CAMEROUN : DES JEUNES RECLAMENT « DE L'EAU,
AU LIEU DES PRESERVATIFS »(1)
Lettre ouverte
d’étudiants de Rome
Rome, le 30 Avril 2009
Lettre
ouverte d'un Groupe d'étudiants du Cameroun, pour protester contre les
polémiques déchaînées par certains gouvernements européens sur la position du
Saint-Père au sujet de l'usage du préservatif pour la lutte contre le sida,
pendant le vol-aller de sa visite pastorale en Afrique au mois de mars dernier.
Comment
peut-on accepter que le Parlement d'un pays de longue tradition comme la
Belgique, coeur des institutions de l'Union Européenne, montre sa capacité
d'être uni seulement pour s'opposer aux déclarations du saint Père afin
d'obtenir le "nulla osta" pour l'exportation des préservatifs en
Afrique ?
Nous
disons avec fermeté notre
NON à ce
modèle culturel tout à fait étranger à nos valeurs et à nos traditions, qu'on
veut nous
imposer comme facteur
déterminant pour l'amélioration de notre qualité de vie.
Le Pape, durant son voyage pastoral, en vue du prochain Synode pour
l'Afrique sur le thème: l'Église africaine au service de la réconciliation, de
la justice et de la paix, a lancé avec beaucoup de courage, à la Communauté
internationale, un message clair pour l'Afrique. Il
a dénoncé les problèmes qui donnent de l'Afrique l'image d'un continent
désespéré:
-
L'exploitation de ses ressources naturelles par
les grandes multinationales,
-
L'ingérence étrangère dans la Chose publique,
-
Les guerres alimentées en grande partie par des
intérêts occidentaux,
-
Les situations d'oppression et d'injustice, la
corruption. Et il a tracé les lignes d'intervention pour la résolution de ces
"urgences".
Mais les médias occidentaux ont été
manipulés et corrompus par ceux qui spéculent sur le sida,
pour que le message du Saint-Père ne soit pas écouté et accueilli. Les
journalistes occidentaux ont ainsi manipulé injustement, dans une violente
campagne médiatique sagement orchestrée, ses paroles sur l'usage du
préservatif, en fourvoyant l'opinion publique et en détournant l'intérêt pour
les problèmes réels de l'Afrique.
La
réponse du Pape aux journalistes sur
l'usage du préservatif n'est pas une nouveauté, c'est pourquoi ses paroles
ne devaient pas soulever trop de polémiques. Et il est très clair que les
"
personnes éclairées"
cachent leurs intérêts derrière leurs polémiques, fruit d'une pitié hypocrite
envers les Africains. La pluie des accusations furieuses, ridicules et
gratuites, nous a fait toucher du doigt leur convoitise et leur avidité, car
ils ont
identifié le continent africain
en tant que l'un des principaux marchés des préservatifs, ce qui doit ainsi
favoriser la croissance de leurs économies nationales. Le jeu est clair: les
industries des préservatifs sont implantées en Occident, où l'entrepreneur et
les ouvriers y gagnent et dans la phase du transport en Afrique, y gagnent
aussi les compagnies aériennes et maritimes occidentales.
Le
Saint-Père a touché le noyau du problème en alarmant les opérateurs de ce
business florissant en Afrique. Le Pape n'a rien ajouté de nouveau, il a juste
confirmé la position de l'Église de toujours, celle d'être
contraire à l'usage d'autres méthodes contraceptives en dehors des
méthodes naturelles. Où est donc le problème? Pourquoi alors toutes ces
polémiques sur ses paroles? Ils attendaient peut-être que l'Église change de
position vis-à-vis des Africains?
Les
politiques de prévention du sida, basées
sur la distribution massive des préservatifs, constituent une duperie pour
endormir les consciences, car les préservatifs destinés à l'Afrique sont
financés par des contributions des pays riches comme des pays pauvres (Les
souscriptions volontaires de certains pays membres de l'ONU), qui finissent par
alimenter et développer le circuit économique national des pays producteurs de
préservatifs. Il suffit de penser que dans cette comédie, l'Afrique a seulement
le devoir de décharger les navires et recevoir des "
bienfaiteurs étrangers" les paquets déjà bien confectionnés.
Nous
sommes
indignés et attristés par
l'agressivité factieuse de cette campagne médiatique, par les attaques, par
les accusations et par les critiques féroces et injustes envers le Pape et du
mépris de notre dignité humaine. Raison pour laquelle, nous nous
adressons:
-
Au Ministre des Affaires Étrangères de la
France;
-
Aux Ministres allemands de la Santé et de la
Coopération;
-
Au Ministre espagnol de la Santé;
-
À la Chambre des Députés du Royaume de Belgique;
-
Au Directeur exécutif du Fond mondial pour la
lutte contre le sida.
Pour leur dire que les attaques et les accusations contre le
Pape sont inacceptables et injustes. Et qu'elles
représentent une ingérence honteuse dans la réalité africaine. C'est
inconcevable que, sans aucun scrupule, ils aient considéré prioritaire d'ourdir
un procès contre le Saint-Père, "
coupable"
d'avoir exercé son rôle au «
sujet de
certains thèmes, desquels l'importance morale est évidente, et d'enseigner la
doctrine de l'Église ».
