L'Église se mobilise et s'engage
BENOIT XVI ISRAEL
12 MAI 2009
1° Discours de
Benoît XVI à la Communauté musulmane de Jérusalem (1)
Chers Amis Musulmans,
As-salámu ‘aláikum ! La paix soit avec vous !
Je remercie
cordialement le Grand Mufti, Muhammad Ahmad Hussein, ainsi que le Président du
Waqf Islamique de Jérusalem, Sheikh Mohammed Azzam al-Khatib al-Tamimi, et le
Chef du Conseil Awquaf, Sheikh Abdel Azim Salhab, pour leurs aimables paroles
de bienvenue. Je vous suis profondément reconnaissant de m'avoir invité à
visiter ce lieu sacré, et je présente volontiers mes respects à vous-mêmes et
aux responsables de la Communauté musulmane de Jérusalem.
Le dôme du Rocher invite nos cœurs et nos
esprits à réfléchir sur le mystère de la création et sur la foi d'Abraham.
Ici, les chemins des trois grandes religions monothéistes du monde se
rencontrent, nous rappelant ce qu'elles ont en commun. Chacune croit en un Dieu
unique, créateur et régissant toute chose. Chacune reconnaît en Abraham un
ancêtre, un homme de foi auquel Dieu accorda une bénédiction spéciale. Chacune
a rassemblé de nombreux disciples tout au long des siècles et a inspiré un
riche patrimoine spirituel, intellectuel et culturel.
Dans un monde
tristement déchiré par les divisions, ce lieu sacré sert de stimulant et met aussi
les hommes et les femmes de bonne volonté au défi de travailler afin que soient
dépassés les malentendus et les conflits du passé et que soit ouvert le chemin
d'un dialogue sincère destiné à construire un monde de justice et de paix pour
les futures générations.
Puisque les
enseignements des
traditions religieuses
concernent, en fin de compte, la réalité de Dieu, le sens de la vie et la
destinée commune de l'humanité - c'est-à-dire, tout ce qu'il y a de plus
sacré et de plus précieux pour nous -, on peut être tenté ici de s'engager dans
un tel dialogue avec crainte et doute quant aux possibilités de succès.
Néanmoins, nous pouvons commencer par
nous
appuyer sur la foi au Dieu unique, source infinie de justice et de miséricorde,
puisqu'en lui ces deux qualités existent dans un parfaite unité.
Ceux qui croient en son nom ont le devoir
de s'efforcer inlassablement d'être justes en imitant son pardon, car les
deux qualités sont orientées intrinsèquement vers la coexistence pacifique et
harmonieuse de la famille humaine.
Pour cette
raison, il est de la plus haute importance que ceux qui adorent le Dieu Unique
puissent montrer qu'ils sont à la fois enracinés dans et orientés vers l'unité
de la famille humaine tout entière. En d'autres termes,
la fidélité au Dieu Unique, le Créateur, le Très-Haut, conduit à
reconnaître que les êtres humains sont fondamentalement en relation les uns
avec les autres,
puisque tous
doivent leur existence véritable à une seule source et tous marchent vers une
fin commune. Marqués du sceau indélébile du divin, ils sont appelés à jouer
un rôle actif en réparant les divisions et en promouvant la solidarité humaine.
Cela fait peser sur nous une grande
responsabilité. Ceux qui honorent le Dieu Unique croient qu'il tiendra les
êtres humains responsables de leurs actions. Les Chrétiens affirment que le don
divin de la raison et de la liberté est à la base de ce devoir de répondre de
ses actes. La raison ouvre l'esprit à la compréhension de la nature et de la
destinée communes de la famille humaine, tandis que la liberté pousse les cœurs
à accepter l'autre et à le servir dans la charité.
L'amour indivisible pour le Dieu Unique et la charité envers le
prochain deviennent ainsi le pivot autour duquel tout tourne. C'est
pourquoi nous travaillons infatigablement pour préserver les cœurs humains de
la haine, de la colère ou de la vengeance.
