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LES FRUITS DE L‚ANNEE PAULINIENNE : PRIERE, ETUDE ET L’OECUMENISME (1)
Entretien avec
l’archiprêtre de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs
L'idée de consacrer une année à l'apôtre des nations
est une première dans l'histoire de l'Eglise. Elle a été lancée par le cardinal
Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de la basilique Saint-Paul,
qui l'a suggérée au Pape.
Dans
un entretien avec ZENIT, dont nous publions ci-dessous la première partie, le
cardinal a tracé un bilan des fruits spirituels, intellectuels et oecuméniques
que cette commémoration a apporté à l'Eglise.
ZENIT : Quelle est votre impression générale concernant le
déroulement de cette Année Saint-Paul?
Card. Cordero Lanza di Montezemolo :
Une impression très positive. Quand le pape a annoncé la célébration d'une
année spéciale pour les 2000 ans de la naissance de Paul, l'idée a été
accueillie avec grand enthousiasme. Mais les initiatives se sont fait un peu
attendre. Quoiqu'il en soit, il y a eu énormément d'activités ces derniers mois.
Tout le monde a bougé, des milliers de personnes sont venues jusqu'ici en
pèlerinage et tout s'est passé au mieux.
Nous
avons un bureau très actif qui s'occupe de toutes les réservations des
visiteurs à la basilique et veille à ce que les célébrations liturgiques se
déroulent de la meilleure manière. Nous avons donné beaucoup d'importance aux
aspects pénitentiels.
ZENIT : Que
pensez-vous de l'attitude des fidèles qui sont venus visiter la basilique?
Card. Cordero Lanza di Montezemolo :
La plupart des personnes sont arrivées dans un esprit religieux, profitant de
cette Année Saint-Paul et des privilèges pour obtenir l'indulgence plénière.
Ils viennent prier et méditer. Certains viennent aussi par curiosité, ou en
touristes. Il y a un peu de tout.
Mais
tout le monde a été touché par le climat général, hautement spirituel, auquel
l'architecture, l'art, les mosaïques par exemple, contribuent depuis vingt
siècles.
ZENIT : Pouvez-vous
nous parler des trésors artistiques que les pèlerins peuvent admirer lorsqu'ils
visitent la basilique?
Card. Cordero Lanza di Montezemolo :
La
basilique abrite le tombeau de saint
Paul avec tout ce que cela comporte de souvenirs et de liturgies développés
au cours de ces vingt siècles. Depuis de nombreux siècles personne ne pouvait
y avoir accès. Paul a été martyrisé puis son corps caché dans le tombeau
païen d'une famille. Le culte public ne commencera qu'en 313, avec la
proclamation de la liberté religieuse par Constantin.
On
commença alors à construire une église constantinienne, puis une basilique plus
large et un grand cimetière païen qui était ici, à la
Porta Ostiense, avant de devenir un cimetière chrétien. C'est ici
que fut construite la basilique.
Au-dessus se trouve le baldaquin, et toute la
basilique s'élève, immense, autour de lui, mais on ne voyait pas la tombe. J'ai
alors pensé ouvrir un passage pour que les pèlerins puissent la visiter. Nous
avons découvert les murs de la première basilique constantinienne. Depuis
l'ouverture du passage, on peut voir un côté du sarcophage de saint Paul. Les
pèlerins peuvent ainsi descendre et visiter son tombeau.
Nous
avons fait en sorte que l'on puisse voir aussi les restes de la première
basilique constantinienne. En 1823 éclata un grand incendie qui brûla et
détruisit presque toute la basilique. La grande mosaïque de l'abside fut
épargnée. Les papes de l'époque, notamment Pie IX, voulurent reconstruire la
basilique de manière grandiose.
Le
pape demanda de l'aide au monde entier. Comme réponse, le tsar de Russie,
orthodoxe, offrit deux grands autels de lapis-lazuli. Le vice-roi d'Egypte
offrit l'albâtre pour toutes les fenêtres et des colonnes d'albâtre pour le
baldaquin et la porte principale.
Il
a fallu
restaurer tout ça. À
l'occasion de l'Année Saint-Paul nous avons entrepris un nettoyage général,
mais également la restauration de nombreuses parties.
Dans
l'abside, on peut admirer le Christ de 24 mètres de hauteur. Normalement on
trouve Pierre à sa droite et Paul à sa gauche. Ici c'est le contraire. En 1200,
saint Paul et saint Luc, auteur des Actes des apôtres, figuraient à droite,
alors que Pierre et Andrea étaient à gauche. À droite par rapport au Christ
nous avons un portrait du pape Honorius III, qui ordonna en 1220 cette grande
mosaïque.
Nous
avons installé un nouveau système d'éclairage non seulement de la mosaïque,
mais également de toute l'abside et de la nef centrale, et quand tout est
éclairé c'est magnifique. Beaucoup de pèlerins et touristes sont impressionnés.
Nous avons
aussi aménagé un musée, pour les expositions, proche du cloître. Nous oeuvrons
pour créer de nouvelles choses et donner à l'ensemble de l'abbaye une nouvelle
vitalité, lui trouver des activités, lancer des initiatives qui peuvent durer
dans le temps. Il est important qu'au terme de l'Année Saint-Paul les
initiatives culturelles et spirituelles, les activités et les rencontres
puissent se poursuivre.
L'idée de consacrer une année à l'apôtre
des nations est une première dans l'histoire de l'Eglise.
