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NOUVELLES d’AEFJN

Mai 2009 – N° 33

1° La crise alimentaire africaine ne trouvera pas de solution dans des investissements plus importants dans la production : Interview réalisée par Hilaire Avril auprès de Gilles Saint Martin http://www.ipsnews.net/africa/nota.asp?idnews=46793

La crise alimentaire dans les pays africains ne trouvera pas de solution par des investissements voulant augmenter la production agricole car le problème ne se situe pas dans l’offre alimentaire mais dans la pauvreté qui empêche les citadins africains d’acheter les aliments. C’est l’argument de Saint-Martin, en charge des relations internationales pour le CIRAD (Centre international de recherche en agriculture pour le développement). L’approche du CIRAD pour un développement durable se concentre sur les conséquences écologiques, économiques et sociales à long terme du changement dans les pays et communautés en développement. Saint-Martin parle à H. Avril du besoin impérieux d’investir dans la recherche agricole pour l’Afrique, les effets qu’auront les APE sur la production agricole et de l’opportunité pour l’Union africaine d’avoir sa PAC (Politique agricole commune).
         L’auteur souligne que la production agricole a régulièrement crû en Afrique depuis les années 1960 et plus encore depuis les années 1980. Et pourtant la pauvreté met la nourriture à un prix inabordable pour les citadins africains. Il faut des politiques régionales qui encouragent l’activité rurale et aident les citadins à se fournir de ces aliments. Il faut aussi que les capacités de l’Afrique, détruites par les politiques du FMI soient « reconstruites, créées ou consolidées pour préserver les ressources limitées et assurer l’apport alimentaire ». conclut-il.

2° Un nouveau modèle pour le droit humain à la souveraineté alimentaire : http://www.pambazuka.org/en/category/comment/56270

Via Campesina et le bureau international de Friends of the Earth donnent leur réponse aux commentaires de De Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation lors de la 17e session de la commission de l’ONU sur le développement durable. Ils déclarent qu’ils partagent les recommandations et la compréhension large de De Schutter, mais soulignent la centralité de la « souveraineté alimentaire », c’est-à-dire, le droit des diverses communautés et populations de contrôler leur territoire. Ceci, affirment les auteurs, est un processus qui va au-delà de la simple participation des producteurs aux prises de décision en haut lieu ; c’est ce qui positionne activement fermiers et paysans au centre des la production agricole et de son contrôle.

3° L’Iran prêt à financer la production de pétrole en Uganda : New Vision (Uganda) - May 18, 2009.

         L’Iran a accepté de financer la totalité de la chaine de production pétrolière de l’Uganda. Il va aussi contribuer au financement de la raffinerie de pétrole dans ce pays. L’accord a été conclu lors d’une visite de 3 jours du président Yoweri Museveni en Iran. Le communiqué publié à la fin de la visite annonce que les deux pays vont aussi élargir leur coopération pour l’agriculture, surtout dans l’industrie alimentaire, pour les investissements, l’énergie, les mines, l’industrie, la formation professionnelle, le transport aérien, l’informatique, la sécurité publique et les relations étrangères. Les deux pays vont aussi établir une zone de libre échange.
L’Iran a accepté de former des Ougandais dans son Université des études pétrolières et d’autres institutions iraniennes, compétentes dans le domaine pétrolier et une déclaration de la State House annonce que « l’Iran a aussi exprimé être prêt à s’investir dans la chaîne complète de l’industrie pétrolière ougandaise. »
Au plan international, les présidents ont échangé sur la situation du Moyen Orient et de l’Afghanistan ainsi que  dans la région des Grands Lacs et de la Corne de l’Afrique. Ils ont réitéré leur engagement dans le désarmement et la non-prolifération des armes de destruction massive. « Ils ont aussi réaffirmé le droit des pays en développement de développer une énergie nucléaire pour des motifs pacifiques (de développement). »

