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www.aefjn.org N° 23 - Mai 2008
1° SANTE – MEDICAMENTS :
La campagne du compte à rebours pour les 15% des budgets nationaux pour la santé a commencé
" La campagne africaine pour la santé publique maintenant " a lancé un compte à rebours de 30 jours qui la conduira au sommet biannuel de l’Union Africaine qui se tiendra au Caire à partir du 24 juin prochain. Ce compte à rebours de 30 jours commence le 15 mai et se terminera le 15 juin et veut mobiliser le soutien de la société civile au plan national et continental pour donner un message aux chefs d’état africains pour qu’ils réitèrent leur engagement à allouer 15% de leurs budgets nationaux à la santé, comme ils s’y étaient engagés à Abuja en 2001 et le mettent en application dans les meilleurs délais.
http://www.pambazuka.org/en/category/Announce/48128
Un médicament antimalarien sur trois tue en Afrique
Des tests pratiqués sur des médicaments antimalariens testés dans des villes du Ghana, du Kenya, du Rwanda, de Tanzanie et d’Uganda se sont révélés négatifs. Ces médicaments sous-norme provoquent, en moyenne 200.000 décès par an qui pourraient être évités. Ils nuisent aussi aux strategies futures des traitements antimalariens et accélèrent la résistance du parasite. Un tiers des medicaments recueillis pour cette étude se composaient de monothérapies à l’artémisine. 42% ont complètement failli et 72 % ont été manufacturés après que l’Organisation Mondiale de la Santé les ait proscrits en janvier 2006. Seulement 40 des 72 fabricants sur le marché mondial ont accepté, en principe, d’arrêter leur production et 42 pays, dont 18 en Afrique sub saharienne continuent d’autoriser les compagnies à commercialiser ces médicaments.
www.health-e.org.za
2° ARMES – CONFLITS :
Les femmes aux avant postes des conflits armés. Audition au Parlement européen, 06/05/08
Le document d’ECDPM, Centre Européen pour la Gestion d’une Politique de Développement, employé comme document de référence, a accru la valeur de la réponse de l’UE au sujet des femmes et les conflits armés avec une référence particulière sur le développement lors de cette audition.
ECDPM www.ecdpm.org/dp84
La situation tragique dans la
RD Congo et les violences sexuelles furent les sujets principaux discutés à cette audition. Ils étaient menés par la section parlementaire sur le développement et des comités de droits des femmes. Les parlementaires européens ont proposé la mise en application plus consistante de la résolution 1325 de l’ONU par les Etats membres ainsi que l’élaboration d’une stratégie européenne.
Lors des annonces à l’ouverture de la session, le Président du comité pour le développement a dit : "
Je suis heureux de souligner que dans votre dossier vous trouverez une étude importante et intéressante " Enhancing the EU response to women and armed conflict " qui est commissionnée conjointement par la présidence slovène de l’UE avec l’Autriche et l’Allemagne et est adressée au Centre Européen pour la Gestion d’une Politique de Développement (ECPDM) ".
L’étude sert de base pour une déclaration du Conseil lors de la prochaine réunion du Conseil pour les affaires générales et les relations extérieures. Deux études ont été faites, la première sur les enfants affectés par les conflits armés (CAAC) qui s’est terminée en janvier 2008 et une seconde sur les femmes et les conflits armés (WAC). Cette dernière est commissionnée par la Slovénie, l’Autriche et l’Allemagne.
Une seconde étude se concentre sur les femmes plus que sur le genre et les conflits armés ; elle reconnaît l’importance de l’analyse par genre comme outil pour provoquer une réponse meilleure à cette question. Les femmes peuvent en même temps être affectées par les conflits armés et les influencer. Le rapport décrit les approches internationales et les obligations légales, identifie et discute des questions les plus cruciales, analyse la réponse de l’UE et propose des solutions et des recommandations. Le document contient des exemples et cas venant de
Sierra Leone, d’Uganda, de la RD Congo, du Kosovo et du Burundi ainsi que des cas thématiques sur la
violence sexuelle et basée sur le genre. Il propose des plans d’action en référence à cette problématique.
3° APE :
AFRIQUE: Les syndicats demandent la suppression des accords commerciaux de l’UE : http://euobserver.com/9/26080/?rk=1
Les syndicats africains ont demandé à leurs gouvernements d’annuler les accords commerciaux intérimaires qu’ils ont signés avec l’Union européenne, disant qu’ils laissent l’Afrique "faible" sur le marché mondial.
"
Nous joignons l’appel fait pour annuler les APE intérimaires et pour l’octroi d’un temps approprié pour la négociation de nouvelles relations commerciales entre l’Afrique et l’Europe qui prend en compte les besoins africains réels pour le développement et l’intégration régionale" C’est la demande de Kwasi Adu- Amankwah, Secrétaire général de l’Union internationale de la confédération des syndicats d’Afrique (ITUC-Africa) en date du 1er mai dernier
Les accords commerciaux abusifs de l'UE avec le Mexique et l'Afrique du Sud - un nouveau rapport du World Development Movement
Pour plus d'information voir
www.wdm.org.uk/desaccordsinjustes Ce nouveau rapport montre comment plusieurs accords commerciaux européens existants avec l'Afrique du Sud et le Mexique, loin de servir au développement ont au contraire entravé celui-ci. En prenant des exemples dans l'agriculture, les produits industriels et les services, le rapport révèle comment la réalité de ces accords bilatéraux est éloignée de la rhétorique du " gagnant – gagnant ". Par exemple en Afrique du Sud, et dans d'autres pays de l'Union douanière
d'Afrique australe, des
marchandises européennes bon marché ont miné le développement des industries locales et réduit les recettes du gouvernement. Et au Mexique, la libéralisation des services financiers a permis à une poignée de banques européennes de dominer le secteur alors que des petites et moyennes entreprises se voyaient perdre leur accès aux crédits.
