L'Église se mobilise et s'engage
BENOIT XVI CONFIE SES PREMIÈRES IMPRESSIONS AUX
JOURNALISTES
Dialogue
interreligieux, Oecuménisme et paix (1) :
Chers amis,
Merci
de votre travail. J'imagine que ça a été difficile, avec tant de problèmes, de
déplacements, etc., et je voudrais vous remercier d'avoir accepté toutes des
difficultés pour informer le monde sur ce pèlerinage, pour inviter ainsi les
autres aussi au pèlerinage en ces lieux saints.
J'ai
déjà fait un bref résumé de ce voyage dans le discours de l'aéroport, je ne
voudrais pas ajouter grand chose. Je pourrais évoquer tant, tant de détails :
-
L'émouvante descente au point le plus
bas de la terre, au Jourdain, qui est aussi pour nous un symbole de la
descente de Dieu, de la descente du Christ dans les endroits les plus profonds
de l'existence humaine.
Le Cénacle où le Seigneur nous a donné
l'eucharistie, où a eu lieu la
Pentecôte, la descente de l'Esprit
Saint ;
Le Saint-Sépulcre,
tant d'autres impressions, mais cela ne me semble pas le moment de le faire.
Il
y a peut-être
trois impressions
fondamentales.
-
La première, que j'ai trouvée partout, dans tous
les milieux, musulmans, chrétiens, juifs : une
volonté décidée au dialogue interreligieux, à la rencontre, à
la collaboration entre les religions. Et il est important que tous
voient cela, non seulement comme une action,
disons, pour des motifs
politiques dans
une situation donnée,
mais comme un
fruit du coeur même de la foi. Parce que croire en un Dieu unique qui nous
a tous créés, croire en ce Dieu qui a créé l'humanité comme une famille, croire
que Dieu est amour, et qui veut que l'amour soit la force dominante dans le
monde, implique cette rencontre, cette nécessité de la rencontre, de la
collaboration en tant qu'une exigence de la foi même.
-
Second point : j'ai trouvé aussi un
climat oecuménique très encourageant.
Nous avons eu tant de rencontres avec le monde orthodoxe dans une grande
cordialité ; j'ai pu aussi parler avec un représentant de l'Eglise anglicane et
deux représentants luthériens, et l'on voit que précisément ce climat de la
Terre Sainte encourage aussi l'oecuménisme.
-
Troisième point :
il y a de grandes difficultés, nous le savons, nous l'avons vu et
entendu.
Mais j'ai aussi vu
qu'il y a
chez tous un profond désir de
paix. Les difficultés sont plus visibles et nous ne devons pas nous cacher
les difficultés : elles existent et doivent encore être clarifiées. Mais le
désir commun de paix, de fraternité n'est pas autant visible, et je crois
que nous devons parler de cela aussi, encourager tous dans cette volonté de trouver
à ces difficultés des solutions certainement pas faciles.
Je suis venu en pèlerin de la paix.
Le pèlerinage est un élément essentiel de nombreuses religions, et justement il
en est ainsi de l'islam, du judaïsme et du christianisme. C'est aussi l'image
de notre existence, qui est une marche vers Dieu et ainsi également vers la
communion de l'humanité.
Je
suis venu en pèlerin et j'espère que beaucoup suivront ces traces et qu'ainsi
ils encourageront les peuples de cette Terre sainte à l'unité, et deviendront
aussi des messagers de paix. Merci.
2° Discours de Benoît XVI à l’aéroport Ben Gourion de Tel
Aviv
(2):
« Que la solution des deux Etats devienne une réalité » :
Monsieur le président, Monsieur le Premier ministre,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Au
moment où je me prépare à rentrer à Rome, puis-je vous partager quelques unes
des puissantes impressions que mon pèlerinage en Terre sainte a laissées en moi
? J'ai eu des
entretiens fructueux avec
les autorités civiles à la fois en Israël et dans les Territoires palestiniens,
et j'ai témoigné des grands efforts que les deux gouvernements sont en train de
faire pour assurer le bien être de leurs peuples. J'ai rencontré les
responsables de l'Eglise catholique en
Terre Sainte, et je me réjouis de voir la façon dont ils travaillent
ensemble pour le soin du troupeau du Seigneur. J'ai aussi eu la possibilité de
rencontrer les responsables de
différentes
Eglises chrétiennes et communautés ecclésiales ainsi que les responsables des
autres religions en Terre Sainte. Ce pays est en effet un terrain fécond
pour l'oecuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche
variété du témoignage religieux dans la région porte du fruit dans une
compréhension et un respect mutuels croissants.
Monsieur
le président, vous et moi nous avons planté un olivier dans votre résidence le
jour de mon arrivée en Israël.
L'olivier,
comme vous le savez, est une
image
utilisée par saint Paul pour décrire les très étroites relations entre
chrétiens et juifs. Dans sa lettre aux Romains, Paul décrit comment
l'Eglise des Nations est comme un rameau d'olivier sauvage, greffé sur
l'olivier franc qui est le Peuple de l'Alliance (cf. Rm 11, 17-24).
