L'Église se mobilise et s'engage
JORDANIE 9 MAI 2009
1° Discours de
Benoît XVI au Mont Nebo (1)
(Jordanie) :
Père Ministre général, Chers amis,
En ce saint
lieu, consacré à la mémoire de Moïse, je vous salue tous avec affection en
Jésus Christ notre Seigneur. Je remercie le Ministre général de l'Ordre des
Frères mineurs, le Père José Rodriguez Carballo, pour ses mots chaleureux de
bienvenue. Je saisis également cette occasion pour exprimer ma gratitude, et
celle de l'Eglise tout entière, aux Frères de la Custodie pour leur très ancienne
présence sur ces terres, pour leur joyeuse fidélité au charisme de saint
François, et pour leur généreuse sollicitude dans l'assistance spirituelle et
matérielle en faveur des communautés chrétiennes locales et des innombrables
pèlerins qui visitent chaque année la Terre Sainte. Je désire rappeler aussi,
avec une gratitude particulière, le défunt Père Michele Piccirillo, qui a passé
sa vie à l'étude de l'Antiquité chrétienne et qui est enterré dans ce
sanctuaire qu'il a tant aimé.
Il est juste que
mon pèlerinage puisse commencer sur
cette montagne, où Moïse a contemplé de loin la Terre promise. La
magnifique perspective qui s'ouvre depuis l'esplanade de ce sanctuaire nous
invite à méditer sur cette vision prophétique qui embrassait mystérieusement le
grand plan de salut que Dieu avait préparé pour son peuple. C'est en effet
dans la vallée du Jourdain qui s'étend
sous nos yeux que, à la plénitude des temps,
Jean le Baptiste devait venir pour préparer la voie au Seigneur. C'est
dans les eaux du Jourdain que Jésus, après son baptême par Jean, a été
manifesté comme le Fils bien-aimé du Père et que, consacré par l'Esprit-Saint,
il a inauguré son ministère public. Et c'est depuis le Jourdain que l'Evangile
progressera, d'abord à travers la prédication et les miracles du Christ, et
plus tard, après sa résurrection et le don de l'Esprit à la Pentecôte,
jusqu'aux extrémités de la terre par l'œuvre de ses disciples.
Ici, sur les hauteurs du Mont Nébo, la
mémoire de Moïse nous invite à «lever les
yeux» pour embrasser du regard avec gratitude non seulement la
puissante œuvre accomplie par Dieu dans le passé, mais aussi pour regarder avec
foi et espérance vers l'avenir qu'il nous offre, à nous-mêmes et au monde.
Comme Moïse, nous aussi avons été appelés par notre nom, invités à entreprendre
un exode quotidien du péché et de la servitude vers la vie et la liberté, et
nous avons reçu une promesse irrévocable pour guider notre marche.
Dans les eaux du Baptême, nous sommes
passés de l'esclavage du péché à une vie nouvelle et à l'espérance. Dans la
communion de l'Eglise, Corps du Christ, nous attendons de voir la cité céleste,
la nouvelle Jérusalem, où Dieu sera tout en tous. Depuis cette sainte montagne,
Moïse dirige notre regard vers le haut, vers l'accomplissement de toutes les
promesses de Dieu, dans le Christ.
Moïse a contemplé de loin la Terre promise,
au terme de son pèlerinage terrestre. Son exemple nous rappelle que nous
avons part nous aussi à l'immémorial pèlerinage du peuple de Dieu à travers
l'histoire. Dans les pas des prophètes, des apôtres et des saints, nous sommes
appelés à poursuivre la mission du Seigneur, à rendre témoignage à la Bonne
Nouvelle de la miséricorde et de l'amour universel de Dieu, et à œuvrer pour
l'avènement du Royaume du Christ par notre charité, notre service des pauvres
et nos efforts pour être levain de réconciliation, de pardon et de paix autour
de nous. Nous savons nous aussi que, comme Moïse, nous ne verrons probablement
pas le plein accomplissement du plan divin durant notre vie terrestre.
Cependant, nous croyons qu'en assumant la petite part qui nous est confiée,
dans la fidélité à la vocation que chacun de nous a reçue, nous aiderons à
rendre droits les chemins du Seigneur et à accueillir l'aurore de son Royaume.
Et nous savons que le Dieu qui a révélé son nom à Moïse comme le gage qu'il
serait toujours à nos côtés (cf.
Ex 3,
14) nous donnera la force de persévérer dans une espérance joyeuse même au
milieu des souffrances, des épreuves et des tribulations.
Depuis les origines, les chrétiens sont
venus en pèlerinage sur les lieux associés à l'histoire du peuple élu, aux
événements de la vie du Christ et de l'Eglise naissante. Cette grande
tradition, que mon présent voyage entend poursuivre et confirmer, est fondée
sur le désir de voir, de toucher, de goûter dans la prière et la contemplation,
les endroits bénis par la présence physique du Sauveur, de sa sainte Mère, des
Apôtres et des premiers disciples qui l'ont vu relevé d'entre les morts. Ici,
sur les pas des innombrables pèlerins qui nous ont précédés au cours des
siècles, nous sommes provoqués à mesurer plus pleinement le don de notre foi et
à grandir dans cette communion qui transcende toute frontière de langue, de
race et de culture.
