L'Église se mobilise et s'engage
LES NOUVEAUTES DES JMJ DE MADRID 2011 (1)
Interview de Yago de
la Cierva, directeur de la communication
Yago de la Cierva enseigne la « Communication de
crise » depuis 1999 à la Faculté de communication de l'Université pontificale
de la Sainte Croix, à Rome.
Zenit - Madrid 2011
aura-t-elle une valeur ajoutée par rapport aux précédentes JMJ ?
Y. de la Cierva -
Madrid 2011 n'apportera rien de nouveau par rapport aux précédentes éditions,
si ce n'est le lieu, la date, le désir de très bien faire, tout ce qu'implique
le fait que ces journées aient lieu dans un pays comme l'Espagne, riche de deux
mille ans de christianisme, où jusqu'aux pierres respirent et transpirent la
foi, respirent une tradition de plusieurs siècles. C'est cela qui fera de
Madrid 2011 une Journée mondiale très spéciale.
Compte-tenu du fait que nous sommes en
Europe, à l'extrémité de l'Europe mais toujours en Europe, ce sont plus d'un
million de personnes qui, selon nos calculs, sont attendues. Nous tâcherons
probablement de faire aussi bien qu'à Rome, en 2000, mais cela ne dépend pas de
nous.
Ce qui, selon moi, fait la
particularité de la
JMJ de Madrid,
c'est qu'elle a lieu précisément dans un
pays
qui est toujours resté fidèle à l'Eglise catholique. Un pays qui a toujours
transmis la foi à de nombreux continents, la majorité des catholiques du monde
entier parlent l'espagnol précisément parce qu'ils ont été évangélisés par des
Espagnols et nous aimerions retrouver cet esprit missionnaire. On s'imagine
parfois que les missionnaires sont des personnes âgées, qui s'en allaient
prêcher au loin.
Eh bien non, les
missionnaires étaient des gens de moins de 25 ans. Nous aimerions retrouver
cet esprit et le présenter aux jeunes d'aujourd'hui.
Une
autre caractéristique de la Journée mondiale de Madrid: les réseaux. Pour la
première fois, nous allons avoir une JMJ au cours de laquelle, réellement, le
principal outil de communication sera Internet, avec les réseaux sociaux, comme
moyen d'information mais aussi de communication, pour créer des communautés.
Cela a déjà commencé à Sydney, mais je crois que, cette fois, ce sera
l'explosion. Un explosion également de nouvelles technologies.
En 2011, quasiment tous ceux qui viendront
seront probablement munis de téléphones de nouvelle génération. Il sera très
facile de se connecter, recevoir les informations, utiliser le téléphone, les
terminaux pour avoir accès aux traductions des paroles du Saint-Père, aux
messages concernant l'organisation, etc.
Zenit - A Sydney les
jeunes ont reçu des messages du pape sur leurs téléphones mobiles. S'attend-on
à d'autres surprises de ce type à Madrid ?
Y. de la Cierva -
Je ne peux pas prendre l'engagement que le pape enverra des messages aux gens.
Nous allons essayer, mais cela est du ressort du Saint-Père. Nous l'avons vu
récemment, le pape a commencé à utiliser Facebook pour entrer en contact avec
les jeunes, et ce n'est qu'un début. Bien évidemment, on ne peut pas demander
au Saint-Père de rester connecté deux heures par jour pour voir s'il peut
répondre personnellement. Ce n'est pas sa mission, il n'en a pas le temps et
nous lui demandons autre chose. Mais à partir de là, on franchit le pas suivant
:
arriver à ce que toute l'Eglise
catholique utilise les réseaux sociaux comme instrument essentiel, pas
seulement pour transmettre la foi, mais aussi pour mieux la vivre, mieux la
connaître, pour créer une communauté. Créer des réseaux sociaux revient à créer
des groupes sociaux, et parfois nous n'avons guère le temps. Et, pourtant,
grâce aux réseaux sociaux, nous pouvons établir des contacts et pratiquer notre
foi d'une autre façon, plus virtuelle, mais tout aussi réelle.
Zenit - N'existe-t-il
pas le risque que la Journée mondiale de la Jeunesse se transforme en trois
jours de fête pour tomber ensuite dans l'oubli jusqu'à la prochaine
célébration, qu'il n'y ait pas de continuité ?
Y. de la Cierva -
A Madrid, nous tâcherons de suivre l'exemple de Sydney et des précédentes JMJ,
l'organisation étant bien
consciente que
la Journée mondiale n'est pas un point d'arrivée, mais de départ. Un point
de départ, et ceci est très important ; car la Journée mondiale, au fond, n'est
pas autre chose qu'une fête à laquelle le Saint-Père convoque tous les jeunes
catholiques et non catholiques, chrétiens et non chrétiens, mais ayant un
intérêt pour des valeurs transcendantes et qui voudraient en quelque sorte
s'introduire dans une maison étrangère en se disant : «
nous allons voir comment on vit ici. Ces gens ont l'air content. C'est
la joie. Ici on s'amuse et on prie !... ce qui semble une contradiction ».