4° Le gouvernement tanzanien enquête sur la pollution d’une rivière près d’une mine aurifère (North Mara). Nicholas Bariyo, Dowjones Business News ,
http://www.easybourse.com/bourse-actualite/marches/tanzania-government-probes-north-mara-! gold-mine-over-670572
Le gouvernement tanzanien enquête sur les opérations de la North Mara Gold Mine suite à un écoulement chimique à la mine en mai. Ceci a pollué la rivière Tigithe et a privé d’eau pour usage domestique des milliers de résidents. Une équipe gouvernementale enquête sur les circonstances qui ont provoqué  cet écoulement et  sur les mesures atténuantes mises en place par le propriétaire de la mine, Barrick Tanzania Ltd. « L’enquête établira si les mesures de traitement des déchets est en accord avec la législation tanzanienne ». Le directeur de la fondation HELP a déclaré que le gouvernement a déjà montré des signes de collusion avec la compagnie. « La loi est claire, le gouvernement est supposé protéger l’environnement et ses citoyens. La question a été portée dans les départements gouvernementaux compétents la semaine dernière mais rien n’a été fait. » D’après lui, la rivière fournit l’eau à 2.534 foyers de cette région. Les cultures et pâturages le long de la rivière se sont asséchés et 4 têtes de bétail sont mortes après avoir bu de cette eau.
Toujours d’après la même source, la direction n’a agi que sous la menace des riverains de bloquer les routes vers la mine, ce que dément Barrick Gold Corporation, son propriétaire canadien. La direction locale a cependant assuré avoir analysé des échantillons de l’eau de la rivière et annoncé que le taux d’acidité était revenu à la normale. La compagnie accuse les riverains de cet écoulement vu le vandalisme exercé sur les conduites de décharge de la mine. North Mara a eu des relations houleuses avec les populations locales et les deux parties s’accusent d’être à l’origine de ces relations tendues.

5° Réunion des ministres africains des finances sur l’impact de la crise économique : http://tinyurl.com/pk2ujo
Les ministres africains des finances, du plan et du développement économique ont prévu une rencontre au Caire (Egypte) les 6-7 juin pour discuter des mesures à prendre pour faire face à la crise économique mondiale annonce  un chercheur de l’ONU. La Commission économique pour l’Afrique de l’ONU (ECA), dont le siège est à Addis-Abeba a annoncé que la rencontre étudiera les manières de traiter les effets de la crise mondiale par le biais de planifications financières renforcées et les possibilités de récolter des fonds internes à l’Afrique.

6° Les armes et le transport aérien : www.africafocus.org:
« Les compagnies de fret aérien liées au transfert illicite ou déstabilisateur d’armes vers les zones de conflit en Afrique ont eu aussi des contrats répétés pour livrer l’aide humanitaire et soutenir les opérations du maintien de la paix, ceci d’après un rapport publié par le Stockholm International Peace Research Institute(SIPRI). Le rapport révèle que 90% des compagnies de fret aérien nommées dans les rapports sur le trafic d’armes ont aussi été utilisées pour le transport du matériel d’aide humanitaire, des agents de la paix et des équipements à des fins pacifiques.
Le rapport fournit une documentation complète sur les compagnies liées aux conflits dans 6 pays africains et sur leur engagement parallèles dans l’aide humanitaire et le maintien de la paix. Il propose aussi des mesures pour poursuivre et sanctionner ces compagnies, en soulignant le rôle potentiel de la Commission européenne.

7° Les membres des Eglises emploient les media pour influencer dans les négociations commerciales de l’Union européenne : World Alliance of Reformed Churches : www.warc.ch/
L’United Church of Zambia, par une initiative énergique, emploie les théâtres de rues et les ondes de la radio pour encourager ses fidèles à s’engager dans les efforts entrepris pour influencer les négociations entre l’UE et leur pays dans le domaine commercial. Au moment où la majorité des pays africains sont engagés dans des accords bilatéraux avec l’UE pour les termes des Accords de Partenariat Economique (APE), supposés ouvrir les marchés africains par moins de règlements, les membres de l’Eglise apprennent par les média populaires qu’il est important de dire à leur gouvernement de ne pas accepter des politiques qui auraient un effet néfaste sur les services de la santé et de l’éducation.