 10 sous munitions d’explosif ;
2. Chaque sous munition d’explosif pèse plus de quatre kilos ;
3. Est produite pour détecter et atteindre un seul objectif ;
4. Est équipée d’un mécanisme électronique d’autodestruction et
5. Est équipée d’un outil électronique d’auto désactivation.
Seules les armes à sous munition qui possèdent toutes ces cinq caractéristiques peuvent être gardées et utilisées lors d’opérations militaires .
La convention contient de très bonnes dispositions sur l’aide aux victimes , sur la liquidation, sur la transparence, sur la coopération et l’assistance internationales. La disposition sur l’aide aux victimes inclut une très large définition des « victimes des armes à sous munitions », couvrant les personnes touchées ainsi que leurs familles et communautés. D’après le texte, les états sont obligés de produire l’aide médicale, la réhabilitation physique, le soutien socio-économique et psychologique aux victimes de ces armes et doivent aussi constituer une banque de données sur ces personnes. De plus, le texte décrit une liste d’actions concrètes que les états doivent entreprendre pour le soutien des victimes. 
L’aide humanitaire aux victimes et aux communautés touchées, en plus des obligations des pays touchés et des donateurs pour nettoyer les terres contaminées vont au-delà de ce que le traité sur les mines anti personnelles accordait et apporte son appui à la Convention sur les droits des personnes handicapées . La convention a aussi des dispositions peu claires, parmi elles, la notion d’ interopérabilité , c’est-à-dire, la possibilité pour les états membres de participer à des opérations militaires conjointes avec des pays non membres de la convention et qui désirent utiliser les armes à sous munitions bannies par la convention.
Parmi ces pays, on trouve les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde, Israël et le Pakistan qui n’ont pas participé à la conférence de Dublin et ne semblent pas vouloir agréer à l’accord. Alors que la convention exige des pays membres d’encourager les autres à joindre la convention, de signifier aux pays non membres les obligations auxquelles ils ont adhérés dans la convention, de promouvoir les normes de la convention et de décourager les pays non membres d’utiliser des armes à sous munitions, il n’est pas clair de savoir si l’aide intentionnelle et les stockages étrangers non identifiés sont interdits ou non.
Si certains pays africains ont exprimé avec force leur volonté de voir bannies toutes les armes à sous-munitions, d’après le délégué du Bénin «  Nous sommes fiers de finaliser un traité même s’il n’y a pas de consensus sur tous les points. L’Afrique bénéficiera de cet accord et nous en sommes fiers, même si nous ne sommes pas touchés. Le seul problème, c’est la faiblesse du traité quand on se penche sur l’interopérabilité . » Ceci a été secondé par l’Uganda : «  Nous sommes satisfaits mais pensons que le texte aurait pu aller plus loin. Nous ne sommes pas contents de l’interopérabilité mais au moins, il n’y a pas de périodes de transition et le traité va aider à limiter les activités des groupes armés  »
La signature du traité aura lieu à Oslo les 3-4 décembre 2008 et il sera d’application six mois après sa ratification par 30 pays. Cependant, pour une entrée en vigueur rapide dans les pays africains avec au premier plan l’accélération du processus, il est primordial que les pays qui n’ont pas été engagés dans la procédure complète de la conférence d’Oslo s soient rapidement mis au courant du pourquoi des compromis et de celui qui autorise encore la production et l’utilisation de certaines armes à sous munitions . L’Uganda a confirmé que la prochaine rencontre africaine post Dublin aura lieu sur son sol pour une convention sur les armes à sous munitions et ce du 29 septembre au 1 er octobre 2008 et cela peut juste être ce dont l’Afrique a besoin pour prendre la tête dans la procédure de ratification.
Gugu Dube est une « interne » et Noël Scott a chef chercheur dans le programme de contrôle des armes à l’Institute for Security Studies de Tshwana (Pretori – Afrique du Sud)

CE QUI SE CACHE DERRRIERE LA LIBERALISATION DES SERVICES
  Un service est l’équivalent non matériel d’un bien . L’octroi du service est une activité économique qui n’aboutit pas à une propriété . Le fait d’aller à l’école, de visites médicales, d’éteindre une lampe, de verser un verre d’eau claire sont tous des éléments de la vie des individus qui sont liés inextricablement à l’usage et la régulation des services. Voici quelques exemples de services : les services publics (électricité, gaz, télécommunications, eau, traitement des déchets), l’ éducation (écoles et universités, musées, bibliothèques), soins de santé (hôpitaux, médecins, infirmières et personnel soignant), transport (bus, trains, avions), administration (consultance, fonctionnaires), information (site internet, journalisme, banque de données, traduction), nettoyage, entretien et réparations (mécaniciens, jardiniers, concierges, techniciens de surface), construction (électriciens, plombiers, menuisiers), règlements des conflits (hommes de loi, négociateurs, diplomates, tribunaux et cours, prisons, armée, police), loisirs (tourisme, cinéma et théâtre, sports, télévision). 