L'antique
tradition du pèlerinage sur les lieux saints nous rappelle aussi le lien
inséparable qui unit l'Eglise au peuple juif. Depuis le commencement, l'Eglise
sur cette terre a commémoré dans sa liturgie les grandes figures des
Patriarches et des Prophètes, comme un signe de sa conscience profonde de
l'unité des deux Testaments.
Puisse,
aujourd'hui, notre rencontre nous inspirer un amour renouvelé pour les écrits
de l'Ancien Testament et le désir de dépasser tous les obstacles à la
réconciliation des Chrétiens et des Juifs dans le respect mutuel et la
coopération au service de cette paix à laquelle la Parole de Dieu nous appelle!
Chers amis, rassemblés en ce lieu saint,
que nos yeux et nos cœurs se tournent maintenant vers le Père. Alors que
nous nous préparons à redire la prière que Jésus nous a enseignée,
demandons-lui de hâter la venue de son royaume afin que nous puissions voir
l'accomplissement de son plan de salut, et faire l'expérience, avec saint
François et tous les pèlerins qui nous ont précédés marqués du signe de la foi,
du don de l'indicible paix -
pax et bonum
- qui nous attend dans la Jérusalem céleste.
2° Université de
Madaba (Jordanie) (2): Discours de
Benoît XVI : Bénédiction de la première pierre :
Chers frères Evêques, Chers amis,
C'est pour moi
une grande joie de bénir cette pierre de fondation de l'Université de Madaba.
Je remercie Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, pour
ses aimables paroles de bienvenue. Je désire exprimer aussi ma particulière
reconnaissance à Sa Béatitude le Patriarche émérite Michel Sabbah, à
l'initiative et aux efforts duquel, joints à ceux de Mgr Salim Sayegh, cette
nouvelle institution doit beaucoup. Je remercie également les autorités
civiles, les Evêques, les prêtres, les religieux, les fidèles ainsi que toutes
les personnes qui sont rassemblées pour cette importante cérémonie.
À juste raison,
le
Royaume de Jordanie a donné la
priorité à la tâche de développer et de
perfectionner l'éducation. Je n'ignore pas que dans ce noble
objectif Sa Majesté la Reine Rania est spécialement impliquée et que son
engagement est une source d'inspiration pour beaucoup. Alors que je salue les
efforts des personnes de bonne volonté qui se consacrent à l'éducation, je
relève avec satisfaction la participation compétente et culturellement
qualifiée des institutions chrétiennes, spécialement catholiques et orthodoxes,
dans cet effort général. C'est ce climat qui a poussé l'Eglise catholique, avec
le soutien des autorités jordaniennes, à consacrer des efforts au développement
de l'enseignement universitaire ici et ailleurs. Cette initiative répond aussi
à la requête de nombreuses familles qui, heureuses de la formation donnée dans
les écoles tenues par les autorités religieuses, souhaitent qu'une option
analogue sur le plan universitaire soit offerte.
Je rends hommage
aux promoteurs de cette nouvelle institution pour leur courageuse confiance
qu'une bonne éducation est un point d'appui
essentiel pour l'épanouissement personnel et pour la paix et le développement
de la région. Dans ce contexte, l'Université de Madaba conservera sûrement
à l'esprit
trois objectifs
importants :
- 1° En
développant les talents et la noblesse de comportement des
générations à venir d'étudiants, elle les préparera à servir une communauté
plus large et à élever son niveau de vie.
- 2° En transmettant la
connaissance et en diffusant chez les
étudiants
l'amour de la vérité, elle
fortifiera puissamment leur adhésion aux valeurs authentiques et leur liberté
personnelle.
- 3° Enfin, cette même formation
intellectuelle
aiguisera leur sens
critique, dissipera ignorance et préjugés, et aidera à briser l'attrait
exercé par des idéologies anciennes ou nouvelles.
Le résultat de
ce processus est une université qui n'est pas seulement un lieu où se fortifie
l'adhésion à la vérité et aux valeurs d'une culture donnée, mais un espace de
dialogue et de compréhension. Tout en assimilant leur propre héritage, les
jeunes Jordaniens et les étudiants des pays voisins seront conduits à une
connaissance plus profonde des réussites de l'humanité, seront enrichis par
d'autres points de vue et formés à la compréhension, à la tolérance et à la
paix.
Cette éducation
«
plus large», c'est ce que l'on
attend des institutions d'enseignement supérieur et de leur environnement
culturel, qu'il soit séculier ou religieux.
En fait, croire en Dieu ne dispense pas de la recherche de la vérité;
tout au contraire, cela l'encourage. Saint Paul exhortait les premiers
chrétiens à ouvrir leur esprit à «tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui
est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui
s'appelle «
vertu et mérite des
éloges» (
Ph 4, 8). Bien sûr, la
religion, comme la science et la technologie, comme la philosophie et toutes
les expressions de notre quête de la vérité, peut être corrompue.