Chers amis, je
suis venu à Jérusalem pour un pèlerinage de foi. Je remercie Dieu de cette
occasion qui m'est donnée de vous rencontrer comme Évêque de Rome et Successeur
de l'Apôtre Pierre, mais aussi comme fils d'Abraham, en qui «
seront bénies toutes les familles de la
terre » (
Gn 12, 3 ;
cf.
Rm 4, 16-17).
Je vous assure que l'Église désire
ardemment coopérer au bien-être de la famille humaine. Elle croit fermement
que la réalisation de la promesse faite à Abraham est universelle dans son
ampleur, embrassant tout homme et toute femme, sans considération pour sa
provenance ou pour son statut social. Tandis que Musulmans et Chrétiens
poursuivent le dialogue respectueux qu'ils ont entamé, je
prie pour qu'ils cherchent comment l'Unicité de Dieu est liée de façon
inextricable à l'unité de la famille humaine :
- En se soumettant à son dessein d'amour sur la création,
- En étudiant la loi inscrite dans le cosmos et gravée dans
le cœur de l'homme,
- En réfléchissant sur le don mystérieux de l'autorévélation
de Dieu, puissent les croyants continuer à maintenir leurs regards fixés sur la
bonté absolue de Dieu, sans jamais perdre de vue la manière dont elle se reflète
sur le visage des autres !
Avec ces
sentiments, je demande humblement au Tout-Puissant de vous apporter la paix et
de bénir l'ensemble des populations bien-aimées de cette région. Puissions-nous
nous efforcer de vivre dans un esprit d'harmonie et de coopération, rendant
témoignage au Dieu Unique en servant généreusement les autres ! Merci.
2° Discours de
Benoît XVI à la Communauté juive de Jérusalem (2) :
Messieurs les Grands Rabbins, Chers Amis,
Je vous suis
reconnaissant de m'avoir invité à visiter Heichal Shlomo et à vous rencontrer
durant mon voyage en Terre Sainte en tant qu'Évêque de Rome. Je remercie le
Rabbin Sépharade Shlomo Amar et le Rabbin Ashkenaze Yona Metzger pour leurs
paroles chaleureuses de bienvenue et pour le désir qu'ils ont exprimé de
continuer à renforcer les liens d'amitié que l'Église catholique et le Grand
Rabbinat se sont efforcés avec assiduité de forger au cours des dernières
décennies. Vos visites au Vatican en 2004 et 2005 sont un signe de la bonne
volonté qui caractérise le développement de nos relations.
Messieurs les
Rabbins, en retour, je vous exprime mes propres sentiments de respect et
d'estime, que j'étends à vos communautés, et je vous assure de mon désir
d'approfondir la compréhension mutuelle et la coopération entre le Saint-Siège,
le Grand Rabbinat d'Israël et le peuple juif à travers le monde.
C'est une source
de grande satisfaction pour moi, depuis le début de mon pontificat, de voir les
fruits produits par le dialogue en court entre la Délégation de la Commission
du Saint-Siège pour les Relations religieuses avec les Juifs et le Grand
Rabbinat de la Délégation d'Israël pour les Relations avec l'Église catholique.
Je désire remercier les membres des deux délégations pour leur dévouement et
leur dur labeur en vue de concrétiser cette initiative, si ardemment désirée
par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, comme il l'avait exprimé
durant le Grand jubilé de l'An 2000.
Notre rencontre,
aujourd'hui, est une occasion des plus appropriées de remercier le
Tout-Puissant pour les nombreuses bénédictions qui ont accompagnées le dialogue
conduit par la Commission bilatérale, et pour envisager avec confiance les
prochaines sessions.
La bonne volonté
des délégués à discuter ouvertement et patiemment non seulement sur les points
de convergence, mais aussi de désaccord, a déjà ouvert la voie à une
collaboration plus effective dans la vie publique. Juifs et Chrétiens sont
concernés de la même manière pour assurer le respect de la nature sacrée de la
vie humaine, le caractère central de la famille, une éducation solide des
jeunes, et la liberté de religion et de conscience dans une société saine. Ces
thèmes de dialogue ne sont toutefois que les phases initiales de ce qui, nous
le croyons, sera un cheminement continu et progressif vers une compréhension
mutuelle plus grande.