Au cours des XIXe et XXe siècles, la pression sociale obtint que beaucoup de services de base (eau, électricité, transport, gaz) deviennent des « services publics » et soient donc accessibles à tous . Beaucoup de compagnies qui distribuaient ces services étaient des entreprises publiques, propriété de l’état ou d’autorités locales. D’autres comme les télécommunications et l’électricité recevaient un monopole (l’entreprise contrôlait un service particulier et déterminait en quels termes le client pouvait y accéder). La libéralisation des services, partie prenante de la globalisation, a eu deux impacts: les entreprises publiques ont été privatisées et la fin des licences exclusives sur certains services, tenues par des monopoles. La mouvance aujourd’hui va vers une reconnaissance des services comme « activité économique » soumise aux lois du marché libre. 
C’est à cause de la tendance à considérer les services comme du commerce que les services sont apparus à la table des négociations de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les négociateurs des pays occidentaux veulent renforcer l’ accord général sur le commerce et les services (GATS) de l’OMC qui verra la libéralisation du commerce dans les services.
D’après le GATS les « Services » incluent « n’importe quel service dans n’importe quel secteur ». En théorie, les services publics fondamentaux – tels l’accès aux soins de santé, à l’éducation et à l’eau - sont exclus de ces accords mais de tels services pourraient tomber dans le cadre du GATS s’ils sont produits par plusieurs agents en compétition ou s’ils sont produits sur « base commerciale ». La pression accrue sur les pays pour la privatisation des services dans les secteurs traditionnellement gérés par le gouvernement ainsi que l’ouverture de leurs marchés à des compagnies étrangères pourrait faire en sorte que les droits à la santé et à l’éducation pourraient être privatisés. Ceci s’avère dangereux pour tout le monde car les services de base tombent alors sous l’emprise du profit et cela limite la possibilité d’un pays à les réguler pour le meilleur intérêt de ses citoyens. 
Les pays qui poussent pour l’extension du commerce mondial des services par le biais du GATS sont principalement les pays riches et puissants qui abritent les compagnies multinationales et ont l’ambition d’étendre l’offre de leurs services dans les pays en développement. Les pays du Nord prennent avantage de leur force pour pousser le GATS vers des négociations sans équilibre. Ces derniers mois, leur pression politique à l’OMC pour la finalisation des accords devient très forte. La crainte d’une crise financière mondiale augmente leur désir d’accélérer la fin des négociations et de signer un nouvel accord GATS dans l’espoir de reprendre le contrôle des économies internationales.
Face à cette réalité, il est nécessaire de s’assurer que ces accords ne sont pas faits trop hâtivement et qu’ils prennent totalement en considération les impacts des droits humains fondamentaux dans les nouvelles politiques. Il est urgent que les gouvernements et la société civile interviennent pour s’assurer que les négociateurs comprennent quel impact négatif sur la santé, l’éducation, l’accès à l’eau et à l’électricité ces accords pourraient avoir, avant d’en arriver à un engagement pour un nouvel accord GATS au sein de l’OMC. 
La recherche sur l’impact qu’aura la libéralisation du commerce des services sur la population et dans les pays en développement est peu fournie. A ceci s’ajoute le fait que les décideurs politiques tendent à placer leur souci des politiques du commerce global au-dessus de leur volonté de s’assurer que tous les citoyens – et en particulier les plus marginalisés – ont accès à un logement, à la nourriture, aux médicaments et à de l’eau potable. Tout ceci prépare la voie pour des accords GATS qui minent les droits humains et sociaux et cela surtout dans les pays en développement.
La privatisation des services publics est très tentante car les gouvernements font du profit en vendant des entreprises propriété de l’état. La hausse des prix et le fait que les plus pauvres sont maintenant privés d’accès à l’eau potable à un prix abordable sont des conséquences de la privatisation de l’eau à Accra (Ghana), en Afrique du Sud et dans beaucoup d’autres pays africains. L’échec, en Tanzanie, de la privatisation de l’eau, supposée être un modèle pour les pays voisins, lance la question de la privatisation d’autres services publics. La grogne contre les monopoles de privatisation de l’eau augmente et des manifestations ont eu lieu à Accra et Dar-es-Salaam entre autres.