La religion est défigurée quand elle est
mise au service de l'ignorance et du préjugé, du mépris, de la violence et des
abus. Dans ce cas, nous ne constatons pas seulement une perversion de la
religion, mais aussi une corruption de la liberté humaine, une étroitesse et un
aveuglement de l'esprit. Il est clair qu'une telle issue n'est pas inévitable.
En effet, quand nous promouvons l'éducation, nous exprimons au contraire notre
confiance dans le don de la liberté. Le cœur humain peut être endurci par les
conditionnements du milieu environnant, par les intérêts et les passions. Mais
toute personne est aussi appelée à la sagesse et à l'intégrité, au choix
décisif et fondamental du bien sur le mal, de la vérité sur la malhonnêteté, et
elle peut être aidée dans cette tâche.
L'appel à l'intégrité morale est perçu
par la personne vraiment religieuse parce que le Dieu de la vérité, de l'amour
et de la beauté, ne peut pas être servi d'une autre façon. Croire en Dieu de
façon mûre est grandement utile à l'acquisition et à l'application même de la
connaissance. Science et technologie offrent d'extraordinaires bienfaits à la
société et ont grandement amélioré la qualité de vie des êtres humains. C'est
là, sans aucun doute, une des espérances de ceux qui promeuvent cette
Université dont la devise est
Sapientia
et Scientia .
En même temps, la
science a ses limites. Elle ne peut répondre à toutes les questions qui
concernent l'homme et son existence. En effet, la personne humaine, sa
place et son rôle dans l'univers, ne peuvent être circonscrits dans les limites
de la science. «
La nature raisonnable de
la personne humaine trouve, et doit trouver, sa perfection dans la sagesse qui
attire avec douceur l'esprit de l'homme à rechercher le vrai et le bien»
(cf.
Gaudium et Spes , n. 15).
L'usage des connaissances scientifiques
requiert la lumière de la sagesse éthique. Telle est la sagesse qui a
inspiré le serment d'Hippocrate, ou la Déclaration Universelle des Droits de
l'Homme de 1948, ou la Convention de Genève et d'autres louables Traités
internationaux. De là, le fait que la sagesse éthique et religieuse, en
répondant au questionnement du sens et des valeurs, joue un rôle central dans
la formation professionnelle. En conséquence, les universités où la quête de la
vérité est liée à la recherche de ce qui est bon et noble, offrent une
contribution indispensable à la société.
Dans le
prolongement de ces réflexions, j'encourage d'une façon particulière les
étudiants chrétiens de Jordanie et des régions voisines, à se consacrer avec
sérieux à une
formation morale et
professionnelle appropriée. Vous êtes appelés à être les bâtisseurs d'une
société juste et pacifique composée de personnes de religions différentes et
d'origines ethniques diverses. Ces réalités - je désire le souligner une fois
de plus - doivent conduire, non à des oppositions, mais à un enrichissement
mutuel. La mission et la vocation de l'Université de Madaba sont précisément de
vous aider à participer plus pleinement à cette tâche.
Chers amis, je
souhaite renouveler mes félicitations au Patriarche latin de Jérusalem et mes
encouragements à tous ceux qui ont pris ce projet à cœur, ainsi qu'à tous ceux
qui sont déjà engagés dans l'apostolat de l'enseignement dans ce pays. Que le
Seigneur vous bénisse et vous soutienne! Je prie pour que votre rêve puisse
devenir bientôt réalité, que vous puissiez voir des générations d'hommes et de
femmes bien formés - chrétiens, musulmans et d'autres religions - prendre leur
place dans la société, professionnellement aptes, compétents dans leur domaine
et éduqués aux valeurs de sagesse, de tolérance et de paix. Sur vous et sur
l'ensemble des futurs étudiants, professeurs et membres de l'administration de
cette Université ainsi que sur leurs familles, j'invoque l'abondance des
bénédictions du Dieu Tout-Puissant. Merci.
3° Visite à la
mosquée de Amman : discours de Benoît XVI (3) :
Altesse Royale, Excellences, Mesdames et Messieurs,
C'est une source de grande joie pour moi de vous rencontrer
ce matin dans ce lieu magnifique. Je souhaite remercier le Prince Ghazi Ben
Mohammed Ben Talal pour ses aimables paroles de bienvenue. Les nombreuses
initiatives de Votre Altesse Royale en vue de promouvoir le dialogue
interreligieux et interculturel sont appréciées par le peuple du Royaume
hachémite et sont très largement reconnues par la communauté internationale. Je
sais que ces efforts reçoivent le soutien actif des autres membres de la
famille royale comme du Gouvernement de la Nation, et qu'elles trouvent un
large écho à travers de nombreuses initiatives de collaboration parmi les
Jordaniens. Pour tout cela, je désire exprimer ma sincère admiration.
