AFRIQUE - Burkina-Faso
« CES GOUDALIS, MEME SI CE N’EST PAS POUR TOI, QUAND
TU LES REGARDES, TU ES CONTENTE ! »
abc Burkina n° 334
Le 28 août 2008, s’est tenue l’Assemblée
Générale ordinaire de l’Union Nationale des Mini-laiterie et producteurs
de lait local. Au cours de cette assemblée, les membres ont souhaité la mise en
place d'un « service technique pour l’amélioration génétique ». Par la
suite, plusieurs membres (à Fada N’Gourma, Zorgho, Léo, Ouahigouya…) ont fait
part de leur intérêt pour les zébus Goudalis .
Nous
avons notamment rencontré un éleveur, entre Zorgho et Koupéla qui n’élevaient
que des Goudalis. Ils en étaient très contents. Ils disaient :
« J’ai
choisi les Goudalis parce qu’ils me donnent la viande, le lait et qu’ils
mangent tout ce qu’ils trouvent comme fourrage. Enfin, ils ne tombent pas
malades ! » Et il ajouta : «
Je suis parti les chercher moi-même au Nigeria. Je sais où en trouver.
Je peux y retourner pour les membres de l’Union qui seraient intéressés. »
Là-dessus,
deux membres du bureau (la présidente, Madame Gariko, et le responsable à la
formation, M. Boly Ousmane) sont partis rendre visite à cet éleveur. Cette
visite a été déterminante. En découvrant le troupeau, M. Boly a manifesté son
enthousiasme :
« Voilà un
élevage comme j’aimerais en avoir ! »
Une
réunion a donc été programmée au PASMEP (un programme d’appui aux éleveurs du
Burkina, et notamment à l’Union nationale des mini laiteries). Voici, pour
l’essentiel, ce qui a été dit et décidé. :
Il a été rappelé que
l’objectif n’était pas d’augmenter le
nombre de têtes des troupeaux laitiers, mais leur qualité. Donc, ceux qui
possèdent «
assez » de
bêtes sont invités à vendre deux zébus-peuls pour se procurer un zébu-goudali.
Pour aider les éleveurs liés à l’Union
à se procurer des Goudalis, il a été instauré un système de prêt. L’éleveur qui
commande un ou plusieurs goudalis doit verser 50 % à la commande, et le
reste est avancé par le SEDELAN (grâce à l’appui de quelques correspondants de
cette lettre !). Le prêt doit être remboursé dans les 18 mois qui suivent
la réception de la commande.
L’ensemble des commandes fermes (avec
l’apport des 50 % requis) s’élevait déjà à 18 goudalis (3 taurillons et 15
génisses). Il a donc été décidé de faire un premier essai.
C’est ainsi que
notre membre de l’Union, éleveur-commerçant, est parti au Nigeria… L’attente a
été longue, car les animaux ont fait presque toute la route à pied ! Mais
le résultat est à la hauteur des espérances. Après une première étape à Sapaga,
les goudalis sont arrivés à Yagma, près de Ouagadougou. En effet, la plupart
des goudalis de cette première commande (10 sur 18) provenait de l’association
des femmes «
Potal Jama »
de Yagma.
Lundi dernier, je me suis rendu à
Yagma, et j’ai pu me réjouir avec les femmes qui se préparaient à réceptionner
leur génisse goudali. Au dire de toutes, il n’y avait rien à redire. Le
taurillon et les génisses étaient bien de race goudali. Mais toutes les femmes
de l’association n’auront pas leur génisse cette fois-ci. Certaines n’ont pas
osé se risquer avant d’avoir vu, et n’avait donc rien commandé. C’est ainsi que
l’une d’elle, qui était venir voir les goudalis « des autres », s’est
écriée :
« Ces
Goudalis, même si ce n’est pas pour toi, quand tu les regardes, tu es
contente ! »
À
Yagma, les animaux avaient bon appétit. Donc, pas d’inquiétude. Même si
certains ont maigris sur la route… bien nourris, dans quelques jours, cela ne
se verra plus ! Bien sûr, c’est dans 18 mois quand ces génisses auront mis
bas et allaiteront leur petit, qu’une véritable évaluation sera possible. Mais
déjà la plupart des membres de l’Union sont convaincu de l’intérêt de la
formule proposée, et de nouvelles commandent sont en route. Un nouveau départ
pour le Nigeria est donc prévu pour ce mois-ci.
Merci
aux lecteurs de cette lettre qui nous ont soutenus par un prêt ou par un don.
Merci aussi, à ceux qui voudraient les rejoindre et soutenir cette «
opération
goudalis » de l’Union des mini laiteries du Burkina. (Nous
contacter).
P-S : Pour ceux qui
sont intéressé par le niébé fourrager (
Voir ABC N°330 ),une fiche technique
est disponible : cliquez
http://www.abcburkina.net/content/view/709/51/lang,fr/
Koudougou, le 3 juin
2009
Maurice Oudet
Président du SEDELAN