La libéralisation des services à des fournisseurs étrangers dans les pays en développement peut conduire à :
La libéralisation des services dans le domaine financier peut provoquer le manque d’accès pour les fermiers, les petites entreprises domestiques au crédit et à d’autres services financiers. C’est déjà le cas dans différents pays africains. Il faut encore ajouter à cela le danger que de grands pourvoyeurs étrangers de services ne fassent pas appel aux petits producteurs locaux comme fournisseurs. Le résultat sera que les opérations relatives aux services seront dépendantes de compagnies étrangères qui visent le profit de leurs actionnaires avant le bien-être des populations. Et ceci fait fuir les bénéfices à l’étranger au lieu de leur réinvestissement dans le pays. 
Il existe aujourd’hui une tendance qui déplace les industries vers les pays en développement tandis que les pays plus riches concentrent leur économie sur les services , moins polluants et beaucoup plus avantageux. L’octroi de services est lié aux règles de la propriété intellectuelle et aux nouvelles technologies, domaine que les pays occidentaux se réservent dans leur nouvelle tentative de contrôle sur les pays en développement. C’est une des raisons pour lesquelles les pays du Nord avancent dans la ligne des accords bilatéraux où la libéralisation des services et les règles de propriété intellectuelle liée au commerce vont bien au-delà des exigences de l’OMC. Dans les accords de partenariat économique (APE) entre l’UE et les régions africaines, les exigences de l’UE pour la libéralisation des services sont bien plus strictes que celles de l’OMC, comme le sont aussi les règles sur la propriété intellectuelle. Ces politiques de libéralisation vont profiter surtout aux grosses compagnies de l’UE et vont en même temps limiter la manière dont les gouvernements peuvent réguler leur secteur des services. Les impacts sociaux et économiques seront néfastes et négatifs dans les pays en développement. 
Begoña Iñarra
  Création de nouveaux médicaments pour les maladies des pays en développement
  Les compagnies pharmaceutiques ont actuellement peu d’intérêt financier pour développer les médicaments les plus nécessaires pour les populations pauvres du monde. Elles essaient plutôt de tirer un profit maximal en changeant des médicaments déjà existants. Ceci, bien sûr, allonge le temps pendant lequel elles profitent des « brevets » de leur production. Elles développent aussi les médicaments qui visent les maux dont souffrent ceux qui peuvent se payer ces produits. 
Les gouvernements riches ont été lents à financer la recherche qui bénéficierait aux pauvres des autres nations et des maladies telles la tuberculose, la malaria, la maladie du sommeil et beaucoup d’autres sont devenues, pour une large part, ignorées alors que des fonds sont alloués pour perfectionner les traitements pour les diabétiques, les obèses, les anxieux et les insomniaques, maux qui affectent surtout les riches.
Les brevets et les prix élevés ont été traditionnellement le moteur pour les investissements de Recherche et Développement (R&D) pour les nouveaux médicaments. Des prix élevés, cela signifie que beaucoup de personnes s’en voient refuser l’accès. Les pays en développement font face à un sérieux défi en combattant des maladies mortelles telles la tuberculose, le SIDA, la maladie du sommeil, la fièvre typhoïde, etc., maladies pour lesquelles les produits brevetés sont rares dans la liste des médicaments de base de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le système actuel a échoué assez dramatiquement en Afrique. Même dans les pays industrialisés, des prix élevés et une couverture d’assurance limitée pour les médicaments les plus récents en réduit l’accès. L’usage du prix des produits comme moteur, conduit à trop d’investissement dans de nouveaux médicaments qui n’offrent qu’une maigre marge de progrès par rapport aux produits existants, alors que des produits qui peuvent ouvrir de nouvelles voies dans les traitements des maladies sont assez peu encouragés.
Un cas illustre l’échec du système des brevets qu’on encourage pour le développement de médicaments nouveaux à des prix abordables ainsi que du diagnostique. C’est celui d’un test simple et peu onéreux pour la tuberculose, au moment où cette maladie, en lien avec le VIH/SIDA, tue 4.500 personnes par jour et étend ses ravages de manière alarmante. 
La procédure de R&D pour des nouveaux médicaments est lente et onéreuse, surtout pour les tests cliniques opérés sur des personnes. Les investissements du secteur public et des donneurs sous la forme de subventions sont importants pour le développement de médicaments sans marge bénéficiaire, là où le soutien gouvernemental est essentiel. Ces partenariats veulent cependant s’assurer que les efforts en faveur du développement de nouveaux médicaments s’orientent vers des projets qui ont les meilleures chances de succès. De nouveaux mécanismes pour le développement de médicaments pour les maladies négligées doivent être inventés.