Des lieux de
culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal du nom du révéré Roi
défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. Les anciens
comme les modernes, les plus splendides comme les plus humbles,
tous ces édifices nous orientent vers le
Divin, l'Unique transcendant, le Tout-Puissant. À travers les siècles, ces
sanctuaires ont attiré des hommes et des femmes dans leur espace sacré pour
qu'ils s'arrêtent, qu'ils prient, pour qu'ils reconnaissent la présence du
Tout-Puissant et pour qu'ils confessent que nous sommes tous ses créatures.
Pour cette
raison, nous ne pouvons pas manquer d'être interpellés par le fait
qu'aujourd'hui, avec une insistance croissante, certains affirment que la
religion faillit dans son ambition à être, par nature, constructrice d'unité et
d'harmonie, à être une expression de la communion entre les personnes et avec
Dieu.
Certains soutiennent même que la
religion est nécessairement une cause de division dans notre monde; et ils
prétendent que moins d'attention est prêtée à la religion dans la sphère
publique, mieux cela est.
Certainement
et malheureusement, l'existence de tensions et de divisions entre les membres
des différentes traditions religieuses, ne peut être niée. Cependant, ne convient-il pas de reconnaître aussi que c'est
souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins
politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions et,
parfois même, des violences dans la société? Face à cette situation, où les
opposants à la religion cherchent non seulement à réduire sa voix au silence,
mais à la remplacer par la leur, la nécessité pour les croyants d'être
cohérents avec leurs principes et leurs croyances est ressentie toujours plus
vivement. Musulmans et chrétiens, précisément à cause du poids de leur histoire
commune si souvent marquée par les incompréhensions, doivent aujourd'hui s'efforcer
d'être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu fidèles à la
prière :
- Fermement décidés à observer et à
vivre les commandements du Très Haut, miséricordieux et compatissant,
- Cohérents dans le témoignage qu'ils
rendent à tout ce qui est vrai et bon,
- Et toujours conscients de l'origine
commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du
dessein créateur de Dieu à l'égard du monde et de l'histoire.
La détermination
des éducateurs et des responsables civils et religieux jordaniens à s'assurer
que le versant public de la religion reflète sa véritable nature, est digne
d'éloge. L'exemple d'individus et de communautés, avec les cours et les
programmes qui sont proposés
, met en
évidence la contribution positive de la religion dans les secteurs éducatif,
culturel, social et caritatif de la société civile. J'ai pu en avoir un exemple
de première main. Hier, j'ai été le témoin du travail renommé en matière
d'éducation et de réhabilitation du Centre Notre Dame de la Paix, où chrétiens
et musulmans transforment la vie de familles entières, en les assistant pour
que leurs enfants handicapés puissent prendre leur juste place dans la société.
Plus tôt ce matin, j'ai béni la première pierre de l'Université de Madaba où de
jeunes adultes chrétiens et musulmans bénéficieront côte à côte d'un
enseignement universitaire, les rendant aptes à contribuer de façon appropriée
au développement économique et social de leur nation. Les
nombreuses initiatives de dialogue interreligieux soutenues par la
famille royale, par la communauté diplomatique, et parfois entrepris en
coordination avec le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux sont
aussi dignes d'éloge. Cela inclut le travail actuel accompli par l'Institut
royal pour les Etudes interreligieuses et pour la Croyance islamique, le
Message d'Amman de 2004, le
Message interreligieux d'Amman de 2005
et, plus récemment, la lettre
Common Word
(Parole commune) qui faisait écho à un thème consonnant à celui de ma
première Encyclique: le lien indissoluble entre l'amour de Dieu et l'amour du
prochain, et la nature fondamentalement contradictoire de l'usage de la
violence et de l'exclusion au nom de Dieu (cf.
Deus caritas est , n.16).
De telles
initiatives conduisent clairement à une
meilleure
connaissance réciproque, et elles favorisent un respect grandissant à la fois
pour ce que nous avons en commun et pour ce que nous comprenons différemment.
Ainsi, devraient-elles pousser les Chrétiens et les Musulmans à explorer
toujours plus profondément la relation essentielle entre Dieu et ce monde de
telle façon que nous puissions nous efforcer d'assurer que la société
s'établisse en harmonie avec l'ordre divin. À cet égard, la coopération
développée ici en Jordanie est une illustration exemplaire et encourageante
pour la région, et même pour le monde, de la contribution positive et créatrice
que la religion peut et doit apporter à la société civile.
