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MÉMOIRE DU COEUR IMMACULE DE MARIE

Samedi 20 juin 2009


1° Livre d'Isaïe 61,9-11 :

Votre descendance sera célèbre parmi les nations, et votre postérité au milieu des peuples. Tous ceux qui la verront reconnaîtront en elle une descendance bénie par le Seigneur. Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m'a enveloppé du manteau de l'innocence, il m'a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux. De même que la terre fait éclore ses germes, et qu'un jardin fait germer ses semences, ainsi le Seigneur fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.

2° 1 Sam. 2,1.4-5.6-7.8.

Et Anne fit cette prière :
« Mon coeur bondit de joie pour le Seigneur, mon front se relève pour mon Dieu
Ma bouche se rit de mes rivaux ; oui, j'exulte en ton salut.
L'arc des forts se brise ; mais les chétifs ont la vigueur pour ceinture ;
Les repus s'embauchent pour du pain, les affamés n'ont plus à travailler.
Le Seigneur fait mourir et fait vivre, il fait descendre aux enfers et en ramène ;
Le Seigneur appauvrit et enrichit, il abaisse, mais aussi il relève.
De la poussière, il retire le faible, et du fumier,
Il relève le pauvre pour l'asseoir au rang des princes, lui assigner un trône de gloire. »

3° Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,41-51 :

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! ».
Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être».
Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son coeur tous ces événements.

4° Commentaire du jour :  Saint Maximilien Kolbe (1)  « Voici ta mère » (Jn 19,27) :

      Efforçons-nous d'aimer le Seigneur Jésus avec le coeur de l'Immaculée, de le recevoir avec son coeur, de le louer avec ses attitudes à elle, de réparer, remercier, même si nous ne le comprenons pas, cependant c'est la réalité. C'est par son coeur, par ses attitudes que nous louons le Seigneur Jésus. Si vraiment c'est elle qui aime et glorifie Jésus par nous, alors nous sommes ses instruments.
      Elle seule va nous apprendre comment aimer le Seigneur Jésus, bien mieux, sans comparaison, que tous les livres et tous les maîtres. Elle nous apprend à l'aimer comme elle l'aime. Et tout notre effort doit tendre à ce qu'elle seule aime le Seigneur Jésus avec notre coeur.
      Seule l'âme possédée par l'amour de Dieu retire d'elle tout ce qui l'encombre. Tout se concentre sur l'amour de Dieu. Et maintenant qui donc aime plus Jésus pauvre et crucifié, dans la crèche, que la Mère très sainte ! Personne au monde, même parmi les anges, n'a aimé et n'aime aussi ardemment le Seigneur Jésus que la Mère de Dieu... L'Immaculée est l'épanouissement de l'amour divin dans nos âmes et le moyen de nous approcher du coeur de Jésus.

5° COMMENTAIRE DU PÈRE GILLES PAGES, PROVINCIAL SPIRITAIN :

Introduction à la Messe
Notre joie est grande ce matin de pouvoir célébrer le Cœur Immaculé de Marie car c’est sous sa protection que le Père Libermann a mis sa congrégation missionnaire.  Depuis sa première messe au pied de Notre Dame des Victoires, un lien particulier unit notre congrégation à Marie et à son Saint Coeur.
Marie, c’est celle qui a toujours dit ‘oui’, c’est celle qui marche sans condition / derrière Celui à qui elle a donné la vie et qui par la suite donnera la sienne pour nous tous. Marie est le soutien du Fils bien aimé, puis des disciples dans leur Mission.
Puisse - t - elle nous donner l’enthousiasme discret avec lequel elle a accompli sa mission et nous ouvrir aux secrets de son Cœur Immaculé.
Demandons lui de nous garder chaque jour dans la fidélité à son Fils / et de soutenir nos efforts de conversion / et de nous défaire de tout ce qui nous retient prisonniers de nous mêmes et du mal.

Homélie


En 1841, au lendemain de son ordination sacerdotale,  François Libermann confie la congrégation missionnaire qu’il fonde ce jour là au Saint et Immaculé Cœur de Marie, en l’église N. D. des Victoires. Pourquoi une telle démarche ? 
François Libermann a longuement  contemplé Marie à Issy-les-Moulineaux, puis durant son séjour à Rome: il comprend que la douceur évangélique de Marie est plus efficace en terre de mission que toute autre méthode. Aussi, prend-il pour modèle de vie apostolique / le Saint Cœur de Marie. Marie n’est-elle pas celle qui est allée aux pas de Dieu. Elle avance avec la légèreté de l’espérance. Elle n’a jamais imaginé que c’était elle qui faisait l’œuvre, mais bien celui qui l’envoyait. Elle ne s’est jamais découragée devant les obstacles. Elle n’a désespéré de rien ni de personne, pas même au pied de la croix. Elle était courageuse dans l’adversité.

La sainteté que Libermann découvrait en Marie, fut lumière sur son chemin, lui si fin et si délicat, tellement soucieux de ne pas devancer les plans de Dieu, ni de se mettre à sa place. Quand il rapporte qu’il n’a jamais réalisé aucun des plans qu’il avait imaginés, mais que tout avance autrement, comme par enchantement au milieu des croix et des souffrances, il sait que la voie qu’a suivie Marie ne diffère guère de la sienne. La patience de Marie et son obéissance l’ont aidé à ne pas devancer l’heure de Dieu. Aussi, en toute chose, il se montre « content et paisible » (à la Mère Javouhey N.D XII, 199), sûr d’être toujours dans les voies de Dieu.

Comme Marie gardant en mémoire tous les événements et les méditant dans son cœur, il donne le temps aux choses et réfléchit au sens des événements, avant toute décision importante.

Nous ne pouvons que remercier le Seigneur d’avoir donné à François Libermann la grâce d’entrer dans les secrets du  Saint Cœur de Marie / la grâce de lui avoir confié sa congrégation naissante et celle de l’avoir proposé comme modèle de vie apostolique aux séminaristes qui le rejoignent / et plus tard à tous ses missionnaires. 

Puissions-nous  dans nos rencontres et nos échanges avoir la même délicatesse et manifester la même tendresse que le Saint et Immaculé Cœur de Marie.
Puissions-nous le proposer comme modèle de sainteté. Et à une semaine de l’ouverture de notre chapitre provincial, demandons lui de nous apprendre à marcher au pas de Dieu, de ne jamais le devancer, de ne jamais agir par force ou par intrigue, mais de garder en tout la simplicité et la liberté qu’elle manifesta toujours en toutes ses démarches.
                                                                          
Amen !



1- (1894-1941), franciscain, martyr Conférences du 5/7/1936, 3 et 4/9/1937, 14/5/1936 (trad. Entretiens spirituels inédits, Lethieulleux 1974, p. 88)