Nous sommes nourris par les mêmes racines
spirituelles. Nous nous rencontrons en tant que frères, des frères qui
parfois au cours de leur histoire ont eu des relations tendues mais qui sont
maintenant fermement engagés dans la construction de ponts, de relations
durables.
La
cérémonie au palais présidentiel a été suivie par un des moments les plus
solennels de mon séjour en Israël : ma visite au Mémorial de l'Holocauste de
Yad Vashem pour
honorer les victimes de
la Shoah. J'y ai aussi rencontré certains survivants. Ces rencontres
profondément émouvantes m'ont rappelé des souvenirs de ma visite, il y a trois
ans, au camp de la mort d'Auschwitz, où tant de juifs - mères, pères de
familles, maris et femmes, fils et filles, amis - ont été brutalement
exterminés sous un régime sans Dieu qui a propagé une idéologie d'antisémitisme
et de haine. Ce chapitre épouvantable de l'histoire ne doit jamais être oublié
ou nié. Au contraire,
ces sombres
souvenirs doivent fortifier notre détermination à nous rapprocher les uns des
autres comme les branches du même olivier, nourris par les mêmes racines et
unis par l'amour fraternel.
Monsieur
le président, je vous remercie pour la chaleur de votre hospitalité, très
appréciée, et je souhaite que l'on retienne le fait que je suis venu visiter ce
pays en tant qu'ami des Israéliens, de même que je suis un ami du peuple
palestinien. Les amis aiment passer du temps en compagnie de l'autre, et ils
trouvent très navrant de voir l'autre souffrir. Aucun ami des Israéliens et des
Palestiniens ne peut manquer d'être attristé par les continuelles tensions entre
vos deux peuples. Aucun ami ne peut manquer de pleurer devant la souffrance,
les vies perdues, que ces deux peuples ont endurées au cours des six dernières
décennies.
Permettez-moi de lancer cet appel
à toutes les personnes de ces pays : Plus de sang versé ! Plus de combats !
Plus de terrorisme ! Plus de guerre !
Brisons
plutôt le cercle vicieux de la violence.
Qu'advienne une paix durable fondée sur la justice, qu'advienne une
réconciliation et une guérison authentiques. Que soit universellement reconnu
que l'Etat d'Israël a le droit d'exister, et de jouir de la paix et de la
sécurité à l'intérieur de frontières internationalement reconnues. De même, que
l'on reconnaisse que le peuple palestinien a droit à une patrie souveraine et
indépendante, de vivre avec dignité et de voyager librement. Que la solution
des deux Etats devienne une réalité, et ne reste pas un rêve. Que la paix se
répande à l'extérieur depuis ses pays, qu'ils servent comme d'une «
lumière pour les Nations » (Isaïe
42, 6), apportant l'espérance aux nombreuses autres régions qui sont affectées
par des conflits.
L'une
des visions pour moi les plus tristes durant la visite de ces pays a été le
mur. En passant le long de ce mur, j'ai prié pour un avenir dans lequel les
peuples de la Terre Sainte puissent vivre ensemble dans la paix et dans
l'harmonie sans avoir besoin de tels instruments pour la sécurité et la
séparation, mais plutôt en se respectant et en se faisant confiance
mutuellement, et en renonçant à toutes les formes de violence et d'agression.
Monsieur le président, je sais combien il sera difficile d'atteindre cet
objectif. Je sais combien votre tâche est difficile, ainsi que celle de
l'Autorité palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et que les
prières des Catholiques dans le monde entier sont avec vous alors que vous
poursuivez vos efforts pour construire une paix juste et durable dans cette
région.
Il
ne me reste plus qu'à exprimer de tout coeur mes remerciements à tous ceux qui
ont contribué à ma visite de tant de manières. Je suis profondément
reconnaissant au gouvernement, aux organisateurs, aux bénévoles, aux médias, à
tous ceux qui m'ont offert l'hospitalité ainsi qu'à ceux qui m'accompagnent. Je
vous prie d'être sûr de mon souvenir affectueux dans mes prières. À chacun je
dis : merci, et que Dieu soit avec vous. Shalom !
1-
ROME, Vendredi 15 mai
2009 (
ZENIT.org <http://www.zenit.org/french> )
- Le dialogue interreligieux - exigence interne de la foi -, l'cuménisme et la
paix, voila trois axes de son pèlerinage de paix que Benoît XVI a développés
dans l'avion devant les journalistes qui l'ont accompagné dans le Boeing 777 de
la compagnie israélienne El Al, pendant le retour de Tel Aviv à Rome, au terme
de son pèlerinage en Terre Sainte. Nous publions ci-dessous le texte de la
déclaration du pape. Je souhaite envoyer cette information a´ un ami <
http://www.zenit.org/article-21003?l=french>