Environnement
SUCCÈS : LA BEI
RENONCE À FINANCER LE BARRAGE GILGEL GIBE III EN ÉTHIOPIE
Paris, le 5 juin 2009
– Grâce à la mobilisation de la société civile, la Banque européenne
d’investissement (BEI) vient d’annoncer sa décision de ne pas financer le
barrage Gilgel Gibe III en Ethiopie. Les Amis de la Terre, Counter Balance(1)
, et l’organisation kenyane Friends of Lake Turkana se réjouissent de cette
décision et encouragent les autres bailleurs – la Banque africaine de
développement et le gouvernement italien – à suivre l’exemple de la BEI. Ce barrage de 240 mètres de haut menace en
effet la sécurité alimentaire de près d’un demi million de personnes au
Kenya et en Ethiopie, et détruira l’écosystème de la vallée de l’Omo, reconnu
internationalement pour la richesse de sa biodiversité.
Gilgel Gibe III fait partie d’un ensemble de trois grands
barrages le long du bassin fluvial de la rivière Omo dans le Sud-Ouest de
l’Ethiopie. En 2005, la BEI avait accordé un prêt de 50 millions d’euros à un
autre barrage
(2) situé
sur le même bassin fluvial. Il avait fait l’objet d’une enquête par le
tribunal de Rome en raison de violations avérées des législations nationales et
internationales.
Le projet Gilgel Gibe III représente quant à lui un
investissement colossal de 1,55 milliards d’euros, et sa construction a été
accordée à l’entreprise italienne Salini sans procédure d’appel d’offre.
Anne-Sophie
Simpere, des Amis de la Terre, explique :
«
La mise en œuvre de ce projet impliquerait l’inondation de 500 hectares de
terres agricoles, le déplacement de centaines de familles et le réservoir de
150 km de long menace l’équilibre d’un écosystème fragile et unique. Les populations locales n’ont pas été
correctement consultées et l’étude d’impact environnemental et social a
commencé après le début des travaux. S’il se réalise, Gibe III sera
une catastrophe. »
En mars 2009,
l’organisation Friends of Lake Turkana, qui représente des communautés
affectées au Kenya, a demandé à la BEI de ne pas financer le barrage Gilgel
Gibe III et a obtenu un rendez-vous avec la Banque, qui aurait dû avoir lieu la
semaine prochaine. Mercredi, la BEI a annulé la réunion et a annoncé la
décision du Président de la Banque de ne pas financer le projet.
Pour Anne-Sophie
Simpere : «
La Banque publique de l’Union européenne ne pouvait soutenir un projet
aussi destructeur : elle a pris
une décision responsable, et nous espérons qu’il s’agit d’un premier pas vers
l’adoption par la BEI de l’ensemble des recommandations de la Commission
mondiale des barrages, la référence internationale, dans ses politiques de
financement. »
Caterina Amicucci,
de l’ONG CRBM en Italie, poursuit: «
Nous
encourageons tous les autres potentiels bailleurs, notamment la Coopération
italienne au développement, à suivre la décision de la BEI. Nous sommes prêts à
porter ce cas devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies si
c’est nécessaire pour arrêter ce projet destructeur. Il est urgent d’accélérer la transition vers des
projets énergétiques soutenables dans les pays du Sud, non des
méga-infrastructures coûteuses et destructrices qui ne répondent pas aux
besoins exprimés par les populations locales. »
Plus d’information : Rapport
The Gilgel Gibe affair: an analysis of the Gilbel Gibe hydroelectric projects
in Ethiopia
<http://www.counterbalance-eib.org/component/option,com_datsogallery/Itemid,86/func,detail/id,44/>
(en anglais) :
www.counterbalance-eib.org/component/option,com_datsogallery/Itemid,86/func,detail/id,44/
<http://www.counterbalance-eib.org/component/option,com_datsogallery/Itemid,86/func,detail/id,44/>
Contact presse :
Caroline Prak : 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43
Cliquez ici pour visualiser la pièce jointe : CP_5juin2009_GilgelGibeIII.pdf
<http://www.datapressepremium.com/rmdiff/CP_5juin2009_GilgelGibeIII.pdf>
Anne-Sophie Simpere
Chargée de campagne
Responsabilité des acteurs financiers
Les Amis de la Terre
www.amisdelaterre.org <
http://www.amisdelaterre.org>
Tel: +33 (0)1 48 51 18 98
1-
La coalition européenne
Counter Balance : Réformer la BEI rassemble les ONG suivantes : CEE Bankwatch
Network (Europe centrale et orientale), les Amis de la Terre (France), Urgewald
et WEED (Allemagne), Campagna per la Riforma della Banca Mondiale (Italie),
BothEnds (Pays-Bas), Bretton Woods Project (Grande-Bretagne).
2- Il s’agissait du barrage
Gilgel Gibe II