CHRISTIAN AID : INDUSTRIES EXTRACTIVES(1)
Ces dernières années, les prix des matières
premières ont beaucoup évolué. Le prix du cuivre a ainsi été multiplié par 5
entre 2002 et 2006, pendant que celui d’autres minéraux comme l’or, le nickel
et le pétrole ont aussi accusé des augmentations spectaculaires de leurs prix.
Les compagnies minières ont bien profité de ces changements. Les
profits globaux de cette industrie ont été
augmentés par 8 entre les années 2002 et 2005.
Beaucoup de ces matières premières sont
exportées de pays en voie de développement :
-
15 des 20 plus grands producteurs d’or sont des
pays en voie de développement
-
12 des 20 producteurs plus grands producteurs de
cuivre et 9 des 20 producteurs de
Nickel sont des Pays en voie de développement.
-
5 plus grands pays en voie de développement
producteurs de cuivre représentent 3/4 de tout le cuivre produit mondialement.
À
partir de recherches en Zambie, Bolivie et aux Philippines, le rapport de
«
Christian Aid » montre
que les compagnies minières
tirant de
grands bénéfices de l’extraction minière de ressources finies de pays sous -
développés reversent peu aux gouvernements de ces pays. Les autres
bénéfices induits (emploi) sont souvent négligeables. De plus la présence
d’industries extractives conduit aussi à des coûts élevés.
Ce rapport de Christian Aid montre
que :
-
En
Bolivie,
les bénéfices tirés de la privatisation des compagnies pétrolières et gazières
ont été absorbés par les coûts
supplémentaires pour l’économie. Durant
les années 1999 à 2004, le gouvernement a collecté près de 2 milliards de taxes
et autres droits, alors que les pertes de subventions, le coût de la
privatisation et des taxes prévisibles était de 2,2 Milliards.
-
En
Zambie,
des accords secrets ont lié le gouvernement aux compagnes minières pour 20 ans.
«
Christian Aid » a pour la
première fois rendu public les contrats faits avec les compagnies minières qui
investissent dans les compagnies de cuivre nouvellement privatisées. Ces
compagnies ne paient presque pas de
taxes et droits. De plus elles ignorent la plupart des responsabilités sociales
assurées par les entreprises du temps où elles étaient étatiques.
La Zambie ne profite donc pas de la montée en flèche du prix de ces
exportations principales. Les taxes et droits payées par les compagnies
minières au gouvernement ont diminué de moitié en valeur depuis le boom du prix
du cuivre en 2002.
-
Aux Philippines, le gouvernement promet que les
profits des compagnies minières seraient partagés équitablement entre les
compagnies minières et le gouvernement Philippin. Mais la réalité est bien
différente :
Entre 2001 et 2005,
les compagnies minières ont payé moins de 15 % de leurs profits en taxes et
autres droits au gouvernement, bien moins des 50 % promis par le
gouvernement devant les protestations des groupes anti-miniers du
Pays !
Ces
pays ne sont pas seuls. La plupart des pays en voie de développement ne
reçoivent qu’une faible fraction de leurs profits des minéraux extraits de
leurs sols. Bénéficiant de contrats leur permettant de payer bien moins de
taxes que celles payées pour les Pays riches, les firmes aussi utilisent des
mécanismes divers pour éviter les taxes en envoyant leurs bénéfices hors des
Pays en développement. Les statistiques mises en évidence par Christian Aid
signalent des mécanismes de
sous
facturation des exportations pour éviter les taxes. La recherche a ainsi
montré que les sous facturations se situent
entre 0,1 et 29 % des exportations totales de l’année 2005 !
Durant les années 1980 et 1990, la Banque Mondiale
et les autres donneurs d’aide ont obligé les Pays en voie de Développement à
revoir leurs lois minières en vue de réduire leurs taxes, leurs régulations
environnementales et sociales et offrir des incitations à l’investissement.
Toutefois, des recherches menées par la Banque Mondiale et des compagnies
d’investissement reconnues montrent que faibles taxes et autres incitations ne
conduisent pas obligatoirement les compagnies à investir. Dans la plupart des
cas,
une compagnie investira là où il y
a des gisements miniers quelles que soient les incitations proposées.
Les
pays sous - développés doivent user de leur pouvoir de négociation pour un
meilleur marché avec les compagnies minières et s’assurer que leurs ressources
naturelles contribuent au développement et à l’éradication de la pauvreté. Les
gouvernements devraient utiliser l’opportunité de prix élevés pour bénéficier
de meilleures conditions de la part des compagnies minières. Si la communauté
internationale se veut sérieuse pour son engagement à éradiquer la pauvreté,
elle devrait soutenir les gouvernements afin que leurs ressources limitées
soient utilisées pour le bénéfice de leurs populations.