Pour les inviter à présenter publiquement des excuses:
-
Au
Saint-Père, pour l'avoir intentionnellement utilisé comme
"bouc émissaire" afin de défendre leurs intérêts économiques cachés
derrière l'exportation massive des préservatifs en Afrique et leurs mécanismes
d'exportation de leurs pratiques contraceptives dans les pays de forte
croissance démographique;
-
À
l'élite des Nations africaines, pour l'avoir
considérée incapable d'évaluer le message du Pape et de réagir, en agissant en
qualité de "
responsables des
politiques de développement dans le continent africain". Au sujet de
cette à ingérence, confirmons qu'ils soutiennent et défendent l'usage du
"
condom" chez eux, puisque
ce choix correspond à leurs conceptions anthropologiques de l'être
humain, mais ils n'ont pas le droit d'imposer leur choix aux Africains.
-
Aux
populations africaines, pour les avoir scandalisées avec leur
insolence et leur incivilité vis-à-vis du Pape, par contre accueilli avec
dévotion, respect et affection au Cameroun et en Angola; pour avoir
publiquement relégué les Africains à une vision de vie bestiale, en les
contraignant au libéralisme sexuel et en leur imposant l'usage du préservatif
puisque "essentiel et décisif" pour la lutte contre le sida en
Afrique; pour s'être moqués des Africains en se présentant comme vrais
bienfaiteurs, alors qu'en réalité ils ne le sont pas. Il suffit de penser comment
le protectionnisme de l'agriculture européenne, soutenu par l'UE, endommage les
pauvres paysans africains, en les mettant hors du marché mondial, en condamnant
leurs familles à mourir de faim et de maladies et à l'impossibilité d'améliorer
leurs conditions de vie.
À quoi sert
alors protéger les Africains avec le préservatif si après ils sont tués des
mécanismes d'exploitation ou des armes de guerre d'intérêts politiques et
économiques de leurs bienfaiteurs?
Il faut donc dire que les Africains ne
meurent pas seulement de SIDA, et que c'est du
mensonge que le préservatif "sauve les vies humaines" en Afrique.
La réelle volonté de sauver la vie des
Africains interpelle les consciences et exige de se réconcilier avec l'Afrique,
en promouvant la justice et la paix dans ce continent, en
permettant ainsi aux Africains de vivre tranquillement dans leur belle et riche
terre. C'est ce que le Saint-Père a demandé et demande.
Nous
concluons, en
confirmant notre NON à la
diffusion de la culture et de la dépendance du préservatif en Afrique, car
non seulement il blesse notre culture pour la vie, mais il pollue aussi notre
existence et notre environnement. Nous demandons, donc à tous ces présumés
bienfaiteurs de l'Afrique qu'ils cessent une fois pour toute de spéculer sur
elle. Il faut inverser la tendance: la pauvreté de l'Afrique ne doit plus faire
la richesse des pays déjà développés!
Voilà
pourquoi, nous demandons d'urgence au Professeur Michel Kazatchkine du Fond
mondial pour la lutte contre le sida, de
destiner
ces fonds à l'envoi massif de foreuses pour creuser les puits d'eau et à la
construction d'installations photovoltaïques pour la production d'énergie
solaire, afin de favoriser une distribution massive d'eau et de lumière,
éléments clé dans la lutte contre la pauvreté et dans la promotion du
développement économique. Ceux-ci sont alors des biens essentiels et décisifs
pour l'Afrique et tous les acteurs de la coopération internationale au
développement en sont parfaitement conscients.
Les
populations africaines ont besoin d'eau potable et d'hygiène pour
préserver leur propre santé et maintenir leur dignité humaine. La distribution
d'eau au lieu de la distribution massive de préservatifs en Afrique
signifierait réduire la mortalité causée par beaucoup de maladies infectieuses
et virales, y compris le sida. En outre, l'eau et l'électricité sont des
facteurs catalyseurs du développement humain, agricole, industriel et de tout
autre activité économique, un développement qui permettrait aux Africains
d'avoir un revenu moyen stable pour accéder aux biens et aux services, et
satisfaire ainsi leurs besoins fondamentaux. C'est de ce type d'aide
humanitaire dont l'Afrique a besoin pour se développer et pas du préservatif.
Le
condom s'est révélé désormais inefficace et sans fiabilité dans la lutte contre
le sida en Afrique. Et il y n'a plus de doute que la distribution massive des
préservatifs en Afrique est encore soutenue seulement pour créer des gains
économiques aux entreprises productrices. Donc,
si on veut réellement vaincre la bataille contre le sida en
Afrique, il faut accepter et suivre l'alternative au préservatif proposée par
le Saint-Père: les soins et l'éducation morale et sexuelle.
Joseph DJONKOU Armel ASSALA
Jacky Florent NDZANA Rose Marthe
BATSOTSA
Joël Henri MENYE Laurent
NGOUME BILAÏ
Bernard Simon TOUNA Louis
Thierry NGONO
Jean Jacques NTOMO Marie
Anne MOLO
Serge EKOUMA Pierre
Claver ONANA
Denis EVOUNA Bienvenue
MAKAMTO
Serge ONDOBO
1-
ROME, Mercredi 6 mai
2009 (ZENIT.org <
http://www.zenit.org/french>
) - Un groupe de 15 étudiants du Cameroun présents à Rome ont adressé cette
Lettre ouverte à Zenit pour protester contre les positions exprimées par des
médias et des gouvernements européens, à l'occasion du voyage de Benoît XVI en
Afrique, au Cameroun et en Angola, en mars dernier. « La distribution d'eau au
lieu de la distribution massive de préservatifs en Afrique signifierait réduire
la mortalité causée par beaucoup de maladies infectieuses et virales, y compris
le sida ».
Ils interpellent l'Occident en affirmant : «
Nous disons avec fermeté notre NON à ce modèle culturel tout à fait étranger à
nos valeurs et à nos traditions, qu'on veut nous imposer comme facteur
déterminant pour l'amélioration de notre qualité de vie ».