Chers amis, je
désire aujourd'hui mentionner une tâche dont j'ai parlé à de nombreuses
reprises et dont je crois fermement que Chrétiens et Musulmans peuvent la
prendre en charge, particulièrement à travers leurs contributions respectives à
l'enseignement et à l'éducation ainsi qu'au service public. Il s'agit du
défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le
vaste potentiel de la raison humaine. Les Chrétiens parlent en effet de
Dieu, parmi d'autres façons, en tant que Raison créatrice, qui ordonnes et
gouverne le monde. Et Dieu nous rend capables de participer à sa raison et donc
d'accomplir, en accord avec elle, ce qui est bon. Les Musulmans rendent un
culte à Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui a parlé à l'humanité. En
tant que croyants au Dieu unique, nous savons que la raison humaine est
elle-même un don de Dieu et qu'elle s'élève sur les cimes les plus hautes quand
elle est éclairée par la lumière de la vérité divine. En fait, quand la raison
humaine accepte humblement d'être purifiée par la foi, elle est loin d'en être
affaiblie; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et
pour dépasser ses propres limites. De cette façon, la raison humaine est
stimulée à poursuivre le noble but de servir le genre humain, en traduisant nos
aspirations communes les plus profondes et en élargissant le débat public,
plutôt qu'en le manipulant ou en le confinant. Ainsi, l'adhésion authentique à
la religion - loin de rendre étroits nos esprits - élargit-elle l'horizon de la
compréhension humaine. Elle protège la société civile des excès de l'égo
débridé qui tend à absolutiser le fini et à éclipser l'infini, elle assure que
la liberté s'exerce «
main dans la main»
avec la vérité, et elle enrichit la culture avec des vues relatives à tout ce
qui est vrai, bon et beau.
Cette manière de
concevoir la raison, qui pousse continuellement l'esprit humain au-delà de
lui-même dans la quête de l'Absolu, constitue un défi; elle oblige à la fois à
l'espérance et à la prudence.
Chrétiens
et Musulmans sont poussés, ensemble, à rechercher tout ce qui est juste et vrai.
Nous sommes liés pour dépasser nos propres intérêts et pour encourager les
autres, les fonctionnaires et les responsables en particulier, à agir de même
pour faire leur la profonde satisfaction de servir le bien commun, même s'il
doit en coûter personnellement. N'oublions pas que parce que c'est notre
commune dignité humaine qui donne naissance aux droits humains universels,
ceux-ci valent également pour tout homme et toute femme, quelque soit sa
religion et quelque soit le groupe ethnique ou social auquel il appartienne. À
cet égard, nous devons noter que le droit à la liberté religieuse dépasse la
seule question du culte et inclut le droit - spécialement pour les minorités -
d'avoir accès au marché de l'emploi et aux autres sphères de la vie publique.
Avant de vous quitter,
je voudrais ce matin mentionner de manière spéciale la présence parmi nous de
Sa Béatitude Emmanuel iii Delly, Patriarche de Bagdad, que je salue
chaleureusement. Sa présence me conduit à faire mémoire du peuple voisin, celui
d'Iraq, dont de nombreux membres ont trouvé refuge ici en Jordanie. Les efforts
de la communauté internationale pour promouvoir la paix et la réconciliation,
conjugués à ceux des responsables locaux, doivent continuer afin de porter des
fruits dans la vie des Iraquiens. Je souhaite exprimer ma reconnaissance à tous
ceux qui sont engagés dans les efforts pour renouer la confiance et pour
rebâtir les institutions et les infrastructures nécessaires au bien-être de ce
pays. Et, une fois encore, j'invite avec insistance les diplomates et la
communauté internationale qu'ils représentent, ainsi que les responsables
politiques et religieux locaux, à faire tout ce qui est possible pour assurer à
l'antique communauté chrétienne de cette noble terre ses droits fondamentaux à
une cœxistence pacifique avec l'ensemble des autres citoyens.
Chers amis, je
crois que les sentiments que j'ai exprimés aujourd'hui nous donnent une
espérance renouvelée face à l'avenir.
Notre
amour et notre service devant le Tout Puissant s'expriment, non seulement dans
notre culte, mais aussi dans notre amour et notre préoccupation pour les
enfants et les jeunes - vos familles - et tous les Jordaniens. C'est pour
eux que vous travaillez et ce sont eux qui motivent votre exigence de placer le
bien de toute personne humaine au cœur des institutions, des lois et des
travaux de la société. Puisse la raison, humble et ennoblie par la grandeur de
la vérité de Dieu, continuer à modeler la vie et les institutions de ce pays,
de telle sorte que les familles puissent prospérer et que tous puissent vivre
en paix, en contribuant à la culture qui donne son unité à ce grand royaume et
en la faisant grandir! Merci beaucoup!
4° Vêpres en la
cathédrale grecque melkite de Amman : Homélie de Benoît XVI (4):
Chers Frères et Sœurs,
C'est pour moi
une grande joie de célébrer les Vêpres avec vous ce soir dans la cathédrale
grecque-melkite Saint-Georges. Je salue chaleureusement Sa Béatitude Grégorios
III Laham, le Patriarche grec-melkite, qui de Damas nous a rejoints,
l'Archevêque émérite Georges El-Murr et Mgr Yaser Ayyach, Archevêque de Pétra
et de Philadelphie, que je remercie pour ses aimables paroles d'accueil et je
lui adresse, en retour, mes sentiments respectueux. Je salue aussi les
responsables des autres Eglises catholique orientales présents - Maronite,
Syriaque, Arménienne, Chaldéenne et Latine. À vous tous, aux prêtres, aux
religieuses et aux religieux, aux séminaristes et aux fidèles laïcs rassemblés
ici ce soir, j'exprime mes sincères remerciements de m'avoir donné l'occasion
de prier et de goûter un peu de la richesse de nos traditions liturgiques.
