Pages spirituelles
Mardi 16 Juin 2009
Mardi 11e semaine du Temps Ordinaire
1° Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
8,1-9 :
Frères, nous voulons vous faire connaître la grâce que Dieu a
accordée aux Églises de Macédoine. Dans les multiples détresses qui les
mettaient à l'épreuve, leur joie a été sans mesure, et leur extrême pauvreté a
produit d'abondantes richesses de générosité toute simple. Ils y ont mis tous
leurs moyens, et même plus, j'en suis témoin, en nous demandant spontanément,
comme une grâce et avec grande insistance, de s'unir à nous pour venir en aide
aux fidèles de Jérusalem. Au-delà même de nos espérances, ils se sont eux-mêmes
offerts d'abord au Seigneur, et ensuite à nous, car c'était la volonté de Dieu.
C'est pourquoi, puisque Tite avait commencé le travail, nous lui avons demandé
avec insistance de vous faire mener jusqu'à son terme cet acte de générosité.
Puisque vous avez reçu largement tous les dons : la foi, la Parole et la
connaissance de Dieu, cette ardeur et cet amour que vous tenez de nous, que
votre geste de générosité soit large, lui aussi. Ce n'est pas un ordre que
j'exprime ; mais je vous parle de l'ardeur des autres Églises pour que vous me
prouviez l'authenticité de votre charité. Vous connaissez en effet la
générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu
pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
2° Psaume 146,2.10.5-9 :
Je veux louer le Seigneur tant que
je vis,
Chanter mes hymnes pour mon Dieu
tant que je dure.
D'âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de
Jacob, qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu,
Lui qui a fait le ciel et la terre
et la mer et tout ce qu'ils renferment !
Il garde à jamais sa fidélité,
Il fait justice aux opprimés ; aux
affamés, il donne le pain ;
Le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des
aveugles, le Seigneur redresse les accablés,
Le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l'étranger. Il
soutient la veuve et l'orphelin,
Il égare les pas du méchant.
3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
Jésus
disait à ses disciples : «
Vous
avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous
persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux
; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la
pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas
autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire
? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits
comme votre Père céleste est parfait ».
4° Commentaire du jour : Saint Augustin (1)«
Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » :
«
À ce signe nous reconnaissons que nous
sommes en Dieu : si en lui nous sommes parfaits. » Jean veut dire ici :
parfaits dans l'amour (1Jn 4,17).
Quelle
est la perfection de l'amour ? D'aimer nos ennemis et de les aimer à ce point
qu'ils deviennent nos frères. Notre amour, en effet, ne doit pas être selon
la chair. Aime donc tes ennemis en souhaitant qu'ils deviennent tes frères ;
aime tes ennemis de sorte qu'ils soient appelés à entrer en communion avec toi.
Ainsi aima en effet celui qui, pendu sur la
croix, disait : «
Père,
pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23,34). Il voulait
les arracher à la mort éternelle par une prière toute pleine de miséricorde et
une puissance très forte. Nombre d'entre eux ont cru d'ailleurs, et ils ont été
pardonnés d'avoir versé le sang du Christ. Ils l'avaient versé en s'acharnant
contre lui ; ils l'ont bu ensuite lorsqu'ils ont cru. «
À ce signe nous savons que nous sommes en lui : si en lui nous sommes
parfaits. »
C'est à cette perfection
de l'amour des ennemis que le Seigneur nous invite lorsqu'il dit : «
Soyez donc parfaits comme votre Père céleste
est parfait ».
5° Homélie du
Père Étienne Lefevre, provincial spiritain :
Jésus demandait, hier, de ne pas riposter
au méchant.
L’exigence
monte d’un cran aujourd’hui. Il
ne
s’agit pas seulement de rester passif devant une attaque personnelle, il faut
aller jusqu’à aimer ses ennemis. Qui peut comprendre un tel langage ?
Surtout parmi les victimes de la méchanceté, des violences, de la
haine des hommes ! Il y a des paroles d’évangile qu’on aimerait ne pas
entendre ou vite oublier tellement elles dérangent !
Sans avoir de grands ennemis et si nous nous sentons en paix avec
nous-mêmes et avec les autres,
il y a
bien des ennemis, avec un petit e, qui ne peuvent manquer dans la vie
quotidienne : vie familiale, communautaire et professionnelle : Celui ou celle qui nous joue un mauvais
tour, qui salit une réputation, qui nous écrase pour réussir ou avoir une bonne
place … Simplement, celui pour lequel nous n’avons aucune sympathie …
C’est là, dans une situation
de conflit plus ou moins déclaré,
d’antipathie, de rejet ou d’indifférence,
que
le Seigneur nous demande de continuer à aimer. Pas de recettes miracles
pour cela, mais seulement
quelques
petits repères :
- Savoir
d’abord
qu’aimer l’autre qui n’est
pas mon ami, qui peut être mon ennemi,
n’est
pas une affaire de sensibilité. Le pardon n’est pas d’ordre sentimental.
- Continuer à se respecter, accepter de changer son
regard, ce qui signifie
ne pas classer
l’autre avec des étiquettes qui le jugent définitivement.
- Surtout
continuer à prier l’Esprit Saint qui est
capable, de convertir, de changer les cœurs de pierre en cœur de chair, de
donner le force du pardon et de la réconciliation.
«
Aimer vos ennemis et prier pour ceux qui
vous persécutent… » Accueillir cette difficile parole exige en
définitif de
s’attacher fortement à
Dieu, de se laisser toucher par son amour qui seul fera entrevoir jusqu’où va
cet amour à la manière de Dieu.
1-
354-430,
évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église, Commentaire sur la
1ère lettre de saint Jean, n°1,9 (trad. SC 75, p. 134 ; Bouchet,
Lectionnaire, p. 291),