Une indication
du potentiel de ces rencontres peut être facilement aperçue à travers
notre commune préoccupation face au
relativisme moral et aux violations qu'il engendre contre la dignité de la
personne humaine. En abordant les questions éthiques les plus urgentes de
notre époque, nos deux communautés sont confrontées au
défi d'engager les hommes de bonne volonté à se placer au niveau de la
raison, tandis que simultanément, elles doivent mettre en évidence les
fondements religieux qui soutiennent le mieux les valeurs morales ultimes.
Puisse le dialogue qui a commencé, continuer à susciter des idées sur la
manière dont les Chrétiens et les Juifs peuvent travailler afin que grandisse
l'estime de la société envers la contribution remarquable de nos traditions
religieuses et éthiques. Ici, en Israël, étant donné que les Chrétiens ne
constituent seulement qu'une petite portion de la population totale, ils
attachent une valeur particulière aux occasions de dialogue avec leurs voisins
juifs.
La confiance est sans aucun doute un
élément essentiel du dialogue véritable. Aujourd'hui, m'est offerte la
possibilité de répéter que l'Église catholique est engagée de façon irrévocable
sur le chemin choisi par le Concile Vatican II en faveur d'une réconciliation
authentique et durable entre les Chrétiens et les Juifs. Comme
Nostra Aetate le dit clairement,
l'Église continue de valoriser le patrimoine commun aux Chrétiens et aux Juifs
et désire une compréhension mutuelle et un respect toujours plus profonds à
travers les études bibliques et théologiques comme à travers les dialogues
fraternels. Puissent les sept rencontres des Commissions bilatérales qui se
sont déjà tenues entre le Saint-Siège et le Grand Rabbinat en être une
preuve ! Je vous suis donc reconnaissant de l'assurance que vous avez
manifestée que les relations entre le Saint-Siège et le Grand Rabbinat
continueront, à l'avenir, à croître dans le respect et la compréhension.
Chers amis, je vous
exprime à nouveau ma profonde appréciation pour l'accueil que vous m'avez
réservé aujourd'hui. Je suis sûr que notre amitié continuera d'être un exemple
de confiance dans le dialogue entre Juifs et Chrétiens à travers le monde. En
regardant les réalisations accomplies jusqu'à présent, et en tirant notre
inspiration des Saintes Écritures, nous pouvons regarder l'avenir avec
confiance concernant la coopération toujours plus ardente entre nos communautés
- ainsi qu'avec toutes les personnes de bonne volonté - afin de dénoncer la
haine et les persécutions à travers le monde.
Je prie pour que Dieu, qui cherche nos cœurs et connaît nos pensées
(
Ps 139, 23),
continue à nous éclairer de sa sagesse, afin que nous puissions
suivre ses commandements de l'aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et
de toutes nos forces (cf.
Dt 6, 5),
et d'aimer notre prochain comme nous-mêmes (
Lv 19, 18). Je vous remercie.
3° Discours de
Benoît XVI au Cénacle en présence des Ordinaires de Terre sainte ftn3:
Chers Frères Évêques, Révérend Père Custode,
Je vous salue
avec grande joie, vous les Évêques de Terre Sainte, en cette Chambre Haute où
le Seigneur ouvrit son cœur aux disciples qu'il s'était choisis et où il
célébra le Mystère pascal et où l'Esprit Saint, le jour de la Pentecôte, poussa
les premiers disciples à aller prêcher la bonne nouvelle. Je remercie le Père
Pizzaballa pour les paroles chaleureuses de bienvenue qu'il m'a adressées en
votre nom. Vous représentez les communautés catholiques de Terre Sainte,
lesquelles, par leur foi et leur ferveur, sont comme des chandelles allumées
qui illuminent les lieux saints chrétiens sanctifiés par la présence de Jésus,
notre Seigneur, le Vivant. Ce privilège unique vous donne, à vous-mêmes et à
vos fidèles, une place particulièrement chère dans mon cœur de Successeur de
Pierre.