L'église, elle-même, est un peuple de
pèlerins; elle a été ainsi marquée, à travers les siècles, par des
événements historiques déterminants et par des époques culturelles d'importance.
Malheureusement, certaines ont parfois été accompagnées par des épisodes
d'oppositions théologiques ou d'oppression. En revanche, d'autres ont été des
moments de réconciliation - renforçant merveilleusement la communion de
l'Eglise - et des temps de florissants renouveaux culturels auxquels les
chrétiens de l'Orient ont largement contribué.
Les Eglises particulières à l'intérieur de l'Eglise universelle
manifestent le dynamisme de leur pèlerinage terrestre et offrent à tous les
membres de la communauté des croyants un trésor de traditions spirituelles,
liturgiques et ecclésiales qui fait ressortir la bonté universelle de Dieu et
son désir, vérifié à travers l'histoire, de les introduire tous dans sa vie
divine.
Le trésor
antique et vivant des traditions des Eglises orientales enrichit l'Eglise
universelle et ne devrait jamais être compris comme des réalités à préserver
seulement. Tous les chrétiens sont appelés à répondre activement au
commandement du Seigneur - comme saint Georges, d'après le souvenir populaire,
le fit en des circonstances dramatiques - de conduire les autres à Le connaître
et à L'aimer. Dans les faits, les vicissitudes de l'histoire ont fortifié les
membres des Eglises particulières pour remplir ce devoir avec vigueur et se confronter
résolument aux réalités pastorales de ce temps. La plupart d'entre vous
possèdent des liens antiques avec le Patriarcat d'Antioche; vos communautés
sont donc enracinées ici au Proche-Orient.
Et,
tout comme il y a tout juste deux mille ans, c'est à Antioche que les disciples
furent pour la première fois appelés chrétiens, ainsi, aujourd'hui, en tant
que petites minorités disséminées en communautés sur ces territoires, vous êtes
également reconnus comme les disciples du Seigneur. La dimension publique de
votre foi chrétienne ne se restreint pas à la sollicitude spirituelle que vous
vous portez les uns aux autres et à votre peuple, aussi essentiel que cela
soit. Mais au contraire, vos
nombreuses
entreprises inspirées par la charité universelle s'étendent à tous les
Jordaniens - musulmans et personnes d'autres religions - ainsi qu'au grand
nombre de réfugiés que ce Royaume accueille si généreusement.
Chers frères et
sœurs, le premier Psaume (103) que nous avons proclamé ce soir nous présente
par des images magnifiques de Dieu, la libéralité du Créateur, présent
activement dans sa création, suscitant la vie par sa généreuse bonté et l'ordre
de sa sagesse, toujours prêt à renouveler la face de la terre! Cependant, le
passage de l'épître que nous venons d'entendre dresse une autre perspective. Il
nous avertit, non pas de manière menaçante, mais réaliste, de la
nécessité de demeurer vigilants, d'être
attentifs aux forces du mal à l'œuvre dans notre monde et qui sont à l'origine
des ténèbres (cf. Ep 6, 10-20). Certains pourraient être tentés de penser
qu'il y a là une contradiction; en réfléchissant pourtant sur notre expérience
humaine ordinaire, nous constatons un combat spirituel, nous
prenons conscience du besoin quotidien de
demeurer et de vivre dans la lumière du Christ, de choisir la vie, de
rechercher la vérité. En effet, ce mouvement - tourner le dos au mal et se
ceindre de la force du Seigneur - est ce que nous célébrons à chaque baptême,
l'entrée dans la vie chrétienne, le premier pas dans la voie des disciples du
Seigneur. Rappelant le baptême du Christ par Jean dans les eaux du Jourdain,
l'assemblée prie pour que celui qui est baptisé soit arraché au royaume des
ténèbres et placé dans la splendeur de la lumière du Royaume de Dieu et reçoive
ainsi le don de la vie nouvelle.
La dynamique de
ce mouvement qui va de la mort à la nouveauté de la vie, des ténèbres à la
lumière, du désespoir à l'espérance, dont nous faisons l'expérience si
fortement pendant le Triduum, et qui est célébré si joyeusement à Pâques,
permet à l'Eglise elle-même de rester jeune. Elle est vivante parce que le
Christ est vivant, vraiment ressuscité. Vivifiée par la présence de l'Esprit,
elle parvient chaque jour à attirer des hommes et des femmes vers le Dieu
vivant. Chers Evêques, prêtres, religieuses et religieux et fidèles laïcs, vos
rôles respectifs dans le service et la mission au sein de l'Eglise constituent
la réponse inlassable d'un peuple de pèlerins. Vos rites liturgiques, votre
discipline ecclésiastique et votre héritage spirituel sont un témoignage vivant
de votre tradition ininterrompue. Vous donnez un écho plus ample à la première
prédication de l'Evangile, vous ravivez la mémoire antique des œuvres du
Seigneur, vous rendez présente sa grâce de salut et vous diffusez à nouveau les
premières lueurs de la lumière de Pâques et les vibrantes flammes de la
Pentecôte.