C'est de ceci dont il s'agit :
la Journée mondiale est une fête et
nous tous, jeunes et plus âgés, qui avons organisé des fêtes, savons qu'il y a
des choses très importantes comme le lieu, le moment, la musique, ce que l'on
mange ...
mais que le plus important
dans une fête sont les invités. Si on choisit bien les invités, le succès
de la fête est garanti. Il en va de même pour la Journée mondiale. Ce seront
des jours de fête, certes, mais
nous
allons faire en sorte qu'il y ait de tout. Qu'il y ait une
vie de piété et de ferveur, des moments
d'adoration eucharistique, de catéchèse, des moments culturels, de détente,
qu'il y ait de tout, car les jeunes comme les plus âgés sont incapables de
passer quatorze heures d'affilée à prier. Il y aura absolument de tout.
Doctrine eucharistique et apprentissage de la doctrine chrétienne, nous
tenterons de faire connaître la foi à travers la culture espagnole.
Zenit - Quel est le
plus grand défi dans le domaine de la communication
Y. de la Cierva -
Le défi est de répondre aux attentes des gens. Et les attentes sont très
grandes. Il nous faut
toucher trois
types de public différent :
-
Il y a un premier
public composé de ceux qui viendront à la JMJ et, au moyen de la
communication, nous devons les préparer à ce pourquoi ils doivent venir, pour
qu'ensuite ils n'éprouvent aucune frustration, mais tout le contraire. Et pour
que, une fois sur place, tout se déroule bien. Il faut pendre en compte que le
spirituel est certes important, mais que si ensuite on n'a pas donné à manger
aux jeunes, s'ils n'ont pas réussi à dormir ou s'ils ont trop marché, le
spirituel perd de sa force.
-
Il y a un
second
public, très important : les
innombrables
jeunes qui auraient souhaité venir, mais en ont été empêchés et suivront à
la télévision, via les réseaux, via Internet, à la radio... Nous devons songer
aussi à eux, et nous allons voir ce que nous pouvons faire pour que, grâce à la
transmission, ils se sentent plongés au coeur de l'événement.
-
Et il y a un
troisième public, très important, représenté par les personnes qui
ne sont pas venues, qui n'ont
aucun
désir de venir, mais qui sont curieuses de voir ce qui se passe, ce que
font un million et demi de jeunes à Madrid, comment ils vivent, pourquoi ils
sont là, que lit-on sur leur visage. Elles s'interrogent : «
Sont-ils contents ? Sont-ils joyeux ?
Aident-ils les autres ? Consacrent-ils du temps à donner un coup de main dans
la paroisse, ou à donner à manger dans une maison de retraite pour personnes
âgées, ou à distraire les enfants malades ?... ». Ceci est très important
pour nous, car c'est l'image de l'Eglise, et nous allons utiliser le plus beau
visage de l'Eglise, que sont les jeunes, pour expliquer et parler de
Jésus-Christ qui est présent dans les jeunes, et ce sont les jeunes qui nous
transmettront la foi.
Zenit - Que diriez-vous à un jeune qui hésite à se rendre
aux JMJ de Madrid ?
Y. de la Cierva - À
un ou une jeune qui, au dernier moment, hésite encore «
Irai-je ou n'irai-je pas », la seule et unique chose que nous
pouvons lui garantir est que ce qu'il va y trouver apportera de nombreuses
réponses, pas toutes, à des interrogations très profondes ; et aussi qu'il va
se retrouver avec des personnes avec qui il nouera des liens qui vont peut-être
durer toute la vie, et qu'au terme de ces journées, ils regretteront que cela
n'ait duré que quelques jours.
Zenit - Peut-on dire que les Journées mondiales de la
Jeunesse sont l'évènement de communication le plus important de l'Eglise ?
Y. de la Cierva -
Je crois que la JMJ est un évènement très important pour la communication de
l'Eglise. Je ne sais pas si c'est le plus important, le second, le troisième,
car dans le fond tout ce qui a trait à l'Eglise parle de Jésus-Christ et de
l'efficacité de la grâce, et c'est quelque chose d'impossible à mesurer.
L'important est que la communication de la
Journée Mondiale contribue à toucher le coeur de nombreux jeunes - et de
moins jeunes -, qui la suivent à la télévision. Par conséquent, l'importance
est évidente. Il s'agit d'un évènement organisé par le pape en personne - et ce
n'est pas qu'il en organise beaucoup lui-même - ; en outre, c'est une occasion
pour faire connaître l'Eglise catholique et pour que les jeunes figurent dans
tous les journaux télévisés, sur les pages de couverture, dans les revues ou
sur le réseau. C'est donc mettre sur la place publique Jésus-Christ, son
message, le bonheur que nous pouvons ressentir à faire ce qu'il nous a dit.
L'importance plus ou moins grande dépendra de chacun. Il y a des personnes dont
le coeur sera touché.
Propos
recueillis par María de la Torre
1-
ROME, Dimanche 7 juin
2009 ( ZENIT.org <
http://www.zenit.org/>
) - Les Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ), qui se tiendront à Madrid
en août 2011, réservent des surprises, que Santiago de la Cierva, directeur de
la communication, commence à dévoiler au cours de cet entretien. Je souhaite
envoyer cette information a´ un ami <
http://www.zenit.org/article-21203?l=french>