«
Jésus, sachant que son heure était
venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans
le monde, les aima jusqu'à la fin » (
Jn 13, 1). La
Chambre Haute
évoque pour nous le souvenir de la dernière Cène de notre Seigneur avec
Pierre et les autres Apôtres, et l'Église y est invitée à une contemplation
priante. C'est dans ces sentiments que nous nous rassemblons, le Successeur de
Pierre avec les successeurs des Apôtres, en ce lieu même où Jésus révéla, dans
l'offrande de son corps et de son sang, les nouvelles profondeurs de l'alliance
d'amour établie entre Dieu et son peuple. Dans la Chambre Haute, le mystère de
la grâce et du salut, dont nous sommes les bénéficiaires en même temps que les
hérauts et les ministres, ne peut s'exprimer que par l'amour. C'est parce que,
le premier, il nous a aimés et qu'il continue à le faire, que nous pouvons
répondre avec amour (cf.
Deus caritas est
, n. 2).
Notre vie de chrétiens
n'est pas simplement un effort humain pour vivre les exigences de l'Évangile
comme des devoirs qui nous seraient imposés.
Dans l'Eucharistie, nous sommes entraînés dans un mystère d'amour
divin. Nos vies se transforment alors en une acceptation pleine de
reconnaissance, docile et agissante de la puissance d'un amour qui nous est
donné. Cet amour transformant, qui est grâce et vérité (cf.
Jn 1, 17),
nous pousse, comme individus et comme communautés,
à dépasser la tentation de nous retourner
sur nous-mêmes dans l'égoïsme ou la paresse, dans l'isolement, les préjugés
ou la crainte,
et à nous donner
généreusement au Seigneur et aux autres. Il nous engage, comme communautés
chrétiennes, à être fidèles à notre mission, avec assurance et courage (cf.
Ac 4, 13). Dans la figure du Bon Pasteur
qui donne sa vie pour son troupeau, dans celle du Maître qui lave les pieds de
ses disciples, vous trouvez, mes chers Frères, le modèle de votre propre
ministère pour le service de notre Dieu qui promeut l'amour et la communion.
L'appel à la communion d'esprit et de cœur,
si étroitement lié au commandement de l'amour et au rôle central et unifiant de
l'Eucharistie dans nos vies, est particulièrement ressenti en Terre Sainte. Les
différentes Églises chrétiennes que l'on trouve ici représentent un
patrimoine spirituel riche et diversifié,
et elles sont le signe qu'existent de multiples formes d'interaction entre
l'Évangile et les différentes cultures. Elles nous rappellent aussi que la
mission de l'Église est de prêcher l'amour
universel de Dieu et de rassembler tous ceux qui, au loin ou plus près de
nous, sont appelés par lui afin que, avec leurs traditions et leurs talents,
ils arrivent à former l'unique famille de Dieu.
Depuis le deuxième Concile du Vatican, en particulier, un nouveau
dynamisme spirituel vers la communion dans la diversité a vu le jour à
l'intérieur de l'Église catholique ainsi qu'une nouvelle conscience œcuménique.
L'Esprit meut nos cœurs avec douceur
vers l'humilité et la paix, vers l'acceptation mutuelle, la compréhension et la
coopération. Cette disposition intérieure vers l'unité sous la motion de
l'Esprit Saint est d'une importance décisive si nous voulons que les Chrétiens
soient capables de remplir leur mission dans le monde (cf.
Jn 17, 21).