Elle a été lancée par le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo,
archiprêtre de la basilique Saint-Paul, qui l'a suggérée au Pape.
ZENIT : Comment se sont déroulées les
journées d'études et d'approfondissement organisées cette année pour illustrer
la figure de saint Paul?
Card. Cordero Lanza di Montezemolo :
Saint Paul est le plus grand
communicateur qui nous a fait voir la Parole de Dieu. Si on y fait
attention, dans la liturgie actuelle, tant au cours des messes que dans les
prières, plus de la moitié des citations proviennent des Lettres de saint Paul.
Le message de Paul est très varié.
Il n'est pas simple, il faut savoir l'interpréter. On doit rappeler que Paul
était une
personne dotée pratiquement de
trois cultures.
-
C'était un
juif
qui avait très bien étudié toute la culture juive. Il connaissait les
Ecritures par coeur, était un expert du langage et de la mentalité.
-
C'était un
pharisien,
il le dit lui-même. Il connaissait très bien la loi et insistait sur son
observance. A son époque, la culture principale était la culture grecque,
l'hellénisme, la philosophie de la tradition grecque. Il écrivait et parlait
couramment le grec.
-
C'était aussi un
citoyen romain, et comme tel il connaissait le latin.
Il résumait en lui trois cultures. Son respect de la
loi apparaît totalement dans sa manière d'écrire et de présenter les choses.
Après
sa conversion sur la route de Damas, une conversion miraculeuse, il prend sur
lui tout le message du Christ jusqu'à dire «
ce n'est plus moi qui vis, c'est
le Christ qui vit en moi » (
Gal 2,20). C'est là toute la richesse de
son message. Un message très varié qui ne peut se résumer en quelques mots.
Toute
la vision que nous avons de la
rédemption
en Jésus-Christ est profondément enracinée en ce que Paul nous a transmis.
Il faut rappeler ceci : comment Paul fait-il pour connaître ces choses ? Lui
qui n'a jamais rencontré le Christ historique. Tout ce que Paul sait coïncide
avec sa connaissance des Ecritures, et l'a porté à dire que Jésus-Christ était
le Messie que les juifs attendaient.
ZENIT : Comment
l'Année Saint-Paul a-t-elle favorisé le rapprochement entre les divers « credo
»?
Card. Cordero Lanza di Montezemolo :
Cette basilique, plus que les autres basiliques papales, a un devoir
particulier, celui de l'oecuménisme. Nous avons célébré ensemble la liturgie,
mais pas les sacrements. Ceci aura lieu quand l'on atteindra l'unité entre les
Eglises.
Nous avons organisé des
réunions pour prier ensemble et en
particulier étudier, car le patrimoine que les diverses Eglises et communautés
ont sur Paul est très riche. Ceci vaut surtout pour les Eglises orientales qui,
sur beaucoup de questions, ont une vision assez différente de la tradition
culturelle occidentale. C'est donc une occasion d'échange et d'enrichissement.
Nous avons
eu des rencontres très intéressantes avec des groupes venus à Rome. Parmi les
chrétiens non-catholiques il y a des
théologiens et des interprètes des saintes Ecritures très habiles qui peuvent
aider à donner une vision plus complète et intéressante.
Il
y a également eu une
rencontre avec les
juifs. Ceci n'est plus oecuménisme au sens propre du terme, mais ça l'est
dans un sens plus large de collaboration sur un plan culturel. L'université
juive de Jérusalem a organisé un congrès de trois jours avec une session dans
l'abbaye. C'était très intéressant. Nous avons pu aborder les divers aspects de
la personnalité de Paul, qui était un pharisien, un homme de grande culture
juive.
Nous sommes néanmoins plutôt loin de ce que
Jésus a demandé au Père au cours de la Dernière cène: «
Que tous soient un » (Jn
17,21). Ce sont toutefois des pas, parfois petits, parfois grands, avec de
temps en temps aussi quelque pas en arrière, mais ce sont toujours de bons pas
pour nous comprendre davantage.
ZENIT : Quelles
initiatives la basilique prendra-t-elle pour que cette esprit ne se perde pas
une fois l'Année Saint-Paul terminée?
Card.
Cordero Lanza di Montezemolo : Bien organiser l'accueil des pèlerins qui
continueront à venir. Il y a quelque chose qui attire l'attention. Nous avons
voulu la présence d'une flamme sous le quadriportique. Le 28 juin de l'année
dernière, le pape en personne est venu l'allumer. Peut-être l'éteindrons-nous à
la fin de l'Année Saint-Paul, mais beaucoup demandent qu'autour de cette flamme
papale soient allumées des bougies à offrir aux pèlerins. Ce que les gens
veulent c'est un espace de pénitence. Nous continuerons à célébrer des messes
et à organiser des rencontres de prière, mais nous prendrons aussi des
initiatives d'étude.
1-
ROME, Mardi 9 juin 2009
(ZENIT.org <
http://www.zenit.org/>
) - Depuis l'ouverture de l'Année Saint-Paul, la basilique
Saint-Paul-hors-les-murs, qui abrite le tombeau de l'apôtre à Rome, a accueilli
quelque 10.000 visiteurs. Dimanche 28 juin, le pape Benoît XVI conclura
officiellement cette année jubilaire lors de vêpres solennelles. Je souhaite
envoyer cette information a´ un ami <
http://www.zenit.org/article-21228?l=french>