En ce sens, en
imitant le Christ, ainsi que les
patriarches et les prophètes de l'Ancien Testament,
nous nous disposons à conduire le peuple du désert vers le lieu de la
vie, vers le Seigneur qui nous donne la vie en abondance. Ceci marque
l'ensemble de vos œuvres apostoliques, dont la variété et la dimension sont
grandement appréciées. Des écoles maternelles jusqu'aux établissements
d'enseignement supérieur, des orphelinats jusqu'aux foyers pour personnes
âgées, du travail avec les réfugiés jusqu'aux académies de musique, aux
cliniques et aux hôpitaux, aux initiatives culturelles et celles qui sont liées
au dialogue interreligieux, votre présence dans cette société est un
merveilleux signe de l'espérance qui nous définit comme chrétiens.
Cette espérance déborde le cadre de nos
communautés chrétiennes. Souvent, vous constatez que les familles
appartenant à d'autres religions, avec lesquelles vous travaillez et auxquelles
vous offrez un service de charité, partagent des préoccupations et des soucis
qui dépassent les frontières culturelles ou religieuses. Cela est
particulièrement notable en ce qui concerne les espoirs et les aspirations des
parents pour leurs enfants. Qui, en tant que parent ou personne de bonne
volonté, pourrait ne pas être troublé par les influences néfastes si présentes
dans notre monde globalisé, notamment les facteurs destructeurs présents dans
l'industrie du divertissement qui exploite sans cœur l'innocence et la
sensibilité des jeunes et des personnes vulnérables? Malgré tout,
en gardant les yeux fermement fixés sur le
Christ, lumière qui dissipe tout mal, qui restaure l'innocence perdue, qui
abaisse l'orgueil du monde,
vous pourrez
avoir une vision magnifique d'espérance pour tous ceux que vous rencontrez et
que vous servez.
Je voudrais
conclure par une parole particulière d'encouragement à l'égard de ceux qui sont
ici présents et qui
sont en formation en
vue de la prêtrise ou de la vie religieuse. Guidés par la lumière du Christ
ressuscité, brûlant de son espérance, et revêtus de la vérité et de l'amour,
votre témoignage portera d'abondantes bénédictions à ceux que vous rencontrerez
le long du chemin. Et ceci vaut également pour vous tous jeunes chrétiens
jordaniens: n'ayez pas peur d'offrir votre contribution sage, pondérée et
respectueuse à la vie publique du Royaume. La voix authentique de la foi
apporte toujours intégrité, justice, compassion et paix!
Chers amis, avec
des sentiments de grand respect pour vous tous qui êtes rassemblés avec moi
pour la prière vespérale, je vous remercie encore de vos prières pour mon
ministère de successeur de Pierre et je vous assure, ainsi que tous ceux qui
sont confiés à votre sollicitude pastorale, de mon souvenir pour vous dans ma
prière quotidienne.
5° Le ministre
général franciscain accueille Benoît XVI au Mont Nebo : Allocution du P.
José Rodríguez Carballo, ofm(5) :
Très Saint Père,
veuillez recevoir au nom de tous les Frères Mineurs qui vivent en Terre Sainte
et de tout l'Ordre le salut de saint François : Que le Seigneur vous donne la
Paix !
Ici, sur le Mont
Nebo, aux portes de la terre promise, nous vous souhaitons la bienvenue au
début de votre pèlerinage en Terre Sainte
.
Ici, Moïse, au terme de l'exode, eut la grâce de voir la terre que le Seigneur
avait promise à son peuple. La promesse de Dieu devenait finalement
réalité. Moïse avait conduit Israël pendant quarante ans. Pendant quarante ans,
il avait été la voix de Dieu pour le peuple et la voix du peuple auprès de
Dieu. Il avait reçu du Seigneur la loi et l'avait transmise à Israël afin qu'il
l'observe.
Il avait aidé le peuple à
grandir dans la foi, l'exhortant et le soutenant dans les moments de
découragement mais l'admonestant et le reprenant aussi lorsque la tentation des
oignons d'Egypte se faisait plus forte.
Grâce
à Moïse, Israël avait appris à mieux connaître son Seigneur : un Dieu
prévoyant qui n'abandonne jamais son peuple. Un Dieu qui, durant le chemin, est
lumière dans les ténèbres et repos de la fatigue. Un Dieu qui tient compte des
besoins de ses fils au travers de la manne du ciel et de l'eau de la roche. Un
Dieu qui descend dans une tente pour demeurer au milieu d'eux et, avec eux, se
fait pèlerin. Ainsi,
Moïse non seulement
conduisit le peuple de l'Alliance vers cette terre, mais surtout le conduisit à
son Seigneur et Sauveur.