C'est dans la mesure où le don de l'amour
est accepté et qu'il grandit dans l'Église, que la présence chrétienne en Terre
Sainte et dans les régions voisines peut être une présence ardente. Et elle
est d'une importance capitale pour le bien de la société toute entière. Les
paroles sans équivoque de Jésus sur le lien intime entre l'amour de Dieu et
l'amour du prochain, sur la miséricorde et la compassion, sur la douceur, la
paix et le pardon, sont un ferment capable de transformer les cœurs et de
modeler nos actions. Les Chrétiens au Moyen-Orient, avec toutes les personnes
de bonne volonté, apportent leur contribution, en tant que citoyens
responsables et loyaux, à la promotion et au renforcement d'un climat de paix
dans la diversité, et cela en dépit des difficultés et des restrictions. Je
désire leur redire ce que j'affirmais dans mon message de Noël 2006 aux
Catholiques du Moyen-Orient : «
J'exprime
avec affection ma proximité personnelle dans la situation d'insécurité humaine,
de souffrance quotidienne, de peur et d'espérance que vous êtes en train de
vivre. Avant tout, je répète à vos communautés les paroles du Rédempteur :
‘Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père s'est complu à vous donner
le Royaume' ( Lc 12, 32) » (
Message
du Pape Benoît XVI aux Catholiques vivant au Moyen-Orient , 21 décembre
2006).
Chers Frères
Évêques, vous pouvez compter sur mon soutien et sur mes encouragements tandis
que vous faites tout votre possible pour permettre à vos frères et sœurs
chrétiens de rester ici sur la terre de leurs ancêtres et à être des messagers
et des promoteurs de la paix. J'apprécie vos efforts pour leur proposer, comme
à des citoyens responsables et conscients, des valeurs et des principes
d'action qui puissent les aider à jouer leur rôle dans la société. Par
l'éducation, la formation professionnelle et d'autres initiatives économiques
et sociales, leurs conditions de vie pourront être assurées et améliorées.
Quant à moi, je renouvelle mon
appel à
nos frères et sœurs du monde entier afin qu'ils apportent leur soutien aux communautés
chrétiennes de Terre Sainte et du Moyen-Orient, se souvenant d'elles dans leurs
prières. Et dans ce contexte, je veux exprimer combien j'apprécie le
service qui est rendu aux innombrables pèlerins et visiteurs qui viennent en
Terre Sainte pour y chercher inspiration et renouveau de vie sur les pas de
Jésus. Les récits de l'Évangile, contemplés dans leur environnement historique
et géographique, prennent une coloration vivante et l'on en reçoit une
compréhension plus claire de la signification des paroles de notre Seigneur et
de ses gestes. Bien des expériences mémorables de pèlerins de la Terre Sainte
ont été possibles grâce aussi à l'hospitalité et à l'aide fraternelle qui leur
ont été offertes par vous, en particulier par les Franciscains de la Custodie.
Pour ce service, je tiens à vous exprimer la reconnaissance et la gratitude de
l'Église universelle, et je forme le voeu qu'à l'avenir, un nombre encore plus
grand de pèlerin vienne visiter ce lieu.
Chers Frères, en
adressant tous ensemble à Marie, Reine du Ciel, notre prière joyeuse, mettons
avec confiance entre ses mains le bien-être et le renouveau spirituel de tous
les Chrétiens de Terre Sainte. Puissent-ils, guidés par leurs Pasteurs, grandir
dans la foi, l'espérance et l'amour, et persévérer dans leur mission de
promoteurs de communion et de paix !
4° Messe dans la
vallée de Josaphat : Discours de Benoît XVI : En face du Jardin des
Oliviers (4) :
Chers Frères et Sœurs,
«
Le Christ est ressuscité,
alléluia ! ». Par ces mots, je vous salue avec une très grande
affection. Je remercie le Patriarche Fouad Twal pour les paroles de bienvenue
qu'il m'a adressées en votre nom, et avant tout, j'exprime ma joie de pouvoir
célébrer cette Eucharistie avec vous, qui êtes l'Église à Jérusalem.