Et pourtant, développer des médicaments pour les maladies négligées ne suffit pas. Le traitement doit être accessible alors qu’une poignée de règles sur les brevets et de traités internationaux empêchent l’apparition de nouveaux médicaments et leur accès à ceux qui en ont besoin. Les chercheurs aussi se heurtent à la barrière du nombre élevé de brevets. 
Ouverture dans la recherche et le développement de nouveaux médicaments 
En mai 2008, après deux ans de négociations difficiles, les délégués de l’assemblée annuelle de l’OMS ont adopté une stratégie globale avec de nouveaux schémas. Ceci ouvre la voie à une réforme du système actuel de la recherche médicale et au développement de nouveaux médicaments pour des populations qui jusqu’à présent, dans le monde en développement, n’y avaient pas accès.
La «  stratégie mondiale de la santé publique, de l’innovation et de la propriété intellectuelle  » vise à promouvoir de nouvelles approches pour le domaine pharmaceutique de R&D et encourage le développement de médicaments et autres produits qui vont répondre aux besoins prioritaires de la santé et rendre ces produits accessibles sur base abordable. Ceci est une brèche importante dans le domaine de la santé publique et des maladies qui touchent les populations des pays en développement. Ce sera bénéfique pour des millions de personnes pendant beaucoup d’années.
La stratégie incite les gouvernements à soutenir des nouvelles façons d’encourager la recherche et le développement des médicaments, des vaccins et des appareils pour le traitement des maladies négligées par les grandes compagnies pharmaceutiques même quand leur offrent marché n’est pas profitable. Il s’agit d’une belle avancée de l’OMS.
Les défenseurs du système brevet-monopole de R&D, actuellement en vigueur, ont traité l’innovation et l’accès comme des objectifs contradictoires. Grâce à l’approbation de cette nouvelle stratégie, les pays de la planète ont pour la première fois reconnu que l’innovation et l’accès sont des objectifs complémentaires pour la santé publique.
Une provision avancée par les délégués des pays les moins développés qui voulaient mettre le droit à la santé avant les intérêts commerciaux a été effacée de la résolution finale avant le vote de l’assemblée plénière, ceci après la forte opposition des pays développés. Les groupes de plaidoyer qui travaillent pour « L’accès à des médicaments de base » accueillent cette initiative mais avec une certaine réserve. 
Les gouvernements ont appelé l’OMS à jouer un rôle central et stratégique dans le domaine de la propriété intellectuelle. «  Nous avons besoin de plus d’argent pour R&D, mais l’argent n’est pas la réponse unique. Nous avons besoin également de modèles pour stimuler le R&D et assurer l’accès à de nouveaux médicaments et de nouveaux diagnostiques  » assure un délégué.
Cependant le financement de R&D pour la santé de base reste un problème. Les membres de l’OMS doivent encore se mettre d’accord sur des aspects clés du plan d’action qui accompagnent la stratégie. Ceci inclut les estimations des fonds nécessaires, les sources de financement ainsi que la contribution à de nouveaux mécanismes qui encouragent l’innovation. Un groupe d’experts va examiner les propositions pour de sources innovatrices de financement. Ces schémas devraient comprendre : des prix qui priment l’encouragement au développement de médicaments, l’engagement à acheter de nouveaux médicaments ou vaccins, ainsi que la mise en commun de brevets, où leurs détenteurs partagent leur technologie pour offrir une plateforme commune pour plus d’innovation. Un cas concret pourrait être un prix de financement pour encourager le développement du diagnostique de la tuberculose. Ce groupe doit finaliser le plan d’action pour son approbation à l’assemblée de l’OMS de 2009.
Begoña Iñarra
  Les Directeurs d’Entreprise (CEO) et Le Mandat sur l’Eau (Mise à jour)
Le 5 juillet 2007, les Directeurs d’Entreprise des géants de l’eau « embouteillée » (Coke et Nestlé) ont rejoint d’autres chefs de gros conglomérats, parmi lesquels, les « privatiseurs » de l’eau Suez et Läckeby Water Group, pour annoncer un nouveau Mandat sur l’Eau CEO (WM) lors de la rencontre des chefs du « Pacte Mondial » des Nations-Unies.