4° LABEL POUR LES ORGANISATIONS DE COMMERCE EQUITABLE :
IFAT met au point de nouveaux critères pour les organisations
À l’Assemblée Générale d’IFAT, en 2008, les organisations du Sud présentes, et notamment la Forum Indien du Commerce Equitable, ont exprimé leur volonté qu’IFAT mette au point des
critères et un système de garantie crédible pour les organisations du Sud. Cette volonté a été traduite dans des résolutions.
Le groupe de travail pour la mise au point de ces critères a travaillé d’arrache-pied depuis lors. Une réunion importante du Comité Technique a notamment eu lieu en février dernier. Des projets pilotes pour tester le concept d’un Label pour les Organisations de Commerce Equitable ont été mis en place en Thaïlande et au Kenya, à la fois pour des producteurs de produits alimentaires et artisanaux. Lors de cette réunion de février, IFAT a décidé de baptiser le projet Sustainable Fair Trade Management System (SFTMS). Nous n’avons pas encore la traduction officielle de cette expression, mais celle-ci veut dire
Système de Gestion Durable du Commerce Equitable. Il a été également décidé de mettre au point des standards pour ce système, en invitant les parties prenantes à les commenter. La première réunion des parties prenantes aura lieu au Caire le 19 mai 2008, lors d’une réunion importante et ouverte d’IFAT et de son réseau africain COFTA.
S’agit-il d’une nouvelle bataille de standards et de labels ou bien d’un système qui convient à tous les types d’organisations de producteurs ? Les organisations pourront en discuter au Caire ou bien commenter la version présentée par IFAT. Ces standards sont en cours de traduction en français. Ils seront prêts pour la conférence du Caire. Vous pourrez ainsi les retrouver sur le site internet d’IFAT.
fairtradeafrica@socioeco.org
5° SOUVERAINETE ALIMENTAIRE :
L’UE se débat à propos des agrocarburants
Comme l’ensemble de notre monde, l’Europe a investi des sommes énormes et surtout de grandes espérances dans la promesse que les agrocarburants assureraient les provisions d’une énergie respectueuse de l’environnement. Et pourtant, aujourd’hui, la montée des prix de l’alimentaire, les tensions commerciales et sociales l’obligent à repenser ses espoirs ambitieux pour faire rouler ses voitures et camions avec des biocarburants. L’appel le plus récent vient de
Jeffrey Sachs, conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.
Il a supplié le parlement européen de revoir à la baisse sa volonté d’utiliser 10 % de biocarburant pour l’essence et le diesel avant 2020… Il a aussi assuré que les agrocarburants entrent en compétition avec l’utilisation des terres pour l’agriculture et contribuent à la flambée des prix des denrées agricoles, frappant les pauvres de plein fouet et en premier lieu. "
Nous devons réduire de manière significative nos programmes d’agrocarburants, ils se défendaient lorsque les prix des denrées alimentaires étaient beaucoup plus bas et les stocks de nourriture beaucoup plus abondants. Ils n’ont plus de sens aujourd’hui dans la pénurie globale de nourriture ", a-t-il déclaré…
Même le monde du business entre en action. Peter Brabeck-Letmthe, responsable de Nesle, l’entreprise la plus grande pour la nourriture et les boissons a dit que les
subsides octroyés par Bruxelles et Washington pour les biocarburants sont " moralement inacceptables et irresponsables ". Des groupements environnementaux, qui prônaient les biocarburants jusqu’à récemment, ont menacé qu’ils peuvent être même pires que les carburants fossiles. "
Les biocarburants ne sont pas une panacée verte ", déclare Adrian Bebb, porte-parole des Amis de la Terre, "
Ils peuvent ravager le climat et détruire les forêts tropicales. Le public est berné s’il pense qu’ils sont une panacée verte. "
L’agence européenne de l’environnement, conseillère de la commission européenne a recommandé que l’UE suspende son objectif de 10 % de biocarburant, l’appelant une " tentative trop ambitieuse dont les effets inconnus sont difficiles à prévoir et à contrôler."
Cependant, les officiels à position clé dans le commerce et l’agriculture n’ont pas adopté la nouvelle ligne négative pour les biocarburants. Peter Mandelson insiste que l’objectif des 10% reste atteignable et que les agrocarburants de l’UE n’ont qu’un impact minime sur la flambée des prix alimentaires au plan mondial. Il cherche à porter le blâme sur les USA et leurs subventions qui veulent qu’1/3 de la production de maïs soit transformée en éthanol.
La Commissaire à l’agriculture, Mariann Fisher Boel proteste en disant que les biocarburants sont devenus la bête noire. Elle affirme que l’UE emploie moins de 1% de sa production céréalière pour fabriquer de l’éthanol et que si 2/3 de la production européenne de colza est employée pour les biocarburants, cela ne représente que 2 % de la demande mondiale de cette huile.
De toute manière, la
Commission prévoit de resserrer les critères pour s’assurer que la production de biocarburant est viable, stipulant aussi que cela représente 35% de carbone sauvé par rapport au pétrole. La Commissaire prévoit de passer d’une première vague de biocarburants (fabriqués à partir du blé, du maïs, du colza, de la betterave sucrière) vers une 2
e génération (feuilles, paille et algues de sources). Si elle a raison, cela pourrait sauvegarder la promesse initiale des biocarburants. Mais comme la voix des critiques s’élève de plus en plus, les buts ambitieux de l’Europe de remplir ses réservoirs avec les fruits des champs semblent de plus en plus des rêves partis en fumée.