Nous sommes rassemblés sous le Mont des
Oliviers, où notre Seigneur a prié et a souffert, où il a pleuré par amour
de cette Ville et à cause du désir qu'elle puisse connaître ce qui pouvait lui
« donner la paix » (
Lc 19,
42). De ce lieu, il est retourné vers le Père, donnant son ultime bénédiction
terrestre à ses disciples et à nous. Aujourd'hui, recevons cette bénédiction.
Il vous la donne d'une façon particulière, chers frères et sœurs, qui êtes
reliés par une chaîne interrompue avec les premiers disciples qui ont rencontré
le Seigneur ressuscité et l'ont reconnu à la fraction du pain, ceux qui ont été
convertis en écoutant la prédication de saint Pierre, et ceux qui, les
premiers, ont fait l'expérience de l'Esprit répandant la plénitude de ses dons
à la Pentecôte. Je salue également tous ceux qui sont présents, et aussi tous
les fidèles de Terre sainte qui, pour diverses raisons, n'ont pu nous rejoindre
aujourd'hui.
Comme Successeur
de saint Pierre, j'ai mis mes pas dans les siens afin de proclamer au milieu de
vous le Christ ressuscité, de vous confirmer dans la foi de vos pères et
d'invoquer sur vous la consolation qui est le don du Paraclet. Me tenant devant
vous aujourd'hui, je ne peux oublier les difficultés
,les frustrations, les épreuves et les souffrances que tant de vous
ont dû supporter à cause des conflits qui ont affecté ces terres, sans parler
des amères expériences de déplacement auquel tant de vos familles ont été
contraintes et - qu'à Dieu plaise - puissiez-vous ne plus connaître.
J'espère que ma venue ici est ressentie
comme le signe que vous n'êtes pas oubliés, que votre présence persévérante
et votre témoignage sont hautement précieux aux yeux de Dieu et importants pour
l'avenir de ces terres. En raison justement des profondes racines que vous avez
dans cette terre, de votre culture chrétienne, forte et ancienne, ainsi que de
votre confiance inébranlable dans la fidélité de Dieu à ses promesses, vous,
Chrétiens de Terre Sainte,
vous êtes
appelés à servir non seulement comme une lumière-témoin de foi pour l'Église
universelle, mais aussi comme un levain d'harmonie, de sagesse et d'équilibre
dans la vie d'une société qui, traditionnellement, a été pluraliste,
multiethnique et plurireligieuse et qui continue à l'être.
Dans la deuxième
lecture de ce jour, l'Apôtre Paul demande aux Colossiens de «
rechercher les réalités d'en
haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu » (
Col 3, 1). Ses paroles résonnent avec
une force particulière ici, au pied du Mont des Oliviers où Jésus a accepté le
calice de la souffrance dans une complète soumission à la volonté du Père, et
d'où, selon la tradition, il est monté pour siéger à la droite du Père
intercédant sans cesse pour nous, les membres de son Corps. Saint Paul, le
héraut puissant de l'espérance chrétienne, savait bien quel est le prix de
cette espérance, ce qu'elle coûte en souffrances et persécutions pour la cause
de l'Évangile, néanmoins il n'a jamais fléchi dans sa conviction que la
résurrection du Christ marque le début d'une nouvelle création. Et il nous
dit :
« Quand paraîtra le
Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine
gloire » (
Col 3, 4) !
L'exhortation de
Paul à «
rechercher les réalités
d'en haut » doit résonner sans cesse en nos cœurs. Par ses paroles, il
nous oriente vers le plein accomplissement de la vision de foi dans la
Jérusalem céleste, là où, conformément aux antiques prophéties, Dieu essuiera
toute larme de nos yeux et préparera pour le salut de tous les peuples un
festin (cf.
Is 25 6-8 ;
Ap 21, 2-4).
Voilà
l'espérance, voilà la vision, qui inspire tous ceux qui aiment la Jérusalem
terrestre et qui la voient comme une prophétie, la promesse de la
réconciliation universelle et de la paix que Dieu désire pour toute la famille
humaine. Mais, sous les murs de cette même Cité, nous sommes amenés à constater
avec tristesse combien notre monde est éloigné de l'accomplissement plénier de
cette prophétie et de cette promesse.