Très Saint Père,
vous avez voulu vous faire aujourd'hui pèlerin, nous rappelant que telle est la
condition du peuple de Dieu. Au cours de ce voyage, vous n'êtes pas seul. Nous
désirons vous accompagner, mieux, vous suivre, comme par un temps le peuple
d'Israël avait suivi Moïse et s'était fait conduire par lui. Nous aussi
aujourd'hui, nous nous sentons comme dans le désert et nous avons besoin de
celui qui nous conduit au Seigneur, de quelqu'un qui nous aide à le connaître
toujours plus comme un Père prévoyant et miséricordieux, comme notre Seigneur
Jésus-Christ nous l'a révélé. Souvent, en effet, nous sommes pris par le
découragement et par la peur lorsque le chemin se fait âpre et dur
. Parfois, il semble que le mal prévaut.
Partout, nous voyons des guerres et des violences. Il existe encore tant de
pauvreté qu'elle écrase une grande partie de l'humanité alors que les droits
humains les plus élémentaires sont foulés aux pieds. La soif de richesse et de
pouvoir fait que les hommes n'hésitent pas à dévaster la création qui leur
avait été confiée afin qu'ils en prennent soin. La foi en la promesse de la
terre où coulent le lait et le miel, dans le Royaume qui croît sans faire de
bruit comme une petite graine de moutarde, risque de s'évanouir dans nos coeurs
et nous risquions d'être tentés d'abandonner la charrue et de nous retourner.
Ici, sur ce
mont, l'un de nos confrères, frère Michele Piccirillo, que le Seigneur a
récemment appelé à Lui, a dédié sa vie entière afin de nous permettre de goûter
la beauté de ces lieux, nous restituant les chefs d'oeuvre perdus et enfouis
par les siècles. Son oeuvre, outre son immense valeur scientifique, nous enseigne
qu'il est dans la nature profonde de l'homme d'aller toujours à la recherche de
la vraie beauté.
Très Saint Père, au
cours de ce pèlerinage, nous nous confions à vous. Portez nos supplications aux
Seigneur et adressez-nous, une fois encore, cette Parole qui est la seule à
pouvoir nous donner le salut. Aidez-nous à redécouvrir la beauté de notre
vocation, la beauté d'être disciples du Ressuscité. Alors, comme les disciples,
nous aurons le courage de laisser derrière nous notre cénacle, comode et sûr, pour
nous mettre à nouveau sur les routes du monde, en témoignant à tous la joie de
Pâques.
Frère José Rodríguez Carballo ofm
Ministre général
1-
ROME, Samedi 9 mai 2009 ( ZENIT.org
) - Nous publions ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé
ce samedi matin, au Mont Nebo, en Jordanie, où se trouve l'antique Basilique du
« Mémorial de Moïse » confiée à la custodie franciscaine de Terre
sainte. Selon la tradition, c'est à cet endroit que le Seigneur montra la Terre
promise à Moïse, au terme de l'épreuve du désert, 40 ans après l'exode
d'Egypte. À son arrivée, le pape a été accueilli par le ministre général de
l'Ordre des frères mineurs, le P. José Rodríguez Carballo. Nous publions
ci-dessous le discours prononcé par le pape. © Copyright : Librairie Editrice
du Vatican
2-
ROME, Samedi 9 mai 2009 ( ZENIT.org ) - Nous publions ci-dessous le discours
que le pape Benoît XVI a prononcé ce samedi matin, à l'occasion de la
bénédiction de la première pierre de l'Université du patriarcat latin, dans la
ville de Madaba, en Jordanie. © Copyright : Librairie Editrice du Vatican.
3-
ROME, Samedi 9 mai 2009 ( ZENIT.org
) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI
a prononcé ce samedi en fin de matinée, à l'extérieur de la mosquée « Al-Hussein
Bin Talal », à Amman, en présence des responsables religieux musulmans, du
Corps diplomatique et des recteurs des universités de Jordanie. Le pape a
prononcé son discours après la salutation du Prince Ghazi Bin Muhammed Bin
Talal, un des signataires du Message adressé au pape et aux responsables
chrétiens en octobre 2007 par 138 intellectuels musulmans pour promouvoir la
paix dans le monde. © Copyright : Librairie Editrice du Vatican.
4-
ROME, Samedi 9 mai 2009 ( ZENIT.org
) - Nous publions ci-dessous le texte de l'homélie que le pape Benoît XVI a
prononcée ce samedi en fin d'après-midi, dans la cathédrale grecque melkite
saint George, à Amman, en Jordanie, dans le cadre de son voyage en Terre sainte
(8-15 mai). © Copyright : Librairie Editrice du Vatican
5-
ROME, samedi 9 mai 2009 ( ZENIT.org
) - Nous publions ci-dessous le texte de l'allocution prononcée par le père
José Rodríguez Carballo, ofm, ministre général franciscain, à l'arrivée de
Benoît XVI dans la basilique du Mémorial de Moïse sur le Mont Nebo.