En employant les mots de la recommandation des CEO, le mandat « est désigné comme une initiative conjointe secteur public et secteur privé pour le développement de stratégies et solutions qui vont contribuer favorablement à trouver une solution à la crise mondiale de l’eau  ». Les CEO affirment que « le secteur privé a un enjeu  (c’est moi qui ai mis le mot en italique) important dans l’aide à apporter au défi de l’eau » et souligne l’importance de créer un mouvement de compagnies, grandes et petites, qui s’engagent, sur toute la planète, dans ce sens. Il utilise aussi un langage positif pour parler de l’impact des compagnies qui constituent ce groupe sur l’usage de l’eau, des relations avec le secteur public, de l’engagement des communautés et de la nécessité de transparence.
Le mot « enjeu » dans le document tire le signal d’alarme. C’est un rappel que, quelles que soient les apparences des bonnes intentions du Mandat sur l’Eau, les gros « businesses » (affaires) doivent placer leurs intérêts avant les besoins des autres… et plus spécialement les besoins des plus pauvres qui ne pourront jamais contribuer aux bénéfices de ces compagnies. Pour survivre à la crise de l’eau, ces gros « businesses » devront exercer un contrôle accru sur l’eau et son assainissement. Il faut éveiller l’attention sur ce point et agir en conséquence. Autrement nous continuons à laisser dans l’oubli des millions d’individus qui n’ont pas d’accès convenable à une eau de qualité et assainie.
Ban-ki-Moon a malheureusement approuvé le Mandat sur l’Eau en janvier. Au moment où les Nations-Unies devraient s’engager dans la protection de l’eau comme droit humain fondamental ainsi que comme patrimoine écologique, elles s’engagent au contraire dans un contrôle concerté de l’eau. Heureusement, Tony Clarke et ses collègues de l’Institut Polaris au Canada ont été vigilants et ont préparé une lettre au Secrétaire Général de l’ONU, lui demandant de revoir sa prise de position. Nombre d’entre vous ont signé ce document en mars, ajoutant vos signatures au nom de vos organisations.
La réponse vint, non pas de la part de Ban-ki-Moon mais de George Kell, directeur exécutif du Pacte Mondial de l’ONU, le bureau qui, en premier lieu, a encouragé ce mandat. Nous ignorons si cette question fut portée à l’attention de Ban-ki-Moon ou non. Kell a rédigé une défense mesurée ; elle a clarifié le but du Mandat comme celui d’une plateforme où l’on partagerait ses apprentissages et les pratiques émergentes en lien avec la gestion de l’eau et sa durabilité. Il a défendu aussi la transparence et la foi qu’a le bureau du Pacte Mondial que des initiatives volontaires comme celles du Mandat sur l’Eau ne peuvent figurer seules mais doivent être en complémentarité avec les règlements et les actions gouvernementales. 
Cette défense a pourtant ignoré les questions suivantes , questions d’éthique fondamentale :
Nous vivons dans un monde réel où le gros business (les grosses affaires) dirige les débats ; ce n’est pourtant qu’avec la persévérance dans la longue et lente procédure qui veut changer les valeurs du système que justice sera enfin rendue aux pauvres.
Anne Rutter
Qu’est-ce que le Pacte Mondial des Nations-Unies ? Il s’agit d’un pacte par lequel des entreprises s’engagent à aligner leurs opérations et leurs stratégies sur dix principes universellement acceptés touchant les droits de l’homme, les normes du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption. [ www.pactemondial.org ]
Accès à l’eau potable et à son assainissement à l’ordre du jour du sommet G8
Les responsables du G8 auront leur travail bien spécifié quand ils se rencontreront à Hokkaïdo en juillet. Le premier ministre japonais, Yasuo Fukuda doit être félicité pour son insistance à vouloir mettre à l’ordre du jour de la rencontre les difficultés rencontrées pour accomplir les ODM dans le domaine de l’eau et de son assainissement. Espérons que cette fois-ci, à l’opposé des promesses du G8 à Evian en 2003 qui ne se sont jamais matérialisées, un plan d’action concret et contrôlable sera voté. De cela dépendent la santé, l’éducation et le bien-être économique d’au moins 2,5 milliards de personnes, soit un tiers de la population mondiale.
Le secrétariat de Bruxelles a envoyé une lettre en insistant auprès de Mr Yasuo Fukuda pour qu’il s’assure que le G8 s’engage à présenter un plan d’action mondial qui fixe les institutions et les moyens financiers nécessaires pour que ces objectifs soient atteints. Nous demandons que ce plan comprenne:
  * Si, lorsque vous lisez ceci, vous avez encore la possibilité d’écrire à un des responsables du G8 en soulignant à nouveau ces points, votre lettre peut faire la différence!