Dans
cette Ville Sainte où la Vie l'a emporté sur la mort, où l'Esprit a été répandu
comme les prémices de la nouvelle création, l'espérance doit toujours se battre
contre le désespoir, contre les frustrations et le cynisme,
tandis que la paix, qui est don de Dieu et
à laquelle il nous appelle, continue à être menacée par l'égoïsme
,les conflits, les divisions et par le
fardeau des erreurs du passé. C'est pour cela que la Communauté chrétienne de
cette Cité, où eut lieu la résurrection du Christ et où fut répandu l'Esprit,
doit d'autant plus tenir ferme dans l'espérance que donne l'Évangile,
s'appuyant sur la promesse de la victoire définitive du Christ sur le péché et
la mort, témoignant de la puissance du pardon et rendant visible la nature la
plus profonde de l'Église qui est d'être signe et sacrement d'une humanité
réconciliée, renouvelée et unie dans le Christ, nouvel Adam.
Tandis que nous
sommes ici rassemblés au pied des remparts de cette cité, que les disciples de
trois grandes religions considèrent comme sacrés,
comment pouvons-nous ne pas songer à la vocation universelle de
Jérusalem ? Annoncée par les prophètes, cette vocation apparaît aussi
comme un fait indiscutable, comme une réalité à jamais enracinée dans
l'histoire complexe de cette ville et de ses habitants. Les Juifs, les
Musulmans tout comme les Chrétiens considèrent cette cité comme leur patrie
spirituelle. Comme il reste beaucoup à faire pour faire en sorte qu'elle soit
véritablement une «
cité de
paix » pour tous les peuples, où tous peuvent venir en pèlerinage pour
chercher Dieu et écouter sa voix, une voix qui « annonce la paix »
(cf.
Ps 85, 9) !
De fait,
Jérusalem est depuis toujours une ville où résonne dans les rues l'écho de
langues différentes, où cheminent sur les pavés des peuples de toute race et
langue, et dont les murs sont un symbole de l'amour providentiel de Dieu pour
la famille humaine tout entière. Comme un microcosme de notre univers
mondialisé,
cette Ville, si elle veut
vivre en conformité à sa vocation universelle, doit être un lieu qui enseigne
l'universalité, le respect des autres, le dialogue et la compréhension
mutuelle ; un lieu où les préjugés, l'ignorance et la peur qui les
alimentent, sont
mis en échec par l'honnêteté, le bon droit et la recherche
de la paix. Il ne devrait pas y avoir place, à l'intérieur de ces murs,
pour la violence, l'étroitesse d'esprit, l'oppression et la vengeance. Ceux qui
croient en un Dieu miséricordieux - qu'ils se reconnaissent comme Juifs,
Chrétiens ou Musulmans - doivent être les premiers à promouvoir cette culture
de réconciliation et de paix, sans se laisser décourager par la pénible lenteur
des progrès ni par le lourd fardeau des souvenirs du passé.
Ici, je voudrais
parler sans détours de la tragique réalité - qui ne peut manquer d'être source
de préoccupations pour tous ceux qui aiment cette Ville et cette terre - du
départ de tant de membres de la Communauté chrétienne depuis ces dernières
années. S'il est bien compréhensible que certaines raisons puissent pousser un
grand nombre - spécialement les jeunes - à prendre la décision d'émigrer, il reste
que cette décision a pour conséquence un véritable appauvrissement culturel et
spirituel de la Ville. Je veux répéter aujourd'hui ce que j'ai déjà dit en
d'autres occasions : en Terre Sainte, il y a de la place pour tous !
En demandant aux Autorités civiles de respecter et de soutenir la présence
chrétienne ici, je veux également vous assurer de la solidarité, de l'amour et
du soutien de toute l'Église et du Saint-Siège.
Chers amis, dans
l'Évangile qui vient d'être proclamé, saint Pierre et saint Jean courent vers
le tombeau vide, et Jean, nous dit-on : «
vit et crut » (
Jn 20,
8). Ici, sur la Terre Sainte, avec les yeux de la foi, vous avez la grâce, avec
tous les pèlerins du monde entier qui affluent dans ses églises et ses
sanctuaires, de «
voir » les
lieux sanctifiés par la présence du Christ, par son ministère ici-bas, sa
passion, sa mort et sa résurrection ainsi que par le don de l'Esprit Saint.
Ici, tout comme l'Apôtre saint Thomas, vous pouvez «
toucher » les réalités historiques qui sont à la base de
notre profession de foi dans le Fils de Dieu. Ma prière pour vous aujourd'hui
est que vous puissiez continuer, jour après jour, à «
voir et reconnaitre dans la foi » les signes de la Providence
de Dieu et de sa miséricorde infinie, que vous puissiez « écouter »
avec une foi et une espérance renouvelées les paroles réconfortantes de la
prédication apostolique, et
« toucher
» les sources de la grâce dans les sacrements afin d'incarner pour d'autres
leur promesse de commencements nouveaux, la liberté qui jaillit du pardon, la
lumière intérieure et la paix qui peuvent apporter guérison et espérance dans
les réalités humaines les plus sombres.
Dans la
Basilique du Saint-Sépulcre, les pèlerins de chaque siècle ont vénéré la pierre
qui, selon la tradition, fermait l'entrée du tombeau au matin de la
résurrection du Christ. Revenons souvent vers ce tombeau vide.
Affirmons notre foi dans la victoire de la
Vie et prions pour que chaque « lourde pierre » qui ferme nos cœurs,
et bloque notre totale adhésion au Seigneur dans la foi, l'espérance et
l'amour, puisse voler en éclats sous la puissance de la lumière et de la
vie qui, au premier matin de Pâques, s'est répandue de Jérusalem jusqu'au bout
du monde. Le Christ est ressuscité, alléluia ! Il est vraiment ressuscité,
alléluia !
<
1-
ROME, Mardi 12 mai 2009 ( ZENIT.org
) - Nous publions ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce
mardi matin en présence d'importants représentants de la communauté musulmane,
à Jérusalem. Le pape est arrivé en voiture à l'Esplanade des mosquées. Il a été
accueilli au Dôme du Rocher, le plus ancien monument musulman en Terre sainte,
par le grand mufti et le président du Conseil du « Waqf » (biens
religieux musulmans). Après avoir rapidement visité le lieu, le pape a prononcé
son discours dans le bâtiment du « al-Kubbah al-Nahawiyya ». ©
Copyright du texte original en anglais : Librairie Editrice du Vatican
Traduction de travail distribuée par la salle de presse du Saint-Siège.
2-
ROME, Mardi 12 mai 2009 ( ZENIT.org ) - Nous publions
ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce matin au Grand
Rabbinat de Jérusalem, en présence des deux grands rabbins d'Israël : le grand
rabbin askenazita Yona Metzger et le grand rabbin sefardita Shlomo Amar. ©
Copyright du texte original en anglais : Librairie Editrice du Vatican.
Traduction de travail distribuée par la salle de presse du Saint-Siège.
3-
ROME, Mardi 12 mai 2009 ( ZENIT.org ) - Nous publions
ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce mardi, en fin de
matinée, au Cénacle (où le Christ apparut aux apôtres après la résurrection et
où eut lieu la Pentecôte), en présence des Ordinaires de Terre sainte, avant la
prière du Regina Caeli. © Copyright du texte original en anglais : Librairie
Editrice du Vatican. Traduction de travail.
4-
ROME, Mardi 12 mai 2009 ( ZENIT.org ) - Nous publions
ci-dessous le texte de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée au cours de
la messe qu'il a célébrée dans la vallée de Josaphat, à Jérusalem, en face de
la basilique de Gethsémani et du Jardin des Oliviers. © Copyright du texte
original en anglais : Librairie Editrice du Vatican. Traduction de travail
distribuée par la salle de presse du Saint-Siège.